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Interview de Grégoire Simon  (Paris)  24 mars 2006

Grégoire Simon le saxophoniste et seconde voix des Têtes Raides a eu la gentillesse de nous recevoir dans le local parisien de leur maison de production "Mon Slip" pour répondre à nos questions.

Peux-tu nous parler de "Fragile" ?

Grégoire Simon : Bah c'est un super album. (rires)

Il paraît plus rock, plus rageur, plus brut que les albums précédents… ?

Grégoire Simon : Euh, je crois qu'on a toujours eu un petit côté rustique. Ce côté-là c'est un petit peu notre nature, non ? C'est notre côté assez proche de la terre quelque part… Hein ? Mais en même temps, j'ai l'impression qu'il prend chaque fois (pour chaque album) une couleur et un aspect un peu différents, voilà. L'aspect, comme tout ce qui vient de la terre, ça se fait un petit peu en fonction de la météo quoi…

Par exemple en ce moment il pleut… (rires)

Grégoire Simon : Par exemple en ce moment le climat est quand même, comment on appelle ça ?...

Le climat est changeant ?

Grégoire Simon : Disons qu'il est quand même assez rude. On a un hiver qui n'en finit pas de durer. On a perçu hier un esquisse de printemps, mais c'est vrai que l'hiver est plutôt rude. Fragile est un petit peu dans cette rudesse…la rudesse de la saison.

Le climat est plus radical peut-être ?

Grégoire Simon : Au départ il y a les textes de Christian Olivier… Et puis quand il écrit, il pense aussi à la résonance musicale… C'est un peu les deux qui s'enchevêtrent et qui font que la chanson existe et qu'à chaque fois il prend en fonction de cette météo, tel ou tel instrument… Voilà le résultat de l'album "Fragile" : c'est qu'au bout du compte il y a quand même plus de guitares électriques que de guitares sèches et d'accordéon. L'album a à la fois un côté rude et extrêmement vivant et même je trouve extrêmement doux quelque part… Il y a une rudesse et en même temps une grande douceur dans Fragile… Il y a les deux.

Parfois à la rudesse musicale on oppose une tendresse d'écriture qu'est pas toujours… En tout cas c'est vrai qu'il faut s'intéresser aussi au texte dans Fragile. Voilà… C'est vrai que l'acoustique comme dans Sur le bout du toit ou sur d'autres albums ça rentre pour nous dedans de la même manière, avec une approche musicale qui est un petit peu différente, mais qui en tout cas pour nous a la même énergie… Et cette même forme d'urgence.

C'est un truc qui caractérise Têtes raides de façon générale ?

Grégoire Simon : Oui, c'est Têtes raides, voilà. C'est une singularité qu'on aurait un peu tendance à affirmer plus aujourd'hui qu'hier, mais qui a toujours été là.

Dans Fragile apparaissent Jasmine, Rachid Taha et d'autres invités : est-ce que tu peux nous parler de toutes ces personnes qui sont associés à l'album ?

Grégoire Simon : Des fois on les connaît un petit peu, dès fois on les connaît un petit peu plus, dès fois on les connaît beaucoup plus et dès fois on ne les connaît pas du tout. Mais dans Têtes raides il y a toujours des rencontres. Voilà, une rencontre c'est se dire qu'on peut se parler aujourd'hui sans s'être jamais vus hier et que si ça se trouve ce soir on va aller au même concert et faire plein de trucs ensemble… ça se trouve… (rires) En tout cas dans notre musique il y a toujours eu d'autres musiciens que Têtes raides.

Et puis aussi toujours d'autres écritures : Prévert, Rimbaud, Baudelaire, Pessoa, Joyce Mansour et Boris Vian pour le dernier album et puis Desnos aussi. Dans chaque album, j'ai envie de dire qu'il y a une rencontre textuelle avec l'extérieur. Ça donne de l'air. Et puis il y a aussi des rencontres musicales extérieures. Soit le copain d'un copain, soit un pianiste, un guitariste, soit quelqu'un de plus connu qu'un autre ou quelqu'un de moins connu, mais ça on s'en fou.

C'est toujours les rencontres qui vous guident ?

Grégoire Simon : C'est l'envie de revoir des gens qu'on a croisés, de les recroiser sur un projet, voilà… The Ex pour "Fragile", Yann Tiersen pour "'est-ce qu'on se fait chier". Pour nous c'est une maison dont les portes sont quand même assez ouvertes, quoi… Les portes et les fenêtres parce que si tu vis juste en réduit "Têtes Raides", ça pue assez vite quand même… ça sent un peu le renfermé.

Et les Têtes Raides sur scène ?

Grégoire Simon : La scène, c'est toujours différent de l'album. J'ai envie de dire que l'album contient des images intérieures, des images que chacun se fait sur les morceaux, des images qui sont justes transmises par l'oreille, alors que la scène transmet l'image par l'oreille et par les yeux. Et puis Têtes raides est jamais physiquement présent sur les pochettes (on peut pas dire qu'il y est de représentation physique de Têtes raides).

En même temps c'est extrêmement physique au niveau du visuel, c'est les Chats pelés depuis le début. Donc je veux dire que la scène prend aussi un relief particulier par rapport à ça. On voit les gueules, on voit les corps. C'est quand même une dimension qui est toujours intéressante. On réserve cette chose-là, cette présence physique, à la scène.

Mais sur scène vous invitez aussi pas mal d'artistes et vice-versa ? Christian Olivier sur un concert d'Olivia Ruiz à la Cigale…

Grégoire Simon : Vive les rencontres ! on aime bien être invités et on aime bien inviter… Et puis sans préjugés on va dire…

Ça procède du même état d'esprit ?

Grégoire Simon : C'est le côté simple de la chose. A priori si on t'invite c'est qu'on veut passer un bon moment avec toi. Moi je me dis que quand je suis invité chez quelqu'un que je ne connais pas à priori je vais plutôt passer un bon moment. Je vais pas me dire "C'est quoi cette merde encore…".

Est-ce que tu peux évoquer un peu l'enregistrement de l'album ? ça s'est passé quand ? où ? Est-ce que il y a eu des moments d'improvisations justement…

Grégoire Simon : Il y a eu par exemple la rencontre avec The Ex, qui a été une rencontre à la fois improvisée dans sa forme et dans le fond parce que Christian avait écrit le texte et qu'il avait laissé tout ouvert au niveau de la musique. Ça s'est fait comme ça on va dire. L'énergie collective a tourné le morceau tel qu'il est, mais il aurait pu être tourné ailleurs. C'est quand même une performance parce qu'on n'a fait que deux prises et qu'on n'a gardé qu'une des deux prises qu'on a faite. Ça s'est fait très vite.

Quand avez-vous enregistré l'album ?

Grégoire Simon : Entre juin et septembre 2005. C'est quand même assez récent, ça fait même pas un an. On avait le besoin de sortir un truc de manière assez pêchue. En même temps on essayait de travailler avant l'enregistrement des arrangements, des couleurs, des choses comme ça, ce qu'on voulait faire et ce qu'on voulait pas faire. Je crois qu'en studio faut surtout savoir ce qu'il ne faut pas faire. Il faut surtout t'éviter des errances. Il faut être dans la bonne énergie. Voilà.

C'est le point de départ et puis après vaille que vaille ?

Grégoire Simon : En faisant un travail préalable, et donc en sachant ce que tu fais, tu sais aussi ce que tu ne veux pas faire. À partir de là tu es peinard.

Peux-tu nous parler de Denis Barthes, batteur de Noir désir et coréalisateur de Fragile ?

Grégoire Simon : C'est une rencontre. Chaque album des Têtes raides est une coréalisation. C'est bien aussi d'avoir des gens extérieurs à Têtes raides et pas toujours des gens qui sont fans de, au contraire…

Quel a été l'apport de Denis Barthes sur cet album ?

Grégoire Simon : C'est un apport à la fois technique et d'expérience par rapport au collectif. Faire fonctionner un groupe en studio c'est quand même pas toujours une mince affaire. Lui il a cette expérience-là. Essayer de rendre la chose cohérente alors que parfois elle ne l'est pas… Au studio on attaque souvent sur quelque chose d'irrationnel…

Et puis il a servi aussi d'oreille extérieure ?

Grégoire Simon : Tout à fait, il a servi d'oreille artistique extérieure par rapport à des mouvements, par rapport à des idées qu'il pouvait avoir… C'est aussi quelqu'un qui est capable d'endosser les difficultés humaines des gens en studio. C'est vrai qu'il a été magnifique là-dessus. Voilà l'idée de la coréalisation avec Têtes raides. S'adjoint une personne qui est toujours extérieure au projet et avec qui l'on est toujours en discussion pour essayer d'aller le plus loin possible dans le projet.

C'est un mode de fonctionnement des Têtes raides ?

Grégoire Simon : Quasi systématique, oui. Mais en même temps il n'y a pas de systématisme dans Têtes raides ; à chaque fois on se repose les questions, savoir si y'a besoin réellement de cette personne ou pas. Chaque chose et chaque question en son temps…

Et le prochain concert au Zénith ? Peux-tu nous en parler ?

Grégoire Simon : Le Zénith c'est un autre concert des Têtes raides, quoi. Ça sera un autre concert que l'Élysée Montmartre. À plus grande salle, j'espère plus grand spectacle… En l'occurrence ce qui est bien au zénith c'est qu'il y a une ouverture de scène qui permet l'implantation son et lumières qui est presque idéal, et que le public qui veut bouger puisse bouger et que le public qui veut s'asseoir ne soit pas privé du spectacle parce qu'il s'assoit. C'est une salle très moderne pour ça. Et puis c'est une grande salle, et une grande salle c'est une grande fête quoi.

Peux-tu nous parler un peu de l'engagement social Têtes raides ?

Grégoire Simon : Notre engagement c'est déjà l'engagement musical. C'est fondamental. C'est dans Têtes raides le seul engagement qui tienne… C'est un engagement musical, c'est des personnes qui veulent jouer ensemble… et je trouve que c'est là-dessus qu'il faut se centrer et se recentrer. C'est vrai que la période est tellement floue qu'aujourd'hui à un moment donné on est obligé aussi de parler… Comme on l'a esquissé de manière un peu plus visible historiquement avec le premier tour des présidentielles de 2002.

La nécessité de sortir de la réserve initiale à laquelle on est dû a commencé à ce moment-là. À ce moment-là précis, tu ne peux pas fermer ta gueule. En tout cas entre les deux tours, on faisait partie des gens qui avaient appelé à voter Chirac. Des gens qui ont dis "No"n à Le Pen et qui ont dit "Ou"i avec une petite astérisque (en aucun cas ce vote est un chèque en blanc).

Pour nous à ce moment-là précis notre Non était aussi un Oui quelque part, un Oui aux gens, Oui à la citoyenneté, Oui au respect des libertés fondamentales. Oui, le combat commence et va continuer. Non derrière "Qu'est-ce qu'on se fait chier" et derrière "Avis de KO social".

On a fait le tour de France avec "Avis de KO social" avec la rencontre d'un collectif artistique, des associations. On s'est rendu compte de la difficulté d'essayer de travailler avec de l'énergie en local. Les gens sont victimes de la peur en permanence et de la suspicion en permanence et j'ai envie de dire que c'est justement ça qu'il faut combattre. Le plus possible en tout cas… Après avoir fait le tour avec "Avis de KO social", on a fait une pause pour enregistrer Fragile parce qu'au niveau de l'énergie on ne pouvait pas tout donner à tout niveau. Il fallait juste se concentrer.

Notre travail c'est faire de la musique. Notre travail, c'est une responsabilité c'est notre engagement fondamental. C'est un choix libre. On a cette chance… En même temps, on est comme toi, on est citoyen, et à un moment donné il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas fermer notre gueule. Voilà. Le prochain rendez-vous par contre c'est le dimanche 2 avril, place de la République à 13 h. Non à l'immigration jetable.

C'est un rassemblement par rapport aux dernières positions qui ont été prises par le gouvernement ?

Grégoire Simon : Il y a une circulaire qui fait qu'aujourd'hui les gens quand ils s'aiment, quand un étranger aime une Française ou qu'une étrangère aime un Français sont suspects… Cet amour, l'état l'a rendu suspect. Il faut le justifier. Quand on commence à légiférer et à rendre le sentiment des gens entre eux suspect comme sont déjà suspects les étrangers en France, cette chose-là elle peut pas être passée sous silence. À un moment donné, un silence est lourd de sens. On est dans une période où qui ne dit mot consent.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Têtes Raides
Le Myspace de Têtes Raides
Le Facebook de Têtes Raides

Crédits photos : Laurent


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