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puce Hindi Zahra - Slow Joe & The Ginger Accident
Le Fil  (Saint-Etienne)  vendredi 19 novembre 2010

Le temps est venu de remercier cet australopithèque distrait qui a attaché des boyaux de dodo à une défense de mammouth, qui a trouvé la vibration sympa, qui en a fait part à ses compères préhistoriques, qui s’est fait gronder par le chef de la tribu, qui s’est retrouvé de corvée de tannage de peau, qui en a tendu une et a tapé dessus, qui a trouvé le son sympa, qui s’est fait gronder, qui s’est retrouvé collé à l’atelier d’extraction de moelle d’os creux…

Bref, tout ça pour dire que si ce vieil hominidé bipède du fond des âges n’avait pas eu ces idées folles, il n’y aurait pas de musique, et ça nous aurait bien manqué. Oui, parce que des rencontres comme Slow Joe & The Ginger Accident, et bien ça donne envie de faire brûler des cierges à la gloire des génies.

D’abord, un groupe, avec un rouquin et ses poteaux, genre le meilleur copain d’Harry Potter, avec une chemise aux motifs improbables, genre la tapisserie de ma mémé, oui, c’est moche. Mais on s’en fout, parce que ya un vieil indien en costard qui zone tranquillou, from les loges, jusqu’à la place vedette. Une main dans la poche, nonchalant, un petit bonhomme qui se penche au micro et qui en impose rien que par sa présence, genre qu’est-ce qu’il fait là lui, c’est qu’il aurait presque l’air perdu. Et ben non, genre je vous ai bien eu les minets, vous allez voir ce que vous allez entendre...

Le rock des années 60, celui où les filles twistent avec des cheveux impeccables pendant toute la nuit, celui qui gratte avec ce truc en plus qui file des fourmis dans les pieds, c’est Ginger Accident… savamment mélangé à une voix de crooner blues, de celles qui ont vécu mille vies et qui ont fait le tour du monde, c’est Slow Joe…

Et ce qui peut paraître cocasse pendant les premières secondes devient rapidement incomparable et bourré de talent.

L’origine, c’est celle d’un troubadour qui rencontre un ex-SDF-drogué en Inde, et c’est le coup de foudre (artistique, le reste ne nous regarde pas, voyons !). Le rouquin, c’est Cédric et l’indien c’est Joe (le lent).

A l’image d’une immersion au pays des merveilles, ça laisse des étoiles dans les oreilles et des paillettes dans les yeux, c’est énergique, c’est punch et sexy, c’est sensuel et rythmé, c’est pour moi nouveau et inconnu, surprenant, déroutant et à la fois mystérieusement familier.

Une fort belle surprise pour commencer… Mais ce n’est pas tout, parce que Hindi Zahra arrive.

Gagnante du prix Constantin 2010, un prix destiné à valoriser le travail d’artistes peu (voire pas) connus. Franchement, je me suis dit : "Ah, un trophée, si c’est comme le Goncourt, on n’est pas dans la merde, je vais choper une migraine à me vriller la cervelle pour trois jours". Mais, c’est bien connu, je suis une langue de vipère (parfois), et je suis ravie de m’être bien plantée.

Des musiciens s’installent tranquillement (Slow Joe est contagieux). Un timide murmure sort du coin là, mais je ne suis pas bien placée, je ne vois rien, ah si, une superbe paire de chaussures, façon escarpins préférés de princesse à ne porter que pour les grandes occasions, et je suis tout de suite séduite, ceux qui aiment ces chaussures sont des gens bien, point final.

A l’autre bout des chaussures, un petit bout de femme timide, le visage caché derrière une frange trop longue pour un "Beautiful tango" qui laisse parfois apparaître un minois quasi-craintif. Mais c’est bien connu, surtout, surtout, surtout, ne pas se fier aux apparences. Parce qu’elle n’attend pas cinq minutes pour libérer la sauvageonne qui sommeille en elle.

Hindi Zahra et ses acolytes offrent un numéro façon bête de scène, tout en mélange jazz-électro-rock-berbère coloré. C’est une véritable Zingara, crinière au vent, souriante et complice, qui chante presque dans la douleur, la folie, l’euphorie… la passion quoi… Elle invite le public enthousiaste à partager ses morceaux, et elle se fiche bien qu’on les massacre. Sa musique, elle la donne, gratos, tiens, prenez les gens, c’est pour vous, c’est à vous. Et c’est un cadeau remarquable.

En fouinant un peu, vous trouverez cette photo d’une Esmeralda au regard insolent, les bras saturés de bracelets qui cliquent à chaque mouvement, dans une caverne d’Ali Baba aux étagères bondées de bocaux au contenu mystérieux et coloré, et bien c’est Hindi Zahra, exactement.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Hindi Zahra
Le Myspace de Hindi Zahra
Le Facebook de Slow Joe & The Ginger Accident

Crédits photos : Eric Ségelle (Toute la série sur Taste of Indie)


Nathalie Bachelerie         
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Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
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et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
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"Splid" de Kvelertak
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"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
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Lecture avec :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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