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La Castafiore  (EMI)  avril 2010

A l'heure de la naissance du rock, les modes se faisaient et se défaisaient contre l'avis de ceux qui se croyaient autorisés à en avoir un ou, sans en avoir, à l'exprimer tout de même. Entre temps, le monde s'est mondialisé, bel accomplissement au goût de pléonasme, et il ne saurait y avoir aujourd'hui de reconnaissance que médiatique – car le média a changé, s'honore d'un parfum de liberté, d'une présumée spontanéité, bref, d'innocence : personne ne contrôle l'internet, il est, dans son essence même, révolutionnaire ; alors les foules suivent, avec la conscience légère de celui qui n'appartient pas au troupeau ; ce n'est pas comme s'il pouvait y avoir derrière tout cela des groupes, de grands médias, une industrie, des professionnels, de grosses histoires de sous gras...

Comment alors fabrique-t-on un artiste ? Car on en fabrique, c'est certain, comme tout autre produit, que l'on vendra, même pas au plus offrant : à la masse, à la chaîne, en promo. Encore a-t-on la décence de ne pas les faire fabriquer en Asie ; ou peut-être n'en a-t-on pas encore eu l'idée...?

La recette est simple (et, lue à l'envers, elle servira de test aux curieux qui voudraient vérifier la fraîcheur de la marchandise par une très brève démarche de recherche) : écrivez une bio un peu vide de sens mais construite sur d'inédites et accrocheuses associations linguistiques, expédiez-la au plus grand nombre d'écrivailleurs publics ou privés, mercenaires en tout cas, prêts à la paraphraser, voire, mieux : à la recopier purement et simplement. Assurez-vous le buzz d'un scandale et / ou le marchepied d'une reprise bien choisie. Cultivez l'univers, le son et / ou le "concept" de l'album plus que les compositions (ce que l'on appelle : "production" ; que de sous-entendus dans un mot comme celui-là !). Annoncez l'événement. Cultivez l'hyperbole.

Ainsi de Lili Ster, qui pourrait bien être un jour la nouvelle Olivia Ruiz ou la prochaine Camille ou la descendante de l'on ne sait quelle Emilie Loizeau. Ainsi lira-t-on que ses compositions évoluent dans un univers "gorgé de mélancolie positive". On osera même nous expliquer que "ses premiers frissons musicaux n'avaient rien d'académiques : un papa batteur féru des Beatles". Si vous vous amusez à taper sur un moteur de recherche populaire son nom et celui de son album, vous trouverez d'ailleurs sur plusieurs pages de résultats de bienveillants sites internet qui auront recopié tout ou partie de cette com' officielle – pour les retrouver : leur texte commence souvent  par "un piano qui pétille, une voix mutine, et un swing virevoltant". Pour ce qui est du buzz générant l'attente du premier album (ah ! le fameux "premier album tant attendu"...), il a été assuré par une reprise du "Relax" de Mika, ce grand artiste innovateur à la carrière déjà remarquable. Figurez-vous que cet absolu non-événement a même voulu se donner des airs de polémique, comme si la brave Lili avait commis un blasphème innommable...

Le plus beau dans cette démarche de calibrage mercantile, c'est qu'il ne sert à rien de la dénoncer. On l'entretiendrait encore. Faudrait-il alors se taire, rien que cela ? Boycotter, au risque de laisser les oreilles perdues s'égarer en ces terres, s'imaginant que c'est là, réellement, que se joue la création contemporaine ? On tente le pari inverse : parler de Lili Ster et de ceux qui lui ressemblent pour ce qu'il y a d'authentique dans leur musique, aussi étouffé de froide production calculée cela soit-il. Dans l'espoir d'un système qui exigerait des artistes qu'ils cultivent l'inspiration véritable. Rêvons.

La pauvre Lili, en effet, ne méritait pas de se déshonorer en laissant passer au crible de ce formatage ses compositions fraîches, dans lesquelles on sent parfois encore un bel aplomb affleurer, malgré le nivellement variétisant qu'elles ont subi ; une sensibilité jazzy qui voudrait lorgner vers les vives écorchures d'une Janis Joplin – elle ne vous rappelle rien, cette douzième piste ? "Pas du même monde", comme une version française d'un Kozmic Blues...? Elle aurait pu, certainement, s'offrir un bel album porté par une belle personnalité. Seulement voilà, entre le succès populaire, approuvé par les majors, relayé par leurs serviteurs médiatiques, et une authentique œuvre musicale, avec ce que cela suppose de prise de risque, de choix, d'affirmation, il aurait fallu choisir, certainement. N'est-ce pas, Dr Faut ?

 

En savoir plus :
Le Myspace de Lili Ster


Cédric Chort         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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