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Interview  (Buenos Aires)  avril 2012

Par une chaude après-midi d'avril, j'ai rendez-vous, dans un café du centre de Buenos Aires, avec Alelí Manrique, la charmante éditrice en chef d'Ediciones Encendidas, avec à son actif un catalogue de déjà 21 livres !

Alelí Manrique, qui es-tu ?

Alelí Manrique : Je suis née à El Bolsón, province de Río Negro, en 1979. Je vis à Buenos Aires depuis 1980. Après avoir fait des études d'arts visuels durant quelques années, en 2008 je crée le projet culturel (rédaction et conservation) Ediciones Encendidas, que je coordonne.

Je me dédie aussi à la poésie visuelle et écrite et, de temps en temps, à l'illustration, ayant exposé mon travail dans différents espaces de Buenos Aires dédiés à l'art, à travers la participation à des publications virtuelles et sur papier et comme auteur des livres "Mucho fantasmo" (2008) et "Lunes" (2011).

Je fais aussi partie en tant que finaliste de l'Anthologie du Xème concours de Lettres de Dulcinée à Don Quichotte, 2011, de l'école d'écrivains Alonso Quijano à Alcazar, Espagne. J'ai pris des cours avec le reconnu poète Argentin Arturo Carrera et j'ai terminé mes études d'écriture narrative à la Maison des Lettres (école de l'écriture et de l'oralité).

En 2012, The Night Light (Manchester) va publier un e-book (Department's Girl) avec des textes issus de mes deux premiers livres traduits en anglais. Je travaille actuellement sur un nouveau livre qui réunira poésie et récits.

Ediciones Encendidas, c'est quoi exactement ?

Alelí Manrique : Ediciones Encendidas est un projet culturel (rédaction et conservation) que j'ai créé en 2008 à Buenos Aires, où je vis pour le moment. A l'origine, c'était un blog. Et ensuite, j'ai eu l'envie de publier mon premier livre de poèmes. J'ai passé une année à me renseigner et les éditeurs me disaient qu'ils ne prenaient rien pour le moment, que les imprimeries faisaient des tirages de plus de 500 exemplaires et que ça coûtait très cher... Enfin, jusqu'à ce que je rencontre les garçons d'El Asunto, qui est une sorte de collectif anarchiste de publication de textes. Ils travaillent avec une imprimerie qui fait des tirages réduits donc une petite quantité de livres et moins cher, ce qui offre une possibilité de publier à ceux qui viennent de commencer. C'est eux qui organisent la F.L.I.A. de Buenos Aires, la Foire du Livre Indépendant et Alternatif.

J'ai donc proposé à mon ami Paul Dymant de sortir son livre de poésie en même temps que le mien et j'y ai mis le logo Ediciones Encendidas. J'avais déja dans l'idée que si je voulais continuer à publier, il fallait que je le fasse moi-même et monter mon propre projet. Je me suis donc renseignée sur la fabrication d'un livre, de bonne qualité, joli et surtout bon marché (dans la mesure du possible).

J'ai aussi appris à faire des modèles de diagrammes à envoyer à une imprimerie, depuis le début, pour comprendre de quoi il s'agissait. Je voulais comprendre toutes les étapes de la fabrication d'un livre. J'ai aussi pris un cours sur la reliure à fil, j'ai acheté une imprimante et puis j'imprimais à la maison. Une autre personne s'occupait des couvertures, et j'envoyais faire l'assemblage ailleurs.Je suis passée par toutes les étapes de production, ce qui m'a fait apprendre.

Comme projet d'édition, le catalogue contient des titres de poésie et des récits. Depuis 2012, je travaille avec Maximiliano Tononi, qui est éditeur et distributeur, de sorte que maintenant en plus de la collection Amarilla, qui sont les tirages originaux d'auteurs - petite quantité en principe, de sorte que le cycle : production, vente et circulation soit conforme -, nous prévoyons un tirage plus important, de même que pour la distribution. Quant à la partie conservation, on explore principalement le domaine de la poésie visuelle.

On t'a donné un conseil, dit quelque chose de fondamental pour monter une maison d'édition ?

Alelí Manrique : Pas vraiment... Mais ils ont été très gentils avec moi au début les garçons de la maison d'édition, El Asunto, et maintenant, Maximiliano, qui sait beaucoup de choses sur la littérature et l'édition. Ce que j'ai beaucoup entendu, ça oui, c'est que tout semble très compliqué, bureaucratique et coûteux... Et en gros, ça ne te donne envie de rien faire. En fait, c'est pour ça que le slogan d'Ediciones Encendidas, c'est "écrire c'est gratuit et tu n'as pas besoin d'amis". A l'époque, j'étudiais le cinéma - section scénario - et les professeurs te disaient que ton texte original serait modifié par des milliers de mains et tu comprenais que tout était budget et assistants.

Je me suis fatiguée d'attendre d'être prête, et de toute façon, j'ai commencé à travailler et à produire et je me suis préparée sur le tard. Alors maintenant, c'est moi qui vais donner le conseil, si on veut faire quelque chose, le faire. Si c'est un caprice, ça va vous passer, mais si c'est un désir ou quelque chose d'inévitable, avec le temps, ça fonctionne.

Parle-nous un peu du catalogue, des auteurs ?

Alelí Manrique : J'ai eu de la chance avec les auteurs qui m'ont approchée pour travailler, j'ai eu l'opportunité de choisir des projets originaux qui, de manière générale, m'ont énormément enthousiasmée. Et ce qui me frappe, c'est que la plupart du temps, j'ai travaillé avec des auteurs à la distance qu'ils soient étrangers ou argentins, qui étaient, pour une raison que je ne m'explique pas, de l'intérieur du pays. Le temps utilisé pour écrire des e-mails pour expliquer les procédés a été parfois plus important que le temps consacré à la production du livre... C'est terrible ! Mais bon j'étais très enthousiaste à l'idée qu'Ediciones Encendidas s'ouvre à l'international. Peut-être parce que le projet a évolué et très visible sur Internet.

Juste pour en nommer quelques-uns, j'ai édité mon professeur d'anglais du lycée, qui a vécu en Chine 7 ans enseignant l'anglais. Il m'envoyait toujours des e-mails avec ses journaux intimes sur son expérience chinoise, jusqu'à ce qu'il revienne en Argentine de nouveau juste quand je commençais Ediciones Encendidas, cela a été assez incroyable pour moi de le publier, tout comme Anthony Reynolds, dont on va certainement reparler dans une autre question...

Quand je venais à peine de débuter, je m'étais mis en contact avec un auteur-compositeur, poète et éditeur espagnol José Luis Zúñiga, qui est mort l'année dernière et c'est vraiment regrettable, parce c'était un homme avec une énergie incroyable, toujours en train d'éditer et d'écrire, attentif à tout (il m'a ainsi aidée, lui connu, à m'occuper d'un de ses livres, moi qui débutait, lui de l'autre côté de l'Atlantique, je sais aussi qu'il s'est intéressé et a collaboré avec différents poètes argentins à Madrid).

Après, j'aime aussi beaucoup la poésie de Federico Fernández, les contes de Santiago Craig ou Anita Catania, etc. Je l'ai déjà dit mais j'édite ce que j'aime.

C'est comment l'aventure de l'édition et de la distribution en 2012 ?

Alelí Manrique : J'établirai une distinction entre l'acte d'éditer et celui de distribuer, bien que l'idéal serait une parfaite union entre les deux : réussir ou du moins s'en rapprocher, elle est là l'aventure. L'édition a lieu à un moment et dans un espace condensé et donc plus facile à gérer, tandis que la distribution est beaucoup plus chaotique et incontrolable due à la quantité de points de ventes (librairies ou autres points de ventes) qui existe et qui doit être traitée de manière persistante (la non-persistance est l'une des failles la plus récurente qui afflige le petit éditeur-distributeur, ce qui génère que ta réussite dans l'édition ne peut être accompagnée ou soutenue par le distribution).

Et si on pense à une distribution nationale, les points de ventes sont éloignés géographiquement les uns des autres. Puis, il y a le problème de l'utilisation du temps : le temps dédié à l'édition, c'est du temps que l'on soustrait à la distribution, et vice versa. L'idée, c'est atteindre un équilibre entre les deux activités.

Penses-tu que les écrivaines sont sur un pied d'égalité avec les écrivains ?

Alelí Manrique : Il y a 50 ans les femmes n'avaient même pas le droit de vote, et aujourd'hui, elles occupent des postes-clés à toutes les échelles sociales. Je ne sais pas à quoi c'est dû, mais c'est un changement qui a nécessité des centaines d'années.

Puis, ça s'est transformé en quelque chose d'autre, il y a eu les avancées technologiques et scientifiques mais ce qui se passe maintenant, de manière générale, c'est la confusion naturelle avec un changement dans les rôles si brusque dans un laps de temps tellement court. Chez les femmes écrivaines, il y a toujours eu un concept de transcendance.

Clea Moreno, rédactrice en chef de Eutelequia (maison d'édition espagnole), dit ceci : "Je crois encore au livre papier, car je crois en l'être humain comme collectionneur." Qu'en penses-tu ?

Alelí Manrique : Je crois que d'un certain point de vue, oui. Il y a beaucoup de gens qui préfèrent un livre papier à un livre numérique. C'est aussi l'habitude, il faudra voir ce qui se passe avec les prochaines générations. Je pense que les deux formats peuvent coexister.

Il me paraît primordial de mettre un peu de côté les écrans d'ordinateur, et pour ça lire est une bonne excuse. Pour ma part, je suis de moins en moins collectionneuse, je pense que c'est le chemin à suivre ; le dépouillement en général et surtout matériel, donc dans ce sens et dans celui de l'écologie - combien d'arbres sont abattus chaque année pour fabriquer les livres vendus ? - ce n'est pas une mauvaise idée qu'existe les Ebooks, si ça ne fait pas mal aux yeux, pourquoi pas ?

Ça peut servir comme un moyen d'augmenter la diffusion de textes et de les donner à connaître, pour ensuite les acheter en papier. Selon ce que j'imagine et ce que j'ai entendu, c'est ce qui va se passer.

En plus d'être le directrice d'Ediciones Encendidas, tu écris. Parle-moi de ton dernier recueil de poèmes (le deuxième) "Lunes".

Alelí Manrique : J'ai travaillé de la même façon que le premier, "Mucho Fantasmo", en accordant une attention particulière aux idées qui me viennent dans la journée, aux jeux de mots quand je pense ou que je parle, et si quelque chose me plaît je le note. Avec le temps, j'ai emmagasiné beaucoup de textes, certains sont terminés, d'autres en partie mais ils viennent d'un même point de vue, c'est-à-dire le mien, et donc bien sûr ils ont des points en commun.

Et c'est à ce moment-là que j'imprime des dizaines de phrases, que je coupe et que je mets sur une table, pour les lire en même temps et pour les retravailler.

Le chanteur Anthony Reynolds a sorti un livre de poèmes, "Calling All Demons" avec toi. Comment a surgi la collaboration ? Parle-moi un peu de sa venue à Buenos Aires (l'année dernière) pour présenter le livre.

Alelí Manrique : J'étais un fan de son groupe, Jack, dans les années 90 et tout a surgi à partir d'un simple message posté sur sa page MySpace, auquel il a répondu en me disant qu'il aimerait éditer son livre de poèmes avec moi, comme ça directement. Ce fut quelque chose de surprenant, assez fou et inspirant. On a travaillé par e-mail pendant un an sur son livre, "Calling All Demons", et cerise sur le gâteau le Wales Arts International lui a payé le voyage depuis Cardiff jusqu'à Buenos Aires pour présenter son livre et faire un concert.

Avec l'aide de Fernanda Malvitano, productrice de spectacles, nous avons organisé le concert avec la participation de nombreux musiciens argentins. La soirée a été un succès public et les gens ont adoré, certains connaissaient Anthony (dans les années 90, je croisais à des concerts quelques garçons avec des tee-shirts de Jack) et ceux qui ne le connaissaient pas, étaient ravis. C'était très émouvant, et pour moi un rêve d'adolescente accompli. Le dicton devrait être : "Plantez un arbre, avoir un enfant, écrire un livre et réaliser un rêve d'adolescent".

Tu le sais peut-être déjà mais en Europe, on est en crise ! C'est comment de vivre à Buenos Aires aujourd'hui ?

Alelí Manrique : Je suis un peu méfiante avec la crise parce qu'elle existe et s'étend à mesure que les gens y croient. Et parce que pour moi qui ai toujours vécu en Argentine, la crise c'est un truc normal. À l'heure actuelle vivre à Buenos Aires, c'est très difficile, au-delà des problèmes caractéristiques de toute grande ville, il y a une lutte pour le pouvoir entre le gouvernement national et celui de la ville, deux "partis opposés" qui prennent Buenos Aires en otage, sans fonds ou sans organisation d'aides (éclairage, sécurité, nettoyage, réparations de rues, des transports efficaces et sûrs... sans parler de la culture et la distribution des subventions entre amis...).

Mais le plus dangereux je pense, c'est qu'il y a des gens qui, malgré tout, continuent à justifier et donner leurs votes aux gouvernements, et en plus, sans pouvoir vous donner une raison logique. Et là rentre en jeu le paternalisme, quelque chose qui me semblait rétro, mais je m'étonne de voir qu'ici c'est encore très à la mode.

Quels sont vos projets pour le futur immédiat d'Ediciones Encendidas ?

Alelí Manrique : D'une part, nous allons organisé un échange culturel avec des gars de Manchester, ils ont aussi un projet de maison d'édition indépendante qui s'appelle "The Light Night" (nos projets ont des noms similaires !). D'autre part, ils vont éditer un e-book avec mes poèmes traduits en anglais. L'idée, c'est de construire une sorte de projet avec des gens de la littérature actuelle anglaise et argentine.

Actuellement, je prépare la sortie du livre d'un très jeune poète chilien, Juan Pablo Mosqueira Cordova. Mais aussi ce que j'ai déjà mentionné avant sur des nouvelles collections plus grandes et avec une meilleure distribution en librairies. Le premier projet, c'est Kasi Kosmo, une sorte de journal de bord de la vie d'un trentenaire, et on est aussi en discussion avec Pablo Krantz pour publier un livre de ses contes.

Pour terminer, un livre de chevet ?

Alelí Manrique : "L'Attrape-cœurs", bien que cela puisse apparaître comme un cliché.

 

En savoir plus :
Le site officiel d'Alelí Manrique
Le site officiel d'Ediciones Encendidas
Le Facebook d'Ediciones Encendidas
Le site officiel de la F.L.I.A. de Buenos Aires

Photos : avec l'aimable autorisation d'Alelí Manrique


Edmond Jaloux         
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# 16 septembre 2018 : Un été sans fin

On n'est pas trop mal sous le soleil de septembre. Il faut bien cela pour faire oublier un peu l'actualité politique et sociale. Pour se détendre, voici notre petit programme culturel hebdomadaire, notamment avec de la musique, des spectacles à foison, la rentrée des expositions, une sélection de films et toujours de la littérature. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Let my children hear Mingus" de Géraud Portal
"Joy as an act of resistence" de Idles
"Move through the dawn" de The Coral
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"Idomeni" de No Mad ?
"Sun on the square" de The Innocence Mission
et entre livre et musique "Beach Boys, un été sans fin" de Jean Emmanuel Deluxe

et toujours :
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Au théâtre :

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"Gérémy Crédeville - En vrai le titre on s'en fout" à la Comédie de Paris
"Fabrice Petithuguenin - C'est compliqué" au Théâtre Le Bout
"Manon Mezadorian - Pépites" au Théâtre du Marais
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Expositions avec :

"Picasso : Chefs d'oeuvre !" au Musée national Picasso
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Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Leave No Trace" de Debra Granik
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Ciné en bref avec :
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"Whitney" de Kevin Macdonald
"Photo de famille" de Cecilia Rouaud
"Bonhomme" de Marion Vernoux
et la chronique des autres sorties de septembre

Lecture avec :

"Au loin" de Hernan Diaz
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"Federica Ber" de Mark Greene
"K.O." de Hector Mathis
"L'extase totale" de Norman Ohler
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