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Le Fil  (Saint-Etienne)  samedi 10 mars 2012

Si je ne suis pas allé voir Elysian Fields en concert au Petit Bain à Paris en ce debut mars, c'est parce qu'il se trouve que j'étais en vacances dans le Forez à ce moment là et que j'avais prévu, à cette occasion, de profiter de leur concert au Fil de Saint-Etienne. D'autant plus que le groupe avait promis de nous accorder, après leur balance, une Froggy's Session. Et oui Messieurs dames, bientôt vous pourrez profiter d'une belle et étrange session de nos New-Yorkais favoris en mode quatuor, comme je vous le dis !

Mais pour l'heure, il s'agit bien de vous raconter ma soirée passionnante, passée dans le public du Fil version club, ce soir là, pour assister au concert de lancement du nouvel album du groupe Blake et à celui forcément magnifique de Elysian Fields (bien évidemment que tout cela n'est pas objectif). Tout commence donc par Blake, groupe stéphanois accompagné ce soir de quelques invités pour le son mais aussi pour l'image.

En effet, le groupe a pour habitude de tendre une toile en arrière-scène, derrière laquelle officie un peintre, donc les dessins à la peinture noire apparaissent à la faveur d'un éclairage adéquat.

Ce soir, les dessins ornithologiques de Robin Royer étaient complétés par des ombres chinoises de violonistes (notamment Jean-Christophe Lacroix des Hiddentracks) et d'une danseuse.

Passons la choriste qui fit une apparition derrière le rideau pour un titre (et devant pour les autres), tout à fait inutile sauf sans doute pour la famille dans la salle qui a pu découvrir à cette occasion que la demoiselle, par ailleurs compagne du chanteur, attendait ce qu'il est convenu d'appeler un "heureux événement".

Choriste par ailleurs tout à fait efficace pour renforcer la voix principale, un peu essoufflée ce soir là, sans doute par le stress au moins triple que de présenter son nouveau travail, devant le public de sa ville et avant les bêtes de scènes à la réputation sans faille que sont les Elysian Fields.

Voix hésitante donc pour Gaël qui, avouons-le, manquait de caractère ce soir là pour permettre au public d'entrer complètement dans l'univers onirique de Lost & Found. D'autant plus decevant que les chansons sont bien foutues et les musiciens excellents (lui compris à la guitare). Du coup, si on n'avait pas pris la peine de découvrir le disque avant, afin de retrouver malgré tout les curieuses histoires de cette fillette, on se sentait un peu perdu dans tout ce spectacle. Un concert qui demande donc à se roder au fil de la tournée pour accompagner un disque intéressant. A suivre...

Le changement de scène se fait tranquillement, le public est détendu, la salle est pleine depuis, avant même le début de la première partie. Un vrai plaisir à côté du public parisien souvent boudeur et snobeur de première partie.

Il est donc l'heure d'accueillir le quatuor New-Yorkais qui arrive discrètement sur scène, fidèle à l'ambiance de leurs concerts, tout en retenue et en élégance.

Métamorphosée par rapport à l'après-midi, Jennifer Charles est magnifique (et sa robe aussi) tandis que Oren Bleadow est plus... disons "casual". La violoncelliste est un peu en retrait tandis que le batteur est sur le côté de la scène.

Dès les premières mesures, le charme opère et la musique raffinée d'Elysian Fields enrobe de douceur le public. Les murmures de Jennifer remplissent l'espace, parfaitement surlignés de la guitare de son compère et du jeu délicat des deux autres membres.

Jamais dans la démonstration technique, les Elysian Fields en possèdent pourtant une sacrée, technique. Tous s'avèrent d'excellents musiciens (le batteur s'improvisera également pianiste et la violoncelliste manipulera quelques outils électroniques). Jennifer, elle, distille d'immenses sourires dont elle seule a le secret et qui vous font instantanément frissonner de plaisir.

Pendant ce temps (et le temps va passer bien trop vite), le groupe jouera les titres de leur dernier album mais aussi certains plus anciens pour le bonheur de tous.

Les chansons qui flirtent toujours entre pop et jazz, renferment chacune au moins une surprise dans le rythme ou l'interprétation et donnent ce style si atypique à ce groupe encore jamais égalé.

Rares sont les groupes à distiller autant d'émotions avec si peu de moyens, l'essentiel réside, outre dans des chansons magnifiques, dans l'interprétation toujours juste, sans excès de prétention et dans un plaisir de jouer visible.

Et puis cette voix, obsédante et sensuelle à l'excès qui semble venir d'ailleurs que de cette petite dame qui ne bouge presque pas les lèvres et qui, de gestes lents, gracieux et tout aussi délicats et subtils que le reste de la musique, dessine ses mots dans les airs. Une main sur la hanche ou un petit doigt légèrement décollé suffisent à troubler tout autant qu'à apporter du relief aux mots.

C'est élégant, c'est beau, chaleureux et généreux (pour preuve ultime, la grande disponibilité du groupe après le concert) et il reste un de ces rares groupes qui, fidèle à un parti pris artistique aussi constant qu'irréprochable, auront toujours une place de choix dans nos petits coeurs de fans.

 

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La chronique de l'album A bird on a poire de Jean Louis Murat - Fred Jimenez - Jennifer Charles

En savoir plus :
Le site officiel d'Elysian Fields
Le Bandcamp d'Elysian Fields
Le Myspace d'Elysian Fields
Le Facebook d'Elysian Fields
Le site officiel de Blake
Le Myspace de Blake

Crédits photos : Eric Ségelle (Retrouvez toute la série sur Taste of Indie)


David         
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