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Interview  (Tourcoing)  vendredi 9 septembre 2011

Dans le cadre de la 7ème édition du festival Radar organisé par le Grand Mix, nous avons rencontré l'excellent Kurt Vile, auteur de l'un des meilleurs disques de l'année, l'excellent Smoke Ring For My Halo que l'on ne cessera de vous recommander. C'est gentiment et simplement qu'il a accepté de répondre à nos questions.

Comme dit dans ta chanson "On Tour", tu es de nouveau en tournée. La configuration sur scène est brute : trois guitaristes et un batteur. Es-tu faché avec la basse ?

Kurt Vile : (Rire) Il y a sur scène une guitare baryton, qui est une guitare accordée plus bas que l'accordage classique. Ainsi qu'une autre encore plus bas appelée "Bass 6" qui est le compromis entre une basse et une guitare. Mais oui nous n'avons pas de basse. Il y a longtemps, en 2003, la première configuration des Violators comprenait un bassiste qui était très bon et qui joue sur une de mes chansons, "Song For John D", sur laquelle il a fait un très beau travail. Il a quitté le groupe en 2004 et quoi qu'il en soit la musique vient de ma tête et je ne suis pas un bassiste donc je ne pense pas à la basse et je n'ai jamais rencontré le bon mec pour en faire.

Il n'y a pas de basse sur l'album. Les musiciens l'ont compris et apportent leurs propres idées sur scène. Je ne peux imaginer que quelqu'un fasse uniquement de la basse, mais j'ai une vieille basse harmony que nous avons décidé d'emmener pour cette tournée, mais il n'y en a pas dans toutes les chansons car en plus je ne l'entends pas beaucoup et c'est un accordage différent. Mais non je ne suis pas faché avec la basse (rire), j'écoute souvent de très bons bassistes, ceux de John Lennon ou Rick Danko sur les "Basements Tapes", qui est rudement incroyable, si je rencontre un bassiste qui joue comme ça... je le fais rentrer dans le van.

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'on peut dire que ton dernier album en date Smoke Ring On My Halo, comme les autres d'ailleurs, est un disque de guitare. Peux-tu nous parler de ton expérience avec celle-ci ?

Kurt Vile : La plupart des gens pensent que la guitare est cool, tu vois ce que je veux dire ! Alors quand j'étais petit, je voulais une guitare mais mon père m'a donné un banjo, c'est le premier instrument à cordes sur lequel j'ai joué puis quelqu'un m'en a donné une, et cela reste mon instrument fétiche. Avant, je jouais plus de synthétiseurs et d'autre choses et j'aime toujours autant en faire, mais la guitare est mon instrument de prédilection, et j'en jouerais tout le temps, j'y suis accro.

Comment écris-tu tes chansons ? Il y a souvent de longs passages instrumentaux au cours de celles-ci. Les travailles-tu en live ? Y a-t-il une part d'improvisation pendant les enregistrements ?

Kurt Vile : Cela dépend des morceaux, certains se font directement, mais peu importe il y a les accords et un million de notes alors tu peux faire plein de choses, le truc c'est de contrôler l'improvisation, les solos. C'est ça en fait nous faisons des solos, pas de l'improvisation.

Y a-t-il eu une évolution dans ta manière d'écrire entre le premier album et celui-ci ?

Kurt Vile : Oui, bien sûr... J'ai toujours essayé d'être meilleur à la guitare, d'ajuster ma voix et de trouver mon style. Et je continuerai toujours à le faire, comme pour le reste.

Cette année, nous célébrons les 20 ans de Nevermind, qui est l'un des disques les plus influents et importants. En terme de génération, ton disque semble avoir le potentiel d'être le nouveau Nevermind, car il s'agit ici d'un nouveau genre de grunge. On y retrouve un parti pris lo-fi, mais qui semble plus influencé par le finger-picking du Folk UK proposé par Davy Graham ou John Martyn, que par Daniel Johnston ou les Shaggs. Aussi, on retrouve des ingrédients shoegaze voire new wave sur une composition comme "Society is my friend". Tu disais toute à l'heure que tu as toujours cherché ton style, quel est-il selon toi ?

Kurt Vile : Oui, ça n'est pas vraiment du grunge et c'est en effet plus folk. J'adore John Martyn... Bert Jansch... Je les ai découverts tardivement, au début j'écoutais plus les productions américaines comme John Fahey ou Bob Dylan, et Joni Mitchell. J'adore ce genre de musique. Les Rolling Stones aussi.

Je me sens chanceux d'avoir grandi là-bas, car je réfléchis trop, je suis paranoïaque et je pense toujours aux erreurs, si je suis accordé ou pas. J'ai fait assez de concerts maintenant et trouvé ma voie, le dernier album m'a prouvé que j'avais grandi et que je pouvais faire mes trucs sans être un grand performeur. De temps en temps, on joue dans des grosses salles, de plus en plus même, et parfois ça merde un peu, on est mal accordé, c'est même complétement foireux ça sonne comme de la merde. Mais ça ne peut pas être toujours comme on veut, et je me perds dans la musique. Mais ça n'est pas seulement ça, c'est pareil pour tous les genres de musique, c'est une question d'attitude sur scène. J'adore Kurt Cobain et Nirvana... Mais oui, sur scène, on est bien plus grunge que sur disque.

Sans compter les EP, c'est la deuxième fois que tu sors un disque chez Matador Records. Comment ont-ils découvert le groupe et fini par vous signer ?

Kurt Vile : Quand Constant Hitmaker est sorti, j'étais le buzz de l'underground, j'étais sur un plus petit label et j'avais beaucoup d'enregistrement maison. Mais quand ce disque est sorti, Childish Prodigy était déjà enregistré. Alors j'ai donné mes vieux enregistrements aux autres labels et les gens pensaient que c'était mes nouveaux morceaux alors qu'ils étaient vieux de plusieurs années. J'ai pensé le sortir moi-même en suivant le principe du DIY (Do It Yourself). Mais un ami à moi donna à Gerard Cosloy, et peut-être à Chris Lombardi, le CD de Constant Hitmaker quand j'ai joué à New York. Ils ont aimé et il leur a envoyé le Cd-R de Childish Prodigy qu'ils ont aimé aussi, mais je n'ai eu aucune nouvelle d'eux.

En revanche j'ai reçu de nombreuses propositions de labels comme Sub-Pop ou Domino. Mais Matador représentait bien plus, j'ai grandi en écoutant Pavement, qui est mon groupe préféré, c'était le label de mes rêves. Alors j'ai fait le tri des labels avant de me dire : "Au diable cette connerie d'industrie, je veux savoir si Matador est interressé ou non". Ils ont cru que j'avais signé avec quelqu'un d'autre, c'était une rumeur, mon manager m'a aidé et on leur a demandé directement et après, ça s'est passé très vite.

Ton nouvel EP sort le 8 novembre sur ce même label. Tout à l'heure, tu disais que tu étais accro à la musique, et tu sembles fort prolifique. De quelle session viennent ces nouveaux morceaux ?

Kurt Vile : Ces chansons viennent de l'enregistrement de Smoke Ring For My Halo, ils m'en restaient plusieurs et il y avait de quoi faire un album et demi. Mais c'était une meilleure idée de sortir un seul album, car il y aurait eu trop de choses dessus et en faire trop n'est généralement pas une bonne chose. Ce ne sont que les chansons mélancoliques que j'ai retirées donc c'est un EP vraiment triste. Il y aura aussi une reprise de "Down bound train" de Bruce Springsteen que nous avons enregistré avant l'été et dont nous sommes très heureux. Ce sera triste, et c'est produit par John Agnello, le même producteur que Smoke Ring For My Halo.

Le nouveau disque de The War On Drugs sort ces jours ci, il s'agit de ton ancien groupe et tu apparais sur deux chansons. Que penses-tu du disque et fais-tu finalement encore partie du groupe ?

Kurt Vile : Non. Adam est mon meilleur ami, nous faisons de la musique ensemble depuis 8 ans, il a joué dans mon groupe et j'ai joué dans le sien. J'ai d'ailleurs arrêté de jouer dans son groupe avant qu'il ne quitte le mien. En fait, il était avec nous lors de notre dernière tournée, mais il est actuellement très occupé avec son nouveau disque. Je suis très fier de lui, le disque est formidable. Et oui, je joue sur deux chansons.

Quand son premier album est sorti, il était sur un plus gros label que le mien et dans la presse, c'était "Kurt Vile le guitariste de The War On Drugs blablabla". Je l'étais mais c'était différent, plutôt des relations musicales, on jouait tous ensemble chez lui. Donc je joue sur le nouveau disque et je jouerai sur le prochain s'il me le demande. Nous sommes liés pour toujours, on écrira des chansons ensemble, mais on doit s'occuper de nos projets en sachant que l'on jouera ensemble dès que nous le pourrons, c'est-à-dire dans peu de temps.

Merci pour cette entretien. Kurt, un dernier mot peut-être ?

Kurt Vile : Ho tu sais ! Merci de ton interêt ! C'est cool mec.

Entretien dirigé et traduit de l'anglais par Sam Nolin.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Kurt Vile
Le Myspace de Kurt Vile

Crédits photos : Sam Nolin


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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
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"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
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"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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