Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Méfiez-vous des enfants sages
Cécile Coulon  (Editions Viviane Hamy)  août 2010

Avec "Méfiez-vous des enfants sages" publié aux Editions Viviane Hamy, la jeune romancière Cécile Coulon plonge dans le mal être des adolescents qui ont apparemment tout pour être heureux et qui ne laissent rien paraître, car il n'y a pas que les enfants rebelles ou délinquants qui sont en danger et en souffrance.

Entraînant le lecteur dans une petite ville de l'Amérique profonde, elle raconte l'histoire de Lua avec écriture à fleur de peau, à fleur d'âme, dégraissée, réduite à l'essentiel, et un style maitrisé qui ne s'embarrasse pas de digressions supputatives pour peindre le portrait d'une adolescente à la dérive qui vit dans l'instant, sans pouvoir se projeter dans l'avenir, par incapacité à s'identifier au monde adulte qui l'entoure, par impossible résilience face au vide existentiel dont elle a conscience, quand il n'est possible ni de l'affronter ni de s'y résigner, par l'inexistante transmission de repères par des parents absents au monde qui, de surcroît, ne déchiffrent pas les signes qu'elle leur adresse.

Une presque encore enfant qui se trouve dans un non lieu psychique, que les cliniciens qualifient d'impasse de l'adolescence et qui mène à la psychose pubertaire. Des parents qui se débattent avec leurs propres problèmes : la mère, qui a renoncé à sa vie heureuse loin de cette ville, rappelée par son père lors de la mort de la mère, qui lui a fait perdre "le bonheur des choses simples" et dont la "vie prenait des airs de bonheur terminé", le père qui préfère les animaux à sa famille et qui, avec sa mygale baladeuse, "avait flingué en un rien de temps tout ce qui fait qu'une gamine est une gamine".

Une écriture et une histoire certes sous influences, celle de l'iconographie étasunienne et de ses anti-héros solitaires, exilés au fond d'eux-mêmes, du temps immobile et du conformisme résigné de l'american way of life, des inquiétantes images si lisses à la Edward Hopper, de la musique omniprésente avec, en dernière page, une bande-son de Fats Domino à The Beach Boys, à faire boire du petit lait à Nick Hornby, pour en rythmer chacune des séquences quasi-cinétiques et de la thématique de la psychose pubertaire révélée par la beat generation qui n'en finit pas de flinguer les teenagers et d'inspirer les cinéastes comme Martine Scorcese ou Gus Van Sant. Mais l'ensemble est habilement boutiqué et témoigne d'une belle maturité.

Avec à peine 20 années au compteur et ce roman maîtrisé, Cécile Coulon va très certainement se positionner en tête de gondole du rayon des jeunes auteurs dits "prometteurs" de la rentrée littéraire 2010.

Et pas seulement pour la qualité de son écriture. Car la demoiselle ne manque ni de l'humour ni de l'esprit de répartie indispensable à la nécessaire médiatisation. Ainsi à la question convenue d'un journaliste sur sa précocité littéraire a-t-elle répondu, non sans auto-dérision : "Pour ce qui est des 20 ans, c'est l'âge d'une bonne bouteille de pinard non ? Le moment où l'on en tire le meilleur ?" Tout le mal à lui souhaiter : qu'elle cultive son cépage.

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "Le roi n'a pas sommeil" du même auteur
La chronique de "Le rire du grand blessé" du même auteur
La chronique de "Le coeur du pélican" du même auteur
La chronique de "Trois saisons d'orage" du même auteur
La chronique de "Une bête au paradis" du même auteur


MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=