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Interview  (Paris)  15 mars 2005

Les Sunday Drivers, jeune groupe de Tolède, en Espagne, risque de faire parler de lui avec sont nouvel album Little Heart Attacks. Ils répondaient à nos questions quelques semaines avant sa sortie.

Cela fait 4 ans qu'ils jouent ensemble et leur premier album est sorti sur un tout petit label espagnol il y a deux ans. Mais Little Heart Attacks est le premier de leurs disques qui sera disponible ailleurs qu'en Espagne.

The Sunday Drivers : C'est un honneur pour nous de sortir d'Espagne car peu de groupes espagnols arrivent à s'exporter. Particulièrement quand ils chantent en anglais.

Le premier album a donc eu suffisament de succès pour que le second sorte de façon internationale ?

The Sunday Drivers : Non en fait il a plu aux gens qui l'ont écouté mais il est sorti sur un très petit label indépendant donc avec peu de moyens et en très peu d'exemplaires.

C'était un label de Madrid et on avait fait seulement 10 concerts avant d'enregistrer l'album. En plus nous l'avons enregistré en 6 jours sans producteur et, avec le recul, on se rend maintenant compte que nos chansons de l'époque n'étaient pas mauvaises mais le résultat était finalement pas si bien que ça…

Maintenant nous sommes chez Mushroom Pillow. Nous avons plus de moyens, plus de temps de pré production, un producteur, un arrangeur et ça sonne vraiment bien maintenant.

Pour vous le premier album doit tomber dans l'oubli ? Doit on considérer Little Heart Attacks comme votre réel premier album ?

The Sunday Drivers : Oui c'est ca, notre premier album "professionnel". En plus nous avons un chanteur super qui a une voix particulière. En plus nous avons eu largement plus de temps de préparation, on a travaillé 4 mois sur le son avant l'enregistrement, on a essayé de faire quelques choses qui ne se fonde pas parmi des milliers d'autres. D'autre part, un nouveau musicien a rejoint le groupe. C'est un gars du Pays de Galles, un anglais …/Non non un Gallois/ … oui pardon ! enfin il vient du Royaume Uni (rires) et il nous a beaucoup aidé notamment sur la grammaire anglaise, les paroles.

C'est donc un membre à part entière du groupe ? Combien êtes vous désormais ?

The Sunday Drivers : Nous sommes maintenant 6 sur scène.

Et également lors de la création des morceaux ?

The Sunday Drivers : C'est le chanteur qui compose la majorité des titres mais ensuite c'est un travail d'équipe, on travaille tous sur la chanson. Chacun apporte ses idées. Chaque personne apporte ses influences … on essaie que ce soit démocratique (rires).

D'ailleurs quelles sont vos influences ? Vous sonnez assez 60 / 70 c'est un choix calculé ou bien est ce venu naturellement ?

The Sunday Drivers : C'est venu tout à fait naturellement. Bien sûr c'est la musique que l'on aime et évidemment c'est donc vers cela que nous sommes allés naturellement en commençant à faire de la musique. De plus ce style de musique appelle presque forcément des textes en anglais donc c'est ce que nous avons fait. On se sentait a l'aise dans cette configuration et nous avons essayé de nous forcer à chanter en espagnol mais ça ne vient pas, ça ne colle pas aussi bien et on ne se sent pas à l'aise.

C'est difficile en Espagne d'imposer des titres en anglais quand on est un groupe du cru ?

The Sunday Drivers : Oh oui c'est quasiment impossible. Les gens pensent que tu es prétentieux, que tu veux être quelqu'un que tu n'es pas. Ce qui est amusant aussi c'est que bien entendu entre nous, nous parlons en espagnol y compris avec Lyndon qui a dû se mettre à notre langue mais dès que l'on part sur un nouveau morceau ensemble, c'est tout de suite en anglais.

En tout cas c'est très difficile de ne pas chanter en espagnol car cela nous ferme beaucoup de portes y compris les passages radio, les médias en général. D'ailleurs il y a un phénomène qui se produit ces temps ci en Espagne c'est que les groupes de la scène indépendante qui chantaient en anglais reviennent petit à petit à un chant en espagnol. Alors pour nous cela devient une double difficulté. Etre indépendant et en plus continuer à chanter en anglais un peu à contre courant de ce qui se fait dans notre pays.

Ceci dit, maintenant nous avons une ouverture internationale et notamment vers la France qui accepte plus facilement le fait que nous chantions en anglais et cela tombe bien car nous avons très envie de jouer en France. Nous serons aussi distribuée en Italie, au Bénélux… La Suisse (en français) mais pas encore en Angleterre. Le marché anglais est très fermé.

Une autre difficulté peut être aussi pour vous faire accepter comme groupe chantant en anglais provient elle aussi du fait que la tendance du moment est à des choses plus rock, voire garage rock ?

The Sunday Drivers : On aime bien le garage, notre chanteur notamment aime beaucoup. Nous avons plein d'influences différentes et notre musique est un peu le résultat du mélange de tout cela. Et de ce fait nous ne calculons pas dans quel courant musical il vaut mieux être pour que ça marche bien pour nous. Nous n'essayons pas de faire partie de tel ou tel mouvement de mode. On aime beaucoup Bloc Party, Franz Ferdinand ou autres mais nous, on est les Sunday Drivers et on veut exister en tant que tel. On veut réussir à avoir notre propre identité. Mais c'est difficile car dès que vous jouez avec tel ou tel instrument, les gens comparent forcément à quelques choses de déjà existant.

Certains personnes disent que nous sommes un groupe rétro. Mais nous ne pensons pas que ce soit cela car nous n'essayons pas de copier ou d'imiter qui que ce soit. Nous essayons juste de faire très sincèrement une musique que nous aimons et qui bien entendu est nourri d'un tas de musiques que nous écoutons.

Prenons par exemple Franz Ferdinand que beaucoup de gens considère (et moi le premier) comme un groupe pour teenagers. Et bien si on écoute attentivement le tout premier album des Talking Heads, il y a pas mal de choses un peu copiées dessus et personne dit que c'est un groupe rétro…A croire que ce qualificatif ne vaut que pour les groupes pop et pas pour les groupes rock.

Oui et peut être aussi parce que vous rappeller des groupes plus "mythiques" comme les Beatles …

The Sunday Drivers : Peut être en effet mais ce qui est drôle c'est que au début du groupe quand nous avions encore peu de compositions on faisait des reprises et en fait c'était plutôt de la brit pop genre Blur ou Supergrass. Ceci dit ils furent eux-mêmes influencés par des groupes plus anciens.

Pour vous la musique représente quoi dans votre vie ?

The Sunday Drivers : On aime la musique, rien d'autre. Nous n'avon pas spécialement de démarche sociale ou politique. En même temps ce que l'on écrit, particulièrement les textes bien entendu, reflète notre vie. Nos histoires plus ou moins personnelles, d'amour, notre vie..

Je ne crois pas qu'on soit capable d'écrire des choses vraiment politiques ou sociales. D'ailleurs j'ai jamais vraiment essayé. Il faut surtout avec la musique faire passer des émotions. La musique est quelque chose qui doit d'abord nous aider et nous toucher nous même et nous devons faire passer ces émotions dans nos chansons.

C'est d'abord le partage de la musique alors ce qui compte pour vous. Cela veut dire que le live est primordial par rapport au studio ?

The Sunday Drivers : C'est différent. En tout cas je compose les chansons essentiellement tout seul à la maison juste avec une guitare. C'est ensuite quand la chanson est prête qu'il est important de la partager.

Quel est l'état de la scène musiciale indépendante en Espagne, plus connue par le grand public pour sa scène électro ?

The Sunday Drivers : Et bien c'est un public assez confidentiel. C'est assez difficile d'être indépendant. Il y a vraiment beaucoup de groupes, dans chaque ville, qui se montent mais c'est difficile de continuer sur la longueur car si on joue dans un petit groupe indépendant on ne peut pas en vivre. Il y a un grand saut à faire entre être indépendant et toucher un plus large public et c'est difficile de le faire.

En plus pour des gens comme nous c'est carrément impossible d'être sur un gros label car nous chantons en anglais. En tout cas en Espagne bien sûr. Ceci dit on adore être sur un label indépendant ! Il n'y a qu'un groupe il y a une dizaine d'années qui a réussi a être sur une major en chantant en anglais, ca s'appelait Dover. Juste après le mouvement grunge.

C'est étrange car en Espagne il y a plusieurs énormes festivals très éclectiques…

The Sunday Drivers : Oui mais il n'y a que très peu de groupes espagnols qui chantent en anglais de programmés, la plupart des groupes espagnols chantent dans leur langue.

Oui mais il y a aussi beaucoup de groupes anglo saxons donc les espagnols écoutent bien de la musique anglaise …

The Sunday Drivers : Oui mais c'est comme le football. On va ramener des gens du bout du monde que l'on va payer des fortunes et que l'on va aduler et les joueurs de football espagnols galèrent pour jouer dans leur pays pour un salaire beaucoup plus petit, exception faite de quelques stars. Enfin il y a quand même quelques groupes espagnols qui chantent en anglais et qui ont réussis à voir du succès sur la scène indépendante.

Vous avez été bien accueillis en France notamment aux Transmusicale de Rennes où vous avez joué en même temps que les Beastie Boys mais les gens sont quand même venus vous voir… Qu'en pensez vous ?

The Sunday Drivers : On était très surpris, c'était incroyable. Pour un groupe espagnol, jouer en dehors de son pays c'est une sacrée aventure et les Transmusicales c'était vraiment notre première expérience hors de nos terres et en plus dans un grand festival.

Au début du concert, comme les Beastie Boys jouaient en même temps sur la grande scène, on en se faisait pas trop d'illusion, on devait avoir 100 personnes qui étaient devant notre scène et 10 000 devant les Beastie Boys et puis petit à petit les gens sont arrivés et ont même fait un rappel. Et le retour des gens était excellent car en plus les gens ne nous connaissaient pas et réagissaient pourtant à nos chansons sans les connaître. Ils se foutaient de qui nous étions, de comment on était habillés et appréciaient notre musique pour ce qu'elle était, c'était génial.

Quelques mots sur le nom du groupe ?

The Sunday Drivers : C'est un nom un peu accidentel qu'on a choisi juste avant un de nos premier concerts, nous n'avions pas encore de nom et puis c'est resté, et évidemment maintenant ce serait un peu délicat de changer de nom. C'est une référence à la chanson "Daytripper" des Beattes. Mais quand le chanteur est arrivé dans le groupe il voulait changer de nom (rires).

3 mots pour parler de votre musique …

The Sunday Drivers : Ca peut être 4 ? : Love What you do / Moi je dirais juste : Pop Musique.

Le mot de la fin ?

The Sunday Drivers : Pour être honnête, maintenant notre album va sortir en France et pour nous c'est un rêve qui devient réalité. Nous sommes vraiment fiers de ça.

 

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# 17 février 2019 : Presque le printemps

De Kafka à Kukafka, Miossec à Berlioz, il y a de quoi lire, voir, écouter cette semaine dans la petite sélection culturelle de nos chroniqueurs. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Gallipoli" de Beirut
"Ulysse et Mona" de Minizza
Rencontre avec Miossec autour de son album "Les Rescapés"
Une discographie d'Hector Berlioz par Jérôme Gillet
"Been meaning to tell you" de Ina Forsman
"4eme jour, Kan Ya Ma Kan" de Interzone
"A thousand days" de June Bug
EP de Bertille
"Morning room EP" de Catfish
"Souviens toi" de Laurent Montagne
"Blood siren" de Sarah McCoy
"Complètement flippé" de 16 Kat
et toujours :
"Persona" de Betrand Belin
"Les rivages barbelés" de Intratextures
"The mirror" de Nicolas Gardel et Rémi Panossian
"La révolte des couverts" de Wildmimi
"The sublime" de Yeruselem
"Aksham" de Aksham
"Last train" de Big Dez
"Tightrope EP" de Bigger
Caroline Loeb au Grand Point Virgule pour jouer "Comme Sagan" en live
Présentation du 11ème festival de Beauregard et de sa programmation
"Kalune EP" de Kalune

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Kafka sur le rivage" au Théâtre de la Colline
"Matin et Soir" au Théâtre de l'Aquarium
"J'ai pris mon père sur mes épaules" au Théâtre du Rond-Point
"Pourquoi dis, m'as-tu volé mes yeux" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Les membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Le bois dont je suis fait" au Théâtre de Belleville
"Peur(s)au Théâtre L'Etoile du Nord
"A vue" au Théâtre de la Tempête
"Merci" à La Folie Théâtre
"Barber Shop Quartet - Chapitre IV" au Théâtre Essaion
"Maria Dolorès y Habibi Starlight" au Café de la Danse
les reprises:
"Grande" au Centquatre
"Politiquement correct" au Théâtre de l'Oeuvre
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel" au Musée Jean-Jacques Henner
et dernière ligne droite pour "Rodin - Dessiner Découper" au Musée Rodin

Cinéma avec :

le film de la semaine : "Le jeune Picasso" de Phil Bradsky

Lecture avec :

"Dans la neige" de Danya Kukafka
Interview de Nylso dans le cadre du festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
"L'île longue" de Victoire de Changy
"La main noire" de Robert Vincent illustré des musiques de Anthony Reynolds
"Le manufacturier / responsabilité absolue" de Mattias Köpling / Jocko Willink & Leif Babin
"Sans compter la neige" de Brice Homs
"So sad today" de Melissa Broder
et toujours :
"Angola janga" de Marcelo D'Salete
Interview de Stella Lory dans le cadre du festival de la BD d'Angoulême
"Gangs of L.A." de Joe Ide
"Hunger : une histoire de mon corps" de Roxane Gay
"L'Amérique derrière moi" de Erwan Desplanques
"L'ombre d'un père" de Christoph Hein
"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot
"Que faire des cons ?" de Maxime Rovere
"Une éducation" de Tara Westover

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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