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Interview  (Printemps de Bourges 2007)  avril 2007

Vous allez jouer cette après-midi en plein air gratuitement à Bourges, pas trop d’appréhensions ?

Florent Marchet : Si à priori, toutes les conditions que je déteste ! C’est bien de le faire, on va faire d’autres festivals. J’aime pas ce mot, mais c’est ce qu’on appelle un exercice, un exercice de style, c’est vrai que à priori, je n’avais pas forcement de velléités de chanteur, comme interprète, d’être sur scène.

J’aime jouer de la musique en public, mais c’est vrai que j’ai un coté un petit peu…, j’aime bien l’inconfort pour le faire sinon je préfère être en studio, écrire, composer ça reste la chose primordiale pour moi, après souffrir sur scène avec des retours un peu difficiles et un public qui n’est pas forcement là pour écouter de la musique, mais pour passer un bon moment, enfin je ne dis pas que les gens passent un mauvais moment avec moi obligatoirement mais c’est moins facile. Après j’ai moins d’appréhensions qu’il y a encore un an ou deux.

Aujourd’hui j’ai appris à prendre du plaisir égoïstement sur scène et à me dire que cela avait un intérêt aussi dans mon travail d’interprète. A savoir accepter les imperfections de l’instantané, d’un concert c’est se rapprocher aussi d’une justesse de jeu. On fait beaucoup plus appel au corps qu’à l’esprit. En studio, on a tendance à faire plein de fois sa partie, à réfléchir et on perd en spontanéité finalement. On perd sa fameuse justesse d’expression, pour avoir d’avantage de justesse de voix aux notes mais qui n’est pas forcément intéressante.

On s’en rend compte après-coup. En studio, on a tendance à gommer et c’est pour cela qu’on a souvent des choses qui sont un petit peu plus aseptisées parce que on les recommence plein de fois en se disant que l’on veut tendre à la perfection, ce qui est normal et encore un fois une phrase que je n’aime pas : "le mieux est l’ennemi du bien" mais cela se vérifie pourtant pour le studio. Donc c’est bien, une piqûre de rappel comme ça, sur scène où on se dit que ce qui compte c’est l’investissement corporel, de s’oublier. Monter sur scène, c’est l’inverse du narcissisme finalement, parce que c’est s’oublier soi même. Si on se regarde jouer, sûr on est à côté.

C’est votre premier concert en plein air ?

Florent Marchet : A non, j’en ai fait beaucoup sur la première tournée, avec un set qui était beaucoup plus rock, c’était différent. C’était plus évident, oui parce que là, j’ai envie de faire une musique de… pas de salon… mais quelque chose de plus confortable avec des instruments très acoustiques. Voilà c’est une période de ma vie où j’ai envie de cela, cela sera peut-être différent au prochain album mais pour l’instant c’est ça.

Sur la première tournée il y avait "Les Vieilles Charrues" des concerts comme ça en plein air, où ce n’était pas désagréable, mais je me suis dit que décidément je n’étais peut-être pas un showman et que finalement s’adresser à une foule de 15000 personnes, fallait être un brin mégalo pour que cela puisse passer. Faut avoir la capacité physique d’avaler tout le public, ce qui n’est pas mon cas, j’ai l’estomac trop petit.

Paradoxalement, il y a certains artistes, comme Miossec par exemple qui apparaît beaucoup plus mal à l’aise dans une petite salle que devant une grande foule…

Florent Marchet : Oui, le coté foule, parfois il y a un coté vraiment impersonnel. En fait je suis à l’aise quand j’arrive à établir une proximité avec les gens… Jouer devant 20 personnes, c’est la chose la plus agréable qui soit, je me méfie tellement des phénomènes de masse, ça me fait peur, ça me fait penser à des choses beaucoup plus grave que la musique (rires), c’est horrible ce que je vais dire mais je crois qu’une foule n’est pas intelligente. Quant on est dans un théâtre de 200 ou même de 800 places, ça reste cohérent.

C’est vrai que je n’ai pas forcément une musique qui "détend" qui "anime" je ne suis pas forcément "pro-paradis" obligatoire, j’ai des choses à raconter qui sont un peu plus rugueuses parfois. Ce n’est pas forcement facile d’exprimer ces choses sombres, mélancoliques, à un public qui est venu se détendre par un après-midi de printemps comme aujourd’hui, ensoleillé, avec les enfants, les merguez… Après je trouve cela bien, moi aussi je prends plaisir à me promener dans les rues, à regarder des concerts…

Mais ce n’est pas la même approche que quand je vais voir Seb Martel ou Shannon Wright à l’auditorium où je suis totalement immergé dans la musique et dévoué à la musique pendant 1 heure à 2 heures. Quant on est dans la rue c’est une approche différente, il n’y en a pas une qui est mieux que l’autre. Il se trouve que la musique que je fais, les chansons que j’écris ne sont a priori pas tellement taillées pour ce genre de situation. Donc c’est toujours un peu surprenant et sachant aussi que j’ai monté un spectacle, je n’ai pas peur du mot "spectacle" qui est parfois un petit peu déprécié, mais où l’on a de la vidéo, où l’on a une trame romanesque qui respecte vraiment l’album, et que là c’est un peu plus difficile pour moi.

Et j’aime le rôle de conteur, de narrateur, essayer d’installer une sorte de complicité avec le public et je crois que sur des endroits en plein air je ne sais pas le faire. Je crois surtout que je n’ai pas envie d’apprendre. On ne peut pas être attiré par tout en fait c’est une question de désir, j’aime être dans un théâtre, me sentir bien avec un public, après les grandes scènes, les grands stades je pense que je ne le ferai jamais, pour le moment en tout cas.

Depuis le 1er concert de cette tournée à Argenton sur Creuse, est-ce que cela a évolué, vous avez changé des choses… ?

Florent Marchet : Oui, j’ai commencé au fur et à mesure à trouver mon personnage en fait, je dis vraiment "personnage" parce que sur scène c’est différent de la vie, comme dans les chansons, ce n’est pas exactement moi, c’est une façon de rendre un discours, de tendre vers quelque chose d’universel et pas de raconter sa petite histoire privée qui n’a d’intérêt que pour ses proches. Ce sont des concentrés d’émotions, et d’arriver à les retranscrire en se servant des choses que l’on peut voir dans des films, dans les livres, chez des amis, chez soi, aussi on est un genre de "filtre".

Je me suis aperçu que je me souvenais très peu des films et des livres que je pouvais voir, c’est plus des impressions très, très fortes que je pouvais avoir et j’ai eu donc besoin de créer une sorte de personnage sur scène, je dois encore apprendre, faut encore des dates pour que cela se rode. Mais à chaque date, je sent qu’on franchi un cap, je suis peu être un petit peu défaitiste mais je me dis que tout à l’heure, je ne vais pas forcement apprendre grand-chose sur mon personnage, parce que je vais devoir endosser une autre panoplie en plein air, en fait plus on en parle plus la pression monte ! (Rires)

La tournée a bien démarrée, le public est présent…

Florent Marchet : C’est la première fois que je sens que cela parle aux gens, j’arrive à raconter une histoire. C’est difficile parce que entre écrire une chanson et après arriver à être le bon interprète de ses chansons, il y a un pas. Moi je ne pense pas être le meilleur interprète pour mes chansons, je pense qu’il y a d’autres personnes qui le feraient mieux que moi, après j’essaye de quand même pas trop les massacrer et que le public puisse rentrer dans mes histoires et ce n’est pas forcement facile, c’est l’interprète, le narrateur qui est vraiment la clé des histoires. Je pense que l’on peut avoir des textes extrêmement denses et obscurs et faire passer quelque chose si l’on a un très bon interprète. Je ne le suis pas encore, il y a des gens qui sont très fort pour cela.

Vous avez fait des ateliers d’écritures, l’écriture, cela semble important pour vous, quels sont vos projets ?

Florent Marchet : Oui, dans un lycée, dans les Deux-Sèvres à Chef-Boutonne. J’ai toujours écrit, c’est quelque chose de très important pour moi, comme l’écriture musicale, pour moi c’est un peu la même chose, on raconte les choses avec des outils différents mais il n’y a pas beaucoup de différences entre écrire sur une feuille et faire de la musique.

En fait j’ai envie de continuer les deux de front mais de développer aussi l’écriture, pas seulement l’écriture de textes ou de chansons. C’est vrai que ce n’est pas évident d’écrire uniquement pour soi, d’être le seul interprète de ses chansons, c’est un peu frustrant. Et là je vais être sur l’écriture d’un livre avec Arnaud Catherine, on écrit un livre à quatre mains. Puis après on le mettra en musique pour faire une sorte de lecture musicale en plus du livre, il y aura en supplément un CD qui devrait sortir je pense en début 2008.

Donc ça d’une part, il y a peut-être des projets de musique de film, ça, c’est quelque chose qui me plait beaucoup et puis à coté je pense déjà au prochain album. Voilà je vais avancer : faire de la musique, écrire… Quand les deux se rencontrent ça donne des chansons, les deux ne se rencontreront pas obligatoirement, j’ai envie aussi de faire des instrumentaux, c’est quelque chose qui me plait également.

Pour le prochain album, vous n’allez peut-être pas partir forcément dans le même contexte ?

Florent Marchet : Cela va être très différent, là je commence à avoir des débuts de pistes, et je me dis "Ouh lala, je me découvre !" Je ne suis pas un bosseur comme ces gens qui bossent parfois sans désir juste pour le plaisir de bosser de manière assez masochiste, moi j’ai besoin qu’il y ait un vrai désir et cela va même plus loin : je vais lire des livres, voir des films etc… que si j’ai un intérêt direct, que si cela sert directement à ma création.

Cela ne veut pas dire que je suis complètement renfermé, j’ai des périodes en ce moment où je vais écouter des musiques africaines par exemple ou des choses comme cela parce que cela me sert, des sons que j’ai envie de découvrir. Pareil, j’oriente mes lectures en fonction des thèmes que je suis en train d’aborder, il y a parfois des bouquins passionnants qu’on me conseille, je dis "non", parce qu’en ce moment, je ne suis pas du tout dans cette idée là, ou dans cette ambiance là, cela ne va pas me servir directement. J’aimerais bien savoir comment les autres lisent (Rires), moi j’oriente constamment en fonction des mes désirs, de ce qui va me servir pour la création.

On vous vous a aperçut à beaucoup de concerts pendant ce printemps de Bourges, vos coups de cœur ?

Florent Marchet : J’ai pris un énorme plaisir à revoir Seb Martel, j’ai trouvé son spectacle absolument fabuleux, J’ai également beaucoup aimé Shannon Wright, j’ai été content de revoir Herman Düne même si je les ai trouvés un tout petit peu fatigués. Peter Von Poehl aussi très, très bien, Joan as Police Woman une belle découverte. Beau printemps, il a fait un temps magnifique !

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Florent Marchet
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Le Myspace de Florent Marchet
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