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Interview  (Paris)  23 janvier 2007

Dans les locaux de PIAS, son nouveau label après Lithium et Labels, Bertrand Betsch nous reçoit pour parler de son nouveau disque La chaleur humaine.


4 albums et 3 labels plus tard, peux tu nous faire un petit résumé de la carrière de Bertrand Betsch ?

Bertrand Betsch : C'est tout un roman ! J’ai effacé le disque dur… (rires)

C'est un nouveau Bertrand Betsch aujourd'hui ?

Bertrand Betsch : Non mais il y a eu tellement de pérégrinations et d'avatars …En gros, j'ai publié le premier album en 1997, sur Lithium, ensuite j'ai commencé à travailler sur ce qui est en fait devenu le troisième album. La production de ce disque a été plus longue que prévu. Il y a eu des problèmes de maison de disques, des problèmes personnels … Et puis c'était un album que l'on voulait très ambitieux, donc on a passé beaucoup de temps sur les arrangements.

Pour chaque morceau il y a eu 5 ou 6 versions différentes, on remettait sans cesse l'ouvrage sur le métier. Cela a été extrêmement douloureux. On pensait que finalement on n'en verrait jamais le bout et puis il a fini par se faire quand même. L'album a en fait été enregistré en 2000 et sorti en 2004. En plus entre temps Lithium a déposé le bilan et j'ai fait aussi BBsides, sur lequel j'avais carte blanche et je me suis fait plaisir. J'ai donc sorti le troisième album sur Labels et me voici avec La condition humaine maintenant.

Ce nouvel album est assez différent du précédent …

Bertrand Betsch : Je fais toujours tout naturellement, à l'envie. Mais c'est vrai que je fais presque toujours un album contre le précédent. Je pense avoir pas mal de cordes à mon arc et il y a pas mal de facettes dans tout ce que je fais. Je publie peut être 10 % de ce que je fais. Donc je n'essaie pas de refaire toujours le même disque, cela ne m'intéresse pas. Donc je repars sur de nouvelles choses à chaque fois.

Il s'agit donc d'un exercice de style à chaque fois ?

Bertrand Betsch : Non pas du tout. L'exercice de style implique un truc très cérébral… non ce n'est pas comme cela. Je sens que je dois aller dans cette direction là. En 2004 j'avais écrit "La chaleur humaine" et "Les gens qui s'aiment" qui m'ont donné l'orientation de l'album. Ensuite, avec ma compagne j'ai écrit les 2 duos "O les beaux jours" et "les vents contraires".

Cette trame principale s'est affinée autour du thème de l'affect, de la relation humaine, de la relation amicale, de l'amour dans ce qu'il a de douloureux, de réparateur et généreux. Ensuite j'ai collecté des chansons que j'avais dans mon répertoire, parce que j'ai toujours 100 ou 150 chansons dans mon tiroir et j'en ai choisi une petite trentaine pour en mixer 16 et en garder 15 au final.

C'est une boulimie d'écriture ?

Bertrand Betsch : Pas du tout car je déteste le travail. J'ai horreur de travailler je suis très feignant (rires). Mais j'aime bien me retrouver dans mon studio faire des petits trucs mais quand j'en ressens l'envie. Je ne m'atèle jamais à ma table de travail en disant "il faut faire une chanson". Je n'écris pas énormément de chansons. J'écris environ l'équivalent d'un album par an.

Mais comme j'en écris depuis 20 ans, ça s'accumule. Ce qui ne veut pas dire que ce que j'écrivais au tout début je le publierai un jour. C'était peut-être pas encore ça mais disons que ce que je fais depuis une bonne douzaine d'années, je l'assume pleinement et ce sont des choses dont je peux à tout moment me servir.

Et est ce que toutes ces chansons n'attendent que toi comme interprète ou bien aimerais-tu les faire chanter par d'autres, à la façon d'un Biolay par exemple qui écrit beaucoup pour les autres ?

Bertrand Betsch : C'est une possibilité que je n'exclus pas mais les 2 ou 3 tentatives en ce sens ont échoué. Alors j'attends qu'on me le demande. Je ne sais pas si mes chansons … Personne n'a encore jamais repris une de mes chansons…Elles ont un côté universel mais restent quand même très personnelles. Je ne sais pas si quelqu'un d'autre pourrait les chanter.

Inversement, tu reprends "Bang bang" sur ce nouvel album et tu avais déjà fait d'autres reprises…

Bertrand Betsch : Oui, 4 sur "BBSides". J'aime beaucoup cela, me réapproprier les chansons des autres, la faire mienne quitte à changer les paroles un peu. Par exemple sur "BBsides" les chansons qui ne sont pas de moi sont au moins aussi personnelles que mes propres chansons.

D'ailleurs quand on écrit une chanson, c'est quelque chose de très égocentrique, de très personnel et puis peu à peu la chanson se détache de soi et devient un événement séparé de soi qui peut entrer dans la sphère universelle et être adoptée par l'ensemble des auditeurs.
Pour moi les chansons appartiennent à tout le monde, à partir du moment où elles nous touchent. C'est un bien universel.

Sur ce disque il y a un côté plus optimiste sur certains titres que sur tes albums précédents …

Bertrand Betsch : Oui c'est tout à fait vrai et c'est lié à des choses personnelles. Je vis une relation qui s'inscrit dans la durée et qui est très épanouissante. Donc forcément cela transparait dans le disque. Mais il y a aussi des chansons qui s'inspirent au contraire d'autres relations plus douloureuses.

L'idée, c'était de rendre compte de toutes les phases de la relation amoureuse qui est ce que la vie peut nous apporter de mieux et en même temps, c'est toujours un péril. Comme disent les Rita Mitsouko "Les histoires d'amour finissent mal, en général". Ill fallait parler de cela aussi, de la rupture, des passions violentes et destructrices et parler parallèlement du bonheur d'une relation plus apaisée, nourrissante.

C'est donc un album à thème, comme tu dis universel, mais qui reste fait de choses très personnelles …

Bertrand Betsch : Oui mais en même temps c'est fait de choses qui me tombent dessus, sans être réfléchies. Je crois beaucoup à l'inspiration, beaucoup plus qu'au travail. Donc j'écris comme un automate et c'est bien après que je perçois les tenants et aboutissants de ma chanson. Ce qui appartient à ma vie personnelle et ce qui est inventé ou fantasmé.

Par exemple il y a une chanson qui est très importante sur l'album qui est sur le thème de la grossesse, sur le fait d'avoir envie d'un enfant et moi bizarrement c'est quelque chose qui m'est étranger … et en même temps non…

J'ai toujours été fasciné par la grossesse, comment on faisait les enfants. Ce truc formidable de l'enfant qui grandit dans le ventre de la mère qui est nourri par la mère et qui sort par le sexe. Voir une femme allaiter, c'est un truc qui me met dans tous mes états mais en même temps, je ne veux pas le vivre car je ne voudrais surtout pas être père.

Une phrase de Cioran dit "Avoir commis tous les crimes sauf celui d'être père" et c'est vrai que dans le monde où l'on vit, je ne voudrais pas avoir un enfant. Mais c'est pourtant fascinant la reproduction, c'est comme un tour de magie. C'est une expérience que j'aurai aimé vivre mais dans les premiers moments. Après, élevé l'enfant, l'éducation, ça me fait chier à mort !

C'est bien ce que reflète la chanson …

Bertrand Betsch : Oui ! Au début, elle dit "J'ai joui en toi pour faire gonfler ce ventre là". Il y a toute une beauté dans le fait de donner ça à la femme, la possibilité d'être mère et puis à la fin il y a des paroles terribles qui disent "Faîtes qu'il ne me ressemble pas". C'est très déroutant car le début du texte n'annonce pas cela du tout.

Cette façon d'écrire, le ton "Betsch" que l'on retrouve au fil de tes disques un peu cynique, un peu décalé, on retrouve un peu de cela dans ce disque dans une moindre mesure.

Bertrand Betsch : il y a quand même moins d'humour, c'est assez premier degré je trouve. Mon écriture a quand même beaucoup évolué. Sur le premier album "La soupe à la grimace", l'écriture était très ciselée, très littéraire. Maintenant ce sont des phrases plus brutes, plus directes. Il y a vraiment une évolution je trouve. Et puis cet album est moins cynique que "L'important c'est de participer" (le troisième album) qui, lui, l'était beaucoup. "La Chaleur Humaine" est plus à fleur de peau. C'est une mise à nu, sans second degré, sans arrière pensée. Il n'y a pas plusieurs lectures possibles en fait.

"Au cinéma" est également une chanson premier degré ?

Bertrand Betsch : C'est une chanson qui a été faite dans l'émotion … C'est presque un manifeste pour moi parce que le troisième album était hyper produit et celui-là, chaque chanson a été enregistrée très vite et "Au cinéma" je l'ai écrite et composée en 10 minutes et je l'ai enregistrée 5 minutes après sur une seule piste et je me suis dit "Voilà, il n'y a rien à rajouter. Et cela me plait bien aussi.

En dehors des duos, tu es plutôt un travailleur solitaire ?

Bertrand Betsch : Oui, la moitié de l'album a été faite entièrement par moi. Texte, arrangements … En fait la plupart du temps je commence par enregistrer toute la chanson moi-même et ensuite j'ai un compagnon de longue date qui m'accompagne sur scène depuis 10 ans qui a réarrangé la moitié de l'album et qui a ajouté beaucoup de choses. Il y a en fait 2 étapes. D'abord en solitaire et ensuite avec d'éventuels collaborateurs.

Une fois le disque terminé, tu as eu du mal à le publier après ton départ de chez Labels ?

Bertrand Betsch : Il a été fini d'enregistrer en juillet 2006. Ca fait un moment mais c'est normal dans l'industrie du disque. Mais c'est vrai que j'aimerai écrire des chansons et les publier le lendemain.

Comme au temps des 45 tours ?

Bertrand Betsch : Oui, j'avais bien aimé le projet de Wedding Present (ndlr : projet intitulé Hit Parade, le groupe faisait paraître un 45 tours différent chaque mois avec une chanson originale et une reprise ainsi qu'un tshirt).

Je pense qu'il faut utiliser le net aussi pour ce genre de chose. Sur mon site bertrandbetsch.com je vais mettre tous les mois un inédit et une reprise. Cela permet de faire vivre le site et de publier aussi des choses que je ne serais pas amené à publier autrement.

Comment te sens-tu au sein de ce que l'on appelle la nouvelle scène de la chanson française ?

Bertrand Betsch : Comme un électron libre, un "outlaw", un franc-tireur. Je souffre un peu du fait d'être marginalisé. Même si maintenant je commence à rencontrer des gens pour qui mon premier album a été une sorte d'étincelle mais en termes de ventes et de visibilité, ça reste modeste et c'est un peu frustrant. D'autant plus que je considère mon travail accessible et développant des thèmes universels. Je ne comprends pas pourquoi je suis la dernière roue du carrosse.

On revient cependant vers des chanteurs qui ont une écriture qui se démarque de la scène actuelle, comme Florent Marchet par exemple …

Bertrand Betsch : … J'adore ce qu'il fait. Avec son nouvel album je suis sur le cul…Quand je suis arrivé sur la scène, il n’y avait pas grand monde en dehors de Dominique A et de Miossec. Maintenant il y a plein de groupes très intéressants. Mais malheureusement ceux qui sont vraiment intéressants sont ceux qui vendent le moins comme Polar, Florent Marchet, Bertrand Belin, Cyrz, Arman Meliès. Ils apportent vraiment quelques choses alors que ce sont les Benabar, Anais, Sanseverino et compagnie qui vendent le plus.

C'est un peu dommage car il se passe vraiment beaucoup de choses en ce moment mais on vend de moins en moins et puis il y a cette volonté des médias de ne parler que de gens qui vendent beaucoup. Même s’il n'y a pas que de la merde, par exemple j'aime bien Raphaël, il fait des choses qui me touchent même si beaucoup de gens ne l'aiment pas.

Tu fais partie de ces gens qui soignent leurs textes, mêmes si tu dis avoir évolué vers une écriture plus directe et moins littéraire…

Bertrand Betsch : Oui mais ca dépend. D'ailleurs il y a même un texte que je n'ai pas osé mettre dans le livret. "J'aime bien 2". C'est en fait une improvisation, j'ai joué vaguement des trucs au clavier et puis j'ai ajouté des percussions et ensuite j'ai improvisé le texte qui est stupide mais assez rigolo, plein de dérision et je m'écarte un peu de ma veine très "auteuriste". Je trouve le résultat frais, spontané et ludique.

C'est quelque chose vers lequel tu veux aller désormais ?

Bertrand Betsch : Non car le prochain album que je suis en train de terminer sera très écrit. Plus écrit que celui-là. Plus ambitieux au niveau des thèmes et de l'écriture.

Il ne faudrait pas qu'il sorte dans 7 ans comme pour le troisième …

Bertrand Betsch : c'est un peu le problème (rires). En tout cas, ce sera plus conceptuel (j'espère d'ailleurs que cela passera au niveau du label).

En revisitant le format chansons ?

Bertrand Betsch : Non je reste très attaché au format chanson.

Dernière question, si tu devais donner un album de ta discothèque à ton meilleur ami et tu ne reverras plus par la suite, ni ton ami ni ton album… quel album choisirais tu ?

Bertrand Betsch : "Not on Top" de Herman Dune.

 

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# 1er décembre 2019 : On prépare les cadeaux

On n'a jamais été aussi proche de Noël !! une raison comme une autre pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres en (s')offrant quelques belles choses à découvrir dans notre sélection culturelle de la semaine. Des disques, des livres, des jeux, des expos, des films, des spectacles... à découvrir ci-dessous.

Du côté de la musique :

"D'où vient le nord" de Francoeur
"Other side effects" de Lion Says
"Black Cofvefe" 5eme volume des mixes en podcast de Listen in Bed
"Santa Maria Remix" de Carmen Maria Vega
"Paganini, Schubert" de Vilde Frang & Michail Lifits
"I don't want to play the victim, But i'm really good at it" de Love Fame Tragedy
"Little ghost" de Moonchild
"Los Angeles" de Octave Noire
"A blemish in the great light" de Half Moon Run
"Older" de Quintana Dead Blues eXperience
"C'est pas des manières" de The Glossy Sisters
"Zimmer" de Zimmer
et toujours:
"Ravel : Miroirs, la valse" et "Stravinsky : Petrushka, The firebird" de Beatrice Rana
"Les mauvais tempéraments" de Christophe Panzani
Rencontre avec Lau Ngama, autour d'une session acoustique de 3 titres
Listen In Bed consacre sa 5ème émission au fabuleux groupe Broadcast
Rencontre avec Ultra Vomit
"Pulsions" de Duo Ypsilon
"The deepest space of now" de Enik
"Malsamaj" de Geysir
"Poussière" de Grèn Sémé
"Love and chaos" de Igor and the Hippie Land
"Dark shade" de Match

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Des territoires (...et tout sera pardonné ?)" au Théâtre de la Bastille
"Trois femmes (L'Echappée)" au Théâtre Le Lucernaire
"Le paradoxe amoureux" au Théâtre Le Lucernaire
"Evita - Le destin fou d'Eva Peron" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"War Horse" à la Seine Musicale
dans le cadre du Focus au Théâtre Ouvert :
"La plus précieuse des marchandises"
"Une Pierre"
des reprises :
"L"Atlas de l'Anthropocène" à la Maison des Métallos
"Vestiges - Fureur" au Lavoir Moderne Parisien
"Britney's Dream" au Théâtre La Flèche
"Roméo et Julierre" à la Scène parisienne
"Ma grammaire fait du vélo" au Théâtre Essaion
"Gauthier Fourcade - Le bonheur est à l'intérieur de l'extérieur" à la Manufacture des Abbesses
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en décembre

Expositions avec :

"Luca Giordano - Le triomphe de la peinture napolitaine" au Petit Palais

Cinéma avec :

Oldies but Goodies avec "Institut Benjamenta" de Timothy et Stephen Quay
et la chronique des films sortis en novembre

Lecture avec :

"Le chant du bouc" de Carmen Maria Vega
"La tempête qui vient" de James Ellroy
"Le crime de Blacourt" de Daphné Guillemette
"Pas de répit pour la reine" de Frédéric Lenormand
"Stalingrad" de Antony Beevor
"Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout" de Alice Munro
et toujours :
"Cauchemar" de Paul Cleave
"La grande aventure de l'égyptologie" de Robert Solé
"La ligne de sang" de DOA & Stéphane Douay
"Matière noire" de Ivan Zinberg
"Que les ombres passent aux aveux" de Cédric Lalaury

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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