Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Fairyland
Alysia Abbott  (Editions Globe)  mars 2015

Lire une autobiographie, c’est parfois un peu gênant, un peu malsain, pas toujours intéressant : "le douze septembre, j’ai été cherché du pain pour faire un sandwich au jambon". C’est souvent fait de rencontres qui changent la vie, d’évènements formidables avec beaucoup d’auto-complaisance et pas trop de discernement en mode "Ma vie est plus belle et plus intéressante que la vôtre".

Alysia Abbott avec Fairyland ne livre pas vraiment une autobiographie, du moins pas seulement, c’est aussi une biographie, celle de son père poète et militant homosexuel, un témoignage sur le San Francisco des années soixante-dix, sur sa scène de poète indé et sur les années sida.

Alysia naît en 1970, elle a deux ans lorsque sa mère meurt dans un accident de voiture, elle part vivre avec son père à San Francisco alors pour beaucoup d’homosexuels synonyme de ville de libertés. Le livre nous raconte comment elle a grandi, vécu dans cette ville où tout semblait possible, loin pourtant d’idéaliser quoi que ce soit. Elle n’oublie pas qu’elle a été une adolescente revêche parfois égoïste, elle n’oublie pas l’homophobie latente, elle n’oublie pas la fin du rêve hippie, elle n’oublie pas la grande épidémie du sida des années 80, elle n’oublie rien. Mélangeant son point de vue, celui de son père, via des extraits de son journal intime ou de lettres, incluant des photos pour donner corps au récit, Alysia Abbott livre un récit à la fois précis et touchant, nous livrant l’intimité avec son père avec beaucoup de pudeur sans jamais tomber dans le voyeurisme, sans rien omettre, sans jamais se donner le beau rôle. Au contraire, si elle évoque la difficulté d’être un père, célibataire pas très argenté et gay de surcroît, elle n’oublie pas de nous parler de ses lâchetés, de son égoïsme, de sa recherche de mère de substitution, des bêtises qu’elle a pu faire et même celles auxquelles elle a pensé.

Si le quotidien n’est pas toujours simple, se crée entre le père et la fille une incroyable complicité malgré tout, se crée un petit monde merveilleux pas forcément dans les faits, ils n’en ont pas les moyens, mais c’est comme ça qu’ils ont décidé de le voir, de le vivre, ce fameux Fairyland, une vie de bohème et de poésie. Le récit va suivre Alysia se transformant d’enfant en adolescente, et tentant de devenir adulte, en passant par San Francisco donc, mais aussi New York et Paris. Le livre est aussi intéressant d’un point de vue culturel et historique, il nous montre et fait (re)vivre les différents mouvements poétiques américains de la fin des années 70 et surtout, il lutte contre "l’amnésie culturelle" qui s’est installée sur l’épidémie du sida d’avant l’arrivée des inhibiteurs de protéases, comme un devoir de mémoire. La plume d’Alysia est incroyablement fluide, on a l’impression de l’avoir à notre table où elle nous raconterait ses souvenirs, en sortant de son sac ses vielles lettres, ses photos. C’est difficile de ne pas être en totale empathie, sympathie avec elle. On finit nous aussi par l’appeler "Alysia" tout simplement, comme avec une amie proche on veut prendre sa défense, on est heureux de la voir rire, parfois on veut la secouer, lui ouvrir les yeux, et la prendre dans nos bras pour la consoler, être l’épaule sur laquelle elle pourrait pleurer.

Steve Abbott voulait écrire un livre "La Fille du Gitan" qu'il aurait commencé sur son lit de mort et qui, par flash-back, évoquerait ce que c’était pour Alysia de grandir avec lui comme père et avec ses petit copains. Ce livre, il ne l’a jamais écrit, il n’en a pas eu le temps. Sa fille l’a écrit pour lui, comme une merveilleuse ultime preuve d’amour.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Alysia Abbott
Le Facebook de Alysia Abbott


sy!         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 17 mars 2019 : Que la culture coule à flots

Tels les litres de Guinness qui ne manqueront pas d'innonder toute l'Irlande et même le monde entier à l'occasion de le Saint Patrick, voici notre sélection hebdomadaire culture qui se déverse dans vos yeux et vos oreilles curieux et gourmands.

Du côté de la musique :

Rencontre avec Frédéric Lo autour de son album "Hallelujah!"
"Data Mirage Tangram" de The Young Gods
"Grand casino" de Manu Lanvin & The Devil Blues
Rencontre avec Mass Hysteria
"Boccherini" de Ophélie Gaillard, Sandrine Piau et Ensemble Pulcinella
"Le dilettante d'Avignon, Jacques Fromental Halévy" de Orchestre Régional Avignon-Provence et Michel Piquemal
"The golden fascination" de Richard Andrews
"10 ans plus tarés" de Fastened Furious
"14th boyz EP" de Fastlanes
King Child, Mouse Dtc, Innvivo dans une sélection de EP et singles
"Iggy Salvador" de Dj Zebra
"Erik Trufaz Quartet en concert à l'Aéronef
Tamino à l'Aéronef de Lille
Patrick Coutin est de retour, à retrouver en concert privé et en entretien
et toujours :
"A la lisière" de Clarika
"La disparition d'Everett Ruess" de Emmanuel Tellier
"Fauré Requiem - Poulenc Figure humaine - Debussy Trois chansons" de Ensemble Aedes, Les Siècles, Mathieu Romano
"Look ahead" de Fred Nardin Trio
"Connecting the dots" de Guy Mintus Trio
"Soistices" de Heaume Mortal
"Just about anything is possible" de Inred
"Mon héroïne EP" de Kyrie Kristmanson
"A walk above clouds EP" de Line
"Arabella EP" de Arabella

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Le Pays lointain" au Théâtre national de l'Odéon
"Qui a tué mon père" au Théâtre de la Colline
"En se couchant, il a raté son lit" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Veillée de famille" au Théâtre du Rond-Point
"La Mort (d')Agrippine" au Théâtre Dejazet
"Oncle Vania" au Théâtre du Nord-Ouest
"Anaïs Nin, une de ses vies" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Apocalypse bébé" au Théâtre Paris-Villette
"Madame Pink" au Théâtre du Rond-Point
"Philippe Meyer - Ma radio, histoire amoureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Café Polisson" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Eldorado Dancing" à la Ferme Le Bel état à Guyancourt
des reprises:
"Place des Héros" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"Les Damnés" à la Comédie française
"La Légende de Bornéo" au Théâtre de l'Atelier
"L'Autre fille" au Théâtre Les Déchargeurs
"Je parle à un homme qui ne tient pas en place" au Théâtre de Nesle
"Dans les jardins de Carlos et Nestor" au Théâtre de Nesle
"Les Divalala - Femme, Femme, Femme" au Théâtre Lepic
"Cabaret Siméon" au Théâtre Essaion
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mars

Expositions avec :

"L'Orient des peintres" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les nouveautés de la semaine :
"Le Corps sauvage" de Cheyenne-Marie Carron
"Leur souffle" de Cécile Besnault et Ivan Marchika
et la chronique des autres sorties de mars

Lecture avec :

"Desh" de Tofépi
"Firebird" de Thomas Harnois
"Guillaume le Conquérant / Léonard de Vinci" de David Bates / Carlo Vecce
"Iggy Salvador" de Antoine Zebra
"Lincoln au Bardo" de Georges Saunders
"Oyana" de Eric Plamondon
"Rendez vous à Samarra" de John O'Hara
et toujours :
"Un certain Paul Darrigand" de Philippe Besson
"Après" de Nikki Gemmell
"Boy erased" de Garrard Conley
"L'ombre de la baleine" de Camilla Grebe
"Les gratitudes / Mon père" Delphine de Vigan / Grégoire Delacourt
"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel
"Tu finiras clochard comme ton Zola / Nouvelles morales provisoires" de Philippe Val / Raphaël Enthoven"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=