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Conférence de presse  (Festival de Dour 2003)  juillet 2003

Black Strobe, ou comment réunir deux Dj pour en faire un groupe de punk-rock-électronique. Ivan Smagghe, résident au Rex club, auteur des soirées " Kill the Dj " chaque jeudi soir, s'associe à son " pote " Arnaud Rebotini, lui même Dj " occasionel " et surtout chef de file de l'intéressant projet Zend Avesta. Si les maxi, disponibles uniquement sur cd, sont plus électro, la scène dévoile le côté rock de leur création.

Black Strobe apparaît donc comme un ovni inclassable… que l'on tente d'éclairer à travers cette interview.

Comment est né Black Strobe ?

Ivan Smagghe (I.S.) : Une blague au départ…?!!

Arnaud Rebotini (A.R.) : On bossait dans un magasin de disque, moi je faisais un peu de programmation, Ivan était déjà Dj, c'était donc il y a déjà longtemps. Nous avions des goûts en commun, et notre complémentarité nous a réuni.

I.S. : C'était à l'époque où il y avait plein de truc un peu funky, " french touch " comme on dit, et nous voulions faire autre chose

A.R : Dans la scène parisienne nous étions deux personnes un peu à part qui avait des goûts en commun, et des différences qui permettent de faire un vrai duo.

Comment définissez-vous le style de Black Strobe ?

I.S. : Hou là, c'est la question à 10.000 dollars !

A.R. L'objectif est surtout de sortir des sentiers battus…

I.S. Ouais, rock avec synthé. On dit ça non ? Enfin pas forcément avec des synthés… C'est une sorte d'équilibre entre un groove et un truc plutôt dance, et une énergie plutôt rock

Quels sont les influences directes sur le travail de Black Strobe ? On entend un peu de Joy Division parfois….

A.R. : On écoute du rock tous les deux, de la dance musique aussi

I.S. : En fait on ne pense pas, on ne conceptualise pas. Il n'y a pas de concept Black Strobe qui fonctionne ; on essaye de faire des morceaux qui ont une unité et une identité qui est la nôtre.

Sur scène le côté rock ressort particulièrement…

I.S. : Oui. Mais c'est normal, soit tu fais un truc avec juste un laptop ou un set Dj, ce qui ne vaut pas la peine de créer Black Strobe, et on ne l'aurait pas fait d'ailleurs. Soit tu associes des instruments, la guitare et la batterie, et dès lors tu ne peux que sonner rock.

Qui est la tête pensante du groupe ?

I.S. : Arnaud est plutôt compositeur à la base, moi j'apporte des sons. Mais, encore une fois, il n'y a pas de démarche déterminée.

A.R. : Souvent c'est vrai, on part d'une idée que j'ai eue, et puis on élargit…

Black Strobe contribue-t-il à une volonté de briser un mythe du Dj allergique au rock ?

I.S. : Mais ça n'existe pas ça, ou alors ça n'existe plus. Les mentalités ont changé depuis ces deux dernières années. Les gens ont aussi de moins en moins envie de cet cloisonnement.

A.R. : Dans n'importe quel soirée tu mets White Stripes et les gens hurlent [ndlr : Magnus, qui précédait Black Strobe, a glissé Seven nation Army dans son set qui d'ailleurs reprenait de nombreux succès, puis les 2 many dj's récidiveront le lendemain soir…].

I.S. : Il n'y a pas un truc anti-dj ou anti rock. Les Dj's sont là pour répondre à la demande. La techno, ce sont des groupes rock qui l'ont créée : Kraftwerk, Depeche Mode, New Oder.

A.R. : C'est une fausse idée que de penser l'électro à part. Aujourd'hui les gens préfèrent prendre le bon dans le rock, le bon dans l'électro, plutôt que de dire " je n'écoute que du rock ". Mais bon il y a des limites, les gens qui écoutent de la techno ne vont pas écouter les Eagles.

I.S. : D'ailleurs les gens qui écoutent du bon rock ne vont pas écouter non plus les Eagles…

Votre attitude sur scène est différente entre Ivan et Arnaud…

A.R. : Oui, moi je choisis de me mettre en avant, je dégage une certaine énergie qui vient du rock.

I.S. : Moi je reste derrière, la scène c'est pas mon truc.

A.R. : Si on veut tester des trucs, expérimenter, on doit avoir une attitude qui sort de celle de dj. Ce soir c'était notre premier live, alors on essayait un peu…

 

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Xavier         
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