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Drugstore  (Naïve)  février 2011

Adolescent dans les années 90, j'ai commencé à écouter du rock avec trois groupes : Rage Against The Machine, Lofofora et No One Is Innocent. J'ai vu No One et Lofo des dizaines de fois en concert. Le premier album de No One Is Innocent était une tuerie ! J'ai eu un peu plus de mal avec le deuxième qui incorporait un peu d'électro dans leur fusion, mais je m'y suis fait rapidement.

Quand le groupe se reforme en 2004 (10 ans après le premier album), je me suis jeté sur le nouveau CD, et l'année suivante, j'ai même acheté le DVD live. Mais cela ne fonctionnait plus avec moi...

Est-ce que mes goûts avaient évolué ? Est-ce que le groupe avait évolué ? Je crois que le problème ne venait pas de moi. Du groupe originel, il ne restait plus que le chanteur qui était revenu à No One Is Innocent après avoir tenté une incursion ratée dans le monde de la chanson française (et après qu'Universal ait racheté le nom).

La question est alors : un groupe doit-il garder son nom, si la majorité des membres est remplacée ? Avec des génies comme Josh Homme pour Queens Of The Stone Age ou Trent Reznor avec Nine Inch Nails (qui composent pratiquement tous des morceaux), c'est possible car ils incarnent leurs musiques. Mais même Rage Against The Machine a changé de nom quand le chanteur s'est barré !

Pour ce nouvel album, l'ex fer de lance de la fusion dans le rock français s'est un peu trop calmé dans son orientation musicale. Si No One était un groupe à guitare énervé, aujourd'hui c'est avant tout un groupe à machine. Le groupe mélange le rock à la techno avec un peu de blues et de chanson française.

Le premier titre, "Cheri Moog", est vachement électro / ambiant avec la voix en toile de fond et les boucles de machines au premier plan. Beaucoup de morceaux sonnent trop techno ; s'il y a toujours des guitares, elles sont vraiment trop en retrait par rapport aux samples/bruitages. Il y a une avalanche d'effets un peu vieillots, cela ressemble un peu trop à la production des morceaux de dance de la fin des 90's (quitte à avoir un son 90's, autant que ce soit un son de guitare). Les tonalités indus peuvent être sympa, mais ça ne vaut pas ce que faisait Mass Hysteria il y a 15 ans.

L'ensemble est très chanté, on aimerait un peu plus d'énergie et de hurlements. Les textes sont un peu lourds. Il y a des trucs que tu peux écrire et chanter quand tu as 25/30 ans, 15 ans plus tard, on n'attend pas forcément des textes plus matures mais peut-être pas des lyrics aussi faciles. C'est d'ailleurs pour la même raison que je n'arrive pas à écouter les titres récents de Lofofora (je caricature un peu, mais hurler "Sarko Facho", c'est marrant quand on a  17 ans, à 30 piges, je sais qu'on peut exprimer les mêmes idées avec plus de subtilité).

"Le monde entier" (piste 4) est un peu plus rock, sonne comme du Moksha, un petit groupe Parisien plutôt cool (donc autant écouter Moksha). Le titre "Les opposants" est vaguement influencé par le blues, mais du coup cela ressemble à du Damien Saez. Et dans ma bouche, ce n'est pas un compliment !

"Qui je suis" est le pire morceau de l'album, et pas uniquement à cause de la présence au micro de Guizmo du groupe Tryo. Cela ressemble tellement à du sous-Tryo (folk-reggae-festif-altermondialiste-caca) qu'il est difficile de ne pas éjecter le CD de sa platine. Pourtant, il y a parfois des bonnes idées, comme le riff blues/country sur "Come On".

Vous aurez compris que je ne conseille pas forcément ce nouvel album de No One Is Innocent. Peut-être que j'aurais plus apprécié le disque s'il avait été fait par un autre groupe. Le problème, c'est qu'il a été fait sous l'étiquette No One Is Innocent, et qu'il ne supporte donc pas la comparaison avec ses prédécesseurs. Je vais d'ailleurs rapidement me ré-écouter les deux premiers opus du groupe ainsi que le EP qu'ils avaient fait en collaboration avec les rappers de EJM et Timide et sans complexe (ce EP était juste parfait !).

 

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En savoir plus :
Le site officiel de No One Is Innocent
Le Myspace de No One Is Innocent


Didier Richard         
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# 5 avril 2020 : sous le soleil... mais pas vraiment

Les beaux jours sont au rendez vous en ce début avril mais nous, sages et confinés n'allons pas cette année envahir parcs et terrasses à comparer son bronzage à coup de vin rosé douteux... non on attend que la mort détourne les yeux de notre pauvre monde. Donnons nous un peu de baume au coeur avec notre sélection culturelle hedbo.

Du côté de la musique :

"Shut up Mix #13" par Listen in Bed à écouter en ligne
"Cerc" de Artus
Interview avec Christophe Chassol autour de son album "Ludi"
"Que faire de son coeur ?" de Eskimo
"Bonheur ou tristesse" de Lesneu
"Super lâche" de Maalers
"Zeno" de Muzi
"Shostakovich : Symphony N 8" de Orchestre National du Capitole de Toulouse & Tugan Sokhiev
"It's a mighty hard road" de Popa Chubby
"Chapter 3" de Tropical Mannschaft
"Cimes" de Volin
et toujours :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
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"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
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Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
un classique revisité avec la vidéo de "Le Misanthrope"
une comédie dramatique historique avec le streaming de "A tort et à raison"
une comédie dramatique contemporaine avec le streaming de "Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner"
une comédie contemporaine avec "L'heureux élu"
du divertissement caustique avec des inoxydables :
"J'aime beaucoup ce que vous faites"
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du boulevard avec :
"Ma femme s'appelle Maurice"
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dans la série "Au Théâtre ce soir" :
"Folie douce"

"Chat en poche"
une gourmandise avec "La Belle Hélène" façon peplum hybridé comics
et des spectacles à voir ou a revoir en DVD :
"Orphée"
"Poisson et Petits pois !"
"Road Trip"

Expositions avec:

des balades muséales à Paris en en bord de Seine avec la visite virtuelle des collections permanentes du Musée d'Orsay, du Musée des Arts Décoratifs et du Musée du Quai Branly
pousser en province jusqu'au Musée des Beaux Arts de Lyon et même au Mucem à Marseille
et commencer un Tour d'Europe par l'Italie direction Galerie d'Art Moderne de Milan puis la Galerie des Offices à Florence
mettre la zapette dans le sac à dos pour s'aventurer dans les musées du bout du monde du Japon au The National Museum of Modern Art de Tokyo aux Etats Unis avec le Musée Guggenheim à New York
enfin retour at home en toute tranquillité mais en musique en son électro avec sur le Musée de la Sacem "Musiques électroniques - Des laboratoires aux dance floors"

Cinéma at home avec :

en mode Ciné-Club avec :
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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