Ainsi
que dit le dicton, le temps passe vite en bonne compagnie et
voilà déjà venue la deuxième Master
Classe de juin qui clôt la saison 2009-2010.
Après les salutations d'usage, Jean-Laurent Cochet ne
s'attarde pas en "présentations" car la liste
des postulants pour monter sur scène est abondante et
il prend autant de plaisir, à l'instar des spectateurs,
que de fierté, fort légitime au regard des fruits
d'un enseignement dispensé sans faillir depuis des années,
à voir se révéler ou s'épanouir
ceux qui seront, peut-être, les talents de demain et qui,
si le discernement y préside, auront leur nom en haut
de l'affiche.
En attendant, le public fidèle de ses cours publics
d'interprétation dramatique en ont la primeur et la soirée
commence avec des fables de La Fontaine, "La fille"
et "Le mal marié", fort bien servies par la
toute jeune et pétillante Romina Hamel et un jeune homme
à la scansion singulière Benjamin Descamps qui
évoque au Maître la présence "ténébreuse"
d'un comédien aujourd'hui disparu Sacha Pitoeff.
Première incursion dans le répertoire avec la
tragédie et la scène de l'imploration au roi de
"Esther" de Racine dans laquelle Meriem Mered effectue
une prestation tout à fait remarquable qui recueille
les compliments de Jean-Laurent Cochet. Grande scène
d'émotion et de véhémence également
avec la diatribe offensée de l'Infante dans "La
reine morte" de Henri de Montherlant dispensée par
une jeune fille au physique gracile Amélie Parias.
Passant outre l'emploi de jeune premier, Frank Cicurel et Vincent
Simon en interprètent respectivement le sémillant
Don Cesar comte de Garofa du "Ruy Blas" de Victor
Hugo et Mosca, le "gredin-joyeux", de "Volpone"
de Ben Jonson adapté par Jules Romains.
Le théâtre de boulevard également représenté
avec une scène de "Mademoiselle"
de Jacques Deval interprétée
par Delphine André, Laurence
Fischer et Brigitte Perrier.
Virtuosité avec Rebecca Saada qui affronte un monologue
ardu dans l'humour loufoque extrait de "L'échappée
belle" de Henri Garcin et Romain Bouteille et Sylvy Ferrus
qui réussit parfaitement l'exercice des rôles à
une voix en interprétant les personnages des deux sœurs
dans la première scène de "Les femmes savantes"
de Molière
Molière, encore à l'honneur ce soir avec "Le
misanthrope" et la scène des reproches adressés
par Alceste (Yannick Warnier qui s'était
heureusement démarqué en interprétant le
rôle féminin de Psyché) à Célimène,
cette "femme-sillage" comme la décrit Jean-Laurent
Cochet et qui a trouvé une interprète idéale
avec Aude de Commarque
Après la femme "extra-terrestre", la femme
terrienne avec le personnage de Conception, la prostituée
dans "L'homme de cendres", Don Juan dans une variation
de André Obey, incarnée par Bérénice
Bala, une jeune fille rousse extrêmement piquante qui
se distingue dans les rôles pétulants.
André Obey encore avec le monologue du soldat mort dans
sa version d'Iphigénie "Une fille pour du vent"
qui permet au public de retrouver Emmanuel Bloch un jeune comédien
qui comptent parmi les plus prometteurs.
Les heures tournent et, dicton obligé, il n'est de bonne
compagnie qui ne se quitte. La soirée se clôt sur
un message d'amour délivré Mickaël Tabury
avec "L'hymne à l'amour", texte immortalisé
par Edith Piaf.
Et rendez-vous en septembre !
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