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puce Un compte rendu pour une académie
Théâtre des Mathurins  (Paris)  avril 2013

Monologue dramatique d'après l'oeuvre éponyme de Franz Kafka dit par Erik Stouvenaker dans une mise en scène de Jack Garfein.

Attention ! Le personnage qui est en scène n'est pas un humain. Non, c'est un singe qui, à force d'effort contre sa nature simiesque, est devenu un humain.

Un humain presque plus qu'humain qui n'a cependant pas oublié sa condition passée et peut être, à tout moment, saisi par le vertige de l'avoir quittée. Alors, il n'hésite pas à montrer l'impact des balles humaines sur sa peau de singe ni à revendiquer son odeur d'avant.

Kafka a écrit un texte une nouvelle fois où se pose le problème de l'être et de ses métamorphoses. Dans son discours, monologue où derrière sa grande maîtrise de soi se lisent quelques pointes d'émotion et de colère, le singe-homme décrit avec précision les étapes de sa singulière mutation.

Pour donner toute sa force au texte de Kafka, Jack Galfein a joué la carte de la simplicité. Son acteur porte un habit du dix-neuvième siècle avec un chapeau haut de forme et une canne à pommeau. Il pourrait être à la fois un Jekyll ou un Hyde, un Dorian Gray ou quelque autre personnage issu de la littérature fantastique anglaise.

Sur la scène, derrière un tableau où sont dessinées à la craie un singe et tout un tas d'indications, de calculs et d'équations, un bureau conforme à cette époque et, à gauche, un long meuble qui pourrait être un élément d'un prétoire et derrière lequel sont supposés être rangés les éminents académiciens.

Le singe-homme prend son temps, dépose derrière un autre élément, cette fois-ci à droite de la scène, chapeau et canne, ainsi que son manteau. On est juste face à une affiche avec une tête dessinée tentant la synthèse des traits humains et des traits du chimpanzé. Dans ce contexte, voilà le singe-homme prêt à commencer son plaidoyer pro domo.

Eric Stouvenaker a la voix chaude, passionnée, parfois courroucée, souvent étonnée par les souffrances physiques qu'il a vécues et qu'il transcrit dans une langue châtiée, précise, jamais geignarde, toujours soucieuse du détail juste. Sa barbe noire est fournie sauf en sa moitié, où elle semble couper en deux par un épais trait rouge. C'est la marque d'une blessure par balle et la preuve patente de la véracité de son histoire et qui contribue à lui donner son nom, "Pierre Le Rouge".

On sait que Jack Garfein a enseigné la "Méthode" à l'Actor's Studio. Mais il a guidé Eric Stouvenaker vers une recherche de la vérité de son personnage qui n'est pas passée nécessairement par la voie de l'intériorité. Le jeu de l'acteur belge est très retenu, jamais excessif ni chargé.

Grâce à "Un compte-rendu pour une académie", titre qui ne doit pas décourager les spectateurs avides de beaux textes et de mises en scène limpides, on fera donc la connaissance d'un comédien fin et talentueux.

L'association Galfein-Kafka-Stouvenaker est ainsi l'occasion d'une proposition de théâtre à la modestie ambitieuse. Avec un texte quasi-philosophique sur la condition de l'homme, Jack Garfrein donne de quoi réfléchir sans tomber dans la leçon, et Eric Stouvenaker de quoi s'émouvoir, sans franchir la ligne du pathos.

Une belle réussite toute en nuances.

 

Philippe Person         
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# 26 mars 2017 : Tout vient à point à qui sait attendre le printemps

Voilà, c'est le printemps, premier soleil, premières fleurs, bientôt les premiers festivals. En attendant voici de quoi satisfaire votre appétit de nouveautés et rattraper les désagréments de l'heure perdue dans la nuit. Sans plus attendre voici de quoi lire, voir et écouter :

Du côté de la musique :

"Spirit" de Depeche Mode
"Murmuration" de Rabih Gebeile
"Burning the threshold" de Six Organs Of Admintance
"Shikantaza" de Chinese Man
"Mozart / Rachmaninov : Concertos & A conversation that never was" de Grigory Sokolov
"Rivers" de Polaroid3
"Now is not a good time" de The Keys
Matmatah et Lord Ruby au Transbordeur de Lyon
et toujours :
"A day for the hunter, a day for the prey" de Leyla McCalla, "My wild west" de Lissie, "Chopin : Late works" de Maurizio Pollini, "Vocello" de Henri Demarquette, "Messages personnels " de Emma Solal, Mustang, Akira Kosemura, Sylvain Fesson, Lonny Montem dans une sélection de single
"Elements" de Zenzile, Rencontre avec Narrow Terence autour de leur nouvel album "Rumble-o-rama" accompagné d'une session live, "Plates coutures" de Matmatah

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Les Larmes d'Oedipe" au Théâtre de la Colline
"Lili" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Palestro" au Théâtre L'Atalante
"Cut" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le Serment d'Hippocrate" au Théâtre 14
"La nuit à l'envers" au Théâtre Essaion
"L'héroïsme au temps de la grippe aviaire" au Théâtre de Belleville
"Les Mauvaises graines" au Chat noir
"Les Misérables" au Théâtre Le Lucernaire
"L'histoire d'une femme" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Yanoswki - Le Cabaret extraordinaire" au Bal Blomet
"Alil Vardar - Comment garder son mec" à la Grande Comédie
des reprises :
"Nous qui sommes 100" au Théâtre Les Déchargeurs
"Océanerosemarie - Chatons violents" au Théâtre des Béliers parisiens
et la chronique des autres spectacles de mars

Expositions avec :

"Pissarro - Le premier des Impressionnistes" au Musée Marmottan-Monet
"Balenciaga - L'oeuvre au noir" au Musée Bourdelle

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Pourvu qu'on m'aime" de Carlo Zoratti
"Félicité" de Alain Gomis
"Sage Femme" de Martin Provost
Oldies but goodies" avec "Seven" de David Fincher projeté dans le cadre de la rétrospective Darius Khondji à la Cinémathèque française
et les chroniques des autres sorties de mars

Lecture avec :

"Deux cigarettes dans le noir" de Julien Dufresne-Lamy
"La compagnie des glaces - Tomes 3 et 4" de G.-J. Arnaud
"Le grand combat" de Ta-Nehesi Coates
"Le parfum de l'hellébore" de Cathy Bonidan
et toujours :
"Les filles déchues de Wakewater" de V.H. Leslie
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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