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Michka Assayas  (Editions Grasset)  mai 2011

Dans les années 90, Michka Assayas écrivait dans les Inrockuptibles des chroniques musicales qui avaient un ton singulier, nous touchant par leur subjectivité. En nous parlant du dernier Morrissey, de Joy Division, ou de ses éternels Beach Boys, Assayas en fait nous parlait de lui.

Dans ses récits on y retrouve également le même ton affirmé, le même détachement à l’endroit de la culture dominante. Les dernières pages d’un de ses premiers livres (Les Années Vides ou Dans sa peau, je ne sais plus) décrivent l’impact de Pet Sounds sur sa sensibilité d’adolescent, et son entrée difficile dans le monde adulte. Les références au rock sont inévitables chez l’auteur du Dictionnaire du Rock, mais dans ses récits ces références renvoient toujours à un élément autobiographique. Il ne s’agit pas, pour lui, de nous parler de son exaltation pour un groupe, mais de ce que son écoute a impliqué dans sa vie.

Dans son dernier livre Faute d’identité, Michka Assayas nous parle de son enfance, mais aucunement sur le mode de la confession ou de la thérapie : il se sent forcé de le faire : "ce livre est le surgissement de ma conscience face à un destin qui, brusquement, m’écrase". Le destin dont il parle enveloppe la perte d’un passeport en 2009, amenant l’auteur à s’interroger sur son identité face à l’incroyable difficulté, dans la France d’aujourd’hui, de régulariser sa situation. Il ne suffit pas d’être français, né en France de parents français, pour justifier de son identité française : encore faut-il le prouver.

Le combat que l’auteur décrit est aussi celui d’une France où les libertés se sont réduites comme une peau de chagrin, surtout depuis l’arrivée au pouvoir en 2007 "d’une sorte de Michel Drucker d’un genre teigneux". La formule fait sourire, mais courtement. Le livre en fait ne nous donne pas envie de rire ; il est traversé par une grande mélancolie, et aussi par l’impuissance. L’enfance de Michka Assayas a eu lieu dans un monde qui n’existe plus aujourd’hui. A ce propos il faut citer un important livre qu’avait publié son frère ainé Olivier il y a quelques années, Une Adolescence dans l’après-mai (2005), qui avec Faute d’identité entretient des résonances évidentes. Les deux frères s’interrogent identiquement sur les raisons de la profonde modification du monde dans lequel ils ont grandi. Olivier évoque le mouvement punk de 1976 et la Nouvelle Vague comme les seules possibilités qu’il avait de s’échapper d’un ennui global (celui des années Pompidou annulant les grandes espérances de mai 68) ; Michka quant à lui décrit sa passion pour le rock, lui permettant de contourner stratégiquement une longue carrière universitaire tracée d’avance.

Si Faute d’identité est un livre politique, il ne parle pas de politique. Il dénonce sans indignation (ce mot à la mode). Il touche surtout par sa tendresse. Les pages sur la mère de l’auteur font partie des plus émouvantes du récit : la relation qu’elle entretenait admirativement avec Malraux ; la description de sa mort ; l’amour qu’il n’a jamais réussi à lui dire, si ce n’est silencieusement, à l’occasion de l’écoute d’une chanson de Paul McCartney : "J’ai ressenti à ce moment-là que tout mon amour de la musique, cette façon que j’avais eue de m’y noyer parce que je n’arrivais pas à parler, c’est elle qui me les avait transmis (…)". Un livre politique, et assurément un beau livre autobiographique.

 

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David Falkowicz         
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# 25 octobre 2020 : Tous aux abris

Couvre feu encore plus contraint, nouveau confinement, tout est possible et tout est à craindre pour la culture. Restons groupés comme dirait Bernard Lenoir. Nous continuons évidemment de vous proposer chaque semaine notre sélection culturelle. Et bien entendu, découvrez le replay de La Mare Aux Grenouilles #13 de ce samedi 24 octobre

Du côté de la musique :

"Labyrinth" de Khatia Buniatishvili
"Contrasts", la 3eme émission de la saison 2 de Listen In Bed
"Dreamer" de Rosaway
"No future" de Samarabalouf
"Verdure" de The Hyènes
"Got the manchu" de We Hate You Please Die
et toujours :
"Armand-Louis Couperin : pièces de clavecin" de Christophe Rousset
"Ce qui suit" de Mondo Cane
"Awaiting ship" de Dominique Fillon Augmented Trio
"Soné ka-la 2 odyssey" de Jacques Schwarz Bart
"Killing Eve + Australie" nouveau mix de Listen in Bed
"LP2" de Pointe Du Lac
"Jorn" de Box Bigerri

Au théâtre :

une nouveauté :
"Tout Dostoievski" au Théâtre Le Lucernaire
des comédies pour rire et sourire :
"On purge bébé" au Théâtre de l'Atelier
"Les Faux British" au Théâtre Saint-Georges
"Dernier coup de ciseaux" au Théâtre des Mathurins
"Crise de nerfs" au Théâtre de l'Atelier
"De quoi j'me mêle" au Théâtre d'Edgar
"Mon meilleur copain" au Palais des Glaces
les reprises :
"Françoise par Sagan" au Théâtre L'Archipel
"Caroline Loeb - Chiche !" au Théâtre L'Archipel
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Vous pouvez ne pas embrasser la mariée" à la Comédie des 3 Bornes
"Des Femmes" au Lavoir Moderne Parisien
"Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec :
"Voyage sur la route du Kikosaido - De Hiroshige à Kuniyoshi" au Musée Cernushi
"Pierre Dac - Du côté d'ailleurs" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"L’Age d’or de la peinture danoise (1801-1864)" au Petit Palais
"Man Ray et la mode" au Musée du Luxembourg
"Victor Brauner - Je suis le rêve. Je suis l'inspiration" au Musée d'Art Moderne de Paris
"Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris

"Alaïa et Balenciaga - Sculpteurs de la forme" à la Fondation Azzedine Alaïa

Cinéma :

en salle :
"Une vie secrète" de Aitor Arregi, Jon Garano et José Mari Goenaga
"L'Avventura" de Michelangelo Antonioni
at home :
"India Song" de Marguerite Duras
"Au bout du conte" de Agnès Jaoui
"L'effet aquatique" de Solveig Anspach
"Pourquoi tu pleures ?" de Katia Lewkowicz
"Henri" de Yolande Moreau
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert

Lecture avec :

"Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse" de Mathias Malzieu & Daria Nelson
"Le proche orient" de Catherine Saliou
"Mondes en guerre - tome 3 : Guerres mondiales et impériales, 1870-1945" de André Loez
et toujours :
"L'ange rouge" de François Médéline
"Le prix de la vengeance" de Don Wislow
"De Gaulle, stratège au long cours" de François Kersaudy
"Georges Clemenceau, lettres d'amérique" de Patrick Weil et Thomas Macé
"Justice de rue" de Kris Nelscott
"Plus fort qu'elle" de Jacques Expert

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