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La Langue  (Almost Records)  novembre 2010

On ne va pas se mentir, la chanson française c’est un peu comme un restaurant à volonté, c’est indigeste et écœurant à la longue. Néanmoins si tout semble insipide dans la bouche, il y a toujours une saveur inattendue qui vient se poser sur la langue. Il est question de cela ici !

La langue donc , premier Lp de Arlt fait partie de ces disques inespérés.

Un peu d’histoire d’abord, Arlt est un duo composé de trois personnes. Il y a Eloise Decazes (chant) , Sing Sing (guitare/chant) et Mocke du groupe Holden (guitare sur album et parfois en live), qui a d’ailleurs, soit dit en passant, produit l’album.

Ce qui frappe dès la première note c’est le jeu de Sing Sing, guitariste minimaliste et complexe, rappelant un peu la singularité de Dick Annegarn, certes, mais en plus blues au niveau rythmique, avec une finesse proche de la bossa nova, avec en prime un coté extra terrestre, et donc, forcément moins belge.

Puis l’on découvre la voix d’Eloise Decazes, sublime, chanter le language des anges que Sing Sing lui écrit (à part "Une Joie" et le splendide "Revoir La Mer" entiérement écrit par celle-ci).

Les paroles sont un peu tristes, parfois drôles et surtout surréalistes. D’ailleurs ce qui est bien dans le petit livret qui accompagne le disque, c’est qu’elles sont écrites. Oui, mais de manières brute, imprimées sur papier comme elles ont été pensées, soit sans ponctuation ni autre repère, comme dans un livre de Joyce.

La chose commence sur le tubesque "La rouille" , qui permet d’oublier en quelques secondes l’incroyable nombres de tâcherons que la variété nous inflige depuis tant d’années. Et c’est tant mieux, même si les oiseaux en pâtissent sur "Après quoi nous avons ri". L’intro bossa nova de "La honte" rappelle avec fierté l’excellente Rita Lee, pendant qu’au sommet du "Château d’Eau" la batterie jazzy de PJ Grappin fait son apparition. "Les dents" est une merveilleuse ballade ectoplasmique, l’impeccable solo de Mocke semble être une ode à la mélancolie provoquée par le départ d’une foire aux manèges.

Puis vient "Une joie" avec ses chœurs finaux aussi beaux qu’effrayants. "Revoir la mer" est une chanson étonnante où Eloise répète la même phrase deux minutes durant, la répétition semble faire écho au cycle des vagues et le fond sonore free limite bruitiste évoque les tempêtes maritimes avec la batterie de travers ; on peut entendre là un naufrage sentimental qui finit par ressusciter de beauté violente. "De haut en bas" est la plus belle chanson de rupture qui soit et tout en délicatesse. "Je voudrais être mariée" est un chef d’œuvre, une chanson parfaite, avec une impressionnante performance vocale qui vient réellement des tripes, un rythme primaire et médiéval qui peut éventuellement donner une idée du coté sombre de l’acide, et un solo ahurissant aussi précis que Sterling Morrison avec un rasoir électrique. On pense en premier lieu, sur ce morceau, au duo Fontaine / Areski, mais il n’en est rien, Arlt impose avec brio son propre univers, bien loin finalement des expérimentations orientale de ces deux-là !

Moins Sombre, "Lettre morte" rassure, et se construit progressivement tout au long du morceau, grâce à la batterie et au mariage des deux voix. L’album s’achève sur "Que se passe-t-il" et son intro très entrainante qui incite et invite à la danse éthiopienne. La chanson s’arrête soudainement, frustrant légèrement et donnant envie de remettre le disque depuis le début, ce qui est également le point A d’une nouvelle dépendance.

Toujours est il que vous n’aurez pas besoin de faire tourner 7 fois "la langue" sur votre platine pour être conquis, en espérant que cette dernière soit bonne et qu’elle ne fourche point. Et si vous n’êtes pas convaincus, allez vous faire foutre !

 

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L'interview de Arlt (jeudi 31 mai 2012)

En savoir plus :
Le Myspace de Arlt


Sam Nolin         
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# 1er juin 2020 : Retour à la réalité

Le monde d'après ne sera sans doute pas mieux que celui d'avant. Ces 2 mois de répit n'auront sans doute servi qu'à amplifier les frustrations en tout genre. Sans prétendre y remédier voic de quoi vous détendre un peu avec notre sélection culturelle de la semaine.

vous pouvez également revoir notre première émission "La mare aux grenouilles" sur la Froggy's TV. Suivez la chaine pour ne pas rater émissions et concerts en direct.

Du côté de la musique :

"Nunataq" de Alexandre Herer
"Vodou Alé" de Chouk Bwa & The Angstromers
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Interview de Jo Wedin et Jean Felzine à l'occasion de leur concert sur la Froggy's TV
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"Lullaby (mix #15)" nouvelle émission de Listen In Bed à écouter
"Introssessions" de Minhsai
"Guinea music all stars" de Moh! Kouyaté
"Parcelle brillante" de Orwell
"Evocacion" de Quatuor Eclisses
"Is this natural" de Tazieff
"EP 2" de The Reed Conservation Society
et toujours :
Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

les créations contemporaines :
"Le Mardi à Monoprix" de Emmanuel Darley
"Lucide" de Rafael Spregelburd
"Le Royaume des animaux" de Roland Schimmelpfennig
"Délivre-toi de mes désirs" de María Velasco
"L'étudiante et Monsieur Henri" de Yvan Calbérac
de la comédie signée Pierre Palmade:
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Pièce montée" de Pierre Palmade
"10 ans de mariage" de Alil Vardar
Au Théâtre ce soir :
"On dînera au lit" de Marc Camoletti
"Le canard à l'orange" de William Douglas Home
"L'Or et la Paille" de Barillet et Grédy
les classiques par la Comédie française :
"L'Avare" de Molière
"Les Rustres" de Goldoni
du côté des humoristes :
un spécial Christophe Alévêque à l'occasion de son inédit 2020 "Le trou noir"
avec
"Christophe Alévêque - Super rebelle... et candidat libre"
"Christophe Alévêque revient bien sûr"

"Christophe Alévêque - Debout"
et du théâtre lyrique revisité:
"Le Postillon de Lonjumeau" d'Adolphe Adam par Michel Fau
"Turandot" de Puccini par Robert Wilson
et de la caricature joyeuse avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir la visite en ligne d'expositions virtuelles annulées :
"Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au Musée de l'Orangerie
"Pompéi" au Grand Palais
et "Plein air, de Corot à Monet" au Musée des Impressionnismes de Giverny
s'évader en un clic en direction de la province :
à Nice pour une visite virtuelle du Musée Magnin et celle de l'exposition "Soulages, la puissance créatrice" à la Galerie Lympia
de l'Europe :
en Espagne vers le Musée Carmen Thyssen à Málaga
et en Allemagne avec la visite des 3 niveaux de la Kunsthalle de Brême
et plus loin encore aux Etats-Unis vers le Musée Isabella Stewart Gardner à Boston
et le Musée d'Art de Caroline du Nord à Raleigh
avant le retour sur Paris pour découvrir les éléments décoratifs de L’Opéra national de Paris

Cinéma at home avec :

de l'action :
"Code 211" de York Alec Shackleton
"Duels" de Keith Parmer
de la comédie : "Le boulet" de Alain Berbérian et Frédéric Forestier
du drame :
"Marion, 13 ans pour toujours" de Bourlem Guerdjou
"Happy Sweden" de Ruben Östlund
de la romance :
"Coup de foudre à Jaïpur" de Arnauld Mercadier
"Marions-nous !" de Mary Agnes Donoghue
du thriller :
"The Watcher" de Joe Charbanic
"Résurrection" de Russell Mulcahy
du fantastique : "Godzilla" de Masao Tamai
les années 40 au Ciné-Club :
"Boule de suif" de Christian Jaque
"Le carrefour des enfants perdus" de Léo Joannon
et un clin d'oeil au début du cinéma avec "Le Voyage dans la Lune" de Georges Méliès

Lecture avec :

"BeatleStones" de Yves Demas & Charles Gancel
"L'obscur" de Phlippe Testa
"La géographie, reine des batailles" de Philippe Boulanger
"Trouver l'enfant / La fille aux papillons" de René Denfeld
et toujours :
"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond" de Alexis Jenni
"Les Beatles" de Frédéric Granier
"Washington Black" de Esi Edugyan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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