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Playing the angel  (Mute / Labels)  octobre 2005

Les anges sont de retour ...

Cité et adulé par toutes les stars du rock des 90's et par les plus "jeunots", il y avait fort à parier sur un retour en fanfare de l'un des plus grands groupes de tous les temps. Les fans repartent en virée.

A vrai dire, on ne compte plus les nombreux albums, réeditions, ou encore le dernier coffret deluxe regroupant les meilleurs remix de Depeche Mode. On pensait même à une étrange discorde entre Dave Gahan, leader (contestable?) du combo, et Martin Gore, siamois à la mode, suite aux projets parallèles que chaque protagoniste avait réalisé par le passé.

Tout semble rentré dans l'ordre, et Playing The Angel réconcilie manifestement la nostalgie du passé avec une certaine ferveur que le présent fait aussitôt ressurgir dans nos coeurs.

Retour ambitieux sur le devant de la scène pop/electro, Playing The Angel s'impose d'emblée par le succès actuel de son single "Precious", véritable petite perle électro qui rappelle furieusement l'époque du titre novateur "Everything Counts" (personne ne peut oublier son refrain, personne ne s'est gêné pour le reprendre à toutes les sauces), soit plus de 10 années en arrière.

Mais la comparaison s'arrêtera sur ce seul point dans la mesure où "Precious" est le seul titre qui, de par son rythme et sa facilité, ne rentre pas dans la substance profonde de l'album : son identité particulière, entraînante, ne révèle en rien l'impression de tristesse et de complexité qui m'a énormément surpris à la première écoute.

Pour un acharné de Depeche Mode, il est peu habituel de voir Dave Gahan assurer l'écriture des titres de cet album, alors que l'exercice était précédemment assuré par Martin Gore. Voire les deux, mais on attribuait plus volontiers la patte de l'écrivain au sophistiqué Martin.

Groupe complexe dans l'âme, la production signée Ben Hillier (The Doves, Blur, Elbow ...) n'arrange rien pour clarifier les choses : mélodies parfois sombres, multiplication d'effets sonores aussi étranges les uns que les autres, effets vocaux sortis de nulle part ... On s'enlise joyeusement dans un bourbier aussi noir que l'ange représenté sur la pochette (réalisée par Anton Corbijn pour l'anecdote).

Impression de tristesse en effet, non dissimulée dès que l'on écoute le titre "Macrovision", telle une plainte adressée à l'ordre décadent de la création cosmique. Logique de l'intériorité également dès lors qu'on s'embourbe encore plus dans l'écoute des titres "Suffer Well", "Introspectre", qui nous invitent aussi bien à rentrer dans l'âme de Dave Gahan que dans la notre.

L'effet est terriblement fascinant, il semble bien que tout cet album agit comme un miroir sur les côtés les plus sombres de nos affections. De toute évidence, Depeche Mode prend un malin plaisir à composer dans un registre psychologique, pas forcément réservé aux freudiens, mais accessible à ceux qui mettent à nu les parties cachées des passions humaines : Eros, Thanatos et Narcisse s'en donnent à coeur joie.

Bel objet de substance active et profonde, voire terriblement complexe, ce nouvel album de Depeche Mode n'en est pas moins hautement recommandable. Subtil et tout en confiance, le combo s'assure d'une reconnaissance éternelle aussi bien dans nos discothèques que dans nos coeurs.

L'introspection est un exercice nécessaire de l'esprit, n'est ce pas? Ouvrez grand vos oreilles, vous verrez des anges.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Depeche Mode
Le Soundcloud de Depeche Mode
Le Facebook de Depeche Mode


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# 17 mai 2020 : le joli mois de mai

Après tout ce temps confiné, l'impression d'une liberté quasi retrouvée n'a d'égale que la prudence avec laquelle il faut aborder ses semblables. En attendant des jours meilleurs, voici de quoi se mettre du baume au coeur avec notre petite sélection culturelle hebdomadaire.

Du côté de la musique :

"Chante-nuit" de Facteurs Chevaux
"9 songs" de Pierre
"Sex education" de Ezra Furman
"Cage meet Satie" de Anne de Fornel et Jay Gottlieb
Interview de Batist & the 73' réalisé à l'occasion de son live Twitch dont des extraits accompagnent cette entretien
"Hundred fifty roses" de Dune & Crayon
"F.A. Cult" de Hermetic Delight
"Love is everywhere" de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce
"Hum-Ma" de Les Enfants d'Icare
"Spirals" de Sébastien Forrestier
et toujours :
"Soir paien" de Alexis Kossenko, Anna Reinhold & Emmanuel Olivier
Interview de Morgane Imbeaud accompagnée d'une belle session acoustique
"Enrique Granados : Oeuvres pour piano" de Myriam Barbaux-Cohen
"For their love" de Other Lives
"Schubert, sonates pour piano D.845 & D.850" de Philippe Cassard
"Nothing is never over" de The Eternal Youth

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Cléopâtre in love"
"Affordable Solution for Better Living"
"Queen Blood"
"One night with Holly Woodlawn"
du des classiques revisistés :
"Antigone"
"La Dame de chez Maxim"
des comédies de moeurs:
"La garçonnière"

"Deux hommes tous nus"
du boulevard :
"Panique au Plaza"

"Grosse chaleur"
"Oscar"
du côté des humoristes :
"Shirley & Dino à Marigny"
"Philippe Lelièvre - Givré !"
Au Théâtre ce soir :
"Trois partout"
"Quand épousez-vous ma femme ?"
"J'y suis, j’y reste"
et une échappée opératique de classiques recontextualisés :
"Madame Butterfly" de Puccini
Pelléas et Mélissande" de Debussy

Expositions :

voir et revoir:
la récente exposition "Le Rêveur de la forêt " du Musée Zadkine en vidéo et avec les images commentées sur le site du musee
et la rétrospective "Christian Dior - Couturier du rêve" qui s'est tenue au Musée des Arts Décoratifs avec une visite-reportage réalisée par Benjamin Wu assortie des commentaires des commissaires
sillonner l'Hexagone en direction de l'exposition"Balenciaga, Magicien de la Dentelle" à la Cité de la Dentelle et de la Mode à Calais et du Musée La Piscine de Roubaix
partir ensuite pour l'Europe :
au Pays-Bas avec le Musée Van Gogh à Amsterdam et la visite virtuelle de chacun des quatre niveaux de monstration
puis au Danemark au Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague
et encore plus loin en Turquie au Pera Museum d'Istanbul
et en Corée du Sud pour explorer en 6 étapes le National Museum of Modern and Contemporary Art
enfin revenir à Paris au Musée du Louvre avec les visites commentées par les commissaires des expositions "Vermeer et les maîtres de la peinture de genre" et "Un rêve d'Italie, la collection Campana"
et finir en musique avec un revival musical avec l'exposition en ligne "Mai 68 - De la révolte à la légende" au Musée de la Sacem

Cinéma at home avec :

voir ou revoir :
de la romance avec "Coup de foudre au Caire"
de la comédie musicale hollywoodienne avec "Mariage royal" de Stanley Donen
de la comédie dramatique avec "Coffee and Cigarettes" de Jim Jarmush
du policier avec "Jeff" de Jean Herman
du thriller avec "Volte face" de John Woo
du western avec "Mon nom est personne" de Tonino Valerii et Sergio Leone
du fantastique avec "La femme aux bottes rouges" de Juan Luis Bunuel
de la comédie avec :
"Absolument Fabuleux" de Gabrieh Aghion
"Cash Express" de Jerry Zucker
au Ciné Club avec des films des années 50 :
"Topaze" de Marcel Pagnol
"Sacré jeunesse" d'André Berthomieu
"Vous n'avez rien à délarer ?" de Clément Duhour
une curiosité avec "Le Père Noël contre les Martiens" de Nicholas Webster
et une rareté avec "L'invincible Kid du Kung Fu" de Eddie Niccart

Lecture avec :

"Là où chantent les écrevisses" de Delia Owens
"Les lumières de Tel Aviv" de Alexandra Schwartzbrod
et toujours :
"Faites moi plaisir" de Mary Gaitskill
"La chaîne" de Adrian McKinty
"Incident au fond de la galaxie" de Etgar Keret

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

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