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Interwiew  (Paris)  8 juillet 2008

A l'occasion de la sortie de leur dernier album The Hawk is Howling, Mogwai, en l'occurrence Barry Burns, nous accorde un entretien, prouvant que les écossais ne manquent ni de talent ni d'humour.

Tout d’abord, quel a été l’impact de la réédition de Young Team ?

Barry Burns : La première chose est que cela nous a obligés à répéter tous ces morceaux. Nous répétons d’ailleurs demain, après-demain et encore la semaine prochaine (ndlr : interview réalisée le 8 juillet). Cela fait des années que nous ne les avons pas jouées et je n’étais pas encore dans le groupe à cette époque, je l’ai rejoint juste après. Cela va être assez difficile, je pense, car nous sommes très occupés par la sortie de The Hawk is Howling, c’est la folie. Je pense que tout ira bien quand même, mais nous ne voulons décevoir personne.

Est-ce que cette réédition a apporté des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas ?

Barry Burns : Cela nous a fait réaliser que l’album était sorti il y a dix ans, donc que nous n’étions plus tout jeunes ! Enfin, ça me plait d’avoir la trentaine, je n’ai pas aimé avoir vingt ans. C’est quand même formidable d’être dans un groupe depuis 10 ans, ça apporte plein de sagesse ! (rires)

Vous allez jouer Young Team en Espagne. Aucune autre date prévue ?

Barry Burns : Non aucune. Ces concerts nous rapportent déjà assez ! Cela nous laisse le choix d’aller dans des plus petits festivals ou même de ne pas avoir peur d’enregistrer un album qui ne marcherait peut-être pas. Une partie de l’argent sera investie dans Rock Action Records aussi.

Pas de plan pour jouer l’intégralité de chaque album comme d’autres groupes font ?

Barry Burns : Ca serait impossible à part pour Young Team et notre dernier, The Hawk is Howling. Les autres sont remplis de cordes… Cela coûterait trop cher.

Parlons maintenant de ce nouvel album. Le précédent, Mr Beast, était presque un disque pop…

Barry Burns : Pourtant, on ne l’entendait pas à la radio ! (rires)

Il y avait des chansons plus courtes, plus au format radio, avec du chant. Happy Songs For Happy People était l’album calme et là, on retrouve des chansons plus rythmées, plus lourdes comme à vos débuts, moins dépressives ! Dans quel état d’esprit étiez-vous pendant la composition et l’enregistrement de cet album ?

Barry Burns : Nous avons changé de producteur. En fait, nous n’en avions pas vraiment, enfin nous avions Andy Miller qui a enregistré une ou deux chansons de Young Team. C’était un petit retour aux sources. C’était aussi la fin d’une ère avec Tony (Doogan), car nous avions l’impression de stagner. Le disque a ensuite été mixé par Garth Jones avec qui nous n’avions jamais travaillé. D’ailleurs, c’est la première fois que nous sollicitons deux personnes différentes pour l’enregistrement et le mixage. L’atmosphère était très positive, chacun d’entre nous avait beaucoup d’idées. C’est ce qui nous a manqué pour Mr Beast, voilà peut-être une raison pour expliquer la plus courte durée des chansons.

Comme si vous étiez à la fin d’un cycle ?

Barry Burns : Oui voilà, une sorte de métamorphose. Tout le monde était dans un bon état d’esprit. Je savais que nous étions en train de faire un bon album car nous nous amusions.

Pourquoi avoir enlevé la voix ?

Barry Burns : A vrai dire, nous n’ajoutons une ou plusieurs voix que si, à la fin de la composition, nous sentons que le morceau ne tient pas la route ou qu’il n’a pas de mélodie (rires). De toute façon, nous n’avons pas de message alors nos paroles ne veulent jamais dire grand-chose !

Alors tout ce temps, la voix ne servait qu’à compenser un manque de créativité musicale (rires) ?

Barry Burns : Oui, c’est exactement ça ! C’était juste pour ajouter une couche, un autre instrument. Par contre, nos paroles sont terribles…C’est tellement peu important pour nous !

Combien de temps a pris tout ce processus ?

Barry Burns : Cela n’a pris que trois semaines d’enregistrement et deux semaines de mixage, alors que Mr Beast nous a pris presque un an. C’est aussi pour ça que je préfère The Hawk is Howling, il est plus intéressant, chaque chanson est assez différente des autres.

Différentes mais assez égales au final, chacune aussi puissante que l’autre.

Barry Burns : Oui, je suis assez d’accord. Dans Mr Beast, il y avait une chanson, puis une autre, etc. Rien ne semblait naturel. Contrairement à The Hawk is Howling.

Tout était-il planifié pour le studio ou avez-vous laissé de la place pour l’improvisation ?

Barry Burns : Rien du tout ! C’est toujours une sorte de roulette russe car nous ne savons jamais ce qui va se passer.

On s’attendrait plutôt à ce qu’un groupe comme Mogwai ait un planning bien défini, vu la complexité des morceaux.

Barry Burns : Nous écrivons de la façon suivante : l’un d’entre nous a une idée et les autres tentent de l’accompagner jusqu’à ce que cela donne quelque chose de bien, puis nous enregistrons. Les morceaux évoluent tout au long de l’enregistrement et, jusqu’au dernier moment, il est impossible de savoir ce que nous allons avoir au final. C’est un peu effrayant !

Quand avez-vous commencé la composition de cet album ?

Barry Burns : Juste après nos derniers concerts de 2007. Nous avons enregistré pendant trois semaines avec Tony Doogan mais rien de bon n’en est ressorti. Ca ne fonctionnait pas.

A cause des chansons ou du producteur ?

Barry Burns : Les chansons. Nous avons quand même gardé Local Authority (ndlr : il vérifie le nom sur le dossier de presse dans lequel les titres sont traduits en français), ça sonne d’ailleurs mieux en français "Autorité Locale" ! (ndlr : il commence à lire les autres titres). Je suis Jim Morrison je suis morte ! (rires)

En parlant de ça, votre biographie est écrite par Ian Rankin, le plus célèbre des auteurs de polars écossais.

Barry Burns : C’est assez classe ! Je sais que c’est un grand fan de Mogwai mais je n’ai jamais lu aucun de ses livres. Je ne suis pas très friand de polars.

L’artwork de l’album est spécial… Pourquoi cet aigle ?

Barry Burns : C’est une histoire assez marrante, nous avions le titre de l’album et nous avons demandé à Aidan Moffat d’Arab Strap de faire notre pochette. Il a cherché "aigle" sur ebay et il est tombé sur cette peinture chinoise d’aigle. C’était tellement moche que nous l’avons choisie comme pochette. Nous avons tellement tenté de saboter notre carrière avec des pochettes mauvaises qu’une de plus ou de moins… (rires)

Comme les titres des chansons !

Barry Burns : Exactement !

Pourquoi l’aigle d’ailleurs ?

Barry Burns : Parce que c’est nul, ridicule et moche ! De tout façon, les gens l’achèteront ou le téléchargeront quand même. Je ne suis jamais rentré dans un magasin de disques en me disant : "je n’aime pas la pochette, je ne l’achète pas". Je le fais pour les livres, par contre.

Et les titres bizarres, ça fait très longtemps que ça dure !

Barry Burns : Il faut bien leur donner un nom ! Appeler les chansons 1, 2 ou 3 fait assez prétentieux, je trouve (ndlr : il regarde le dossier de presse et commence à relire les titres des chansons traduits en français). J’adore "Autorité Locale" (ndlr : Local Authority) ! Cela sonne mieux en français.

Ca ne veut pas dire grand-chose en français non plus !

Barry Burns : Bien ! La Honte de l’Ecosse (Scotland’s Shame) !

Pourquoi ce titre? Vous êtes une des fiertés de l’Ecosse !

Barry Burns : Cela se réfère à l’équipe des Glasgow Rangers que nous détestons, ou plutôt leurs supporters. Ils sont allés à Barcelone pour un match et ont tout détruit. Comme je suis un fan des Celtics, j’ai décrété qu’ils étaient la honte de l’Ecosse !

Cela fait maintenant dix ans que vous existez, vous avez influencé de nombreux groupes. Des exemples ? Des anecdotes ?

Barry Burns : James Holden, qui fait de la musique electro et des remixes. Je lui ai écrit pour qu’il remixe "The Suns Smells Too Loud" et je ne savais pas s’il nous connaissait. Il s’est avéré que si et qu’il était un grand fan de Mogwai. Il nous a dit : "Ca ne s’entend pas dans ma musique ?" et j’ai répondu non ! (rires)

Vous sortez un EP début septembre. Comment avez-vous fait la connaissance de Roky Erickson ?

Barry Burns : C’est très étrange, en fait. Stuart et moi avons toujours été des grands fans de 13th Floor Elevators et Stuart a rencontré le frère de Roky un jour et lui a expliqué combien nous l’aimions. A cette époque, Roky sortait de prison ou de l’hôpital psychiatrique, je ne sais plus exactement (rires). Mon dieu, c’était tellement bizarre. Nous l’avons rencontré à Austin au Texas dans notre loge. Son frère nous l’a présenté et John du groupe lui a dit : "Bonjour comment ça va ?"
Et lui : "Je suis Roky Erickson".
John : "Non non, comment ça va ?"
"Je suis Roky  Erickson".
Et ça a continué pendant cinq minutes ! C’était très embarrassant ! Après ça, il nous a envoyé des morceaux qui n’étaient pas très bons, puis il en a composé d’autres. C’était une expérience très étrange.

C’est peut-être l’une des dernières choses que l’on pouvait attendre de Mogwai !

Barry Burns : C’est sûr ! La chanson est bonne mais très bizarre. Le patron de Matador, notre label aux Etats-Unis, l’adore mais je ne sais pas vraiment ce que vont en penser les gens.

C’est vous qui avez proposé cette collaboration ?

Barry Burns : Oui oui, je ne suis pas sûr que Roky puisse faire lui-même ses lacets, alors proposer une collaboration… Il est assez cinglé !

Le referiez-vous avec un autre chanteur ?

Barry Burns : Cela dépend de la chanson. S’il manque quelque chose, pourquoi pas. En fait, Stuart a écrit la chanson, il aurait tout aussi pu la chanter, mais Roky est un vrai héros pour lui.

Pour reparler du foot, est-ce que le film Zidane vous a aidé en quelque manière que ce soit ?

Barry Burns : C’était une très bonne expérience car le film était très bon. Je suis allé le voir au cinéma avec ma femme qui est artiste et elle a trouvé le cadrage et les lumières très bons. Mais cela passe beaucoup moins bien à la télé !

Pour finir, il y a chez nous la question traditionnelle du "Définis ta musique en trois mots". Stuart y avait répondu il y a trois ans. On va voir si vous répondez pareil !

Barry Burns : Pitoyable, dynamique et instrumentale. Il avait dit quoi ?

Pas si mal ! (rires)

 

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