Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Mogwai
Hardcore will never die but you will  (Rock Action / Pias)  février 2011

A écouter Hardcore will never die but you will j'arrive à me glisser, je crois, dans la peau de ceux qui n'aimaient pas suffisamment Mogwai lorsque j'essayais de leur faire admettre, en 2000 ou 2001 que ces mecs-là constituaient certainement l'un des meilleurs groupes du monde, qu'ils avaient une puissance renversante, qu'il y avait dans leur musique quelque chose que l'on ne trouvait pas ailleurs.

Mais que s'est-il passé en dix ans ? Pour leur septième album au plein sens du terme, rien n'a semble-t-il réellement changé pour les écossais. Ils délivrent toujours un post-rock à forte dominante instrumentale, hanté parfois d'un chant vocodé, écrasé souvent sous la saturation, la compression, la réverbération. On lit toujours dans certaines chroniques que leur nom vient du film Gremlins, alors qu'on est persuadé qu'ils songeaient certainement plus directement à la traduction chinoise du mot "fantôme".

Les titres de leurs albums sont toujours tarabiscotés et vaguement humoristiques. Les musiciens sont toujours fans de footballs et Stuart Braithwaite pourrait encore déclarer : "I love noise". Alors, que s'est-il passé ?

Rien n'est réellement mauvais dans cet album, évidemment – parler de mauvais album serait même indécent et interdirait à celui qui le ferait de seulement penser à prononcer un jour le nom de la plupart des artistes dont les noms remplissent les grilles de programmes des télévisions spécialisées, fournissent la chair à programmation des grands festivals commerciaux de l'été, nourrissent les bacs avides des supermarchés de la grande distribution culturelle indépendante. Mais la scottish guitar army nous avait un temps habitué à produire des chefs d’œuvres, de ces modèles de lourdeur qui suffisaient à jeter à bas l'équilibre de tout un univers musical (que l'on réécoute la trilogie : Young team, 1997 ; Come On Die Young, 1999 ; Rock Action, 2001).

Hardcore will never die but you will se révèle à la hauteur de ce que Mogwai fait depuis 2003. Un post-rock synthétique, propre sur lui, sans prétention ni révolution. Un post-rock efficace, concis, puissant, épique. Un post-rock de bonne facture. Du bon travail de bon ouvrier compétent. Sans fièvre ni trouble, sans peut-être non plus la passion des débuts. Sans débordements. Sans ces petites imperfections si charmantes. Un disque sans faute de goût, sans exagération, sans défaut. Un post-rock un peu lisse. Osé comme du God is an astronaut, malpoli comme les dernières productions du label Constellation, dérangeant comme le dernier Radiohead. Un disque sage, correct à tous les sens du terme.

Légèrement autistique, le Mogwai nouveau se tient dans une bienheureuse apesanteur, tourné vers le grand silence des espaces infinis. On est loin, c'est certain et c'est un louable morceau de bravoure, des clichés mélancolico-romanesques du post-rock. Il est simplement triste que l'on n'ait pas su mettre à la place quelque chose d'autre, un autre imaginaire, qui nourrisse son mélomane et donne à cette musique une dimensions évocatrice.

En résumé : il manque un peu de vie, à tout cela, un peu d'éclat – comprendre : de coups d'éclats. Pour autant, on ne jettera pas tout – en fait : on ne jettera presque rien de cet album. On s'étonnera peut-être, à la rigueur, hésitant entre jubilation et une pointe d'indignation, que "Letters to the metro" évoque si clairement le morceau "Cody" et "George Squarte Thatcher Death Party" le mythique "Mogwai Fear Satan". Dans tous les cas, Hardcore will never die but you will ne sera pas l'album que l'on conseillera à qui ne connaîtrait pas encore Mogwai.

Certainement ne s'est-il rien passé. Mogwai n'a pas changé. Simplement mes oreilles ouvrent-elles les yeux, lassées, au fil du temps, de s'accrocher en vain, espérant le retour du plus grand Mogwai, disparu il y a près d'une décennie. Je ne sais même plus depuis combien d'albums Mogwai déçoit mes espoirs. Mais certainement mes espoirs sont-ils simplement déplacés. La faute à moi, tant pis pour moi.

Que l'on laisse ces écossais produire une bonne musique, cela devrait déjà sembler bien assez.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Happy songs for happy people de Mogwai
La chronique de l'album Mr Beast de Mogwai
Mogwai parmi une sélection de singles (été 2006)
La chronique de l'album Zidane : A 21st Century Portrait de Mogwai
La chronique de l'album The Hawk is Howling de Mogwai
La chronique de l'album Special Moves de Mogwai
La chronique de l'album Les Revenants OST de Mogwai
La chronique de l'album A wrenched virile lore de Mogwai
La chronique de l'album Rave Tapes de Mogwai
La chronique de l'album Central Belters de Mogwai
La chronique de l'album Every Country's Sun de Mogwai
Mogwai en concert à l'Elysée Montmartre (5 juin 2003)
Mogwai en concert à La Laiterie (9 avril 2006)
Mogwai en concert au Festival Primavera Sound 2006 (samedi)
Mogwai en concert au Festival Les Eurockéennes 2006 (dimanche)
Mogwai en concert au Festival La Route du Rock 2006 (vendredi)
Mogwai en concert à l'Olympia (30 septembre 2006)
Mogwai en concert au Festival Summercase 2008 (Samedi)
Mogwai en concert à L'Aéronef (vendredi 18 mars 2011)
Mogwai en concert au Trianon (jeudi 17 mars 2011)
Mogwai en concert au Festival La Route du Rock #21 (vendredi 12 août 2011)
Mogwai en concert au Festival Beauregard #11 (édition 2019) - Samedi 6 juillet
L'interview de Mogwai (Avril 2004)
L'interview de Mogwai (5 juin 2003)
L'interview de Mogwai (décembre 2005)
L'interview de Mogwai (8 juillet 2008)

En savoir plus :
Le site officiel de Mogwai
Le Myspace de Mogwai
Le Facebook de Mogwai


Cédric Chort         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=