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puce L'Enterrement
Théâtre du Rond Point  (Paris)  octobre 2012

Drame de Thomas Vinterberg, mise en scène de Daniel Benoin, avec Pierre Cassignard, Paul Chariéras, Mélanie Doutey, Dominique Labourier, Samuel Le Bihan, Mathilda May et Caroline Proust.

"Festen", le film-choc de Thomas Vinterberg, a marqué les esprits à la fin du siècle dernier. Pamphlet contre la famille, ses silences, ses compromissions, éloge de la vérité délatrice et sensationnelle, cette oeuvre sentait le soufre, à l'image des membres de "Dogme 95" ce label d'insolence et d'anti-conformisme garantis.

La pièce montée au Rond-Point sous le titre "L'Enterrement", sorte de "Festen II, le retour", aborde les mêmes thèmes, au moment de la mort du Pater familias honni et coupable, mort en tombant d'une échelle.

Le fils abusé, Christian, a épousé la femme de chambre de l'hôtel familial et survit mal avec les blessures de son enfance. Le reste de la famille a oublié que c'est par lui que le scandale est arrivé.

La mère est gaie. Le frère, flanqué d'une nouvelle maîtresse, a tourné la page : son jeune fils (qui a peur des églises), d'un autre lit, les accompagne. Enfin, la soeur hystérique, dépendante au portable, éructe et grince. Cette famille en lambeaux assiste aux obsèques, calmement, en apparence.

Au souper, on boit, trop, on se lâche et l'amertume remonte à la surface, tandis que les pulsions les plus diverses grouillent sur la table comme une autre décomposition.

Ce texte, parfait témoin de la Culture de mort qui domine la société contemporaine, avec le nouveau puritanisme, le culte de l'enfant-innocent, mis sous cloche pour une admiration morbide, la haine du pédéraste qui permet l'absolution de l'homosexuel, la violence entre les sexes, "ennemis" depuis Strindberg, le démembrement de la famille, apporte un courant d'air glacé venu du Nord, polaire, un vent de morgue aérée, terrifiant témoignage sur notre temps, où les protagonistes égarés passent de la dépression à la violence sanglante, de la rétention à la dénonciation jamais spontanée.

Les comédiens sont tout simplement époustouflants. Samuel Le Bihan, vrai grand du Théâtre, incarne un frère viril, brutal et déboussolé, très touchant de réalité, avec une intensité vitale bouleversante.

Pierre Cassignard est le frère victime du père, impuissant, obsédé, hanté par son enfance, excellent d'émotion est de naturel. Dominique Labourier, en mère lénifiante, assouplissante, est remarquable et fait songer, à ses moments inquiétants, à l'Ingrid Thulin des Damnés.

Mathilda May, à contre-emploi - la biche devient hyène - montre ses vrais talents de comédienne, étonnante, dérangeante et frénétique. Ménanie Doutey et Caroline Proust, plus classiques, incarnent des compagnes débordées. Le domestique zélé, Pierre Chariéras, est excellent, terrible, âme damnée de la famille.

Enfin, le Diable, le Père, l'Ogre, le Monstre, c'est François Marthouret, démon et possédé, inhumain, déshumanisé, qui hante encore ses enfants par le truchement d'une vidéo hallucinatoire.

La mise en scène de Daniel Benoin jouit des derniers perfectionnements de la technique et de moyens évidents.

Un spectacle de vrai théâtre, puisqu'il y a de vrais comédiens, un miroir hideux de nos phantasmes et de nos recherches de pureté par la destruction, avec, de nouveau, de vrais méchants et de vrais agneaux, comme dans les contes de l'enfance.

 

C-L. Morel         
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# 12 mai 2019 : Une liste de plus

A l'approche des élections européennes et ses innombrables listes qui ne présagent pas d'un bel avenir, on rajoute la nôtre, celle de la sélection culturelle de la semaine histoire de se changer les idées et se donner tout le plaisir que l'on mérite bien avec de la musique, des spectacles, des films, des livres et même des zombies à dégommer.

Du côté de la musique :

"Beatnik or not to be" de Elias Dris
"Dogrel" de Fontaines D.C.
"Dans le lieu du non-où" de L'Etrangleuse
"Leopold Mozart : Missa Solemnis" de Bayerische Kammerphilarmonie & Alessandro de Marchi
"Traversée" de Chrystelle Alour
"L'odysée remix" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Interview de Romain Humeau de Eiffel autour de "Stupor Machine" accompagnée d'un premier titre live, "Chasse Spleen"
présentation du Hellfest Open Air Festival #14
"Les cuivres sur le toit" de Paris Brass Quintet
Hublot EP" de Solal Roubine
"Home is everywhere EP" de Nara
et toujours :
"Foreign lines" de Erevan Tusk
"Seeing other people" de Foxygen
"2029" de Gontard!
"Chopin concertos for piano & string" de David Lively, Quatuor Cambini Paris et Thomas de Pierrefeu
"La poison" de La Poison
"Wasalala" de Madalitso Band
"Children of the slump" de Marble Arch
"Cesar Franck : Piano works quintet" de Michel Dalberto & Novus Quartet
"High strung" de Pamplemousse
"Live bullet song" de Tchewsky & Wood

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Un ennemi du peuple" au Théâtre national de l'Odéon
"Vues Lumière" au Théâtre de la Colline
"Fauves" au Théâtre de la Colline
"La Victoire en chantant" au Théâtre 13/Jardin
"Délivrés de famille" au Théâtre Le Funambule
"Deux femmes pour un fantôme" à l'Aktéon Théâtre
"Mon coeur pour un sonnet" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Cabaret de Poussière fait le Zèbre" au Zèbre
Festival des Enfants de Molière à Dieppe
les reprises :
"Tout semblait immobile" au Théâtre de la Bastille
"Providence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aux Délices" au Lavoir Moderne Parisien
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mai

Cinéma avec :

"Versus" de François Valla
Oldies but Goodies avec :
la version restaurée de "Les Lois de l'hospitalité" de Buster Keaton et Jack Blysrone
"Drôles de cigognes !" de Hermina Tyrlova
et la chronique des autres sorties de mai

Lecture avec :

"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
"Carnets clandestins" de Nicolas Giacobone
"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
"Toute une vie et un soir" de Anne Griffin
"War is boring" de David Axe & Matt Bors
et toujours :
"La bombe humaine" de Olivier Barruel
"La nuit ne dure pas" de Jules Gassot
"Le cri des corbeaux" de Matthieu Parcaroli
"Le jour de ma mort" de Jacques Expert
"Les feux" de Shohei Ooka
"Ombres sur la Tamise" de Michael Ondaatje
"Vraie folie" de Linwood Barclay

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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