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The National - Leonard Cohen - Morente Omega con Lagartija Nick - Richard Hawley - Justice - Morrissey - Supermayer - Yelle - Siouxsie - Vive la Fête  (Benicàssim, province de Castellón)  dimanche 20 juillet 2008

Aujourd'hui dimanche ! Quatrième et dernier jour de fiesta.

Pour marquer le coup, grosse soirée en perspective avec pas moins de 11 concerts à couvrir sur notre planning dont trois groupes français (chauvinisme oblige).

On déboule sur le site à 18H30. The National débute sur la Fiberfib dans 10 minutes et Manu tient à être aux premières loges pour assister à l'évènement. C'est  selon ses dires LE groupe qu'il ne veut absolument pas rater. Apparemment, il n'est pas le seul, la foule est compacte et s'impatiente, ça piétine, ça piaffe et évidemment, ça fume et ça boit. Le concert commence sous les applaudissements et les lasers. De nombreux sons sont au rendez-vous… Je ne sais si ce sont les guitare, violon, trompette, batterie ou le chanteur qui nous charme de la sorte mais c'est efficace. La voix et belle et rauque, les rythmes lancinants. Le concert débute sur "Secret Meeting", l’excellent morceau d’ouverture de l’album Alligator. Pas d’improvisation, le morceau est parfaitement calibré et n’est pas modifié d’un iota par rapport à l’enregistrement studio. D’ailleurs, tous les morceaux joués en concert seront calqués sur le même principe.

Si vous aimez leurs enregistrements studio, vous ne serez pas du tout dépaysé, ils les jouent fidèlement. Etonnant de voir le chanteur Matt Berninger sur scène. Sa voix imposante et profonde à la Nick Cave sort d’un homme comme intimidé par la foule le regardant. Il fuit les regards des premiers rangs, comme gêné d’être ainsi aux premières loges.

Le concert est parfaitement orchestré.  Le public de connaisseur est aux anges et les fans chantent à tue-tête. C’est le premier rappel auquel j’assiste. L’album Alligator retient les faveurs du groupe de New York et c’est "Mr November" qui vient clôturer leur show.

Beaucoup de filles dans l'assistance, énormément de nanas sur le festival de toute façon, sacré terrain de chasse pour tout célibataire qui se respecte...

D'autant plus qu'elles sont toutes mignonnes, courtement vêtues et que les plus jolies se déplacent en meute compacte de célibataires. Enfin bref, trêve de rêverie messieurs, dames, fallait être des nôtres !

Il est 20h, et c'est notre première scène principale de la journée. Que de changements ! Le site est plein à craquer, le public beaucoup plus "mûr" (oui oui, on va dire ça comme ça) et les papis mamies bien souvent accompagnés des petits enfants (la culture, ça se partage !).

On annonce Leonard Cohen en approche. C'est donc ça ! Un artiste qui traverse les temps et les modes. Monsieur Cohen flirt allègrement avec les 74 printemps. Il s'avance sur scène… Quelle classe ! Trois choristes s'installent à ses cotés, et là, LA voix s'élève. L'oreille est aussitôt attentive, le respect s'impose…

Un vrai crooner. Flûte, harmonica, batterie, clavier, saxo, basse… Viennent percuter nos oreilles. 14 ans que ce grand monsieur n'était pas revenu en Europe, et son retour est triomphalement célébré, un site plein à craquer oui, mais les montagnes alentour aussi ! Il y a du monde aux balcons ! Une heure plus tard, le chanteur poète laissera place nette ainsi qu'un public conquis.

Et c'est la formation Morente Omega con Lagartija Nick qui sera en charge de lui succéder, pas facile !

Ce nom ne me dit rien, et c'est avec étonnement que je découvre 10 bonshommes de tout âge se mettre à chanter des airs gitans en faisant des claquettes.

Ma première idée est que s'ils font ça durant l'heure et demi qui leur est consacrée, ils vont être beaucoup moins frais à la sortie.

Les solos de danse type flamenco s'enchaînent au centre du cercle formé par la troupe sur les chants tziganes. La foule s'éparpille un peu, mais étonnamment beaucoup de jeunes restent dans les rangs et s'éclatent sur ce style. (Après tout, nous sommes en Espagne.)

Bref, la tectonique est remisée au placard ! Les artistes de la troupe qui ne dansent pas ou ne chantent pas s'occupent des percussions. Elles sont littéralement "faites mains" (et pieds). Le groupe de Flamenco a d’ailleurs su s’adapter à son époque puisqu’il reprendra des tubes comme "Allelujah" de Leonard Cohen à la sauce espagnole. Le début de concert, parfaitement traditionnel contraste avec une fin vraiment rock jouée avec des guitaristes saturées et une batterie. Bon personnellement, un petit peu ça va, mais je suis vite gavée.

Paf, fuite vers la Vodafone qui nous propose Richard Hawley à 22h.

Déjà sur scène, on profite des sons doux des basse, batterie, guitare et violoncelle. On dirait presque une berceuse. Le chanteur est un lover à la Elvis…

Et bizarrement, je suis soudain "saisie" : mais pourquoi ai-je l'impression d'écouter un générique d'AB production ? Ouh laaaa, mes années "Hélène et les garçons" sont passées depuis longtemps, je ne mange plus de ce pain là.

Tiens, en parlant de pain, un petit hot dog, ça me dit bien. On a le temps, Justice ne débute sur la Fiberfib qu'à 23h.

Justice va commencer, on se dirige vers la scène appropriée. (Tiens… Morente n'a toujours pas lâché l’Escenario Verde…)

Arrivée à la Fiberfib, Justice s'installe. Le public brandit des croix improvisées de verres en plastique ou de bouées gonflables en forme de baguettes certainement vendues sur un stand pas loin de là.

Le groupe est apparemment connu et attendu puisqu'aux premières notes, une énorme croix lumineuse apparaît sur le grand écran. Les foules dansent comme des damnés, on se croirait revenu à la grande époque de "thriller" de Mickael Jackson.

On ne voit pas grand-chose sur scène parce que d'énorme baffes, caissons, amplis (appelez ça comme vous voulez) s'élèvent sur scène cachant les musiciens, mais l'ambiance, elle, est là et elle est d'outre-tombe !

Le noir et blanc bleuté domine, bientôt la fumée nous submerge. Les corps s'agglutinent, trempés. Dans la faune remuante, on trouve de tout, de la petite nana proprette (quoiqu'à cette heure…) au punk décoloré… Enorme concert des français !

Une fois n'est pas coutume, on n’aura pas le temps de voir la fin puisque la scène verte nous propose Morrissey. On se met en branle pour finalement constater que Morente nous a fait plus que du rab…

Et voilà, premier gros décalage au niveau du planning… Bon bah on va patienter.

45 minutes plus tard… Un grand écran s'élève enfin en fond de scène, il diffuse d'anciennes vidéos de twist et de vieux clips pour finir sur des photos de Morrissey dans son jeune temps.

Ohhh, excellent, le concert débute et on nous sert une intro pré-enregistrée ! Aurons-nous droit à un live ? Apparemment oui. Patrick Morrissey empoigne le micro et joue à Indiana Jones en prenant le fil pour un lasso.

Il met le paquet pour rallier le public à sa cause : tous les musiciens sont torses nus. Pat garde la chemise mais finit rapidement en nage.

Contre toute attente, je laisse traîner l'oreille et trouve ça pas mal du tout, d'ailleurs le parterre devant la scène est plein à craquer.

Trompette, batterie, basse et grattes s'accordent pour me faire découvrir une variète plutôt sympatoche.

Le chanteur nous gratifie d'un petit speech pro-végétarien : "la cruauté n'est pas morte à Benicàssim puisque les stands du site se permettent de vendre de la viande : ils vendent de la mort !" (sales carnivores que nous sommes, honte sur nous). Je passe sur les états d'âme de l'artiste pour me concentrer sur le prochain concert à venir sur la Fiberfib.

A 00h30, Supermayer envahit la scène. Les écrans affichent : "Supermayer save the world". Ah ouais, quand même… Très peu de monde dans l'assistance, faut croire que les supers héros ne sont plus à la mode, d'ailleurs je ne ferais que passer. Yelle se prépare non loin de là, il me faut soutenir la France !

01H00, la voilà qui entre en piste sur la Vodafone, je suis juste devant la scène et je n'entends rien d'autre que les aiguës, déception.

Étonnamment, il y a pas mal de monde pour une française.

Elle se défonce sur scène et les mâles (nombreux) de l'assistance semblent fortement apprécier son minois coquin et les formes aguichantes que ses fringues excentriques (bleu blanc rouge s'il vous plait) laissent deviner.

Manu étant dans la fosse, il profite tout autrement du concert (musicalement parlant en tout cas), je le laisse raconter l'expérience depuis son emplacement stratégique.

Je ne connais Yelle qu’au travers du tubissime (je plaisante bien sûr) "Parle à ma main". Je me demandais donc ce que pouvait donner la belle sur scène. Très bonne surprise pour moi. Les mélodies pop et les paroles acidulées sont vraiment sympas et le choix d’avoir un batteur sur scène plutôt qu’une pauvre boîte à rythme anime l’ensemble.

Yelle saute, sourit, tire la langue, relève son long pull avec un regard coquin. Bref, tous les coups de séduction sont utilisés. Le concert est vraiment fun et le premier rang hurle pendant les chansons.J’ai d’ailleurs été étonné d’entendre un morceau de Yelle pendant un changement de scène, preuve que la demoiselle commence à faire son trou sur le marché espagnol.

Hélas, Siouxsie nous appelle et nous devrons quitter, à regret, le chapiteau. "Grâce" au zèle de Morente, le planning de la scène principale est retardé ce qui nous permet de rester plus longtemps pour profiter de la française.

On écourtera toutefois sa prestation pour se diriger vers l'Escenado Verde sur les coups de 02H00 : Siouxsie malgré le retard est fidèle au poste.

De grands rideaux gris métallisés sont installés, la chanteuse se présente grimée en robot.

Elle entreprend une danse qui se veut sensuelle. Elle en a la plastique (madame est bien conservée) et pourtant, ça ne le fait pas du tout.

Comparé à la chanteuse de Krakovia, ça frise même ici le ridicule et  pour ne pas arranger la prestation, le son se noie en un pitoyable borborygme. En guise de jeu de scène, Siouxsie s'empare du fil du micro qu'elle semble prendre pour une corde à sauter.

Elle enchaîne les chansons en poussant des cris étranges pour servir de transition, on s'en passerait bien. Je crois bien qu'elle décroche le pompon en voulant prouver qu'à 50 ans passés, elle n'a rien perdu de sa souplesse : elle s'empare de sa jambe et la lève en Y. Ouahhhhh… Ridicule.

Me voilà convaincue qu'il est grand temps d'aller au lit et cette fois-ci, j'emporte mon homme avec moi.

Et voilà, le festival prend fin pour nous sur cette note. On aurait bien poussé jusqu'au groupe suivant (Vive la fête, des français s'il vous plait) mais la fatigue est trop forte. Pour les fétards qui veulent en profiter jusqu'au bout, le FIB se poursuivra jusqu'à 08h du matin. Et si jamais vous vouliez ramener un petit souvenir chez vous, des stands de vêtements et produits dérivés se chargeront de vous délester des quelques euros qui alourdissent encore votre bourse.

Bienheureuse d'avoir participé à l'évènement, j'ai ainsi pu découvrir de nombreux groupes bien sympas ainsi que quelques coups de cœur, notamment Sigur Rós, The National, The Brian Jonestown Massacre, Justice ou encore Yelle et Mika. Bien qu’éclectiques, les concerts ne proposent pas réellement de grosse affiche. Personnellement, ce n’est pas Morrissey (tout en sachant que Monsieur peut annuler un  concert au dernier moment) qui m’aurait fait venir et encore moins Siouxsie.

Le festival est cependant parfaitement organisé et nous tenons à remercier toute l’équipe pour ces quatre jours de concerts. Les 150.000 spectateurs sur 4 jours prouvent néanmoins que l’affiche était attirante. Par contre, attention à la prochaine édition si les affiches ne sont pas à la hauteur…

 

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En savoir plus :
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Crédits photos : ManuD (retrouvez toute la série sur Taste of Indie)


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