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Interview  (Bourges)  16 avril 2010

Peu après la sortie de l'album For all the bruises black eyes and peas de Raymonde Howard, Laëtitia Fournier se prête au jeu de l'interview auprès de Mickaël Mottet, chanteur d'Angil.

Dans la chanson "The raincoats are here", tu dis "the raincoats are here and the charcoal is there" ("les imperméables sont ici, le charbon est là-bas"). Pas de doute, on est à Saint-Étienne… J’ai l’impression que la géographie a beaucoup d’importance dans l’histoire de Raymonde Howard.

Laetitia Fournier : Je suis Stéphanoise. J’ai commencé à faire de la musique avec des groupes à Saint-Étienne, il y a une quinzaine d’années. La scène musicale était assez active dans les années 1990, surtout dans le milieu DIY et punk, dont je faisais partie (Goofball à l’époque, et aujourd’hui La Seconda Volta).

Saint-Étienne, c’est un peu la "ville des loosers"… Il n’y a pas une grande activité culturelle proposée, et finalement, beaucoup de gens se mettent à la musique. Que tu le veuilles ou non, tu te retrouves donc avec un patrimoine, qui influence ce que tu fais.

C’est vrai qu’on donne souvent cette image de la ville. D’un autre côté, on n’a pas des sous-vies… Pour moi, c’est ce que tu exprimes en disant "You are born out of lovers’ pleasure, there’s nothing sad". Ça va, tous les Stéphanois ne naissent pas dans la crasse, ni les conditions soi-disant plus appropriées pour devenir des rock-stars en puissance… Tout n’est pas négatif, au contraire, on arrive à compenser, ça pousse à l’inventivité.

Laetitia Fournier : Oui, on s’investit vraiment dans ce qu’on fait. Tous les groupes que je connais à Saint-Étienne, toutes les associations sont impliquées à 200 %, plus sincères, plus spontanées que dans des villes où l’activité culturelle serait plus forte.

Toi, tu es née à Saint-Étienne… et Raymonde est née à Reading, en Angleterre.

Laetitia Fournier : Oui. J’ai vécu une année près de Reading. J’avais laissé Goofball et les potes musiciens. C’était une sorte de retraite musicale… J’ai acheté un magnétophone 4 pistes, et à mon retour, j’ai composé les parties de guitare et de chant qui ont constitué mon premier album, sans avoir à me dire "il me faut un couplet ici, un refrain là, une batterie…". Si un instrument traînait dans le salon, je l’ajoutais à la composition en cours. Cela a donné mon premier album, sur Angry Ballerina. 10 titres en 10 minutes !

Il y a des traces de cela dans For all the bruises black eyes and peas, cet esprit d’expérimentation, où le moment compte beaucoup, plutôt que l’obsession pour le format pop.

Laetitia Fournier : Oui ; je ne me considère pas comme une musicienne technicienne. Ma démarche est spontanée, sur le moment. Si c’est trop travaillé, trop réfléchi, je ressens moins d’impact. Cela donne des chansons comme "Songs to shoot him", qui dure 55 secondes. Je ne pense pas trop au format. En concert, les gens peuvent être frustrés, parfois. Mais les morceaux ont été composés comme ça, dans l’immédiateté. À prendre ou à laisser.

Le pseudonyme, la langue anglaise, l’idée de montrer ses pieds sur la pochette… ce sont des jeux autour de l’identité, de la projection, de la mise en scène.

Laetitia Fournier : Raymonde Howard, c’est mon double. Un espace de liberté. Il y a toujours le côté franchouillard de "Raymonde" mêlé à l’aspect angliciste de "Howard"… Quant au jeu sur l’identité… sur la pochette de mon premier disque, j’ai pris mes pieds en photo sur une plage de Brighton. Sur celle du nouvel album, le point de vue n’est plus le mien, c’est celui de quelqu’un qui me regarderait. C’est une mise à nu, en quelque sorte, l’acceptation du regard des autres sur la musique.

Le micro-label Angry Ballerina a des pressages limités, "bornés". Comme toi ? Tu es une fille à principes ?

Laetitia Fournier : Oui ! Le fonctionnement du label, c’est 100 CDr de chaque artiste, pas plus. J’ai besoin de cet espace, de cette exigence, pour me sentir exister. C’est mon côté féministe, ma volonté d’indépendance.

Du coup, l’interaction n’aurait pas pu se faire avec n’importe quel label pour sortir For all the bruises black eyes and peas. We are Unique! Records nous laisse cet espace de liberté dont tu parlais.

We are Unique!, ce sont des gens qui ont un boulot, et qui ont monté ce label par plaisir. On est sur la même longueur d’ondes. Sur l’ordre des morceaux, par exemple, la question ne s’est même pas posée ; j’étais libre. C’est une bonne petite équipe !

Ton rapport à la professionnalisation ?

Le but n’est absolument pas de devenir intermittente du spectacle. Je ne veux pas faire ça tous les jours, ni tomber dans une routine musicale. Je suis heureuse d’avoir un boulot, de ne pas avoir à faire ça pour vivre.

 

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L'interview de Raymonde Howard (lundi 3 mars 2014)

En savoir plus :
Le site officiel de Raymonde Howard
Le Bandcamp de Raymonde Howard
Le Myspace de Raymonde Howard
Le Facebook de Raymonde Howard
Le Myspace de La Seconda Volta
Le site officiel de Angry Ballerina Records
Le site officiel de We are Unique! Records


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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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