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Interviewé  (Par Travis Bürki)  mars 2011

Je suis à Nantes depuis ce matin. Les nouvelles du monde sont passionnantes. À peine descendu du train, je suis allé prendre un petit déjeuner dans un hôtel du centre ville. Dans la matinée, assis dans les salons de l’hôtel, j’ai décidé de m’auto-interviewer. Self-entretien...

Tu n’en a pas marre de voyager depuis dix ans dans des villes où personne ne te connais à part dix ou douze pelés qui viennent écouter tes chansons bizarres ?

Travis Bürki : Si. En même temps, je ne vois pas trop quoi faire d’autre.

Tu veux dire que c’est faute de mieux ?

Travis Bürki : Disons que je ne me laisse peut-être pas le choix.

Bon, et si tu pouvais faire autre chose, ce serait quoi ?

Travis Bürki : J’ouvrirais une agence de voyage. Ou une banque. Non, en fait je crois que je ne suis pas fait pour faire des trucs. En tout cas je ne ressens plus l’urgence de faire.

Okay. Parlons un peu de ton album. Déçu ?

Travis Bürki : Pourquoi déçu ? Non, j’aime beaucoup certaines chansons de ce disque. "Apophtegme", qui est d’ailleurs une ancienne chanson finie récemment, j’aime beaucoup "Ta meilleure amie", "Grandis"…

Okay mais bon, l’accueil n’est quand même pas terrible…

Travis Bürki : Non, c’est vrai que les médias ne sont pas très enthousiastes. Les radios ont sans doute mieux à programmer, c’est dommage d’ailleurs, je me ferais bien un max de pognon avec un tube qui passe en boucle sur une radio FM.

Quel tube ?

Travis Bürki : "Ta meilleure amie", je la verrais bien tourner sur NRJ ou Oui fm.

En tout cas, ça ne se bouscule pas au portillon pour te jouer sur les ondes. Faut dire que tu n’es pas quelqu’un de très lisible. Tu es au courant ?

Travis Bürki : Oui, je sais que ce ne doit pas être très simple de m’identifier. Moi-même je ne me situe pas toujours clairement. Enfin, ce n’est pas une raison.

Tu ne te serais pas un peu grillé dans le milieu ?

Travis Bürki : C’est pas impossible. Mon arrogance est nourrie de ma timidité et je passe pour quelqu’un de souvent désagréable auprès des médias. Ils me rendent la monnaie de ma pièce.

Et la tournée ? Tu joues toujours autant. Beaucoup de dates mais presque aucune vraie salle. Tu es sorti du système ?

Travis Bürki : C’est vrai, je suis à la lisière. Pas assez connu pour les Big Venues et pas assez nouveau pour être à nouveau défendu par les réseau de découvreurs. Il faut qu’il se passe un truc si je ne veux pas terminer à vie dans les cabarets pour poètes désenchantés.

Un truc ? Tu penses à quoi ?

Travis Bürki : Mon attaché de presse me presse de me présenter à des élections. Mon entourage me suggère parfois d’écrire en anglais. Je ne sais pas. Une chose est sûre, si ce disque tourne mal, je vais déposer le bilan de mon label.

Tu dis ça comme si tu t’en foutais.

Travis Bürki : Non, je suis en tournée, je fais de la promo, je vais sur le terrain comme on dit. Si je bosse tous les jours mon répertoire, si je fais toute cette putain de paperasse même après que mes comptables m’aient lâchés, c’est parce que je veux réussir cette sortie d’album.

On sent le courroux du gérant qui fait face à la crise…

Travis Bürki : C’est tout à fait ça. Je suis chanteur et auto-producteur. Mais bon, la partie administrative passe au second plan c’est vrai. Chanter, c’est un vrai truc. Sur scène, il y a une mission que je me sens capable de relever.

Revenons à cette promotion d’album. Qu’est-ce que tu prépares comme gros coup ? T’as des idées ?

Travis Bürki : Pas vraiment. Je ne peux pas initier grand chose en terme de médias. Je peux être un artiste au travail, donner des concerts, jouer la nano saga, continuer d’écrire et de rencontrer des gens mais je n’ai pas de plan d’attaque.

Tu vas attendre que cela vienne ?

Travis Bürki : Exactement. J’ai fait une bonne partie du boulot en fournissant un album. Il y a des titres qui n’ont l’air de rien mais qui traite des sujets de société comme ils sont rarement traités en chanson, voire jamais.

C’est ton côté arrogant qui se réveille.

Travis Bürki : C’est vrai. Putain. Je vais la fermer cela vaut mieux pour tout le monde.

Non mec. On aime quand tu déclames. On aime tes anecdotes et… entre nous, dans le milieu ils sont quand même tous très arrogants…

Travis Bürki : No comment.

Bon, Travis, au fait Travis c’est ton vrai prénom ?

Travis Bürki : Quelle importance. Pourquoi tu finis toujours pas vouloir percer un mystère alors que tout est là, sous tes yeux ? Pourquoi la presse, les radios, vous voulez toujours décortiquer l’inanité alors que vous ne savez même pas prendre le temps d’être ?

Tu es bouddhiste ou quoi ?

Travis Bürki : Bon tu me fais chier avec tes questions. Tu es pire que les vrais journalistes.

Les vrais journalistes ? Depuis quand il en existe de vrais ?

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Travis Bürki
Le Myspace de Travis Bürki

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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