Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Anna Calvi
Le Trianon  (Paris)  vendredi 22 avril 2011

Après des prestations remarquées à la Boule Noire en novembre puis au Nouveau Casino en février, et avant un passage à Rock en Seine fin août, la nouvelle coqueluche pop en provenance d'Albion revient à Paris défendre son orageux premier album au Trianon. Anna Calvi, puisque c'est d'elle dont il s'agit, s'impose chaque jour un peu plus comme le phénomène de ce début d'année 2011. Embarquée dans une tournée marathon qui la conduira jusqu'aux Etats-Unis en mai/juin, elle ne se ménage pas et séduit partout où elle passe. Confirmation attendue ce soir dans une des plus belles salles de la capitale.

C'est dans un silence religieux et les regards entièrement tournés vers elle que la plus italienne des chanteuses anglaises entame "Rider To The Sea". La telecaster gorgée de réverb résonne de toutes parts, les notes s'étirent, restent suspendues en l'air avant de se lancer dans une périlleuse cavalcade. La guitariste affiche une concentration extrême. La salle retient son souffle.

Le public est suspendu aux moindres faits et gestes de la chanteuse et marque un calme respectueux pendant les morceaux. Tenue stricte et sombre, regard noir de tueuse, lèvres rouges éclatantes, talons aiguilles vertigineux, cheveux tirés en chignon : Anna Calvi réconcilie le rock et la tauromachie.

Acclimatation du début de concert, attentes trop élevées ou arrangements un peu légers ? Quoi qu'il en soit, les titres suivants, bien que très beaux, ne s'avèrent pas complètement satisfaisants : sur "No More Words", malgré la contribution du batteur au chant, on ne retrouve pas le charme des vocalises à la fin du morceau, alors que "Blackout", si puissant sur disque, se révèle un tantinet décevant. Passées ces légères critiques, difficile de reprocher quoi que ce soit à la jeune anglaise tant la suite du concert s'avère musicalement irréprochable et chargée d'émotions.

"I'll Be Your Man", "First We Kiss", "Surrender" (la courte reprise d'Elvis) - toutes en délicatesse et sensualité mais traversées par des tempêtes soudaines - et plus encore l'immense "Suzanne & I" font vibrer intensément un public totalement acquis à la cause de la chanteuse. Laquelle reçoit, visiblement gênée, une standing ovation après "Desire". L'enthousiasme et l'attente énorme autour de sa tournée semblent être encore tout nouveau pour elle.

Sur scène, Anna Calvi se révèle extrêmement expressive, faisant corps avec son chant et sa guitare. Cette fille a du chien et fait preuve de caractère. Il est curieux de noter le contraste saisissant entre la maîtrise qu'elle dégage, le cran dont elle fait preuve durant ses morceaux et la douceur, la timidité de ses prises de parole et remerciements.

Autre moment fort du set, "Love Won't Be Leaving" voit la chanteuse, déconcentrée par un public bienveillant, se détendre un peu et rigoler avant d'entamer le morceau. Cris, solo ravageur, coups de médiator rageurs, chant à gorge déployée (l'anatomie buccale de Melle Calvi n'a plus de secret pour les spectateurs à la sortie de la salle) : frissons garantis et, contrairement à "Blackout" ou "Desire", la version live surpasse celle, déjà excellente, du disque.

C'est un finish haletant que nous réserve Anna Calvi à partir de ce "Love Won't Be Leaving" épique. En rappel, l'envoûtante "The Devil" permet d'admirer le jeu de guitare de l'anglaise, qui multiplie les bend et arpèges vallonnés inspirés de la harpe. Après un "Jezebel" incroyable de puissance, le groupe se retire en coulisses sous les applaudissements appuyés et sincères de la salle.

La chanteuse revient seule interpréter "Joan Of Arc" (reprise de Leonard Cohen) dans une version instrumentale magnifique, d'une grande tendresse et ponctuée de quelques "La la la" au chant. Le concert finit comme il a commencé, dans un silence de cathédrale emprunt d'un profond respect. Dix minutes d'applauses appuyées font espérer un retour de la lady sur scène, mais les roadies coupent court au suspense : c'était tout pour ce soir. Une heure seulement certes, mais d'une intensité telle qu'on ne peut faire la fine bouche.

Ceci dit, une orchestration un peu plus conséquente (ajout d'une basse, davantage de choeurs) aurait sans doute encore mieux retranscrit le souffle épique du disque et la puissance des morceaux. Seulement accompagnée d'un batteur et d'une multi-instrumentiste (percussions, harmonium, guitare, choeurs), la musique d'Anna Calvi a manqué de coffre à quelques moments. Du coup les chansons les plus évidentes du disque ne sont pas forcément les plus palpitantes du show : "Blackout" ou "Desire" par exemple laissent un peu sur notre faim.

D'une irréprochable élégance, totalement investie dans son art, on ne pourra toutefois pas reprocher à Anna Clavi de ne pas chanter avec ses tripes. Sa musique tout en contraste, à mi-chemin entre un rock incandescent et le chant lyrique, son jeu de guitare particulier et sa voix tonitruante font de son univers musical un havre de fraîcheur salutaire et captivant.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album eponyme de Anna Calvi
Anna Calvi en concert au Festival Radar 2010 (6ème édition)
Anna Calvi en concert à Cité de la Musique (mardi 26 octobre 2010)
Anna Calvi en concert au Festival Beauregard #3 (édition 2011) - Dimanche
Anna Calvi en concert au Festival International de Benicàssim #17 (jeudi 14 juillet 2011)
Anna Calvi en concert au Festival Rock en Seine 2011 - Programmation du dimanche
Anna Calvi en concert au Festival Rock en Seine 2011 (dimanche 28 août 2011)
Anna Calvi en concert au Spendid (samedi 1er octobre 2011)
Anna Calvi en concert au Festival La Route du Rock #24 (vendredi 15 août 2014)
Anna Calvi en concert au Festival BIME Live! 2014 (édition #2) - vendredi 31 octobre
Anna Calvi en concert au Festival Les Vieilles Charrues 2015 - Jeudi

En savoir plus :
Le site officiel de Anna Calvi
Le Myspace de Anna Calvi
Le blog de Pierre


Pierre Baubeau         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=