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Interview  (Paris)  26 juillet 2010

Quelques semaines avant la sortie de son nouvel album, Patrice était en visite à sa maison de disques afin de régler les derniers détails de One.

L'interview a commencé avec quelques minutes de retard par rapport à l'horaire prévu parce qu'il écrivait les paroles, à la main, pour le livret du cd avant que celui-ci ne parte à l'impression. Son deuxième enfant venait de naître quelques jours auparavant, et il avait passé les dernières nuits dans une clinique parisienne pour veiller sur sa femme et le bébé.

Malgré les émotions et la fatigue Patrice arrive détendu, très souriant et très disponible. On commence à échanger en anglais, puis en français, puis en allemand avant de revenir au français, langue que Patrice maîtrise parfaitement. C'est d'ailleurs en français que Patrice a répondu à nos questions. Bien que l'album doive sortir dans les jours suivants, qu'il travaille sur sa nouvelle tournée, et que son bébé vienne de naître, c'est avec une très grande gentillesse qu'il trouve le temps pour nous accorder une interview et une session en cette fin d'après-midi d'été à Paris.

Tu expliques sur ton Myspace que tu as choisi le titre d'album "One" parce que toutes les choses, dans le monde, sont connectée entre elles. Cependant, ce titre évoque aussi l'individualisme et la compétition. Quelles sont donc tes ambitions pour ce nouvel album ?

Je voulais que ce disque englobe aussi bien mon histoire musicale que mon histoire privée. Je voulais qu'il reflète toutes les choses que j'aime. Il y a aussi une part d'individualisme, parce que je cherche à faire des choses que je n'ai pas faites auparavant, ou à faire des choses de manière différente. Mon ambition, dans la musique comme dans la vie, c'est d'avoir de nouveaux challenges. Je veux faire chaque album comme si c'était le premier. Je veux de la nouveauté, de la fraîcheur. Je ne veux pas que s'installe une routine. Je veux avoir des sensations nouvelles, comme un enfant qui découvre le monde. Sur cet album, il y a un orchestre, des cordes, c'est nouveau pour moi.

Cela signifie que tu n'as pas choisi ce titre d'album dans un esprit de compétition, tu ne cherches donc pas à être devant Lady Gaga dans les charts ?

(Rire) Non. Tu sais, je suis déjà devant Lady Gaga. J'avais écrit la chanson "Africanize Dem", en 2005 sur l'album Nile. On retrouve des similitudes entre ma chanson et la mélodie de "Poker Face". Or je l'avais écrite avant que Lady Gaga ne sorte la sienne. Je suis donc, de fait, devant Lady Gaga.

En réalité, je ne me sens pas en compétition avec Lady Gaga qui fait de la musique destinée à l'entertainment. Elle le fait d'ailleurs bien. Mais nous ne sommes pas à classer dans la même catégorie ; une personne qui écouterait un disque de Lady Gaga et l'album One n'y chercherait pas la même chose.

Certaines chansons de cet album sont différentes des chansons que tu chantais à tes débuts, souvent accompagné de ta seule guitare acoustique. Comme tu l'as dit, travailler avec un orchestre est nouveau pour toi. Est-ce que cela change ta manière de composer, et plus généralement, ta manière de travailler ?

Non, je compose la chanson puis l'intégration des cordes intervient plus tard dans le processus. J’écris en acoustique à la guitare, comme avant.

Ensuite une de mes amies, Izzy Dunn, qui jouait déjà du violoncelle sur Nile, a travaillé sur les arrangements de l'orchestre, c'est une étape en plus.

Justement, comment tes fans du début vont recevoir les chansons dont la production est plus riche. As-tu déjà des retours ?

Non, c'est une des premières interviews que je fais. Je n'ai pas encore eu de retours. Mais avec chaque album, j'ai surpris des gens et j'en ai déçu d'autres. C'est ma manière de faire de la musique. Mais j'espère qu'ils vont l'aimer, puisqu'à moi, il me plaît. (sourire)

Est-ce toi ou la maison de disque qui a choisi la reprise de Nina Simone, "Ain't Got No" comme single pour cet album ?

J'ai réalisé un album dans lequel toutes les chansons me plaisent. Je ne résonne pas en terme de single. La décision revient à la maison de disque. C'est leur travail. Pour moi, cet album est comme un best of des morceaux que j'ai écrits et enregistrés dernièrement.

J'ai repris cette chanson de Nina Simone parce qu'il y a un message, qui ressemble à celui de ma chanson "Everyday good". On est là aujourd'hui, vivants. C'est un cadeau sacré, même lorsqu'on n'a pas la santé, même si on n'a pas les biens matériels qu'on souhaiterait. La vie est un cadeau. Le message est le même sur "Ain't got no". Je me retrouve là-dedans, les paroles de cette chanson me touchent. En plus, Nina Simone est ma chanteuse favorite.

Dans ta carrière, tu as montré que tu aimais travailler avec d'autres artistes. Dans tes rêves, avec qui aimerais-tu travailler ?

On m'a déjà posé cette question. Lorsque j'aime un artiste comme Bob Marley ou Fela, j'écoute ses chansons mais je ne m'imagine pas dedans. J'écoute et je me dis que c'est parfait. Lorsque je collabore avec un autre artiste, ça se passe naturellement. Ce n'est pas une collaboration forcée.

Généralement, c'est avec des amis que je travaille. En fait, mon rêve serait de pouvoir voir Marley ou Fela en concert. Je serais dans les premiers rangs pour les voir, mais je ne crois pas que je pourrais leur apporter quelque chose. J'ai quand même un rêve de collaboration : Si un jour Stevie Wonder était là et qu'il s’intéressait à une de mes chansons... (grand sourire)

D'après toi, comment va réagir l'auditeur à l'écoute de ton album ?

Je suis allé à fond dans les détails pour cet album, j'ai fait des changements jusqu'au dernier moment, j'ai retravaillé l'ordre des chansons, écrit les paroles pour la pochette... Actuellement je suis encore trop dedans, je n'arrive pas à me mettre à la place de l'auditeur. Je l'ai fait comme j'aimais, comme je le sentais.

Alors qu'est-ce qui a motivé ton choix dans l'ordre des chansons ?

J'ai fait comme dans un concert. J'aime les concerts qui racontent une histoire, au niveau de la musique, et aussi au niveau des paroles. J'ai essayé de relier entre elles les chansons dont les paroles pouvaient se répondre, et musicalement de trouver de l'harmonie. Je travaille aussi beaucoup sur les intonations. Lorsque je réalise un disque, il y a des choses dont je ne suis pas toujours conscient, je travaille au feeling. C'est aujourd'hui qu'on vit, il faut apprécier la vie chaque jour, alors je suis mon instinct.

Tu vas beaucoup tourner en France et en Allemagne. Comment se présente ta tournée ?

Je vais jouer les nouvelles chansons et des plus anciennes. Pour les grandes salles comme le Zénith, il y aura des cordes. Pour des endroits plus petits, on devra se contenter d'un quartet, voire de samples. Mais je vais vraiment essayer d'avoir un orchestre quand c'est possible. Le groupe qui va m'accompagner sur cette tournée, le Supowers, est composé d'excellents musiciens. Il y en a qui ont joué avec Cat Stevens. Je vais être accompagné par de très grands musiciens, et je suis content qu'ils aient du temps pour m'accompagner. Je vais essayer, comme à chaque fois, d’être meilleur que lors de la tournée précédente.

Je reviens au titre "One" de ton album. Penses-tu que ce soit un bien que tout soit aujourd'hui autant connecté ? Es-tu optimiste pour l'avenir ?

(sourire) Ah, la globalisation ! "On ne peut pas arrêter le progrès". Tout est maintenant relié. Il y a la communication, tu te rends très vite d'un point à l'autre du globe en prenant un avion. Mais je crois que ça peut être très positif. Il faut accompagner le mouvement, mais au niveau individuel, il faut continuer à avoir des principes et des idéaux. Au niveau global, il y a des gens vraiment pauvres et des pays vraiment pauvres. Je crois qu'on se dirige vers plus d'équilibre des richesses entre les pays. Pour un pays comme la France ou l'Allemagne, les standards de qualité de vie risquent de baisser. Mais il y a l'élément humain dans l'économie. Il y a des mouvements et des changements qu'on ne peut pas prévoir. Je suis optimiste et je reste persuadé que le monde va aller en s'arrangeant.

Retrouvez Patrice
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En savoir plus :
Le site officiel de Patrice
Le Myspace de Patrice

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Laurent Coudol         
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Patrice (26 juillet 2010)


# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
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"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
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et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

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"Noïse" de Henry Bean
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"La romancière" de John McKay
au Ciné-Club les années 50 :
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"La vie à deux" de Clément Duhour
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