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puce Paris romantique 1815-1848
Petit Palais  (Paris)  Du Du 22 mai 2019 au 15 septembre 2019

Le Petit Palais, qui se démarque par la sagacité de ses expositions, a entrepris une exploration des grandes périodes fondatrices de l’identité de la capitale française ce qui ressort naturellement à sa vocation de Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Ainsi, en 2014, il présentait la magistrale exposition "Paris 1900" célébrant la Ville spectacle et les délices de la Belle Epoque. En 2019, il réitère, et avec les mêmes réussite et transversalité, une monstration d'ampleur identique pour remonter le temps.

Ainsi propose-t-elle une érudite déambulation dans le "Paris romantique 1815-1848" en huit stations et six centaines d'œuvres, peintures, sculptures, costumes, objets d’art et mobilier.

Organisée avec la collaboration du Musée des Arts Décoratifs et du Musée Carnavalet sous le commissariat général de Christophe Leribault et Cécilie Champy-Vinas, respectivement directeur et conservatrice du patrimoine du Petit Palais, et Jean-Marie Bruson, conservateur général honoraire au Musée Carnavalet, elle requis la participation de sept co-commissaires*, l'exposition rassemble un conséquent florilège pour plonger le visiteur dans le bouillonnement artistique, culturel et politique de cette période.

Prenant la forme d'une déambulation à l'échelle d'une journée dans les hauts lieux parisiens du romantisme, elle bénéficie d'une époustouflante scénographie élaborée par Véronique Dollfuss, qui recrée, dans le superbes volumes du Petit Palais, une évocation de ceux-ci avec, en sus, une signalétique émérite de quasiment un cartel explicatif pour chaque oeuvre.

Le Paris romantique entre turbulences politiques et effervescence artistique

Les commissaires ont choisi d'ordonner ce retour vers le passé, dans la période comprise entre la chute du Premier Empire et la Révolution de 1848 qui instaure la Seconde République et coïncide avec celle du Romantisme, mouvement littéraire et artistique qui a bouleversé le schéma classique d'expression de la sensibilité et des idées, en une promenade touristique, voire ludique, dans les quartiers de la capitale ainsi qu'ils ressortent d'un plan pittoresque de Paris de la première moitié du 19ème siècle, lequel accueille le visiteur.

Ce qui évite le côté laborieux pouvant émaner d'un parcours essentiellement didactique et soutient le propos tout en révélant une réussie multidisciplinarité de l'architecture à la mode, des Beaux-Arts aux arts décoratifs, et de la littérature à la musique en passant par les manifestations artistiques.

En effet, se dégage un triple intérêt propice tant à solliciter la curiosité qu'à rafraîchir les mémoires.

En premier lieu, un intérêt historique, en retraçant les événements politiques qui scandent l'Histoire de la France du 19ème siècle avec les intérieurs "conservateurs" de la résidence royale du Palais des Tuileries qui témoignent du goût classique.

Comme l’Hôtel de Ville, Notre-Dame et le Palais Royal, Les Tuileries seront investis par les insurgés lors des émeutes de 1830 et pillées lors de la révolution de 1848, évoquées dans deux salles thématiques.

Les élites de la finance et de la bourgeoisie s'installent dans le quartier de la Chaussée d’Antin alors que les artistes ayant "pignon sur rue", de George Sand et Chopin à Ary Schaeffer préfèrent les hôtels particuliers de celui de la Nouvelle Athènes qui comptera de nombreux ateliers d'artistes.

A l'opposé, la vie de bohème, qui devient un des thèmes chers aux romantiques, sévit au Quartier Latin avec ses ruelles étroites, ses grisettes et ses étudiants ainsi que ses divertissements populaires.

En second lieu, un intérêt culturel en ce qu'elle retrace les moeurs du temps dans une capitale au carrefour de l'Europe dont le rayonnement culturel se décline même en termes de frivolités et de luxe. Ainsi, Paris est la capitale de la mode dont atteste le Palais Royal avec ses galeries commerçantes, en l'espèce réinventées sous l'immense verrière zénithale de la Galerie Seine du musée, dédiées aux costumes, accessoires de mode et objets décoratifs en vogue à l'époque.

Et le Salon du Louvre avec ses cimaises rouges sur lesquelles sévit l'accrochage façon pêle-mêle, ancêtre du salon d'art contemporain qu'investissent ceux qui deviendront les grandes figures de la peinture et de la statuaire romantique dont entre autres Géricault, Delacroix ("Le Christ au jardin des Oliviers"), Ingres, Vernet, Barye ("Tigre dévorant un gavial") et Duseigneur ("Roland furieux"), constitue un événement majeur de la vie parisienne.

Paris est également la capitale des plaisirs et des spectacles qui commence par une promenade le long des Grands boulevards et son enfilade de salles de spectacles des plus populaires du fameux "Boulevard du crime" à ceux de la bonne société de l'Opéra et au Théâtre français.

Ce qui induit l'intérêt de l'exposition en terme d'Histoire des Arts avec une période qui bien que troublée connait une extraordinaire effervescence artistique stimulée par le mouvement romantique et ses thématiques dont le thème révolutionnaire et la prédilection pour un Moyen-Âge fantasmé avec pour chantre Victor Hugo, de "Hernani" à "Notre Dame de Paris" avec le personnage d'Esmeralda qui inspire peintres ("La Esmeralda et sa chèvre" de Steuben), compositeurs et fabricants d'obejst décoratifs.

A noter, les dispositifs de médiation numériques avec des bornes interactives didactiques relatives au contexte politique et une carte recensant les divers lieux. Par ailleurs, sont proposés, outre l'accès libre à l'auditorium, un cycle de conférences et une conséquente programmation musicale en lien avec les thématiques de l'exposition ainsi qu'un volet complémentaire consacré aux salons littéraires et mondains au Musée de la Vie romantique.

Une exposition passionnante et, à bon escient foisonnante, qui, une fois encore, atteste de la qualité des réalisations du Petit Palais, toujours judicieusement appuyées d'une scénographie appropriée, et de la manière éclairée dont il négocie le curseur entre érudition et vulgarisation.

 
* Gérard Audinet, directeur des Maisons de Victor Hugo, Paris et Guernesey
Yves Gagneux, directeur de la Maison de Balzac
Audrey Gay-Mazuel, conservatrice du patrimoine au Musée des Arts Décoratifs
Sophie Grossiord, conservatrice générale au Palais Galliera
Maïté Metz, conservatrice du patrimoine au Musée Carnavalet
Cécile Reynaud, directrice d’études à l'Ecole pratique des hautes études
Gaëlle Rio, directrice du Musée de la Vie romantique.

En savoir plus :

Le site officiel du Petit Palais

Crédits photos : MM
avec l'aimable autorisation du Petit Palais


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