Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Pitchfork Music Festival #2 (édition 2012) - samedi 3 novembre
Isaac Delusion - Cloud Nothings - Purity Ring - Twin Shadow - Liars - Death Grips - Breton - Grizzly Bear - Disclosure - Totally Enormous Extinct Dinosaurs - Rustie - Simian Mobile Disco - Julio Bashmore  (Grande halle de la Villette, Paris)  du 1er au 3 novembre 2012

Jour III : Tricots en laine / fureur et poésie / nuit blanche

L’affiche de ce dernier jour mérite presque à elle seule de venir au festival. Et signe qui ne trompe pas, c’est une nouvelle fois archi-complet. Un rendez-vous avec Roman Rappak, le chanteur de Breton, nous empêche d’assister vraiment au concert d’Isaac Delusion qui semble bien perdu dans cette grande salle.

C’est du Super Market que nous assistons à la prestation plutôt rock de Cloud Nothings. Rapidement, le Super Market est une sorte de brocante 4.0 où l’on trouve tout un tas de créatrices chics et distinguées, mélange de petits bijoux fait mains, de sacs tricotés, de babioles… Les Américaines adorent, leurs amis moustachus également ! Je rigole mais j’ai craqué également.

C’est au tour de Purity Ring d’investir la scène. Assez inconsistant sur disque, on sent pourtant dès "Belispeak" qu’il va se passer quelque chose. La préparation du show a été longuement étudiée. On devine que rien n’est laissé au hasard ce qui a pour résultat un spectacle surprenant. En effet, la dream pop cristalline et rêveuse, enfantine aussi, se marie parfaitement aux jeux de lumière créés par tout un tas de lampions suspendus dans les airs et à la voix aérienne, aux faux airs parfois de Björk, de Megan James et aux instruments inventés par Corin Roddick. "Shuck" termine en beauté cette délicate découverte.

Le temps d’aller boire une bière et nous filons voir Twin Shadow. Le concert commence directement par "Golden Light" et on a vite compris que George Lewis Jr a décidé de muscler sa musique et de performer au maximum. Galvanisé par la foule, Twin Shadow enchaîne les titres, de notre coté et comme beaucoup de monde, nous quittons la salle face à ce spectacle désobligeant dès "Run My Heart". En live, ou en tout cas ce soir là, Twin Shadow se transforme en un monstre rock FM. Je ne parlerais pas ici de la version de tourner les serviettes/t-shirt proche du ridicule.

Qu’importe Twin Shadow puisque nous avons Liars. Liars, c’est un peu la preuve que s’il existe des punks à chien, il existe des punks à cerveau ! "Brats", "WIXIW", et la foule exulte, "Let’s No Wrestle Mt. Heart Attack" et "Scarecrows On A Killer Slant" finissent de mettre le public à genoux. Version démoniaque de Pedro Winter, Angus Andrew électrise La Villette. Ca sent le cuir, le souffre. Le groupe enflamme les esprits sur "Flood To Flood" alors que sur un écran géant tourne un film dingo tout en ellipse montrant les musiciens en studio. Prêtre de l’apocalypse, Angus Andrew se déhanche comme possédé, dans une atmosphère ténébreuse de fin du monde. La tension est permanente, le spectre latent, et l’electro-rock de Liars une véritable lame de fond. On pense à Ministry, à une version moderne de Suicide. "No 1 Against The Rush" donne des frissons, le reste du set "Plaster Casts Of Everything" et "Broken Witch" est une apothéose. Le trio Américain aime la recherche sonore et les expérimentations, il prouve aussi qu’il est capable de concerts dantesques !

Par respect pour sa maison de disque, ou pas, nous évitons soigneusement Death Grips. Juste le temps de se rendre compte qu’ils avaient réussi à grand renfort de lumières rouges et de chanteur torse nu et bombé à transformer la grande Halle en peep show. C’est vulgaire, ça hurle c’est surtout largement surestimé.

Dire que j’aime Breton, mes amis vous le diront, c’est un euphémisme. Dernier groupe à être apparu sur l’affiche, je suis déçu qu’ils passent juste avant Grizzly Bear, ce qui nous obligera à écouter les deux derniers titres de l’autre côté de la salle. Une inversion avec les horribles Death Grips aurait peut-être été plus judicieuse, avis partagé par pas mal de festivaliers. Breton commence fort avec "15x", "Pacemaker", "Episodes" et "Edward The Confessor". Moins à l’aise que dans une salle à taille plus humaine, le groupe n’en reste pas moins excellent et efficace. Sourire aux lèvres, Roman Rappak, comme les autres membres du collectif, semble prendre beaucoup de plaisir à jouer. La grande halle se transforme en laboratoire alors que retentissent "Wood and Plastic", "Interference", "Governing Correctly" ou "Population Density" dédicacé à tous leurs fans.

Moins proche que dans la tournée française, Roman Rappak est un peu moins loquace en français et préfère souvent l’anglais pour haranguer la foule. Pas bête, il sait que le public n’est que très partiellement composé de Français. Qu’importe ! La musique de Breton s’échappe et rebondit sur les arches art nouveau comme une danse diabolique. Le public est en joie et danse. Comme à son habitude, les musiciens sont accompagnés d’un vidéaste véritable valeur ajoutée au concert. L'épileptique "Jostle", "Ordnance Survey" et il est temps si l’on veut être pas trop mal placé d’aller vers la scène de l’autre côté. On écoutera donc de loin "Foam" et "December" en clôture d’un set une nouvelle fois excellent de la part de nos amis Anglais.

Il n’y a aucun doute, s’il y a autant de monde ce soir, c’est pour voir Grizzly Bear. Une position de tête d’affiche loin d’être usurpée au vu de leur discographie et de leur dernier album Shields qui est à mon sens le plus beau disque de l’année. Comme quoi, on peut adorer cette musique et ne porter ni moustache, ni bonnet de nain de jardin, ni de chemises à glands. Comme quoi, on pouvait aller à ce festival juste pour la musique…

23h10 : Grizzly Bear entre sur scène et un frisson, qui ne me quittera plus, me parcourt. "Speak In Rounds", "Sleeping Ute", je suis ailleurs, et je ne suis pas le seul ! L’ambiance est magique et tient presque du surréalisme. Grizzly Bear n’a pas besoin d’un light show gigantesque ou d’une mise en scène extraordinaire pour transporter les gens, ils laissent ça aux poseurs, il leur suffit de quelques lumières cylindriques, belles à l’image de leur musique, vagabondant dans les airs pour nous faire rêver. "Yet Again" solaire nous transporte plus que de raison et termine dans une cavalcade de guitares alors que "A Simple Answer" nous fait voyager loin, très loin. Grizzly Bear nous parle au cœur, et le renverse à chaque accord, à chaque note. Il est regrettable que le son ne soit pas à la hauteur de la prestation du groupe, de haute volée ce soir.

Les titres s’enchaînent : "Gun-shy", "Ready Able", "I Live with You", "Foreground", Grizzly Bear est au sommet de son art. La maîtrise est totale et le groupe joue avec nos émotions en alternant moments de tensions et détentes, comme seul sait aussi bien faire Radiohead. Faire la première partie des Anglais sur leur tournée In Rainbows leur a sûrement appris à jouer aux montagnes russes avec nos sensations. "Knife" est repris en cœur par la foule. Les voix d’Ed Droste et de Daniel Rossen s’entremêlent à merveille, chacun apportant sa pierre à ce superbe édifice. "While You Wait For The Others", "Two Weeks", "Half Gate" et le groupe termine en apothéose avec "Sun In Your Eyes". Les lumières se rallument, le rêve est terminé. Il me faudra de longues minutes avant de redescendre, avant de tout comprendre et de garder en mémoire ces moments d’éternités.

La suite ? La grande halle s’est transformée en un club géant sous la houlette de Disclosure, de Totally Enormous Extinct Dinosaurs, de Rustie, des attendus Simian Mobile Disco et de Julio Bashmore. De quoi faire passer une nuit blanche aux festivaliers !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Rust and Gold de Isaac Delusion
Isaac Delusion en concert au Festival Fireworks! #2 (édition 2013) - jeudi 14 février
Isaac Delusion en concert au Festival Fnac Live #3 (édition 2013) - Samedi
Isaac Delusion en concert au Festival Artrock 2015
La chronique de l'album Attack on memory de Cloud Nothings
La chronique de l'album Here and Nowhere Else de Cloud Nothings
Cloud Nothings en concert au Festival La Route du Rock #22 (dimanche 12 août 2012)
La chronique de l'album Another Eternity de Purity Ring
La chronique de l'album They were wrong so we drowned de Liars
La chronique de l'album Drum's not dead de Liars
La chronique de l'album Mess de Liars
Liars en concert à La Boule Noire (19 novembre 2003)
Liars en concert au Tryptique (15 mai 2004)
Liars en concert au Festival Art Rock 2004 (Jeudi)
Liars en concert au Festival La Route du Rock 2006 (vendredi)
Liars en concert au Festival La Route du Rock 2010 (vendredi)
Liars en concert au Festival La Route du Rock #24 (vendredi 15 août 2014)
Liars en concert à La Machine (jeudi 9 octobre 2014)
L'interview de Liars (novembre 2007)
La chronique de l'album Other People's Problems de Breton
La chronique de l'album War Room Stories de Breton
Breton en concert à Cadran Breton (10 janvier 2004)
Breton en concert au Festival Art Rock 2012 - vendredi, samedi et dimanche
Breton en concert au Festival La Route du Rock #22 (samedi 11 août 2012)
Breton en concert au Festival Beauregard #6 (édition 2014)
Breton en concert au Festival de Beauregard #6 (édition 2014) - dimanche
Breton en concert au Festival Les Vieilles Charrues 2014 - Samedi
Breton en concert au Festival Fnac Live #4 (édition 2014)
L'interview de Breton (samedi 3 novembre 2012)
L'interview de Breton (février 2014)
La chronique de l'album Yellow House de Grizzly Bear
Grizzly Bear en concert au Festival La Route du Rock 2006 (dimanche)
Grizzly Bear en concert au Nouveau Casino (4 septembre 2006)
Grizzly Bear en concert au Festival Primavera sound 2007 (samedi)
Grizzly Bear en concert au Festival La Route du Rock 2009 (dimanche)
Grizzly Bear en concert au Festival La Route du Rock #28 (édition 2018)
Disclosure en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #25 (2013) - Dimanche
Disclosure en concert au Festival La Route du Rock #23 (Samedi 17 août 2013)
Disclosure en concert à Pitchfork Music Festival Paris #3 (édition 2013)
Disclosure en concert au Festival de Beauregard #6 (édition 2014) - vendredi
Disclosure en concert au Festival Beauregard #11 (édition 2019) - Dimanche 7 juillet
Simian Mobile Disco parmi une sélection de singles (mars 2007)

En savoir plus :
Le site officiel du Pitchfork Music Festival
Le Facebook du Pitchfork Music Festival


Le Noise (Jérôme Gillet)         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco

• Edition du 2019-10-13 :
Orouni - Interview
Listen in Bed - The Sopranos (Mix #2)
Listen in Bed - Vinyles (émission 2)
Vanille - Amazona
Parlor Snakes - Disaster Serenades
Olivier Rocabois - Ship Of Women / Somewhere In A Nightmare EP
Marie Sigal - Les géraniums EP
Festival Levitation France #7 (édition 2019) - The Warlocks - Black Midi - Frustration - Iceage - Fat White Family - Vanishing Twin - France - L'Epée - Frankie and the Witch Fingers
Pierre Daven-Keller - Kino Music
Michel Dalberto - Beethoven, 5 Sonates pour piano
Sarah Amsellem - Miracles
Vincent David - Pulse
La Féline - Vie Future
Samba de la Muerte - A Life with Large Opening

• Edition du 2019-10-06 :
Xavier - Sprayed Love
Fabien Martin - aMour(s)
Alexandra Luiceanu - Matriochka : Romantic Fantaisies & Transcriptions from Russia
Maud Geffray - Still Life : a tribute to Philip Glass
Alex Beaupain - Pas plus le jour que la nuit
Lucienne Renaudin Vary - Mademoiselle in New York
The Great Old Ones - Interview
Hugues Mayot - L'Arbre rouge
Liam Gallagher - Why me ? Why not.
Baden Baden - La Nuit Devant
Rabih Abou-Khalil - The Flood and The Fate of The Fish
Listen in Bed - Drive (Mix #1)
Listen in Bed - Les disques dans notre vide poche (émission #1)

• Edition du 2019-09-29 :
Johanna Saint-Pierre - The NYC Summer Sessions EP
Holy Fuck - Luxe featuring Alexis Taylor
Alarm Will Sound - The hunger
Bruno Rigutto - Chopin : Nocturnes
Sylvain Rifflet - Troubadours
Ensemble Aedes & Mathieu Romano - Brel & Barbara A cappella
Initiative H - Initiative H X Moondog Pax for a Sax Remix
Boucan - Déborder
Caravan Palace - Chronologic
 

• Archives :
Nantucket Nurse - The Uncompleted Works Volumes 1, 2 &3
Mister Moonlight - The Basement Tapes
Debout sur le Zinc - Vian par Debout sur le Zinc
Studio Electrophonique - Buxton Palace Hotel
Quatuor Béla & Moriba Koïta - Impressions d'Afrique
Mike Patton & Jean-Claude Vannier - Corpse Flower
Samir Barris - Fin d'été
Gérald Genty - Là-Haut
Joseph Fisher - Interview
Florian Noack - Prokofiev : Visions Fugitives
Hildebrandt - ïLeL
Dpt Store - Tokyo dreams
Kronos Quartet - Terry Riley : Sun Rings
One Rusty Band - Voodoo Queen
Marie-Nicole Lemieux - Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières
Black Midi - Schlagenheim
Moddi - Like In 1968
L'épée - Diabolique
Violet Arnold - Moon
Festival Check-In Party #1 (édition 2019) - jeudi 22 août - Prince Miiaou - Julia Jacklin - Clara Luciani - Patti Smith - Jeanne Added
Festival Check-In Party #1 (édition 2019) - Vendredi 23 août - Namdose - Puts Marie - Yak - Slaves - Lysistrata - Gogol Bordello - The Psychotic Monks - Foals
Festival Check-In Party #1 (édition 2019) - Samedi 24 août - Bodega - Altin Gün - Deerhunter - Oh Sees - La Colonie de vacances - Balthazar - The Blaze
Manu - L'horizon
Ezra Furman - Twelve Nudes
Echoplain - Echoplain EP
Laurent Coulondre - Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani
Le Flegmatic - Interview
Fleur du mal - Spleen I
Festival La Route du Rock #29 (édition 2019) - Jeudi 15 - Fontaines DC - Idles - Stereolab - Tame Impala
Ride - This is not a safe place
- les derniers albums (5764)
- les derniers articles (128)
- les derniers concerts (2314)
- les derniers expos (4)
- les derniers films (20)
- les derniers interviews (1077)
- les derniers livres (7)
- les derniers oldies (20)
- les derniers spectacles (8)
           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=