Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Hammershøi - Le maître de la peinture danoise
Musée Jacquemart-André  (Paris)  Du 14 mars au 22 juillet 2019

La peinture scandinave s'impose progressivement sur la scène muséale et après la rétrospective consacrée à " Anders Zorn - Le maître de la peinture suédoise" au Petit Palais en 2017, le Musée Jacquemart-André braque les projecteurs sur un de ses contemporains danois avec la monstration monographique "Hammershøi - Le maître de la peinture danoise".

A la fin du 19ème siècle, Vilhelm Hammershøi (1864-1916) comptait au rang de l'association d'art progressiste qui sera nommée l'Ecole de l'Intérieur de Copenhague en raison de sa prédilection pour la peinture de scène de genre et, plus précisément, de scènes d'intérieur.

Et il en constitue une des figures majeures par son approche radicale qui le fit qualifier de "peintre de l'intériorité" que Jean-Loup Champion, historien de l’art, et Pierre Curie, conservateur du Musée Jacquemart-André qui assurent le commissariat de l'exposition, proposent de (re)découvrir, car peintre peu connu du grand public même s'il est recherché sur le marché de l'art, une de ses oeuvres a été acquise en 2018 par le Getty Museum pour cinq millions de dollars, dans une rétrospective en une quarantaine de tableaux pour la plupart inédits.

Hammershøi, la peinture comme ascèse personnelle

Pour l'homme, le peintre et l'oeuvre surabondent les qualifications et exégèses - peintre neurasthénique, artiste de la solitude, du silence et de la lumière, peinture énigmatique, univers poétique, austérité luthérienne... - et donc rien de moins paradoxal que cette peinture qui s'avère polysémique placée sous le syndrome de l'effacement et de la disparition.

Le parcours permet de constater, en premier lieu, comment Vilhelm Hammershøi s'inscrit dans la tradition, celle du Siècle d'or hollandais avec le double regard, approche de deux réalités celle de l'espace pictural et celle de l'espace hors peinture, et celle de l'Age d'or danois de la première moitié du 19ème siècle, avec modernité dans le registre d'une peinture figurative mais dépourvue de narrativité et de psychologisme avec la désindividualisation de la figure humaine réduite à un modèle qui révèle, dès ses premières oeuvres, des fondamentaux qui s'avèreront immuables.

Au demeurant, celle-ci ne surprend guère après avoir vu ses premiers portraits, portraits de famille ("Trois jeunes femmes") ou d'amis artistes ("Cinq Portraits") qui semblent absents comme étrangers au monde.

Ainsi, le cadrage resserré avec une composition géométrique de lignes verticales et horizontales parfois légèrement twistées par une courbe, qui crée une impression d'enfermement avec la localisation décentrée du personnage héritée de Vermeer ("La liseuse à la fenêtre"), l'invariante chromatique avec une palette quasi monochrome de tons froids dans la gamme des gris et des blancs rehaussée parfois d'une pointe de jaune ou de noir qui ne sont pas les couleurs de "la vraie vie" et induisent simultanément la déréalisation et la distanciation, et, enfin, le traitement géométrique et fragmenté de la lumière.

Si Hammershøi peint des extérieurs, paysage de campagne, de bord de mer ou de ville, son rapport à la nature n'est pas celui de la communion avec l'immanence et ce sont des vues désertes et des villes-fantôme dépourvues de tout pittoresque qui ressortent davantage au registre du paysage intérieur. Quant au genre du nu, pratiqué de manière très ponctuelle, à la sensualité charnelle se substitue une chair clinique inanimée dans une représentation du corps réaliste qui parfois tend vers le marmoréen évoquant une statue.

Homme de l'intériorité, sa prédilection sérielle se porte sur les scènes d'intérieur, au demeurant thème en vogue en son temps. Mais Hammershøi ne s'intéresse pas aux pièces de vie chaleureuses dans lesquelles s'épanouit une vie domestique heureuse avec des présences incarnées à l'instar de celles de ses contemporains Carl Holsøe ("La Femme de l’artiste dressant la table") et Peter Ilsted ("Mère et enfant") mais aux intérieurs dépouillés qu'il met en scène dans les pièces de son appartement-atelier.

En effet, il les réagence, tel un scénographe, comme un décor à l'aménagement toujours sommaire pour les décliner sous différents angles avec, au mieux, une silhouette féminine ("Intérieur avec une femme arrangeant des fleurs dans un vase", "Intérieur Strandgade").

Deuxième variation avec le motif de la femme vue de dos traité tant par les hollandais Vermeer ("Atelier du peintre") et Gerard ter Borch ("La remontrance paternelle", "La femme lisant") , que le danois Christoffer Wilhelm Eckersberg ("Femme à sa toilette").

Et dès 1888, le tableau "La Porte blanche (Intérieur au vieux poêle)" augure de l'intérieur vide, motif emprunté à ses aînés tel par exemple, le hollandais Samuel van Hoogstaten ("Les pantoufles"), qui va devenir emblématique avec des pièces obscures à peine éclairées par la lueur résultant d'une porte ouverte et des enfilades de portes en ligne de fuite sur luen porte fermée.

Vilhelm Hammershøi n'a laissé aucun document personnel ce qui laisse ouvertes les supputations quant à la portée ésotérique et/ou métaphysique de son oeuvre.

 

En savoir plus :

Le site officiel du Musée Jacquemart-André

Crédits photos : MM
avec l'aimable autorisation du Musée Jacquemart-André


MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=