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Interview  (Paris)  juin 2004

Le rock incisif et direct des quatre angelots de Hopper nous avait impressionné. Rencontre avec deux membres d'un groupe ambitieux qui sait ce qu'il fait et ce qui'l veut.

Hopper a été créé par les deux filles ?

Dorothée : Oui mais en fait c'était vraiment les prémices, on n'a pas fait grand chose d'autre que trouver le nom à l'époque. Hopper c'est vraiment nous 4. Au tout début quand on était que les 2 filles on avait fait un premier album bricolo enregistré à la maison avec un petit 4 pistes. On a mis un an à le faire et puis assez rapidement ensuite on a rencontré Romain et Jean qui étaient des amis de notre entourage et qui antérieurement avaient joué dans d'autres formations.

Quel genre de formation ?

Romain : Moi c'était quelque chose de beaucoup plus rock, avec plein de garçons et puis Jean a joué dans un groupe de jazz et ensuite un groupe pop rock.

Dorothée : A la Radiohead disons. Il est donc le batteur. Et puis donc ensuite on a essayé de jouer ensemble voir ce que cela donnait et ça a tellement bien marché que depuis 4 ans le groupe ne se quitte plus !

Romain : Dans un premier temps nous avons enregistré un 4 titres dans un petits studio, pour voir ce que ca pouvait donner dans cette nouvelle formation à 4. Et puis a partir de ce moment là le but était quand même de faire des concerts, d'être sur scène pour arriver à faire un album qui ait vraiment du corps et qui nous ressemble. Et c'est ce que l'on vient tout juste de réaliser avec A tea with D.

Donc contrairement à d’autres groupes, vous êtes d'abord aller roder les morceaux sur scènes ?

Dorothée : Oui, cela permet de rendre les morceaux plus aboutis et de nous prouver un peu ce que l'on valait sur scène. Car parfois si on commence par un album sans avoir jamais fait de scène les gens peuvent être vraiment très déçus. Et cela se sent sur l'album. Il y a des groupes comme cela qui ne font qu'enregistrer, c'est trop travaillé et ça manque de sincérité, de spontanéité.

Romain : Après la conception de la musique dépend des écoles. Pour moi la musique est faite pour être jouée live. Un album, un enregistrement c'est bien parce que ça laisse une trace, ça arrête un moment la création sur quelque chose de précis mais il faut que ce quelque chose existe déjà. Et je crois que cela nous correspond bien car nous nous considérons plus comme un groupe de scène que comme un groupe de studio.

Vous avez fait près de 200 concerts. Pour quel type de scènes et de concerts ?

Dorothée : Je crois qu'on a eu droit à tout. Nous avons fait des bars, des cafés concert et on a même joué au Zénith l'an dernier dans le cadre d'un forum sur l'autoproduction. C'était la plus grande scène qu'on est faite. Mais pour nous il n'y a pas de barrière, pas de frontière. D'ailleurs au Zénith nous n’avons peut être pas autant apprécie que lorsque l’on joue dans un bar plein à craquer ou une petite salle avec les gens très enthousiastes juste devant nous, que l'on peut ressentir.

Romain : Il n'y a pas de mauvaise scène en fait, mais il y a un bon public ou pas de public en fait. Une salle peut être vraiment remplie ….

Dorothée : … même avec des conditions pas bonnes, un son pourri c'est pas agréable.

Romain : Une salle remplie à craquer et qui ne contient que 20 personnes c'est bien plus agréable qu'un Bercy avec 100 personnes.

Dorothée : Oui et avec des gens qui sont venus voir la tête d'affiche. C'est vrai qu'on préfère jouer devant moins de personnes qui sont vraiment là pour nous que dans un stade rempli de gens qui s'en fichent. D'autre part, être passé par toutes ces salles, ca rend plus fort scéniquement et puis on a fait un peu le tour des galères, le son pas toujours super ça forge le caractère ... mais on en rigole après.

Romain : C'est vrai que ce n'est pas toujours agréable de jouer dans certaines conditions mais ça forme et je pense honnêtement que chaque groupe devrait passer par là et une fois qu'on l'a fait on en tire déjà une certaine satisfaction. Parce que je pense qu'il y a du mérite à faire des choses comme ça et puis cela permet d'appréhender les scènes différemment. On sait vraiment apprécier une bonne scène. Ça donne vraiment une idée de ce que c'est qu'un bon concert

Dorothée : C'est un peu comme faire plein de petits jobs avant de décocher le boulot dont vous avez vraiment envie.

Vous parliez de galères. Comment organisez-vous vos concerts sans tourneur ?

Dorothée : Nous contactons les salles par nous même. Autour de Paris, et puis on fini aussi par croiser toujours plus ou moins les même groupes et on est assez copain,. Donc on nous fait connaître le milieu, les réseaux, on s'appelle pour faire des scènes ensemble. Une fois un mec d'une association était dans le public et voulait organiser un concert et ça c'est fait comme ça, c'est une espèce de réseau.

Et en province également ?

Dorothée : Oui mais on n'a pas encore touché le sud, c'est plus compliqué au niveau public, et la Bretagne mais c'est plus rock en Bretagne. En tout cas tout cela reste une petite entreprise familiale, on fait tout nous même, les affiches les tracts. Et même si on a un label aujourd'hui on veut quand même continuer à regarder ce qu'il se passe, garder une certaine maîtrise et avoir des initiatives.

Et entre la galère et votre arrivée sur le label cela s'est passé comment ?

Romain : Et bien en concert, le label est venu nous voir après un concert auquel il assistait. J’ai vraiment l’impression que tout se passe sur scène. La musique mûrit sur scène, les morceaux s’y enrichissent. On y vend aussi nos disques.

Vous voulez garder la maîtrise de votre travail. Qu’attendez-vous alors du label ?

Dorothée : C’est une question difficile. Le label est là pour nous servir. Il est vrai que parfois j’ai l’impression qu’il se passe l’inverse. Le groupe laisse le label faire. Nous voulons avoir la maîtrise de toutes les étapes.

Romain : Comme il s’agit d’une structure indépendante qui sorte un premier disque et qui en est au même stade que nous dans sa démarche, nous travaillons vraiment ensemble et nous nous aidons réciproquement. La question est de savoir combien d e temps cette dynamique durera sans que l’un se serve abusivement de l’autre. D’autant que nous avons lentement. Car le label aura vite besoin de signer d’autres groupes et notre groupe aura sans doute vite besoin de plus de confort ? Donc la question se posera pour notre deuxième album pour savoir si nous cherchons des solutions plus en adéquation avec nos envies. Mais je reste assez satisfait de ce système par rapport à celui où on se retrouve assis dans gros fauteuil très confortable mais dont on ne peut plus sortir.

Où dont on peut sortir très vite si les ventes ne sont pas à la hauteur de l’attente…

Romain :…oui un gros fauteuil éjectable. Avec notre label nous sommes dans une relation de confiance et d’entraide avec des gens qui nous ressemblent.

Dorothée : Ils viennent d’un milieu musical semblable au nôtre, nous avons les mêmes goûts et il sont trimés aussi ce qui leur donne une petite expérience comme dans notre cas. Si notre album marche bien, le label sera mis en évidence

Romain : Ce serait l’idéal car ils pourraient nous permettre d’enregistrer notre prochain album dans les conditions que nous souhaitons ce qui leur permettrait aussi de grandir. Mais nous y verrons plus clair à la rentrée car l’album est sorti en mai.

Comment démarre l’album en termes de vente ?

Dorothée : Nous n’avons pas encore les chiffres.

Romain : Nous avons des retours très positifs mais clairement nous n’avons pas de visibilité. De toute façon nous n’en avons pas vendu 10 000 disques nous n’en avons tirés que 2 000. Quand nous serons devenus disque d’or nous le saurons car il aura fallu procéder à un second pressage.

Dorothée : Si ça marche bien la question qui se pose justement est celle de savoir si nous allons faire un deuxième pressage. D’autant que le label compte distribuer l’album à l’étranger. Nous avons déjà obtenu une distribution sur le Canada qui se mettra en place à la rentrée. L’objectif est quand même de viser d’autres pays.

Revenons sur ce que vous disiez concernant un principe d’adéquation entre la stratégie du label et vos envie. Quelles sont les objectifs et les envies de Hopper ? Pourquoi et pour quoi ?

Romain : Le groupe en lui-même et la musique n’ont pas besoin d’un label. Le label n’intervient que comme structure nous permettant d’enregistrer dans les conditions que nous souhaitons. Le son est très important. Ainsi nous avons fait le choix d’enregistrer dans un studio qui dispose d’un matériel ancien que nous estimons adéquat pour notre musique. Nous souhaitons continuer à enregistrer dans ce type de studio voire des meilleurs.

En fait, la question concernait davantage les ambitions du groupe.

Dorothée : Vivre de notre musique est encore un rêve. Nous n’en sommes pas encore là.

Mais cela reste un objectif ?

Dorothée : Non, pas forcément. Notre but est de partager notre musique avec un maximum de personnes et aussi de l’exporter pour aller à la rencontre d’un public à l’étranger. Faire également beaucoup de concerts. Un autre souhait serait également de partager la scène avec des groupes dont nous admirons le travail et pourquoi pas même essayer de collaborer avec certains artistes. Sincèrement, en vivre n’est pas notre objectif.

Romain : Le minimum est de réussir à ne pas arrêter.

Continuer à faire sa musique est une ambition tout à fait légitime comme vendre des albums.

Romain : Je ne suis pas contre les bonnes surprises. Mais nous serions vraiment tristes d’être obligés d’arrêter.

Dorothée : Notre but est de continuer à jouer ensemble et de faire de la bonne musique. Car il y a des groupes qui durent et qui s’essoufflent car ils perdent le goût. Le plus important n’est pas l’acclamation de la presse ou la vente de disques mais la reconnaissance par le public et par nos pairs.

Robin : Nous avons tous des rêves de scène un peu fous. Je sais que Jean rêve de faire un stade une fois dans sa vie. Moi pendant très longtemps mon rêve était de jouer devant un public qui reprenait en choeur les paroles…

Dorothée : …et qu’on s’arrête de jouer et ils reprennent tous ou tellement fort qu’on n’entend plus ce que l’on fait.

Romain : C’est symbolique mais signe d’un vrai partage avec le public.

Vous avez beaucoup tourné en région parisienne. Avez-vous un groupe de fans qui vous suit et qui assiste à tous vos concerts ?

Dorothée : Oui. Ainsi nous avons joué à la Fête de la Musique sans avoir fait de promo à cette occasion et nous avons été très surpris de voir le public connaître nos chansons. Ils étaient hyper enthousiastes. C’était un concert très réussi.

Romain : En fait c’est plus la conséquence de la vente de disques que la vente en elle-même qui est importante.

Dorothée : D’autant que notre entourage vient souvent nous soutenir pour les concerts et trouve ça bien mais c’est encore mieux quand c’est le public ou des groupes avec qui nous partagé la scène qui aiment ce que l’on fait.

Lesquels ?

Romain : Nous avons fait des scènes similaires avec Exon Valdes qui a sorti son album juste avant nous

Dorothée : Romain a fait leur pochette, Ultra Orange, Diego, Héliogabale.

Romain : Même s’il n’y a pas de grosses médiatisation, il y a une scène vivante et un réeel public.

Une sorte de scène parallèle.

Dorothée : Oui avec un public averti. Et le tout aidé par les webzines, les webradios, les fanzines, médias dans lesquels les groupes écrivent aussi.

Parlez-nous également de la pochette de votre album qui se démarque un peu d’un produit standard

Romain : Nous nous sommes effectivement occupé de la pochette dans la mesure où nous nous sommes toujours occupé de tout nous mêmes. En plus, c’est mon métier. Et puis nous voulions marquer le coup pour cet album avec une sérigraphie sur une pochette carton pour un premier album qui serait soit le seul mais en tout cas le premier album. Nous avons voulu en faire un vrai objet. En tant qu’acheteur de disque j’y suis très sensible. Et les maisons de disque au lieu de se plaindre du piratage ferait mieux de se pencher sur la qualité de leurs produits. Avec nos moyens nous avons essayé de faire un produit de qualité.

Mais a priori l’important pour vous c’est la scène.

Romain : Oui mais à partir du moment où nous rentrons en studio pour prendre un instantané de notre musique à un moment précis, il faut que cette photo soit la plus belle possible et cela va jusqu’au packaging. Tout est important.

Dorothée : Pour le son, l’enregistrement s’est fait dans un des rares studios analogiques avec du vieux matériel car nous voulions un son live, un son brut. L’album a été enregistré en live. Nous étions tous ensemble dans une même pièce. Je pense que cela se ressent sur le disque et c’est également plus fort au niveau du ressenti lorsque nous jouions. Le batteur n’a pas de métronome ce qui fait que cela sonne plus live même si c’est parfois un peu décalé.

Romain : C’est beaucoup plus humain. Je n’imagine pas de faire de la musique sur ordinateur.

Dorothée : Cela coûte plus cher évidemment. Mais cela donne une certaine patte, un cachet qui rend la musique plus enrichissante.

Donc chaque morceau a été enregistré en une prise dans sa continuité.

Dorothée : Oui.

Romain : Il n’y a que des pistes rajoutées …

Dorothée : …les arrangements. Et le mixage s’est fait sur une table non automatisée, en manuel.

Romain : Nous étions plusieurs à intervenir lors du mixage.

Dorothée : Et, mis à part les conseils de l’ingénieur du son, nous n’avions pas de directeur artistique qui nous donnait des directives. Nous avons fait ce que nous voulions.

Et les voix ?

Dorothée : Elle sont été faites après mais chaque titre a été en boîte au bout de deux ou trois prises.

Romaine : Nous avons joué avec le groupe québécois Issue Sixteen qui s’autoproduit et qui en fait une doctrine. Ils ont créé leur label, leur studio d’enregistrement en le construisant matériellement. Ils ont fait leur album avec un Mac et Protools et c’est vraiment un bon album. C’est donc bien d’aller jusqu’au bout de ce que l’on veut faire. Quand on a les moyens d’enregistrer dans un studio à l’ancienne je trouve que ce serait pêcher de ne pas le faire. Mais heureusement que le numérique existe.

Dorothée : Mais il ne faut pas en abuser.

Le son de Hopper, qui est dans votre album, existait depuis le début ?

Dorothée : Non. Ça a mûri au fil du temps. Au début, il y avait moins d’arrangements. On tend vers aussi parfois plus de simplicité pour tendre vers une mélodie qui rentre plus facilement en tête. Ça se travaille, ça se modifie. Nous avons actuellement de quoi faire un deuxième album.

Romain : Il sera sans doute très différent du premier.

Dorothée : Les évolutions proviennent également de notre évolution personnelle et de ce que l’on écoute et qui inconsciemment se répercute sur notre musique.

Romain : Surtout qu’à notre âge, nous écoutons chaque jour plein de choses différentes.

Quelles sont vos influences musicales ?

Romain : Certains morceaux de l’album ont 2 bonnes années de concerts derrière eux. L’album reflète déjà notre progression qui sera révélée sur le 2ème album.

Dorothée : Au début, Radiohead était très présent dans notre esprit.

Qu’écoutez-vous en ce moment ?

Romain : Nous écoutons tous des choses très différentes te cela se ressent sur la partie jouée par chacun. A l’époque, comme je jouais dans des groupes de garçon, je me suis mis à écouter le punk rock de filles. J’écoute beaucoup de morceaux instrumentaux, progressifs. Jean écoutait beaucoup de jazz et de world et s’intéresse maintenant à la fois à l’électro abstrait et la musique instrumentale répétitive. Au niveau de la rythmique, nous avons évolués ensemble.

Dorothée : Nous n’avons pas d’idole féminine même si souvent on nous parle de Patti Smith, Blondie, the Prétenders, Chrissie Hynde. En fait, ce n’est pas du tout notre truc. Mis à part P.J. Harvey et Cat Power. Nous avons beaucoup écouté au début Nirvana mais maintenant nous écoutons vraiment de tout. Le groupe n’a pas d’icône. En plus pour nous, les 2 chanteuses ce qui aurait été embêtant aurait été d’avoir une voix qui ressemblait trop à une voix connue. Ce n’est pas le cas je crois. Si non, c’est très difficile car on est vite catalogués.

Romain : En fait, le groupe est une somme de personnalités qui sont compatibles mais qui ne sont pas similaires. Ce que j’aime dans notre album, après l’avoir beaucoup écouté, c’est que pour chaque morceau on sent une personnalité qui se dégage davantage. L’album dans son ensemble ne révèle pas un courant net et précis.

Comment se passe l’écriture des morceaux ?

Dorothée : Tout le monde a son mot à dire dès le début.

Romain : Souvent les filles arrivent avec un morceau à la guitare sèche et chanté. C’est un minimum pour avoir une base sérieuse de composition. La composition du morceau avec les arrangements et la structure se font en répétition et le morceau est éprouvé en concert. A ce moment, on voit quels sont ses points faibles. Il n’y a pas volontairement une personne qui écrit le morceau. Cela naît naturellement.

Dorothée : Et celle qui a écrit la mélodie première écrit en général les paroles. Nous écrivons parfois à deux. Ensuite, tout le monde a droit à la parole. Et quand à la répétition, il y a quelque chose qui ne va pas on abandonne. Même si un de nous veut continuer.

Donc c’est la règle de l’unanimité ?

Romain : Oui. Et nous en avons laissé tombé beaucoup.

Les morceaux qui figurent sur l’album ont dû évolué depuis deux ans ?

Dorothée : Oui. L’album n’est qu’un instantané.

Romain : Et puis en concert, l’intérêt est de ne pas reproduire ce qu’il y a sur l’album.

Dorothée : C’est la moindre des choses que de proposer autre chose en concert.

Hopper en live c’est comment ?

Romain : C’est plus d’énergie et de vie.

Dorothée : C’est plus brut.

Romain : Quand nous jouons chaque concert est différent du fait du public qui est différent chaque soir mais est également conditionné par ce que nous avons vécu dans la journée. C’est comme une performance chaque soir. Là réside l’intérêt. Ainsi pour la musique classique écouter un enregistrement est meilleur et plus confortable et pourtant il y a toujours des concerts de musique classique. Il se passe quelque chose en live. Et nous, nous donnons toujours le meilleur de nous-mêmes en concert. Nous n’avons jamais joué blasés, de manière mécanique.

Hopper est la symbiose de 4 personnalités. Comment définir l’univers et le son de Hopper ?

Romain : On ne peut pas donner une qualification qui pourrait se retrouver au dessus des rayons de la FNAC.

Dorothée : C’est rock c’est sûr mais ça reste pop aussi car il y a des mélodies.

Romain : La volonté est d’exprimer des sentiments.

Que se passe-t-il pour Hopper au Québec ?

Dorothée : Ça a commencé l’année dernière. Je pensais que cela serait bien que nous faisions une tournée à l’étranger et comme j’étais allée déjà 2 fois au Québec je me suis dit :" Pourquoi ne pas commencer par là du fait de la langue et du prix du billet abordable?" Donc j’ai envisagé cela sur le mode de l’échange avec un autre groupe. Moi je leur organiserai des concerts à Paris et vice-versa. J’ai posté des annonces sur des forums rock québécois. Un groupe m’a répondu et nous avons correspondu six mois avant que le projet soit effectif. Et nous allons renouveler l’expérience cette année.

Le but n’est pas de gagner de l’argent mais de se faire connaître et ce par nos propres moyens. Ça s’est très bien passé. Il y aune scène extrêmement variée qui est très branchée rock et qui est très débrouillarde. Ils s’organisent par eux-mêmes. Je trouve qu’il est même plus facile de jouer là-bas du fait d’une grande entraide entre les groupes. Les groupes et le public se donnent plus à fond. Il n’y a pas d’étiquette, pas d’a-priori et le fait de venir de France joue également en notre faveur.

Quand vous évoquez le fait de vouloir jouer avec d’autres groupes cela signifie que plusieurs groupes joueraient lors d’un même concert ou que plusieurs groupes jouent véritablement ensemble ?

Dorothée : Soit cela, soit faire du featuring sur des albums, sur des titres. Partager une tournée aussi.

Et cela avec quels groupes ? Ceux qui ont le même parcours que vous ?

Dorothée : Des groupes que l’on apprécie bien sûr mais qui seraient un peu plus gros que nous.

Des groupes locomotives en quelque sorte ?

Romain : Idéalement, oui.

Dorothée : Nous faire porter par eux, comme être chaperonné. Nous serions ravis qu’un groupe accepte de partager l’affiche avec nous. Un de nos groupes préféré qui nous dise qu’il adore ce que l’on fait.

Lesquels ?

Romain : Blonde Redhead, la nouvelle formation de l’ancien chanteur de Refused qui avant faisait du hard core International Noise Conspiracy qui est vraiment à voir sur scène, Godspeed You ! Black Emperor.

Quel sont vos projets ?

Dorothée : Nous avons déjà des morceaux pour enregistrer un 2ème album en 2005. Notre rêve serait d’aller l’enregistrer à Chicago dans les studios de Steve Albini parce qu’il a produit des tas de groupe que l’on a adoré, parce que l’enregistrement a lieu en analogique et parce que c’est Chicago. C’est accessible pour les groupes français et ce n’est pas beaucoup plus cher que là où nous avons enregistré le premier album.

Romain : D’autant que ce sont des gens qui ont travaillé avec Steve Albini qui ont monté Black Box avec du matos récupéré à Chicago.

Dorothée : Les autres projets c’est encore davantage de concerts dans des salles plus reconnues. Et puis jouer à l’étranger et exporter le disque tant en Europe qu’aux Etats-Unis pour voir ce que ces pays en pensent.

C’est vraiment pour savoir ce qu’ils en pensent ou parce que le public français n’est pas intéressant ?

Dorothée : rires embarrassés

Romain : Tant qu’à faire, faire une tournée dans des endroits où l’album nous a précédé.

Dorothée : Voir la réception dans les pays anglo-saxons puisque nous chantons en anglais. Nous avons fait l’essai au Québec et c’est l’une de nos plus belles expériences.

La scène indépendante est peut être plus développée dans d’autres pays européens donc chanter en anglais peut vous ouvrir potentiellement leurs portes.

Romain : Je comprends la volonté de ceux qui veulent chanter en français pour préserver un patrimoine que je n’estime pas particulièrement en danger mais pour des bonnes raisons. Pas pour percer car ce serait ridicule, à la fois hypocrite, inutile et vide de sens. Nous chantons en anglais parce que cela nous paraissait naturel par rapport à ce que nous écoutions et qui nous a poussé à faire de la musique. Ce n’est pas être borné mais être fidèle à soi-même et ne pas faire des choix pour de mauvaises raisons.

Avez-vous été démarché par des labels qui aimaient ce que vous faites mais vous demandaient de chanter en français ?

Romain : Oui. Si nous avions voulu faire de la musique parce fans inconditionnels d’Edith Piaf ou de Jacques Brel depuis notre plus tendre enfance, nous chanterions en français pour l’amour de la langue française. Mais ce n’est pas le cas.

Dorothée : Pour les médias chanter en anglais est un handicap et certains ont opposé un refus très clair.

Romain : Si on commence à chanter en français pour ces raisons là, c’est la porte ouverte à d’autres demandes concernant la musique elle-même, comme mettre plus de claviers etc... C’est la première raison pour laquelle on ne chantera pas en français. Et puis moi j’aurais du mal à me regarder dans un miroir ensuite. Ce serait plus insultant pour la langue française.

Ce genre de musique se prête difficilement à la langue française.

Dorothée : En plus, oui.

Romain : Il y a quelques exemples mais peu.

Vous parliez de salles plus importantes. Y a-t-il déjà des dates de prévues ?

Dorothée : Pour l’instant, c’est en discussion. Nous avons déjà fait des salles importantes mais nous aimerions partager plus de scène avec des groupes qui sont plus sous les projecteurs pour nous faire connaître.

Faites-vous des festivals d’été ?

Dorothée : Non. Nous bossons sur les nouveaux morceaux. Et puis le label essaie de donner un second souffle à l’album qui est sorti en mai. Donc il y aura du travail de promotion, notamment en province, d’exportation, puisqu’il y aura le Canada à la rentrée. Et le label travaille aussi sur l’exportation dans des pays européens.

Question rituelle : l’origine d’Hopper ?

Dorothée : La vérité ?

Romain : Les filles…

Dorothée : …tu as dit quelque chose de bien l’autre jour…

Romain : …je vais dire quelque chose de bien. Les filles s’appelaient comme ça au début. Il n’y a pas eu de concertation à 4 sur ce nom. Nous y avons cependant réfléchi et nous avons trouvé sympa de porter le nom du peintre Edward Hopper. Il y a sans doute plus à dire sur le peintre que sur l’acteur Dennis Hopper. Nous ne jouons pas de la musique particulièrement triste du moins à la première écoute. Les tableaux de Hopper ont tous un double sens et révèle une mélancolie intérieure de l’âme à travers de scènes de la vie quotidienne. Et je trouve que cela est très beau quand ça s’exprime dans la musique. Porter le nom d’un artiste est porteur de sens.

Dorothée : Il y a un halo de lumière dans ses peintures. Quant à l’acteur son nom est généralement plus connu que celui du peintre. J’ai trouvé le nom suite au film Easy Rider. J’ai étudié le parcours de Dennis Hopper qui est vraiment atypique à Hollywood. Son parcours a été en dents de scie, c’est un personnage qui a toujours suivi son instinct. Ça colle bien à notre groupe.

Romain : Notre musique enregistrée devrait s’écouter en regardant des tableaux de Hopper pour voir ce qu’il y a derrière et la rage, l’énergie brute de notre musique colle bien avec Dennis Hopper.

Dorothée : Et puis c’est un nom international.

Si vous ne disposiez que de 3 mots pour caractériser votre musique, quel serait votre choix ?

Dorothée : Sincère…

Romain : …intense…et rock

 

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La chronique de l'album A tea with D de Hopper
Hopper en concert au Nouveau Casino (17 septembre 2004)


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