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Compilation du label Monopsone  (Monopsone Records)  janvier 2015

D’après Michel Houellebecq, un monopsone est un marché sur lequel un seul demandeur se trouve face à un grand nombre d'offreurs. C'est une situation relativement rare, qui est symétrique de celle, plus courante, du monopole dans lequel un seul offreur fait face à de nombreux demandeurs. Je suis un monopsone, chaque jour je suis face à une multitude de possibilités, on me demande d’écouter ce mec sorti de nulle part qui fait des chansons forcement sublimes dans sa chambre, ce groupe déjà culte parce qu’ils ont fait un concert devant cinq personnes, et pas de leur famille, dans un bar parisien, chaque jour on me demande de participer à un crowdfunding pour financer un album, un EP, un morceau, la confection d’un gâteau au yaourt, que sais-je. Je suis sollicité de toute part, assailli, je devrais chaque semaine m’enthousiasmer pour un nouveau buzz, pour un nouveau plan marketing, je ne suis plus auditeur, je suis une cible. Alors parfois la seule chose que je trouve à faire, c’est me réfugier dans le silence, ne plus rien écouter, juste le silence, juste le bruit de la ville.

Je sais que je ne suis pas seul dans ce cas, alors que parfois je rends les armes, certains ont encore la force de lutter, trouvent encore le moyen de résister face à ces musiques en boîte, à ces engouements autant disproportionnés qu’éphémères. Certains ne peuvent pas se résoudre au silence, non seulement leurs oreilles veulent de la bonne musique, mais en plus on ne les fera pas taire. C’est le cas du Label Monopsone.

Crée par Denis Frelat, au Mans, le label fête aujourd’hui ses quinze ans d’existence avec une compilation téléchargeable gratuitement, là où aurait pu s’attendre à un best of, le label nous offre de la fraîcheur, il nous offre son Past Present Future, c’est-à-dire des inédits, des avant-premières, des souvenirs d’épuisé. C’est tout le mal qu’on leur souhaite d’ailleurs que leurs disques soient épuisés et eux toujours en forme. Monopsone, c’est trente-six références, trente-six disques qui vous feront voir trente-six chandelles (désolé, j’étais obligé, j’ai un quota de vannes nulles à remplir pour chaque chronique, c’est contractuel).

On ne peut pas vraiment définir le style de musique que Monopsone représente, il n’a pas de spécialité, chaque disque est unique, c’est aussi cet éclectisme qui rend ce label si attachant. On sent que chaque disque a été fait par goût, par choix, par passion, pas parce qu’il rendre dans une case, pas parce qu’il va buzzer, "fonctionner", d’ailleurs les tirages sont souvent limités, pas tant pour créer une pseudo-spéculation de collectionneurs mais plus, je pense, pour ne pas mettre le label en péril. Ce n’est pas seulement des disques, de la musique, mais c’est aussi des objets, des beaux objets, coordonnés depuis quelques années par le talentueux photographe Stéphane Merveille aka le bien nommé. Chaque disque s’insère dans une sorte d’ensemble visuel, la collection Fragments, six EP en vinyle de Violens, Zaza, Epic45, The Declining Winter, Darko et Pan Aurora, est l’une des plus belles collections de disques qu’il m’a été donné de voir.

Monopsone, c’est le label de ceux que l’on aime mais qu’on n'y croyait plus. Combien avons-nous été à nous dire : "Qu’est-ce que j’aimerais un nouveau disque de I Love You But I’ve Chosen Darkness... d’Erik Arnaud... de Matthieu Malon". Et un jour, au détour d’un mail, d’une publication sur Facebook, la nouvelle tombe, ces artistes que l’on aime ont choisi un Label que l’on aime pour donner des nouvelles. Et quelles nouvelles !

Les albums de I Love You But I’ve Chosen Darkness et Matthieu Malon ont été, à juste titre, unanimement acclamés. Quant à L’Armure d’Erik Arnaud, c’est l’un des plus grands disques de chanson française de ces dix dernières années, je sais que ce n’est ni le moment, ni l’endroit pour en parler, et même si je dois radoter encore et encore, et même si je dois user du copier-coller plus que de raison, je ne le répèterai jamais assez : L’Armure d’Erik Arnaud est l’un des plus grands disques de chanson française de ces dix dernières années, L’Armure d’Erik Arnaud est l’un des plus grands disques de chanson française de ces dix dernières années.

Quinze ans, c’est l’âge bête, l’âge des possibles, et c’est fort possible que pour les années à venir, Monopsone nous prépare encore le meilleur, encore des disques qui nous vont droit au cœur, encore des disques d’une beauté rare, encore des chansons qui nous bouleversent. Pour fêter leur anniversaire, ils nous offrent un cadeau alors que c’est nous qui devrions remercier Monopsone d’être là, d’exister, de continuer le travail, de continuer à se battre pour nous.

Très bon anniversaire, merci pour le passé, merci pour le présent et merci pour l’avenir.

Ndla : Les plus attentifs d’entre vous auront remarqué que j’ai réussi l’exploit de parler d’un Label sans faire aucune comparaison avec Factory Records, ce qui est pour moi un exploit qui méritait d’être souligné.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Monopsone en concert à Erik Arnaud - Orso Jesenska - Matthieu Malon - Fontaine Wallace (dimanche 29 janvier 2017)
L'interview de Monopsone (février 2015)

En savoir plus :
Le site officiel de Monopsone
Le Soundcloud de Monopsone
Le Myspace de Monopsone
Le Facebook de Monopsone


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# 22 mars 2020 : Homeworks

Nos chroniqueurs ont fait leurs devoirs à la maison cette semaine. On vous parle toujours de musique, de littérature et de jeux vidéo mais aussi d'expositions virtuelles, de cinéma et de théâtre en DVD ou en ligne. C'est parti, voici de quoi vous occupez en restant chez vous.

Du côté de la musique :

"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander
et toujours :
"Ludi" de Chassol
"D'ombres" de Elodie Vignon
"L'univers" de Goodbye Moscow
"Single / Clip des champions" de Klub des Loosers
"Robert Schumann : L'hermaphrodite" de Laurianne Corneille
"A Milli" le podcast numéro 11 de Listen in Bed
"Outlaws" de Ludivine Issambourg
"It's only us" de Monophonics
"Premier EP" de Panic Party
"Ornithologie" de Un Poco Loco

Au théâtre :

dans un fauteuil de salon avec la sélection de la semaine en diffusion sur le net :
du boulevard avec :
"Le Sommelier" en replay sur la chaîne Paris-Première et la captation de "Un amour de jeunesse"
un classique avec la captation de "Ruy Blas" créé aux Fêtes Nocturnes de Grignan
un classique revisité avec le streaming de "L'Ecole des femmes" au Théâtre national de l'Odéon
une comédie circassienne avec la captation de "La Nuit du Cerf" du Cirque Leroux
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" : "Potiche" de Barillet et Grédy avec Jacqueline Maillan
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Récital emphatique de Michel Fau"
"Le Gros, la Vache et le Mainate"
"Elephant Man"
"Dans les yeux de Jeanne"
"Orphée"
"Il y aura la jeunesse d'aimer"

Expositions :

en toute tranquilité mais qui déménagent avec sur le Musée de la Sacem avec :
"Le Punk français" qui a fêté son quarantième anniversaire et "Le Disco français" toujours présent sur les dancefloors
le parcours virtuel sur le site du Petit Palais correspondant à l'exposition "Paris 1900"
en passant les frontières avec la visite virtuelle des collections du Rijksmuseum d'Amsterdam
et, en attendant la réouverture de l'exposition "Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée, le documentaire "Sur les pas de Christian Louboutin" de Olivier Garouste

Cinéma :

se faire une toile à domicile avec parmi les films récents sortis en DVD :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin

Lecture avec :

"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle
et toujours :
"Alerte rouge" de Tomaz Lavric
"Chez nous" de Louis Candlish
"de Gaulle et les grands" de Eric Branca
"El Nino de Hollywood" de Oscar & Juan José Martinez
"Idiot wind" de Peter Kaidheim
"L'intégrale de F A U S T" de Serge Lehman
"Pacifique" de Stéphanie Hochet

Froggeek's Delight :

Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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