Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Florent Marchet
Interview  (ACB Scène Nationale, Bar-le-Duc)  dimanche 16 décembre 2012

Nous avons rencontré Florent Marchet après son concert Noël’s Songs à Bar-le-Duc, histoire de savoir d’où est né ce projet, ce qui l’anime et avoir, ou pas, des nouvelles de Benjamin. Une rencontre sous le signe de la convivialité, avec un artiste véritablement attachant, un verre de vin chaud à la main et presque sous le sapin… Noël oblige.

Comment est né l’idée de ce Noël’s Songs ?

Florent Marchet : C’est né d’un heureux hasard, cela n’a pas été du tout prémédité, ni pensé directement dans sa globalité. En fait, il y a une personne qui s’appelle Madame Lune qui organise des spectacles éphémères dans un lieu, l’église Saint-Eustache à Paris. Le but étant de monter un concert totalement inédit, tout en acoustique. Elle me l’a proposé, elle avait déjà fait des choses avec Camille, et j’ai dit oui, parce que cela m’intéressait. C’est une mise  en danger que j’affectionne. Elle m’a dit le seul créneau qu’il me reste c’est en décembre, fin décembre, et sur le ton de la rigolade je lui ai dit : bon on va faire un concert de Noël. Après cela a fait son chemin dans ma tête, on était en juin. J’ai réalisé que je collectionnais un paquet d’album de Noël. J’ai toujours aimé ces disques. En fait, il y a une tradition outre-Atlantique qui est de s’emparer du répertoire de Noël et d’y mettre une singularité, donc il y a des groupes comme Belle and Sebastian, Blonde Redhead, Johnny Cash évidemment et à chaque fois on retrouve leur univers et je trouvais vraiment sympa. En France, on ne fait jamais ça, c’est soit le truc un peu poussiéreux...

Ringard.

Florent Marchet : Oui, ringard parce que des années 60,  après ce n’était peut-être pas mauvais à l’époque mais bon voilà on ne propose que cela ou alors des versions extrêmement mercantiles. Donc très souvent  en France, on a l’impression que les chansons de Noël c’est très cul-cul, ridicule. Je me suis dit qu’il devait quand même y avoir moyen de faire quelque chose, surtout que la plupart des chansons de Noël sont des traductions de standards. J’ai commencé à chercher et sans trop pousser les recherches il y avait déjà une dizaine de chansons dans ma tête. L’idée aussi était de ne pas écouter les versions originales pour ne pas être pollué par ça, et m’approprier directement les chansons comme moi je le chanterais avec mes souvenirs. Nous avons donc fait le concert, on a adoré et on a été hyper frustré de ne le faire qu’une fois, c’était il y a deux ans. On a enregistré l’album de Noël l’année suivante.

Et le EP ?

Florent Marchet : Oui il y a eu aussi le EP qui était à mi-chemin, c’était pour présenter un peu le projet. Après il y a eu tout l’album et on a fait deux dates sur Paris. Mais nous avions toujours cette frustration de dire, c’est bien on joue les morceaux de Noël, mais en fait on aimerait qu’il y ait une vraie progression narrative, une mise en scène, cela faisait très longtemps que je voulais travailler avec Guillaume Vincent qui est un metteur en scène que j’adore, et c'était l’occasion. Un projet un peu récréatif, mais c’est dans les projets récréatifs finalement que l’on se met le plus en danger, que l’on va chercher des choses qui vont nous nourrir. En même temps, c’est un projet lourd à monter parce qu'il y a une vraie scénographie, il y a du monde sur scène. Donc voilà ça s’est fait en trois étapes et la dernière commence à ressembler à quelque chose.

Travailler sur "Noel’s songs" t’a-t-il donné envie de faire "Coquillette la mauviette", et de continuer à collaborer avec Arnaud Cathrine ?

Florent Marchet : En fait… Je suis assez vigilent à rester quand même un minimum en accord avec l’enfant que j’ai été. Cette recherche est constante. Il n’y a pas de nostalgie, juste ne pas le trahir. C’est extrêmement important. Après pour rien au monde je ne revivrai mon adolescence, etc. Je suis très content de ma vie d’aujourd’hui mais je reste vigilent par rapport à ça. Je suis papa de deux enfants, je leur raconte très souvent des histoires le soir et cela m’a forcément donné envie, ce n’est pas que je me suis senti autorisé, quoique, mais j’avais quelque chose que j’avais envie de leur raconter.

En même temps dans la création, il ne faut pas se leurrer, on pense d’abord à soit, à ce que l’on a envie de dire, c’est quelque chose dont on a besoin d’exprimer. C’est quelque chose que l’on doit faire et qui est important. Et donc cette histoire fait partie de la transmission que j’avais envie de donner à mes enfants. Mais j’avais aussi envie de retravailler avec Arnaud Cathrine, il a une vrai expérience dans la littérature jeunesse. On a commencé à écrire ensemble, avec forcément des chansons parce que tous les deux on adore ça, et puis toujours d’avoir quelque chose de chorale. Mine de rien, tous ses projets parallèles permettent de travailler avec les autres et moi j’affectionne cela particulièrement. J’aime bien porter un projet seul sur scène, mais je ne ferai pas cela tout le temps. J’ai besoin d’être entouré, un peu comme dans une pièce de théâtre.

Tu t’inscris avec "Noël’s songs" dans une tradition plutôt anglo-saxonne, te sens-tu proche de Sufjan Stevens ?

Florent Marchet : Oui bien sûr j’aime bien, évidemment ! En même temps, nous n’avons pas la même langue, pas la même culture musicale, quoique. C’est quelque que j’apprécie beaucoup. Cela met en confiance de voir des gens comme ça sur scène. J’ai besoin d’être vraiment sur les fesses en écoutant des albums, quand on voit des gens sur scène ce n’est que des bonnes nouvelles. Je suis très malheureux des albums que j’attends et qui sont moyens.

Ce projet n’est-il pas un moyen pour te donner un cadre. Te placer dans une thématique comme tu le fais souvent comme  le passage à l’âge adulte, le traitement social, le romanesque, le temps qui passe ?

Florent Marchet : Il n’y a rien de gratuit. Quand je fais quelque chose, c’est parce que cela m’anime. C’est souvent inconscient, je ne sais pas forcément pourquoi. Je me fais beaucoup plus confiance qu’il y a dix ans là-dessus. A priori, je ne suis pas un fan de Noël, je suis comme beaucoup d’adulte, même si c’est différent quand tu as des enfants, n’est-ce pas ? J’ai cru comprendre que tu en avais un aussi… Et au fond, si je me suis attaqué à cela, c’est parce que cela faisait écho à ma démarche, à la démarche que j’ai dans mes chansons. D’avoir un regard un peu sociologique. C’est ce qui m’a intéressé. Ce qui touche aux autres. Aux autres vies que la mienne, voilà c’est ça. C’est regarder chez les autres ce qui va faire écho en moi. Ce qui va me permettre de me comprendre, de comprendre les gens qui m’entourent. Et c’est ce que je recherche à travers mes chansons. Mais j’aime bien aussi cette poésie naïve propre à Noël.

C’est aussi régler ses comptes avec son enfance, rentrer dans l’âge adulte…

Florent Marchet : C’est plutôt enfin laisser exprimer l’enfant que l’on a été. Comme je t’ai dit, je laisse la voix à l’enfant que j’ai été. Je ne sais pas si je règle des comptes. C’est une belle leçon de vie Noël, d’apprendre que le père Noël n’existe pas. Enfin si il existe mais comme un personnage de fiction. Et il y a des personnages de fiction qui sont bien plus vivants que des gens dans la vie réelle. C’est assez cruel aussi, mais bon je fais pareil avec mon fils. Un jour tu vas lui dire, le père Noël n’existe pas. Tu y vas par étape. Et puis c’est aussi leur apprendre qu’on est là sur terre mais peut-être pour rien et que de toute façon tout le monde va mourir. C’est la réalité. Il faut se réconcilier avec ça. Cela ne doit pas être une chose triste.

Comment va Benjamin ?

Florent Marchet : Je ne le croise plus trop pour ne rien te cacher (rires). Mais il doit se porter pas trop mal…

Pour terminer quels sont tes projets futurs ?

Florent Marchet : J’en ai pas mal. Je suis en train d’enregistrer en ce moment.

Toujours dans ton propre studio ?

Florent Marchet : Oui oui. Je travaille aussi sur le prochain film de Frédéric Videau, j’avais déjà fait "A moi seule" avec lui. Là, ça va être une comédie musicale, on bosse sur la musique et les textes. Voilà pour les grandes lignes. Nous devrions donc nous revoir pour le prochain album !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Gargilesse de Florent Marchet
La chronique de l'album Rio Baril de Florent Marchet
La chronique de l'album Frère animal de Arnaud Cathrine - Florent Marchet
La chronique de l'album Courchevel de Florent Marchet
La chronique de l'album Bambi Galaxy de Florent Marchet
La chronique de l'album Frère Animal (Second Tour) de Arnaud Cathrine & Florent Marchet
Florent Marchet en concert à La Cigale (5 novembre 2004)
Florent Marchet en concert au Festival des Vieilles Charrues 2005 (dimanche)
Florent Marchet en concert au Café de la Danse (10 décembre 2008)
Florent Marchet en concert à ACB Scène Nationale (dimanche 16 décembre 2012)
L'interview de Florent Marchet (29 novembre 2004)
L'interview de Florent Marchet - première partie (13 décembre 2006)
L'interview de Florent Marchet - deuxième partie (13 décembre 2006)
L'interview de Florent Marchet (avril 2007)
L'interview de Florent Marchet (2 décembre 2008)
L'interview de Arnaud Cathrine & Florent Marchet (septembre 2016)

En savoir plus :
Le site officiel de Florent Marchet
Le Soundcloud de Florent Marchet
Le Myspace de Florent Marchet
Le Facebook de Florent Marchet

Crédit photos : Jérôme Gillet


Le Noise (Jérôme Gillet)         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
# 17 mai 2020 : le joli mois de mai

Après tout ce temps confiné, l'impression d'une liberté quasi retrouvée n'a d'égale que la prudence avec laquelle il faut aborder ses semblables. En attendant des jours meilleurs, voici de quoi se mettre du baume au coeur avec notre petite sélection culturelle hebdomadaire.

Du côté de la musique :

"Chante-nuit" de Facteurs Chevaux
"9 songs" de Pierre
"Sex education" de Ezra Furman
"Cage meet Satie" de Anne de Fornel et Jay Gottlieb
Interview de Batist & the 73' réalisé à l'occasion de son live Twitch dont des extraits accompagnent cette entretien
"Hundred fifty roses" de Dune & Crayon
"F.A. Cult" de Hermetic Delight
"Love is everywhere" de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce
"Hum-Ma" de Les Enfants d'Icare
"Spirals" de Sébastien Forrestier
et toujours :
"Soir paien" de Alexis Kossenko, Anna Reinhold & Emmanuel Olivier
Interview de Morgane Imbeaud accompagnée d'une belle session acoustique
"Enrique Granados : Oeuvres pour piano" de Myriam Barbaux-Cohen
"For their love" de Other Lives
"Schubert, sonates pour piano D.845 & D.850" de Philippe Cassard
"Nothing is never over" de The Eternal Youth

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Cléopâtre in love"
"Affordable Solution for Better Living"
"Queen Blood"
"One night with Holly Woodlawn"
du des classiques revisistés :
"Antigone"
"La Dame de chez Maxim"
des comédies de moeurs:
"La garçonnière"

"Deux hommes tous nus"
du boulevard :
"Panique au Plaza"

"Grosse chaleur"
"Oscar"
du côté des humoristes :
"Shirley & Dino à Marigny"
"Philippe Lelièvre - Givré !"
Au Théâtre ce soir :
"Trois partout"
"Quand épousez-vous ma femme ?"
"J'y suis, j’y reste"
et une échappée opératique de classiques recontextualisés :
"Madame Butterfly" de Puccini
Pelléas et Mélissande" de Debussy

Expositions :

voir et revoir:
la récente exposition "Le Rêveur de la forêt " du Musée Zadkine en vidéo et avec les images commentées sur le site du musee
et la rétrospective "Christian Dior - Couturier du rêve" qui s'est tenue au Musée des Arts Décoratifs avec une visite-reportage réalisée par Benjamin Wu assortie des commentaires des commissaires
sillonner l'Hexagone en direction de l'exposition"Balenciaga, Magicien de la Dentelle" à la Cité de la Dentelle et de la Mode à Calais et du Musée La Piscine de Roubaix
partir ensuite pour l'Europe :
au Pays-Bas avec le Musée Van Gogh à Amsterdam et la visite virtuelle de chacun des quatre niveaux de monstration
puis au Danemark au Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague
et encore plus loin en Turquie au Pera Museum d'Istanbul
et en Corée du Sud pour explorer en 6 étapes le National Museum of Modern and Contemporary Art
enfin revenir à Paris au Musée du Louvre avec les visites commentées par les commissaires des expositions "Vermeer et les maîtres de la peinture de genre" et "Un rêve d'Italie, la collection Campana"
et finir en musique avec un revival musical avec l'exposition en ligne "Mai 68 - De la révolte à la légende" au Musée de la Sacem

Cinéma at home avec :

voir ou revoir :
de la romance avec "Coup de foudre au Caire"
de la comédie musicale hollywoodienne avec "Mariage royal" de Stanley Donen
de la comédie dramatique avec "Coffee and Cigarettes" de Jim Jarmush
du policier avec "Jeff" de Jean Herman
du thriller avec "Volte face" de John Woo
du western avec "Mon nom est personne" de Tonino Valerii et Sergio Leone
du fantastique avec "La femme aux bottes rouges" de Juan Luis Bunuel
de la comédie avec :
"Absolument Fabuleux" de Gabrieh Aghion
"Cash Express" de Jerry Zucker
au Ciné Club avec des films des années 50 :
"Topaze" de Marcel Pagnol
"Sacré jeunesse" d'André Berthomieu
"Vous n'avez rien à délarer ?" de Clément Duhour
une curiosité avec "Le Père Noël contre les Martiens" de Nicholas Webster
et une rareté avec "L'invincible Kid du Kung Fu" de Eddie Niccart

Lecture avec :

"Là où chantent les écrevisses" de Delia Owens
"Les lumières de Tel Aviv" de Alexandra Schwartzbrod
et toujours :
"Faites moi plaisir" de Mary Gaitskill
"La chaîne" de Adrian McKinty
"Incident au fond de la galaxie" de Etgar Keret

Froggeek's Delight :

Des lives jeux vidéo (mais aussi des concerts) tout au long de la semaine sur la chaine Twitch. Rejoignez la chaine et cliquez sur SUIVRE pour ne rien rater de nos diffusions.

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

Les 4 derniers journaux
- 12 juillet 2020 : Un air d'été
- 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances
- La Mare Aux Grenouilles #05
- 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?
           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=