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Cap Waller  (Cinq7 / Wagram)  octobre 2015

"Si tu crois que là-bas, si tu crois qu’il y a mieux pour toi, va.
S’il t’en coûte, de voir une route, sans l’emprunter, va."

Automne 1988. Un dimanche d’automne brumeux sur une côte bretonne. Le jeune homme marche à vive allure, se bat contre le vent. Quiberon est encore loin et s’il veut être rentré avant la nuit, il faut qu’il augmente le tempo. Une silhouette passe. Le jeune homme essaie de mettre de l’ordre dans ses idées. Dans deux mois, il aura 18 ans. Même si l’idée ne le rebute pas complètement, il ne se voit pas vraiment pêcheur à bord d’un chalutier. Il sent qu’il a des choses à dire mais ne sait pas encore comment. Il sait qu’une autre vie l’attend ailleurs, mais n’a aucune idée de la direction à suivre. Et la pluie fine qui tombe depuis quelques minutes commence à lui glacer les os.

Bertrand ne se doute pas encore que, dans un an à peine, il sera à Paris et qu’un nouveau monde s’ouvrira à lui. Qu’une longue route semée d’embûches le conduira 27 ans plus tard à Sheffield, de l’autre coté de la Manche, pour y enregistrer Cap Waller, en hommage à un ancien mentor, le chanteur-guitariste folk Hugh Waller.

Le disque aux harmonies dépouillées offre une belle place, et c’est tant mieux, à la batterie de Tatiana Mladenovitch (allez jeter une oreille à son projet solo Fiodor Novski), une batterie sèche et minimale, qui rythme le disque du début à la fin. On saluera également les apports subtils de Thibault Frisoni, qui lui aussi accompagne Belin depuis longtemps, aux claviers, à la guitare ou à la basse.

Avec ce disque, Bertrand Belin donne l’impression d’arriver à se renouveler en continuant néanmoins à creuser la même terre. Dans la continuité de Hypernuit et de Parcs, l’album Cap Waller se fait encore plus radical dans l’épure, dans la recherche de nouvelles voies à explorer pour faire de la chanson française.

La grande difficulté avec les morceaux en français, c’est que le sens des mots nous saute parfois au visage nous empêchant une écoute purement musicale. Certains choisissent d’écrire en anglais, pour que ce sens soit moins frontal, plus en toile de fond. L’écriture de Belin, elle, est suffisamment poétique, pour que la langue française se fonde au sein de la musique, sans prendre toute la place. On est dans l’épure, dans la suggestion, dans la sensation. Quand on lui dit à la radio : "Je ne comprends pas ce que vous racontez…", il répond tout simplement : "Ce n’est pas nécessaire" et ajoute : "On ne comprend pas la musique en permanence. On la ressent". Avec Belin, les mots et les notes se retrouvent au même plan.

Bertrand Belin sort son cinquième album sur le label Cinq7, division de Wagram, qui compte dans ses rangs d’autres expérimentateurs de la scène française : The Do, Babx, Albin de la Simone, Dominique A, ou encore le fascinant Rover.

Il est en tournée dans toute la France cette année, profitez-en pour découvrir que l’élégance de ses disques est à la hauteur de son charisme sur scène. Pour ma part, ce sera à Lyon, au Marché Gare, le 11 décembre et cerise sur le gâteau breton, il y aura Sombre en première partie, que j’affectionne tout particulièrement. "Folle, folle, folle".

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Bertrand Belin
Le Facebook de Bertrand Belin


Rebecca Lujah         
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# 12 mai 2019 : Une liste de plus

A l'approche des élections européennes et ses innombrables listes qui ne présagent pas d'un bel avenir, on rajoute la nôtre, celle de la sélection culturelle de la semaine histoire de se changer les idées et se donner tout le plaisir que l'on mérite bien avec de la musique, des spectacles, des films, des livres et même des zombies à dégommer.

Du côté de la musique :

"Beatnik or not to be" de Elias Dris
"Dogrel" de Fontaines D.C.
"Dans le lieu du non-où" de L'Etrangleuse
"Leopold Mozart : Missa Solemnis" de Bayerische Kammerphilarmonie & Alessandro de Marchi
"Traversée" de Chrystelle Alour
"L'odysée remix" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Interview de Romain Humeau de Eiffel autour de "Stupor Machine" accompagnée d'un premier titre live, "Chasse Spleen"
présentation du Hellfest Open Air Festival #14
"Les cuivres sur le toit" de Paris Brass Quintet
Hublot EP" de Solal Roubine
"Home is everywhere EP" de Nara
et toujours :
"Foreign lines" de Erevan Tusk
"Seeing other people" de Foxygen
"2029" de Gontard!
"Chopin concertos for piano & string" de David Lively, Quatuor Cambini Paris et Thomas de Pierrefeu
"La poison" de La Poison
"Wasalala" de Madalitso Band
"Children of the slump" de Marble Arch
"Cesar Franck : Piano works quintet" de Michel Dalberto & Novus Quartet
"High strung" de Pamplemousse
"Live bullet song" de Tchewsky & Wood

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Un ennemi du peuple" au Théâtre national de l'Odéon
"Vues Lumière" au Théâtre de la Colline
"Fauves" au Théâtre de la Colline
"La Victoire en chantant" au Théâtre 13/Jardin
"Délivrés de famille" au Théâtre Le Funambule
"Deux femmes pour un fantôme" à l'Aktéon Théâtre
"Mon coeur pour un sonnet" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Cabaret de Poussière fait le Zèbre" au Zèbre
Festival des Enfants de Molière à Dieppe
les reprises :
"Tout semblait immobile" au Théâtre de la Bastille
"Providence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aux Délices" au Lavoir Moderne Parisien
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mai

Cinéma avec :

"Versus" de François Valla
Oldies but Goodies avec :
la version restaurée de "Les Lois de l'hospitalité" de Buster Keaton et Jack Blysrone
"Drôles de cigognes !" de Hermina Tyrlova
et la chronique des autres sorties de mai

Lecture avec :

"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
"Carnets clandestins" de Nicolas Giacobone
"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
"Toute une vie et un soir" de Anne Griffin
"War is boring" de David Axe & Matt Bors
et toujours :
"La bombe humaine" de Olivier Barruel
"La nuit ne dure pas" de Jules Gassot
"Le cri des corbeaux" de Matthieu Parcaroli
"Le jour de ma mort" de Jacques Expert
"Les feux" de Shohei Ooka
"Ombres sur la Tamise" de Michael Ondaatje
"Vraie folie" de Linwood Barclay

Froggeek's Delight :

"Day's Gone" sur PS4

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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