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puce Est-ce ainsi que les femmes meurent ?
Didier Decoin  (Editions Grasset)  février 2009

En 2009, Didier Decoin publiait "Est-ce ainsi que le femmes meurent ?", roman dans lequel il traitait d'un atroce fait divers vieux de plus d'un demi-siècle.

En 1964, l'affaire Kitty Genovese avait ébranlé la conscience collective américaine aboutissant à la création d'un numéro d'appel d'urgence, et était devenu un cas d'école de la psychologie sociale sur la diffusion de la responsabilité personnelle en cas de pluralité de témoins potentiels avec la théorie de "l'effet témoin".

Ce roman est réédité en 2012 car il revient à la une de l'actualité simultanément de manière collatérale, avec la publication en France du roman "Acts of violence" de Ryan David Jahn, intitulé "De bons voisins" dans sa traduction française, qui s'inspire également de cet événement, et, directement, par son adaptation cinématographique avec le film intitulé "38 témoins", réalisée par Lucas Belvaux et sorti en salles en mars 2012.

Cela étant, si les deux opus adoptent la même distanciation quant au mode de narration, ils procèdent de manière très différente, non seulement par le genre, roman-document pour le français, roman noir de fiction pour l'américain, mais également par la temporalité et le point de vue, et finalement se complètent.

Ainsi Ryan David Jahn inscrit la narration par une entité imaginaire surhumaine dans les deux heures chrono que dure l'agression, la torture, le meurtre et le viol de la jeune femme, en établissant un parallèle avec les petits drames personnels de personnages fictifs qui ont eu conscience, à un moment donné, de la gravité du fait aperçu de leur fenêtre.

Le roman de Didier Decoin, plus kaléiodoscopique, se place chronologiquement après l'arrestation du tueur et, même s'il opère quelques flash-backs, se concentre sur la personnalité et l'histoire de ce dernier ainsi que le procès et prend pour observateur un couple fictif habitant l'immeuble de la victime, mais absent lors du crime, qui fait office de "candide".

Officiant sous plusieurs casquettes, il mêle ainsi la fiction à la réalité en officiant à la manière d'un journaliste d'investigation doublé d'un moraliste qui croise les données, des articles parus dans la presse et des minutes du procès, tout en faisant part de ses interrogations et réflexions personnelles.

Procédé qui a les défauts de ses qualités qui tiennent notamment à la composition puzzléique et à l'évitement du véritable débat qui est celui de la difficulté d'appréciation entre la passivité coupable et l'erreur de jugement, quant à la gravité d'un fait dans la mesure où il ne se penche pas sur la situation des témoins qui ne figurent pas au coeur de l'enquête et du procès, d'autant que la non-assistance à personne en danger ne figure pas dans le dispositif pénal américain.

Se plaçant sous l'égide du philosophe Jean-Jacques Rousseau avec, en exergue, une citation extraite du "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes" stigmatisant l'indifférence coupable face au semblable impunément égorgé sous sa fenêtre, Didier Decoin aborde maints sujets sensibles, surtout à une époque où le sécuritaire est au coeur des préoccupations sociétales et des enjeux politiques, avec un radicalisme de droite révélé aussi bien par certaines questions fermées que des affirmations nettement connotées, par exemple en ce qui concerne le tueur présenté comme "un authentique prédateur".

Et il prend nettement position dans l'épilogue quand, évoquant le "bystander" décrit par les psychologues, il conclut que "expliquer n'est pas excuser" et dénonce la banalité du mal en citant la hiérarchie du mal d'Albert Einstein qui estimait le monde redoutable "non pas tant à cause de ceux qui font le mal, qu'à cause de ceux qui voient le mal et ne font rien pour l'empêcher".

 

MM         
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# 12 Mai 2013 : Passer le pont

Elle était longue cette traversée de pont. Un pont bien solide et bien confortable cependant que l'on aura du mal à quitter en ce lundi. Heureusement le mois de mai réserve encore un week-end de 3 jours avant d'enchaîner sur l'été, ses festivals et ses campings. D'ici là, voici le programme de la semaine avec plein de choses à lire, à voir et à écouter !

Du côté des platines :

Capture en interview autour de leur disque "Where We All Belong"
"Constancia" de Garciaphone
"Mendelson" de Mendelson
"Trh!!!er" de !!!
"Atoms EP" de Mineral
"The lumineers" de The Lumineers
"Cool cocoon" de The Spinto Band
Présentation des Eurockéennes de Belfort
Présentation du Sonisphère
Sam Nolin en Froggy's Session
et toujours :
"American twilight" de Crime And the City Solution
"Space ducks soundtrack" de Daniel Johnston
Xavier Plumas en interview
à l'occasion d'une Froggy's session de Tue-Loup et de la sortie de leur nouvel album "9"
"Submarine dreams" de Michael Wookey
"The terror" de The Flamming Lips
"A touch of magic, a drop of pop" de Flipsong
Hello Kurt en interview autour de leur EP "Spectres"
"Tomorrow's world" de Tomorrow's World
Vincha, Klangfeld, The Aerial, Nadeah, JUR et Team Ghost en sélection de singles
"Honestly" de That Obscure Object of Desire

Au théâtre :
les nouveautés de la semaine :
"Oblomov" au Théâtre du Vieux Colombier
"Les Bougres" au Vingtième Théâtre
"L'Histoire du Tigre" à la Manufacture des Abbesses
"Les tentations d'Aliocha" au Théâtre de l'Aquarium
"Parloir" au Théâtre Le Guichet-Montparnasse
"Café frappé" au Théâtre de l'Epée de Bois
Soirée Pierre Debauche" au CNSAD
"Les Swinging Poules" au Théâtre Essaion
La Master Classe de mai 2013 de Jean-Laurent Cochet
et des reprises à ne pas rater :
"Le misanthrope" au Théâtre de l'Epée de Bois
"La petite fille de Monsieur Linh" à La Folie Théâtre
"A toi pour toujours, ta Marilou" au Théâtre Le Lucernaire

Expositions avec :

"Ron Mueck" à la Fondation Cartier
"En vie, aux frontières du design" à la Fondation EDF
"L'image dans la sculpture" au Centre Pompidou
et dernière ligne droite pour "Eileen Gray" au Centre Pompidou

Lecture avec :
"La peau de l'autre" de David Carkeet
"Broken" de Karin Slaughter
"In Anima Vili" de Andrea H. Japp
"Chuuut !" de Janine Boissard
"La sage-femme de Venise" de Roberta Rich
"Le dernier Léonard de Vinci " de Fiona McLaren
"Mouche'" de Marie Lebey
"Tradeuse" Erin Duffy
"Le guide du mariage homo" de Océanerosemarie

Cinéma avec :
la sélection de la semaine :
"Porfirio" de Alejandro Landes
à l'affiche :
"Rock the Casbah" de Yariv Horowitz
"L'intervallo" de Leonardo De Constanzo
"Orléans" de Virgil Vernier
"Pari(s) d'exil" de Zirek
"The land of hope" de Sion Sono
"Le Voile brûlé" de Viviane Candas
"Pieta" de Kim Ki-Duk

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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