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puce Festival FNAC Indétendances 2010 (samedi 14 août 2010)
Mr Nô – Pulpalicious – Acid Washed – Danton Eeprom – Chloé  (Paris, Parvis de l'Hôtel de Ville)  samedi 14 août 2010

Cette dernière journée du festival Fnac Indétendances 2010 me semble presque montée à l’envers et je vais donc vous la raconter à rebours. Pourquoi "presque" ? Parce qu’à l’after, nous tombons d’accord pour dire que la dernière artiste a remonté un niveau qui diminuait continûment depuis le début de la journée.

Pour finir la soirée donc, et clore ce festival : Chloé en live. De l’électro minimale très léchée, pointue, n’abusant d’aucun artifices inutiles. Son set appelle indéniablement plus à l’écoute qu’au clubbing, et pourtant certains bougent, en fins connaisseurs. Avec Chloé, nous planons, haut perchés comme m’a confié Mr Nô, le premier artiste de la soirée, qui a apprécié. Elle crée une atmosphère transcendantale qui envahit le parvis de l’Hôtel de Ville, bien plus vaste que le mythique Pulp, où elle fut résidente.

Participe de cette ambiance un éclairage qui ne laisse voir de l’artiste qu’une silhouette devant un écran vidéo sur lequel un VJ envoie des images en noir et blanc, des boules sensuelles ou des drapés suggestifs. Au niveau musical, des invasions gonflées de son énorme viennent se faufiler sur le contexte aérien, et remuent nos entrailles. La gestion du volume est audacieuse, réussie. Parfois, Chloé nous donne de sa voix, discrètement samplée, du bout du micro. C’est tout ce qu’elle nous accorde, ne concédant aucun autre contact avec son public, ce serait trop facile.

Certains décrochent et s’assoient même dans les tous premiers rangs, mais ça reste l’exception, la majorité se tenant scotchée aux platines. Un bien joli final donc, qui aurait pris plus d’ampleur encore à la fin d’une soirée mieux orchestrée (après Tricky hier, par exemple…).

Avant Chloé, le parvis avait accueilli Danton Eeprom. Une certaine attente née de l’écoute d’un excellent album est contrariée par une prestation scénique décevante. Il s’agit il est vrai de son premier concert dans cette formation. Ça se voit. Le compositeur électronique joue de ses machines et de la guitare électrique, mais s’accompagne pour cette nouvelle occasion d’un bassiste, d’un batteur un peu poussif et d’une chanteuse lookée des îles, "une vraie femme" me dit ma voisine.

Le premier morceau "Thanks for nothing" – de rien, c’est le seul où nous sommes autorisés à prendre des photos, on espère par timidité – est suivi d’un remarquable… blanc qui se répétera entre chaque morceau. Le public en rit d’abord, mais finira par siffler les derniers silences que la choriste meublera de ses rires chaleureux. C’est vrai que ce n’est pas facile de caller ses machines…

À la première chanson où Danton prend le micro pour chanter, sa voix ne me convainc pas, mais il se rattrape un peu plus tard, sur un morceau très mélo. Nous pourrions sortir les briquets, nous disons-nous. Ah bien voilà, c’est fait. Passe une reprise de Kylie Minogue qui ruine l’ambiance ébauchée sur "Lost in music". Le public est perplexe, quand arrivent les derniers morceaux. "51 ways to leave your lover" relève le niveau, avec un son bien électro et les cris effarouchés de la pulpeuse chanteuse. L’album est à écouter, le live à travailler !

Acid Washed aurait cinq concerts de plus que Danton Eeprom. Sixième concert donc. Ça se voit. Les deux compères encadrent leur invitée Lippie, dont on se demande ce qu’elle fait là, à bricoler des trucs, engoncée dans son costume de super héroïne musclée, dont elle se débarrasse bien vite. Ils ont une bonne gueule Richard et Andrew, avec leurs lunettes noires, et ils ont de bons samples de percussions africaines ou de piano dans leur morceau.

Elle chante aussi la Lippie, mais le public n’a pas l’air de trop adhérer. Comme pour Danton Eeprom, on se surprend à penser que les compositeurs de musique électronique gâchent leur set en essayant de les assortir d’autre chose… Il n’empêche que nous passons un très bon moment sur leur morceau "Acid Washed" justement.

Remontons le temps jusqu’aux meilleurs moments de cette soirée. Pulpalicious est un combo de quatre DJ’s qui jouent de leurs platines de conserve. La musique démarre sans eux, et ils arrivent un par un, le rasé, le gilet, le petit chapeau, et le chevelu, effet scénique garanti. "This is electronic music" il n’y a aucun doute. Et c’est parti. C’est étonnant à regarder, on comprend bien ce que chacun fait, comme s’ils jouaient d’instruments différents, ce qui de fait, est presque le cas. Ils mettent le feu au parvis, qui se remplit de plus en plus. Une amie me rejoint et me dit qu’en sortant du métro, on arrive ailleurs, qu’il est trop tôt pour ça. Je suis bien d’accord, ça confirme ma théorie de la soirée montée à l’envers. Ça bouge sur le parvis, ils tiennent leur public les pulpalicious, avec des beats efficaces et des breaks haletants.

Tiens Lippie passe en courant derrière eux, qu’est-ce qu’elle fout là ? Peu importe, le set monte en puissance jusqu’à deux morceaux conclusifs très aboutis : "The legacy" et "Dirty" avec son sample "Mash potatoe" de James Brown. La soirée est à son apogée… Merci dans le désordre à Access, Mr Style, Prims et Don Hutch. Ah si, juste un truc, ce n’est pas la peine d’en faire trop au micro, Mr Style, on sait qu’on est à Paris, et on n’a pas besoin que tu nous expliques qu’il faut faire du bruit, puisque votre musique nous y amène spontanément.

Finalement, cette soirée avait très bien démarré, avec Mr Nô, sur un parvis aussi vide qu’il était plein la veille au soir. Le jeune homme nous vient de Clermont-Ferrand et nous plonge dans son ambiance futuriste, surréaliste, surtout à 18 heures. Tout de suite, je me suis dit qu’il ferait bien l’affaire de la fin de cette soirée, et la suite de la programmation me l’a quasi confirmé (ok, juste avant Chloé quoi). Ses beats puissants vont rebondir sur les immeubles en face et nous reviennent, nous touchant en plein cœur.

Si Mr Nô abuse un tout petit peu d’effets à la scratch, certains sont vraiment excellents. Un morceau plus planant utilise une voix aigue et nous savons qu’il y aura de la variété dans ce set. C’est "He or she" à tous les coups, c’est d’autant plus drôle qu’un travelo se trémousse près de nous. Sur un parvis qui s’est petit à petit rempli, on nous distribue des tracts pour la techno parade du 25 septembre, c’est à propos. Pendant ce temps, debout sur sa table, Mr Nô conquiert son petit public, avant de nous servir un morceau avec des morceaux de funk dedans. Excellente surprise pour ce début de journée ! Une vraie bonne découverte ! S’il fallait retenir quelqu’un de cette journée, c’est lui.

Puisque cette journée conclut le 7ème festival Fnac Indétendances, continuons à remonter le temps et évoquons quelques moments forts, un par jour. Dans les têtes d’affiche, une palme décernée par un public déchaîné ne peut revenir qu’à Tricky, hier soir. Pour l’ambiance encore, le bagad de Carhaix et DJ Zebra (un autre du Pulp) qui ont conclu magistralement la soirée Breizh Touch du 7 août. La veille, les quatre garçons dans le vent de Gush nous ont amené dans leur kermesse festive. Le dernier week-end de juillet fut marqué par l’originalité de Lilly wood and the prick et l’efficacité râpeuse de Nouvel R. Parmi les découvertes de ce festival, on pourra retenir l’énergie d’Arpad Flynn, et on se souvient de l’univers cajun trépidant de Féloche, le jour de l’ouverture. Et puis surtout, félicitons-nous de l’existence de ce festival, gratuit, qui amène des artistes plutôt indépendants devant un public large dans une atmosphère sage (les horaires, les bouchons d’oreille…) mais audacieuse !

À l’année prochaine.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du festival FNAC Indétendances
Le Myspace du festival FNAC Indétendances

Crédits photos : Diane Hion (Toute la série sur Taste of Indie)


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