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Théâtre National de l'Odéon  (Paris)  novembre 2013

Spectacle musical conçu et mis en scène par Angélica Liddell, avec Xue Ying Dong Wu, Xie Guinü, Fabián Augusto Gómez Bohórquez, Lola Jiménez, Jenny Kaatz, Angélica Liddell, Sindo Puche, Maxime Trousset, Zhang Qiwen, Saite Ye et l'ensemble musical Phace.

Chaque opus de l'auteure, comédienne, metteuse en scène et performeuse catalane Angélica Liddell, que le public français a découvert en 2010 avec "El ano de Ricardo" et dont les spectacles secouent régulièrement le In d'Avignon, fait couler beaucoup d'encre tant par la singularité de son registre qui est celui de la catharsis personnelle que par la radicalité qui en sont les axiomes.

"Todo el cielo sobre la tierra" ne déroge pas à la règle et, de surcroît, interpelle par une structure dramaturgique tripartite qui ne manque pas de déconcerter par son aspect anachronique et qui, en réalité, répond à un souci presque didactique.

Pour traiter de ses thèmes récurrents, intimes et obsessionnels qui ressortissent d'un tempérament mélancolique au sens de l'humeur noire génératrice d'une angoisse existentielle permanente et insoluble, et sur lesquels reposent la performance qu'elle délivre en troisième partie, elle a puisé dans le registre de la psychanalyse des contes pour enfants qu'elle tisse avec les faits d'actualité tenant aux massacres perpétrés par des adolescents, et plus précisément celui de 2011 sur l'île d'Utoy, et son voyage en Chine.

Cela donne un premier volet fictionnel consacré au "complexe de Peter Pan", l'angoisse de grandir pour devenir adulte, qu'elle présente comme expliquant le comportement meurtrier des adolescents qui procèdent à des exécutions en masse, le meurtre, le suicide ou la folie étant les seules issues possibles face à l'angoisse, sauf pour l'artiste qui en fait une matière créatrice.

Et ce complexe amène à un autre syndrome dégagé par l'analyse de l'oeuvre de James Matthew Barrie, celui du "dilemme de Wendy" qui tient à la peur pathologique de l'abandon qui constitue un des thèmes central du spectacle.

Dans une deuxième partie transitionnelle qui constitue un spectacle dans le spectacle et un moment de pur bonheur, et d'espoir pour qui craint le troisième âge, deux septuagénaires chinois s'adonnent à la danse de salon sur des valses écrites par le compositeur sud-coréen Cho Yung-Wu et interprétées par l'ensemble musical Phace.

Enfin, seule sur scène, Angélica Liddell délivre une performance scandée par des extraits de la chanson "The House of the rising sun" interprétée par les Animals et la répétition en boucle des vers de William Wordsworth lus par Natalie Wood dans le film "La Fièvre dans le sang" réalisé par Elia Kazan qui électrise le public.

Entre ruades de taureau furieux et zapateados de flamenco, avec une gestuelle de riot girl exaltée, de rockeuse sous haute tension et de performeuse trash, elle déballe tout dans une logorrhée supersonique et ambivalente : le dégoût de l'humanité, la perte de la jeunesse vécue de manière douloureuse et vraisemblablement non assumée, le besoin d'amour alors qu'il conduit toujours à l'abandon, l'impossible résilience de l'échec amoureux, la répugnance pour la maternité, la maternité outil de pouvoir et d'instrumentalisation tant de la société par ce qu'elle appelle "le supplément de dignité" attachée à la fonction reproductrice que de l'enfant qui est l'otage-martyr de la mère, et la haine de la mère qu'il faut tuer au même titre que le père.

Véritable bête de scène pour laquelle la scène, au même titre que l'onanisme érigé en panacée pour calmer l'angoisse quand elle devient insupportable, constitue le lieu d'un exorcisme ritualisé qui tient de la catharsis, du psychodrame et de la confession.

Mais il ne faut cependant pas s'y tromper : si le matériau est autofictionnel et scelle une fusion de l'intime et du théâtre, il a été sublimé en objet théâtral et esthétique maîtrisé qui ne laisse pas la place ni à l'improvisation ni à la compassion mais à la réflexion.

 

 

MM         
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