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Interview  (Paris)  décembre 2005

Il y a des regards qui se croisent. Des idées aussi. Des rencontres, en deux mots. Quelques phrases lâchées sur un coin de table, devant un micro.

Des mots qui disent lentement à l’oreille la mélancolie des fins de soirée, le Pigalle blafard et lumineux, les portes qui claquent. Les feuilles qui tombent. Un air d’automne donc, s’engouffrant dans Paris qui s’endort.

L’occasion était trop belle, avec un nom pareil, pour ne pas rencontrer Joseph à Anvers, un village dans la ville. Une mise en abîme urbaine où les putes côtoient les poètes.

Le Paris qu’on aime chanté par un artiste prometteur.

Quelles impressions sur ce concert au Bataclan en novembre dernier, en première partie de Jay Jay Johanson. N'as-tu pas trouvé l'accueil du public un peu glacial ?

Joseph d'Anvers : Tout d'abord je ne pense pas que ma musique puisse déclencher l'hystérie collective ! (Rires). Ca ne m'a pas dérangé en fait. Pas mal de retour positif, du label, d'Alias (Ndlr : Tourneur de Joseph)...Et pour moi tout ceci est nouveau et frais. Il y a encore un an j'étais en train de jouer devant 10–15 personnes avinées en fin de soirée. Même s'il y avait 500 personnes au Bataclan, tout est bon à prendre, juste avoir la chance de jouer mes chansons. Disons que c'est une expérience intéressante.

Cette formule solo ne devrait de toute manière plus être tentée jusqu'à la sortie de l'album, ne serait que par respect pour les musiciens qui m'accompagnent. Le live se jouera donc à quatre désormais. Mais ces chansons existent guitare-voix à la base. Je les ai d'abord testées dans les bars parisiens, ceux de province, et donc l'expérience du live acoustique en solo était intéressante. Bon, je ne le ferai pas 150 fois, peut être plus tard.

Mais est-il seulement possible de retranscrire cet album sur scène, ses ambiances, ses instrumentations, sa richesse, le piano omniprésent ?

Joseph d'Anvers : Ces chansons, comme je le disais, ont été composées pour être jouées à la guitare, et nous avons retenu l'idée d'un trio pour la scène, guitare, basse, batterie, pour tenter de rendre le son plus rugueux, plus âpre. J'avais en tête de revenir à un son plus rock, un peu plus sauvage, sortir des idées préconçues. Scéniquement cela me semble plus intéressant que d'en foutre plein la gueule avec des violons, pour commencer disons. Nous avons fait deux titres pour la convention Universal avec un quatuor à cordes, à 8 sur scène.

Pourquoi pas faire quelques dates avec cette composition ? J'étais au concert de Joseph Arthur au Bataclan, je suis grand fan, et j'étais scotché…Le coté homme orchestre me fascine, ses expérimentations différentes tous les soirs, jouer une chanson un soir à la guitare, le lendemain sur un mini-clavier. Pour moi qui viens des arts appliqués, du cinéma, du monde de l'image, cela a été une révélation. Me dire que rien n'était figé, que tout était modulable en fonction des humeurs, des soirs. J'aime bien l'idée que mes chansons puissent être jouées avec un quatuor à cordes, une formule plus rock ou seul à guitare.

Ceci est ta première interview, et je pense que la question qui va suivre te sera reposée des centaines de fois par la suite mais…Quelle a été le déclencheur pour toi, la transition entre le moment où tu as composé ces titres seul dans une chambre et aujourd'hui, ta signature avec Atmosphériques, ta présence sur la compil' CQFD des Inrocks…

Joseph d'Anvers : J'ai un parcours dont je suis très fier. Avec Guillaume, le directeur artistique d'Atmosphériques, nous sommes fiers de notre histoire. C'est un parcours classique je pense. En gros j'ai 29 ans, je bossais comme technicien à l'image, assistant ou chef opérateur, avec un groupe parallèle qui s'appelait Polagirl, du rock indépendant noisy. A mi-chemin entre Diabologum et Mogwai, de grandes plages atmosphériques. J'ai toujours baigné dans cette culture indé, cette scène rock de Nevers

LA grande scène rock de Nevers, forcément…

Joseph d'Anvers : (Rire) Oui forcément ! Et comme tout le monde j'ai eu une période marécageuse et envie de voir autre chose. Une arrivée sur Paris mouvementée, traîner à Pigalle, la fin des études… Tout qui se casse la gueule et des nuits à errer dans ces quartiers, entre Barbès et place de Clichy, à vivre dans une chambre de bonne rue Condorcet. Ca fait très cliché hein ? Moralité je suis resté dans ma piaule deux trois durant, et quatre cinq chansons sont sorties d'un jet, sans savoir quoi en faire.

Musique, texte, titre… J'ai rebondi en touchant le fond et bizarrement, ces compositions folk sentimentales étaient assez éloignées de mon univers. J'ai commencées à les enregistrer, à les présenter aux labels. Forcément réponses négatives, avec malgré tout un "Ca nous intéresse revenez nous voir". J'ai voulu aller au bout de mon idée et j'ai donc commencé à les jouer en public. Parallèlement Atmosphériques me rappelle et me demande d'autres titres…

Quels étaient ces fameux titres que tu as composé initialement ?

Joseph d'Anvers : Il y avait "Pigalle", "La valse des gens", "Comme un souffle"…Et le label me demande "Tu as d'autres titres ?". Bien sûr j'avais rien ! (Rires). C'est donc parti sur un grand coup de bluff, et j'ai du écrire quatre autres titres. Le label qui m'en redemande, j'ai donc été forcé d'écrire dans le speed, jouer ces chansons avec des musiciens. Tout ça en parallèle de mon travail diurne. Et j'ai eu l'opportunité d'avoir accès à un studio pour enregistrer la maquette. C 'était fin 2003, mais les choses se sont enchaînées si rapidement après.

D'autres labels étaient intéressés mais aucune confirmation ne venait. Je n'ai jamais voulu violer les gens, m'abaisser pour vendre ma musique. Et puisque ces titres étaient à l'opposé de ce que j'avais fait avant, avec des textes plus personnels, plus intimistes, ils m'engageaient dans un sens. Je me suis décidé à tenter le tout pour le tout en portant ma maquette au Village Vert. "C'est le dernier label sinon j'arrête", voila un peu ce que je me disais. C'est à cette époque qu'est sorti "Crève Cœur"de Daniel Darc. Je suis vraiment fan depuis le début, bien avant cette pseudo hype pro-Darc. Taxi Girl c'est un peu mes premiers émois... Et donc en allant au Village Vert, rue Rochechouart, Daniel Darc, au milieu de la rue, dans un état second. Moi très timide, je l'interpelle, joue au groupie, lui file ma maquette. Et j'étais déjà avec lui au Balto à boire une bière en parlant de Kerouac, d'Hemingway, de tout ce qu'on avait en commun.

Cela a été une grande révélation, une grosse claque qui redonne la pêche. Darc qui me cite Hemingway : "Celui qui n'est pas prêt à mourir pour l'écriture ne devrait jamais écrire", et compare l'autoproduction à la punk attitude... Je suis ressorti gonflé à bloc, en me faisant engueuler parce que je n'avais pas de stylo pour noter son téléphone et son adresse. Irréel…Et à ce moment l'autoproduction m'est apparue comme une évidence. Sur les conseils d'un ami, je tente le FAIR, je rentre les critères de sélection, j'intègre la promo. Dans la foulée, je tente le CQFD des Inrocks et trois semaines après 15 labels qui tapaient à la porte…

Tant qu'à être dans la facilité, on peut également comparer "Les choses en face" au "Fantaisie Militaire" de Bashung...Ses ambiances moites, le coté symphonique, le malaise palpable. L'impression d'un mouvement vers la lumière et l'espoir malgré tout. Ca t'inspire ?

Joseph d'Anvers : En fait je tenais vraiment à ça. J'aime beaucoup ce disque, tout comme Noir Désir ou Pigalle. Il y a un vocabulaire dur, âpre, viscéral et tous mes textes sont non réfléchis. Je voulais cette urgence, qu'on ne se dise pas que c'est l'orchestre Philharmonique de Sofia qui joue derrière. Et la venue de Jean-Louis Piérot pour réaliser n'est pas innocent, lui qui a écrit "Malaxe", "La nuit je mens". On en a parlé de cet album…J'aime "Fantaisie Militaire", "Auguri" de Dominique A. Dans le moment il y avait également "Silent Alarm" de Bloc Party, "Real gone" de Tom Waits et "The Man comes around" de Johnny Cash.

C'est un sacré crossover tout de même…

Joseph d'Anvers : C'est tout fait symptomatique de mes problèmes en pré-production ! Vingt morceaux composés, qui reflètent un instant, pour n'en garder que 15 au final. Quand j'ai mis les morceaux à plat, je me suis rendu compte que les morceaux n'avaient rien à voir. Impossible de faire un album cohérent. C'est toujours le même problème d'un premier album, qui est le condensé d'une vie. Je voulais du relief, de la romance et de la rage sur Pigalle, puis le calme et la simplicité sur "Nos jours heureux".

C'est un album mélancolique, des passages, des transitions entre des moments, d'où peut être cette impression d'aller vers une lumière. En tout cas cet album m'a fait aller mieux. Un album fait avec les tripes, si les gens n'aiment pas, moi je ne peux pas faire mieux ! Et pour moi qui fais de la boxe depuis 7 ans, j'ai quand même pris une sacrée claque physique avec la réalisation de l'album.

Le duo avec Miossec, c'est venu comment exactement ?

Joseph d'Anvers : Jean Louis Piérot (m'a confié que Christophe est tombé dessus "par hasard", sur la compil CFQD , avait aimé mon titre en disant "Si le garçon a besoin d'une voix je suis preneur". Jean-Louis ne me l'a pas dit pendant un moment et me l'a finalement lâché. Moi qui ai commencé la guitare en 1995 au moment de la sortie de "Boire", et voir Miossec débarquer en studio dix ans après !

Avec le recul j'ai l'impression d'une relation très paternelle avec Miossec. Et l'enregistrement de "La vie est une putain" s'est passé de manière très insouciante, enfantine. Je n'avais pas envie de gueuler sur ce titre, et Miossec s'est parfaitement prêté au jeu, avec ses râles tout au long du titre et le final qu explose.

Et la suite ? Ce premier album est sans doute le condensé d'une vie, plein d'émotions, puisque tu penses déjà au deuxième, est ce que tu pressurises déjà ? Pas tenté de chanter en anglais pour aller de l'avant ?

Joseph d'Anvers : Ca ne reste que de la musique. A chaque jour suffit sa peine. L'anglais bien évidemment j'y pense, de par mes influences, même si contractuellement je suis tenu de faire deux albums en français. Ca me fait penser à une discussion avec l'avocat du FAIR, qui me disait que souvent le deuxième album contient toute la promo, la tournée, alors que le premier contient toute une vie. Il faut vivre des choses pour pouvoir les raconter, et je continue à traîner tard le soir, je me retrouve dans des plans pas possibles, en me disant que cela sera peut être le départ d'un troisième album.

Pour les influences anglo-saxonnes, j'ai grandi avec une mère prof' d'anglais, qui a vécu en Angleterre, période Beatles, période Mods…Eh bien en fait je n'ai pratiquement pas écouté de chansons françaises, à l'exception de ceux que j'ai cité. Les Brel, Ferré, Barbara, les mythes je suis passé un peu à coté. A contrario j'adore certains titres de Joe Dassin ! Forcément sorti du contexte ça semble has been, mais je suis très sensible aux générations et aux courants…

L'une de mes premières émotions restera sans doute l'un des derniers de Chet Baker, à dix ans, traîné forcément de force au concert de cet inconnu. Ce musicien à bout de souffle, plus vieux que mes grands-parents m'a impressionné par sa force, cette voix pure, sans effets... Un mois et demi plus tard il se défenestrait... Plusieurs années plus tard, en composant, je garde toujours en tête cette intensité, cette passion pour la musique.

Mon enfance a été bercée également par le jazz, Archie Sheep, Chet, Miles, toute la vague classique des 50' , et de l'autre coté les Beatles, le White album et le Sergent Pepper, il en reste forcément quelque chose.. Moi c'est plutôt Buckley, Radiohead et les Pixies, Pj Harvey.

Nous parlons de virées nocturnes, et ton attaché de presse, à qui je disais que ta musique m'inspirait le Paris poétique des fins de nuit, m'a répondu : "Joseph est totalement parisien, parce qu'il vient de province". Comment rêves-tu Paris ?

Joseph d'Anvers : C'est un Paris rêvé, un Paris quotidien, un peu des deux. Tu vois Pigalle, j'ai beau y vivre depuis des années, cela reste un fantasme. Le premier album de Mano Solo, La marmaille nue, reflète ce quartier et les années fastes parfaitement, beaucoup plus déglinguo que moi. Il y a un coté spirale dans ce quartier, c'est un peu sale. C'est le quartier le plus touristique et paradoxalement un endroit où vivent les vrais parisiens. C'est ce grand boulevard qui me faisait peur au départ.

C'est ce que j'essaye d'expliquer dans la chanson Pigalle , c'est un lieu de perdition, avec ses zones contrastées. L'ombre et la lumière, il fait toujours jour à Pigalle avec ces mecs qui viennent chercher de l'amour. Mon grand-père me racontait qu'à l'époque de la guerre il venait chercher ses cigarettes, des Lucky Strike, au Couloir et au Noctambule, des endroits que je fréquente encore aujourd'hui Rien n'a vraiment changé et à mon avis cela restera comme ça. C'est ce Paris terriblement humain que j'aime. Le temps y est suspendu.

 

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Crédits photos : Thomy Keat


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