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Interview  (Paris)  lundi 14 mai 2012

C’est à Châtelet, dans un lieu peu commun, que nous retrouvons Pamela et Igor, deux des trois membres de Pamela Hute, pour une interview suivie d’une session acoustique. Les deux musiciens et leur attachée de presse nous accueillent en effet dans une grande cave convertie en studio de répétition, un endroit original et chargé d’histoire.

Le truculent Igor, clavier du groupe, nous fait la visite guidée du studio, agrémentée d’anecdotes historiques savoureuses (on apprend notamment qu’un certain George a acheté toutes les caves de l’immeuble pour accueillir les jazzmen de passage au Duc des Lombards).

Après la sortie il y a quelques semaines de l’EP Bandit, Pamela Hute sortira cet été (fin août) son second album.

Pamela Hute c’est toi, mais c’est aussi le nom du groupe ?

Pamela Hute : Oui, en fait Pamela Hute c’est mon nom mais je joue un peu avec l’ambiguïté : sur scène c’est vraiment un groupe mais ça reste mon nom, mon projet, mes chansons.

Comment s’est formé le groupe ?

Pamela Hute : A l’origine il y avait moi et mes chansons. C’est d’abord Igor qui est venu, on a fait des essais avec des batteurs, on a eu un bassiste qui nous a fait rencontrer Ernest. Puis on a eu un autre bassiste, toujours avec Ernest, et enfin on s’est reconstitué à trois il y a quatre ans maintenant. Le nom Pamela Hute est resté parce qu’à l’origine tout tournait autour de mes chansons, et je n’aime pas l’idée de chanter avec des musiciens derrière. J’avais envie d’une dimension "groupe".

Votre deuxième album va sortir en août. Que vous a apporté la tournée du premier album pour l’enregistrement du second ?

Pamela Hute : Ce sont deux choses très différentes. On n’a pas non plus fait énormément de dates sur la première tournée. On a fait des trucs chouettes mais ce n’était pas une tournée d’un an, ce n’est pas du tout un album composé sur la route. Je sépare vachement le studio du live, qui sont pour moi deux approches différentes. C’est donc plutôt un album qui a été enregistré de façon réfléchie, à la maison.

Vous avez fait la première partie de Shakaponk à l’Olympia, qu’est-ce que ça fait de jouer là-bas ?

Pamela Hute : C’est bien ! Cela donne envie d’y retourner en tout cas. C’était très bien, en plus on connaît bien Shakaponk, l’Olympia était la troisième date qu’on faisait avec eux après la Bataclan et le Stereolux à Nantes. Mais c’est vrai que c’est spécial l’Olympia, tu te ballades dans la rue tu as ton nom affiché sur la façade, ça fait bizarre. On était dans un environnement assez rassurant parce qu’on connaissait le groupe et son public. C’était super et c’est un endroit qui est magique.

Une première partie ce n’est pourtant pas toujours évident…

Pamela Hute : Oui c’est vrai, mais avec Shakaponk c’est toujours très bien. Ils ont un public hyper bienveillant et qui commence un peu à nous connaître parce qu’on a fait un duo à Taratata. On ne fait pas vraiment le même genre de musique, même visuellement ça n’a rien à voir, mais ça fonctionne. Il se dégage quelque chose de sympathique de cette association qui fait qu’à chaque fois ça marche.

On trouve des ressemblances entre votre musique et celle des Hushpuppies…

Pamela Hute : Je connais, mais je ne suis pas sûre de trouver des ressemblances. J’avais bien aimé le premier après j’avais un peu lâché l’affaire. Eux sont dans un trip plutôt 70’s, assez dandy qui ne correspond pas vraiment au style de musique que je pense faire.

Sur leur dernier album il y a des sons de synthé ou des rythmiques qui ont des ressemblances.

Pamela Hute : Notre musique a quand même quelque chose de particulier dans le sens où on est trois et les synthés ont une petite touche années 80 qu’apporte Igor. Du coup on sonne moins noirs et progressifs qu’Hushpuppies.

Ce nouvel EP semble indiquer une nouvelle direction un peu moins "heavy" que le premier album, avec un côté moins sombre et plus dansant ("Radio").

Pamela Hute : C’est vrai que j’écoute beaucoup de pop et je crois que c’était une évolution naturelle avec un côté plus brut et intuitif sur le premier album. Le deuxième disque est toujours une étape difficile car il y a une comparaison avec le premier et on a envie de se renouveler. Sur le premier album, il y avait des chansons qui dataient de 2004 alors que sur le deuxième tout a été fait dans un laps de temps plus court. Le deuxième est peut-être plus élaboré, je trouve les chansons meilleures. Mais effectivement, j’aime bien l’idée que les gens se souviennent des chansons, donc ce côté pop est souvent indissociable de ce que je fais.

C’est vrai qu’il y a pas mal de refrains qui restent en tête et demandent à être repris en chœur…

Pamela Hute : Oui, j’aime bien les mélodies dont on se souvient, donc ça vient naturellement quand je compose. J’aime bien quand les musiques sont fortes tout en gardant une personnalité et une intention réelles. Mes références et mes manières d’écrire les chansons, effectivement, vont dans ce sens. Je ne vais pas chercher à faire compliqué, je veux faire passer quelque chose de la manière la plus simple possible.

La chanson "Radio", c’est une attaque contre les programmateurs des radios ?

Pamela Hute : Tu es le premier à enfin me parler des paroles de ce morceau ! J’attendais ça depuis un moment. Pour ce titre, avant même d’écrire le texte il y avait le mot "radio" qui est venu spontanément. Ce titre est assez dansant et c’est typiquement le genre de morceau qui peut passer en radio. Du coup, je me suis dit tant qu’à faire autant expliquer comment ça se passe avec les radios. Il n’y a pas de revendication particulière, c’est plus un clin d’œil.

L’enregistrement de l’album s’est effectué d’abord en studio, puis dans une maison dans le sud de la France. Qu’est-ce qui vous a poussé à tout recommencer à zéro en cours de route ?

Pamela Hute : Je n’étais pas contente du résultat, tout simplement. On a passé dix jours dans un super studio, on s’était bien préparés donc ce n’était pas du tout un manque de travail. C’est juste qu’il y avait quelque chose qui ne marchait pas au niveau du son, de l’état d’esprit. C’était un moment compliqué pour nous et il y a quelque chose qui n’a pas marché. Je voulais quand même aller au bout du truc donc on a fait les prises là-bas, on a mixé l’album, le label l’a écouté et l’a aimé. Donc la machine était lancée. Et en fait moi je ne pouvais pas réécouter le disque, ça n’allait pas, je n’étais pas contente, je n’arrivais pas à en parler. Au bout de deux ou trois nuits où j’ai rêvé que je réenregistrais l’album chez moi dans le sud de la France, je me suis dit qu’il fallait vraiment le faire. Donc finalement j’ai pris mon téléphone et j’ai demandé à mon label un mois pour tout refaire. Les gens ont fini par me faire confiance.

C’était dur de prendre la décision de tout refaire, mais j’étais sûre de moi. J’avais envie de recontrôler le truc, il y avait pas mal de choses qui m’avait échappées en studio. Ce qui est marrant, c’est que je suis certaine qu’en écoutant la première version, tu ne verrais pas beaucoup de différences. Ce disque n’est pas parfait du tout, en plus on l’a mixé tous les deux avec Igor, il n’y avait pas d’ingé son, on a tout fait nous-même avec du matériel pas forcément excellent. On a appris beaucoup de choses pendant cet enregistrement. Même si tout n’était pas parfait, c’était important d’insuffler une dynamique, une énergie qu’il n’y avait pas dans la première mouture. Et j’ai aussi appris que je n’aimais pas les studios d’enregistrement, je le saurai pour la prochaine fois.

En France, les chanteuses s’orientent traditionnellement plus vers la chanson française ou la pop et peu vers le rock, mis à part quelques exceptions. Tu revendiques cette originalité ou tu préfères qu’on ne parle de vous que pour votre musique ?

Pamela Hute : D’une manière générale, je ne suis pas quelqu’un qui revendique. C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de filles dans le rock même s’il y en a de plus en plus. Je peux comprendre qu’au niveau de la perception des gens, il y ait quelque chose de différent parce que j’ai une voix de fille. Mais je suis une fille, je fais du rock, c’est tout. Je n’ai pas de drapeau, d’étendard pour revendiquer quoi que ce soit.

As-tu déjà envisagé d’écrire des textes en français ?

Pamela Hute : Je l’ai envisagé mais je n’ai pas réussi. Mais en réalité la question ne s’est jamais vraiment posée. J’ai une partie de ma famille qui est anglaise, j’ai toujours écouté de la musique anglo-saxonne, quand j’ai eu ma première guitare la première chanson que j’ai écrite était en anglais. Après il y a plein de choses en pop française que j’aime bien mais ce qui m’amuserait plus, ce serait de travailler avec des artistes français ou de poser ma voix sur des projets d’autres artistes, avec des univers différents. Mais pour l’instant composer en français, ça n’a pas de sens pour moi.

Les chansons de l’EP seront toutes sur le disque ?

Pamela Hute : Oui.

Quel va être le programme des mois à venir ?

Pamela Hute : Honnêtement je ne sais pas encore, c’est en train de se mettre en place au fur et à mesure. Le marché est très difficile, du coup il n’y a pas beaucoup de propositions pour le moment. On va partir en tournée en cours d’année. On commence à passer à la radio, mais les choses vont s’emballer vraiment à partir du mois de septembre lorsque l’album sera sorti. Pour l’instant, on travaille autour de l’EP et on fait découvrir les nouveaux titres, essentiellement sur internet. Il y a aussi deux clips que l’on va faire mais je ne sais pas encore quand. Le calendrier est un peu flou pour le moment, le label en saura plus que moi.

J’imagine qu’il y a aussi des répétitions pour la tournée ?

Pamela Hute : Oui, bien sûr. On passe aussi dans une émission sur France Inter en juin. On continue à répéter, moi je continue de composer. C’est une période un peu calme, on prend de l’énergie pour la rentrée.

Retrouvez Pamela Hute
en Froggy's Session
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En savoir plus :
Le site officiel de Pamela Hute
Le Facebook de Pamela Hute

Crédits photos : Thomy Keat (Retrouvez toute la série sur Taste of Indie)


Pierre Baubeau         
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Pamela Hute (14 mai 2012)


# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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