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Interview  (Paris)  28 avril 2005

Marie Christine Barrault a donné trois représentations exceptionnelles de "L'homme rêvé" au Vingtième Théâtre en avril dernier. Elle reprend régulièrement ce spectacle qu'elle a conçu avec Roger Vadim, pour les textes des chansons, et Jean-Marie Sénia, pour la musique, qui l'acccompagne également sur scène.

Nous avons eu la chance de pouvoir la rencontrer entre deux spectacles et de nombreux projets.

 

 

Quelle est la genèse de ce spectacle?

Marie Christine Barrault : L'idée de départ était d'avoir des chansons inédites pour les chanter. Le but était très précis. Cela faisait très longtemps que je voulais chanter. J'ai fait beaucoup de chant classique car cela constitue un travail de base d'actrice et même en dehors de cela, j'ai toujours aimé chanter et eu envie de chanter. Et je pense même que si j'avais un seul regret ce serait de ne pas voir fait du chant mon métier. Enfin, pas vraiment un regret mais si j'avais 15 ans aujourd'hui, en sachant ce que je sais, je crois que j'aurai aussi essayé d'être chanteuse. Je ne sais pas si j'y serais parvenue parce que je n'avais pas une voix naturelle. Quand je vois les chanteuses qui ouvrent la bouche et ça part… Elles travaillent un peu la technique bien sûr mais elles ont déjà la voix. Alors que moi, la voix, j'ai dû aller la chercher, la chercher très loin, et il a fallu que je travaille beaucoup.

Donc je savais que je voulais chanter et également que je voulais le faire avec Jean-Marie Sénia, compositeur et pianiste, que j'ai rencontré pour la première fois en 1977 et avec qui j'ai travaillé en 1978. Depuis, lui avait envie que je chante et moi de chanter avec lui, avec ses musiques. Nous avions déjà un peu flirtés dans des films avec quelques unes de ses chansons. La difficulté résidait dans le contenu des chansons et nous en sommes arrivés à demander à Roger Vadim d'écrire des chansons, ce qu'il n'ait jamais fait. Il a accepté et il était inspiré ! Nous étions très excités au départ devant l'abondance de ses idées qui partaient dans tous les domaines. Il écrivait parfois 4-5 textes en une semaine ! Après, il fallait les travailler bien sûr. Il était doté d'une imagination débordante et il écrivait des romans, des scénarios, de la poésie, des lettres. Il écrivait en permanence et avait toujours le crayon à la main.

Les chansons ont existé progressivement. Jean-Marie Sénia en choisissait une qui l'inspirait et il écrivait la musique. Il peut écrire très vite et aussi plus lentement. Je travaillais ensuite les chansons au fur et à mesure. Le spectacle a existé juste après la mort de Vadim. Il est parti de la mort de Vadim, non pas que nous voulions parler de la mort, mais nous étions bien obligés de prendre en compte sa mort qui venait de survenir. Il n'était pas possible de chanter que des choses joyeuses car existait une gravité qui s'imposait. Si Vadim avait vécu, le spectacle de chansons aurait été différent avec les mêmes chansons.

Roger Vadim était donc d'accord pour ce spectacle?

Marie Christine Barrault : Il était non seulement d'accord mais impatient de le voir se concrétiser et il trouvait que c'était long. Il est vrai que c'est très long de mettre au point des chansons, d'être à l'aise pour les chanter... Il faut bien plus de temps que pour une pièce de théâtre. C'est très très long et il était très impatient car il avait hâte de me voir sur scène en m'entendant chanter. Nous ne savions pas encore quelle forme prendrait ce spectacle. Je ne dirais pas que cela a pris la forme rêvée car j'aurais vraiment aimé qu'il soit là…

"L'homme rêvé" n'est pas qu'un récital puisque les chansons alternent avec des textes.

Marie Christine Barrault : J'ai toujours eu envie de mêler les 2. Je savais qu'il s'agirait d'un tel format, même en ne sachant pas quels seraient les textes dits, parce que je pars du principe que je suis actrice et non chanteuse et donc que je dois partir de ce que je sais faire et de ce qui est ma base, les mots parlés puis passer aux mots chantés. Je ne suis pas du tout "variétés" donc je ne me voyais pas faire un spectacle de variétés.

Et puis j'ai vu des récitals dans lesquels il ne se passe rien parce qu'il y a uniquement quelqu'un qui se pose et qui chante. Je me dis que cela n'est pas suffisant. De plus, avec quelqu'un comme moi il y a de la théâtralité qui s'installe. Et ce que j'aime par dessus tout c'est de passer du parlé au chanté. C'est ce que j'aime quand j'écoute de l'opéra. Par exemple, dans les opéras de Mozart, ce que j'apprécie est le passage du récitatif, qui explicite les sentiments, à l'air avec cet instant d'apnée qui le précède.

Ce spectacle est récurrent puisque vous le jouez régulièrement. S'inscrit-il toujours dans le cadre d'un nombre limité de représentations?

Marie Christine Barrault : Je l'ai déjà fait à plusieurs reprises mais pas toujours en "série". Aux Bouffes du Nord nous avions joué une semaine. Nous l'avons repris pour 3 représentations au Vingtième Théâtre mais le but est de le jouer dans la continuité. C'est trop démoralisant et difficile de s'y remettre avec l'angoisse et le trac pour que le lendemain se soit fini !

Les représentations en nombre réduit posent également un problème ensuite de médiatisation et d'information du public.

Marie Christine Barrault : Oui. Aux Bouffes du Nord, nous avons joué une semaine et il y avait un monde fou parce que le spectacle s'inscrivait dans la programmation du Théâtre de la Ville. Au Vingtième Théâtre nous n'avions prévu que 3 représentations parce que nous pensions que le disque serait prêt et donc que ces représentations s'inscriraient dans le cadre de la promotion de l'album. Mais le disque bien que techniquement prêt, sous réserve de 2 chansons que j'enregistrerai la semaine prochaine, ne sortira qu'en septembre 2005.

Donc cette programmation s'est trouvée un peu privée de son objet et nous ne voulions pas engager un très lourd budget pour la promotion de quelques représentations. Cela étant, cela nous a redonné la pêche, et même le producteur du disque était ravi car il n'avait jamais vu le spectacle. Et puis cela a également ravi les personnes que nous avions invitées et qui maintenant sont motivées pour nous aider.

Comment se présente donc l'album "Les femmes sont toujours raison" ?

Marie Christine Barrault : L'album comportera 14 des 16 chansons qui sont actuellement dans le spectacle.

Existe-t-il d'autres chansons qui pourraient faire l'objet d'une spectacle ou d'un enregistrement ?

Marie Christine Barrault : Oui, il en y a d'autres mais seules 2 ou 3 sont pourvues de musique. En fait, il y a des tonnes de pages mais je ne sais pas si elles seront exploitées. Car j'ai envie de faire tellement de choses. Nous avons avec Jean-Marie Sénia tant de projets….

Vous avez déjà fait un album qui s'appelait "Fénétrange Belle Ile"?

Marie Christine Barrault : Oui, avec Jean Marie Sénia. C'était à l'occasion d'un spectacle qui n'a donné lieu qu'à une représentation unique dans un festival autour de Sarah Bernhard. Nous avions appris en une semaine, je ne sais même pas comment nous avions fait, 9 chansons magnifiques avec des textes également. L'excitation qui en avait résulté a donné lieu à l'enregistrement de 3 chansons. Mais notre idée est de reprendre ce spectacle et de le faire exister.

Parlez-nous un peu de vos projets…

Marie Christine Barrault : Je travaille beaucoup avec le Quatuor Ludwig sur 2 programmes, l'un autour de Rimbaud, l'autre autour de Berlioz qui nous amènent à beaucoup bouger en France et même à l'étranger. Je continue aussi le spectacle " Liturgies pour un monde de paix" avec Hélène Delavault et Susan Manoff qui tourne beaucoup. Je fais également "Une soirée avec George Sand" avec Alain Duault, qui a écrit le texte d'un interview fictive de George Sand à partir de ses mémoires, et avec Yves Henry pianiste qui interprète Chopin. J'en ai beaucoup d'autres…

J'ai fait dernièrement "Le bel indifférent" de Cocteau. Je travaille également avec un guitariste que j'aime énormément, Arnaud Dumont, sur un spectacle de poésie et guitare. Souvent nous faisons une seule représentation pour voir quel est l'accueil. Il s'agit d'une somme de travail considérable. En ce moment, je prépare un spectacle sur Camille Claudel, un spectacle autour des sonnets de Shakespeare et de Pétrarque avec Yves Brosse, claveciniste et organiste, un soirée La Fontaine et Madame de Sévigné, un spectacle Georges Bernanos-Paul Claudel, les 2ers avec clavecin et le 3 ème avec orgue.

Effectivement, j'allais vous poser la question quant au travail que vous faites sur le choix des textes.

Marie Christine Barrault : Oui, et je suis devenue extrêmement cultivée. (rires). Et je finis par acquérir une sorte d'instinct qui fait que quand j'ouvre un bouquin je trouve ce que cherche. Je passe ma vie dans les bouquins et sur scène. Ainsi à Grignan, je vais faire la correspondance de Proust et de sa mère avec un comédien que j'adore, Nicolas Vaude.

Avez-vous des projets de théâtre ?

Marie Christine Barrault : Oui, j'espère qu'au moins l'un de mes 2 projets va se réaliser la saison prochaine, ce qui me permettra d'aller tous les jours au même théâtre.

Le premier, qui me tient à coeur, est basé sur l'idée que j'ai eu de faire faire l'adaptation d'un roman de Nina Berberova "L'accompagnatrice" qui narre les rapports d'une chanteuse et de sa pianiste. J'adore le roman et je me bats beaucoup pour ce projet. D'autant que je suis très sensibilisée sur les problèmes relationnels entre la vedette, celle qui est devant, et son accompagnateur.

Le second projet est plus incertain. Il s'agit d"Opening night"sur la renaissance d'une actrice qui remonte sur scène après des années de galère et joue son va-tout, pièce qui fût adaptée pour le dernier film de Cassavetes avec Gena Rowlands.

Pour "L'accompagnatrice" vous dites avoir demandé son adaptation. Cela ne vous aurait pas intéressé de la faire?

Marie Christine Barrault : Non, pas vraiment, d'autant qu'il s'agit d'un roman écrit à la première personne. De plus, comme je considère que je n'ai plus l'âge du rôle tel qu'il est écrit cela impliquait de procéder par voie de flash-back. Evelyne Pralot, l'adaptatrice, a fait un travail remarquable.

L'écriture ne vous tente pas?

Marie Christine Barrault : Si mais comme pour "Le cheval dans la pierre" mais pas davantage.

Question incontournable : et le cinéma?

Marie Christine Barrault : Je vais tourner un peu pour la télévision. J'ai quelques projets pour le cinéma. Je ne suis pas opposée au cinéma mais la balle est dans le camp des réalisateurs et je crois qu'ils ne s'intéressent plus du tout aux femmes de mon âge. Il m'arrive rarement d'aller au cinéma et de voir un rôle que l'on aurait pu me proposer. Un peu plus à la télévision mais le problème réside dans la qualité des réalisations. Rétrospectivement, je trouve que les films de télévision que j'ai fait dans le passé sont des chefs d'œuvre absolus comparés à ceux que nous voyons actuellement.

Vous vous impliquez également dans des spectacles investis au niveau religieux.

Marie Christine Barrault : Oui. Il y a une semaine, à Grenoble, à l'occasion du spectacle commémoratif 60e anniversaire de la libération des camps auquel j'ai participé avec Pierre Arditi pour lire des textes magnifiques et bouleversants, un journaliste m'a demandé si c'était la place d'un comédien. Mais y a-t-il un être humain que cela ne regarde pas ? Je ne parle même plus de l'acteur mais de l'être humain. En plus, si on ne met pas son travail d'acteur au service de telles causes qui va le faire ? Il m'a répondu les politiques. Mais les politiques ne son pas là pour délivrer une part d'humanité ! Je ferai la même réponse pour la religion.

Ainsi la semaine prochaine je vais à Rome avec le curé de l'Abbaye de Solesmes qui est spécialisée du chant grégorien, qui, après avoir vu "Liturgies pour un monde de paix", m'a proposé de faire un spectacle sur la Vierge Marie avec une chorale du Mans. Avec ce spectacle nous allons d'église en église et nous irons l'année prochaine à Jérusalem. C'est à la frontière de ce que je suis entre la femme que je suis, qui est allée dans une école religieuse et pour laquelle les chants grégoriens font partie de la culture musicale, et l'actrice.

Le contenu m'importe et c'est un plus en l'occurrence mais ce n'est pas indispensable. Je peux dire avec la même conviction des textes juifs ou musulmans. J'ai constaté que dans les églises, les textes sont souvent très mal dits. Donc je suis contente de pouvoir donner à entendre des textes et là mon travail d'actrice compte aussi.

Pour ceux qui ne pourront pas vous suivre dans vos nombreuses pérégrinations, quelle est votre prochaine actualité sur Paris?

Marie Christine Barrault : Ce sera à la rentrée avec le spectacle consacré à George Sand !

 

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La chronique du spectacle "L'homme rêvé"

Crédits Photo : Thomy Keat (Site officiel)


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