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Interview avec le groupe  (par email)  juin 2004

Daughter Darling sort son magnifique premier album Sweet shadows en Europe en ce mois de Juin et prépare déjà le deuxième. C'était l'occasion pour nous d'en savoir plus en leur posant quelques questions par mail.

Je les remercie d'ailleurs beaucoup de m'avoir répondu.

 

D'où provient le nom "Daughter Darling" ?

Natalie : La petite amie de l'époque de Travis lui avait suggéré ce nom, il me l'a ensuite transmis et je n'arrivais plus à me le sortir de la tête. Alors je lui ai dit que c'était le nom qu'il nous fallait. C'est assez amusant car il se trouve que, 2 ans après, j'ai eu une adorable fille ("Daughter Darling").

Travis : En vérité, Natalie, Steve et moi sommes tous arrivés avec nos idées concernant le nom, la plupart étant des noms pris au hasard. "Daughter Darling" fait effectivement partie de ceux que j'ai proposé, et ma petite amie de l'époque a retenu celui là et ensuite Natalie également. J'aime bien celui là, ça sonne différent. Je voulais être sûr que personne n'avait le même nom que nous. Mon frère avait proposé comme nom "Sweet Shadows". Il détestait le nom "Daughter Darling", mais nous avons choisi ce nom à la majorité des votes mais nous avons fait un compromis en appelant notre album "Sweet Shadows".

Pourquoi avoir choisi de faire de la musique ? Et pourquoi cette forme d'art plutôt qu'une autre ?

Natalie : Faire de la musique est quelque chose qui m'a toujours semblé naturel. Comme si je n'avais pas d'autre choix que celui là.

J'ai toujours vécu, respiré par la musique. Je ne vois pas cela réellement comme un travail (ça ne paie pas suffisamment bien et de façon sûre les facture pour l'instant (rires)). Pour moi, faire de la musique est un privilège… Quelque chose dont je serais sacrément fière quand je regarderais en arrière quand je serais vieille. Et de toute façon je ne suis pas du tout douée pour d'autres formes d'art. En tout cas pas suffisamment pour espérer en vivre !

Stephen : J'ai choisi de faire de la musique car j'aime le côté émotionnel, les sentiments que cela évoque dans l'esprit des gens, que ce soit simplement relaxant, ou à propos d'une mauvaise relation, ou quoi que ce soit que l'on peut rattacher à votre musique. C'est la plus grande sensation au monde pour moi.

Travis : Cela va peut être paraître arrogant mais je pense que faire de la musique est parmi tous les arts le plus facile à faire. Personnellement je suis un artiste visuel, concepteur et designer. Travailler avec les sons c'est abstrait et cela permet de s'abandonner. Vous pouvez littéralement faire ce que vous voulez. Je ne dis pas que cela soit facile de faire une chanson qui marche vraiment et qui va toucher un ensemble de gens, mais le support par lui même est quelque chose de facile. Mais la vraie raison c'est tout de même que le produit final peut potentiellement toucher le monde entier. Il n'y a rien de mieux que d'écouter une chanson dans ma voiture juste après qu'elle ai été mixée, à peine sortie du graveur de cd. Je l'écoute peut être 20 fois de suite pour être sûr que c'est ce que je voulais.

Je rêve d'avoir une dizaine de voix féminines, toutes différentes, surprenantes, signées sur le label Plain jane records. Ça prendra longtemps pour en arriver là mais pour l'instant je me réjouis des lettres de fans. Ça me donne envie de continuer. Nous sommes, qui plus est, très occupés dans nos vies privées, Natalie vient d'avoir son bébé, Steve a une famille avec 2 enfants, et moi même j'ai d'autres centres d'intérêts et une petite amie. Le Studio est l'endroit ou nous brillons et je peux attendre pour partager notre prochaine chanson.

Quels sont vos influences musicales ? (certains fans vous rapprochent de Portishead)

Natalie : Mes influences trip hop iraient vers les Sneaker Pimps, Kosheen, Goldfrap (album Black Cherry), Air, Portishead, Lamb, Soulstice, Bjork, U N K L E et Zero 7.

Stephen : Tout ce qui est nouveau sous le soleil…. Et aussi ce avec quoi j'ai grandi, je recherche des samples obscures comme du jazz japonais ou des morceaux symphoniques comme Stravinsky. Le Hip hop est ce qui a eu le plus d'impact sur moi.

Travis : Si l'on rassemble toutes mes influences, on obtient Daughter Darling. Il y a une magnifique voix féminine, j'adore les voix féminines comme Tori Amos, Poe, Portishead, Fiona Apple. J'aime aussi la musique classique, les choses plus cinématiques comme Philip Glass. Quand j'écoute ce genre de musique, spécialement quand il y a des sections de cordes, je ressens les rythmes manquants et la voix de Natalie. Je les entend dans ma tête. J'aime aussi le drum and bass, J'avais commencé des programmations de drum and bass assez élaborées avec des échantillons de voix féminines à mes débuts de stages de production. J'aime aussi le piano et pour moi c'est l'instrument le plus expressif, et de loin. Quand j'entend les accords mineurs d'un piano à queue, je peux le ressentir dans mon cœur et dans ma gorge.

Travis m'a dit que "Sweet Shadows" sera disponible en Europe en juin 2004 seulement (chez Lucemusic). Pourquoi avoir attendu autant avant de proposer ce disque à tous les fans de trip hop ?

Natalie : En fait je ne crois pas que ce soit vraiment volontaire. Cela prend tellement de temps de trouver un contrat de distribution. Je sais qu'il y a énormément de formalités administratives et des histoires de planning avant d'y arriver. C'est donc à cause de cela que ca prend du temps. Et finalement nous avons le plaisir de sortir Sweet Shadows pour nos fans européens qui nous soutiennent beaucoup !

Travis : Nous n'avons pas attendu tant que cela. Cela prend longtemps pour faire tout cela quand tout est financé par nous même. Lucemusic nous a découvert en écoutant une radio en Europe à laquelle j'avais envoyé une démo. Il faut de la patience si vous voulez être celui à qui on s'intéresse enfin. Je fais aussi très attention afin de garder les droits sur notre musique et j'attendais la bonne compagnie pour nous représenter en Europe.

Parlez nous de votre reprise d'une chanson de Counting Crows. Quand Natalie la chante, ce morceau est encore plus touchant que l'original. Quand ce morceau sera enfin disponible en disque ?

Natalie : J'ai appris cette chanson quand j'avais 17 ans avec un de mes très bons amis avec qui j'avais monté mon premier groupe. Il a joué cette chanson pour moi. Je suis tombée amoureuse de ce morceau immédiatement et j'étais déterminée à apprendre les parties de piano de cette chanson. Cela m'émeut encore à chaque fois que je la joue et la chante et je me rend compte que beaucoup de gens l'aime beaucoup également. Vous pouvez d'ailleurs voir une vidéo de "Colorblind" sur notre site web.

Travis : Lucemusic sortira peut être "Colorblind" est single pour la promotion européenne, avec la vidéo. On vous tiendra au courant.

Est ce que le prochain album ressemblera a "Sweet shadows" ? J'ai aussi entendu parler d'un album de remixes, faces B et reprises…qu'en est il ?

Natalie : Notre prochain album sera extrêmement différent je pense. Nous changeons tous, en tant qu'artistes mais aussi en tant que personnes. Je pense que notre son et nos goûts deviennent plus matures. J'aimerais avoir un peu plus de drum and bass sur le prochain disque. Quand au projet de face B c'est effectivement d'actualité mais je crois que nous allons pour le moment d'avantage nous concentrer sur le deuxième album.

Stephen : Il y a une chanson intitulée "Sancken's Doll" qui vous tire vraiment les larmes et qui irait bien sur la bande son d'un film romantico-dramatique. Cette chanson a vraiment la qualité d'une chanson de film, elle est vraiment belle, presque céleste. Du fait que nous collaborons avec de plus en plus de musiciens, les changements sont une progression naturelle. Ce sera intéressant de voir ce qu'il en ressortira.

Travis : De toute façon c'est difficile de prédire ce à quoi ressemblera le prochain album. Mais il faut garder en tête que notre premier album est aussi le premier que j'ai produit. J'ai appris beaucoup et je continue d'apprendre. Une chose est donc sûre, la qualité sonore sera meilleure, ce sera plus luxuriant, plus varié et il y aura plus d'influences, de styles. Je suis vraiment excité à l'idée de voir ce qu'il en ressortira. Une autre chose est certaine, nous ne comptons pas faire de la musique au rabais. Je veux m'assurer que quel que soit le succès et ce qu'il nous apportera, ce ne sera pas au détriment de la musique. Les B sides sortiront en effet mais sans doute plutôt un peu après notre deuxième album.

Stephen et Travis, comment êtes vous passé du hip hop au trip hop ?

Stephen : Quand j'essaie d'expliquer aux gens ce qu'est le trip hop je leur dis "Si vous prenez les percussions les plus dynamiques du hip hop, des scratches de vinyls de musique d'ambiance et que vous mixez le tout sur une chanson avec une bonne trame mélodique alors vous avez du trip hop". Mais l'inspiration pour les chansons varie tellement que cela reste ce que c'est … Même les têtes pensantes ont besoin de classifier les choses.

Travis : Pour moi c'était une nécessité. Pour moi le hip hop est mort, et ce depuis 1993. Je m'en suis éloigné en grandissant. La violence, l'ignorance, le manque de profondeur qui constituent le hip hop ne me touchent pas, ne me parlent pas. C'est assez difficile d'expliquer cela à quelqu'un qui ne connaît pas notre musique ou ce qu'est le trip hop en général. Dès que vous dites trip hop, les gens pensent hip hop et je ne veux pas qu'ils pensent qu'il y ai quoi de ce soit de ressemblant. Pour moi c'est vraiment très différent.

Le hip hop est une musique commerciale pour monsieur tout le monde qui ne cherche pas a penser. Je pense que le trip hop est bien au delà mais les maisons de disques ont aussi besoin de changement. Seules les labels indépendants peuvent rendre le trip hop plus viable et vendeur. Pas mal de marchands de voitures peuvent être remerciés pour avoir promu la musique trip hop, comme Amon Tobin pour la pub BMW. Si on pouvait avoir un morceau utilisé dans une pub ou un film cela nous changerait grandement la vie.

Natalie, tes influences sont variées (des Deftones à Sigur Ros) comment es tu venue au trip hop ?

Natalie : J'ai commencé à écouté du trip hop un an avant de rencontrer Stephen et Travis. C'est un peu comme si le destin me préparait pour ce qui allait venir. Autant j'aime pas mal de styles de musique différents, autant le trip hop à ce petit plus qui m'inspire vraiment. Je ne serais pas capable de m'asseoir et écrire avec passion une chanson rock alors que j'adore le rock. Le trip hop me correspond parfaitement et j'ai compris cela quand j'ai downloadé "The sad and lonely sample".

Qu'écoutez vous en ce moment ?

Natalie : J'écoute The orb

Stephen : Ça dépend de l'album que je pioche. Le fait est que j'ai mes propres inspirations mais que j'essaie d'écouter des choses un peu obscures et passionnantes. Mais en fait j'écoute surtout des disques que me fait écouter Travis quand il les dégotte. J'écoute aussi bien entendu des trucs dans le style de DJ Qbert et DJ D. Amon Tobin est mon préféré ceci dit.

Travis : Prends toi une heure et balade toi sur le site cdbaby.com. Il y a des petites perles la dessus. Quelques unes que j'ai trouvé récemment et que j'écoute son : Gramaphone, Molly Zenobia, Charlotte Martin et Moonraker. J'écoute également beaucoup Toby Lightman et Paula Cole ces derniers temps. C'est drôle d'ailleurs que j'écoute des artistes "chrétiens" comme Paula Cole ou Susan Tedeschi alors que je suis athé à mort. Cela prouve que la musique n'a pas de frontières et même si je ne suis pas d'accord avec ce qu'elles disent, je ressens leur passion et je chante en même temps comme si je croyais en ce qu'elles disent, d'une façon éphémère en quelque sorte.

Quand pourrons nous enfin vous voir en France ?

Natalie : J'espère très bientôt. J'aime la culture française et je suis sûre que cela sera une de nos premières escales européennes. Je suis si avide de tournée, malheureusement cela prend tellement de temps à se mettre en place.

Stephen : Quand j'aurais payé mon jet privé (rires)

Travis : C'est difficile à dire, en tout cas pas dans un futur immédiat. Il faut d'abord que nous réunissions assez d'argent pour envisager un tel voyage, mais en tout cas c'est un de nos buts. J'attend une bonne offre d'un tourneur pour y arriver.

Pouvez vous décrire votre musique en 3 mots ?

Natalie : Triste, sombre et d'humeur changeante.

Stephen : Emotion, texturée, et l'écriture de Natalie est métaphorique.

Travis : classe, brute et mélancolique.

 

 

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La chronique de l'album Sweet Shadows de Daughter Darling
L'interview en VO de Daughter Darling(juin 2004)


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# 20 septembre 2020 : Orages ...ô des...espoirs !

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Du côté de la musique :

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"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses
et toujours :
"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
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Au théâtre :

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"Onéguine" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Surprise parti" au Théâtre de la Reine Blanche
"Mademoiselle Else" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Killing Robots" au Théâtre Paris-Villette
les reprises :
"Marie des Poules" au Théâtre du Petit Montparnasse
"Hector Obalk - Toute l'Histoire de la peinture en moins de deux heures" au Théâtre de l'Atelier
"Trinidad - Pour que tu t'aimes encore" au Studio Hébertot
"Carla Bianchi - Migrando" à la Nouvelle Seine
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Expositions :

la nouvelle saison muséale avec "Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris
la dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - La collection de Madame" au Musée du Quai Branly
et toujours :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
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