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puce L'éveil du printemps
Théâtre 71  (Malakoff)  janvier 2012

Drame de Frank Wedekind, mise en scène de Omar Porras, avec Sophie Botte, Olivia Dalric, Peggy Dias, Alexandre Ethève, Adrien Gygax, Paul Jeanson, Jeanne Pasquier, François Praud et Anna-Lena Strasse.

Oeuvre de jeunesse écrite en 1891 de Frank Wedekind, plus connu pour "La boîte de Pandore" immortalisé sous le titre de Lulu" après sa déclinaison opératique par Alban Berg, "L'éveil du printemps" est qualifiée de "tragédie enfantine" en ce qu'elle aborde le délicat passage de l'adolescence d'autant plus douloureux qu'il se déroule dans le cadre d'une société puritaine.

Sous forme d'une fable initiatique recelant un drame violent, le dramaturge allemand dénonce le puritanisme coupable, voire meurtrier, de la société de son époque qui répond par le silence, l'hypocrisie, une morale rigoriste et la répression à des réalités biologiques, psychologiques et sexuelles qu'il aborde sans ambiguité tout comme les sujets tabous qu'étaient l'avortement,l'homosexualité ou le suicide des enfants.

Il est ardu de porter sur scène cette thématique globale, dont certains aspects sont certes intemporels (voir "Salle d'attente" d'après Lars Noren mis en scène par Krystian Lupa programmé au même moment au Théâtre de la Colline), traitée dans un contexte socio-historique fortement connoté sinon obsolète.

Fort habilement, Omar Porras n'a pas versé dans la contextualisation multimedia à la mode mais a opté pour le conte onirique en se calant sur la partition originale - avec une efficace version resserrée due à Marco Sabbatini - composée également, avec son dénouement, comme un voyage initiatique.

Ce voyage est celui de Melchior, issu d'une famille aisée et relativement progressiste, enfant doué et "en avance" par rapport aux autres collégiens notamment son ami Moritz, le cancre de la classe qui est travaillé autant par le risque de redoublement qui décevrait ses parents modestes qui se sacrifient pour ses études que par ses poussées d'hormones, et la jolie Wendla qu'il va séduire et engrosser en toute innocence partagée. Difficile pour lui de survivre, jeté en maison de correction après le suicide du premier et la mort de la seconde victime d'une faiseuse d'anges.

Omar Porras a procédé de manière syncrétique en recourant à des références iconographiques cohérentes, sans faire de la reconstitution historique, et contemporaines de l'auteur, que sont celles de l'expressionnisme allemand, auquel ressortit l'auteur, et celles du grotesque et de la caricature vériste d'artistes comme Otto Dix et George Grosz, qui suscitent un rire jaune, usitées dans le théâtre et le cinéma des années 20 entre autres par Meyerhold et Ensenstein.

Avec la scénographe Amélie Kiritzé-Topor, qui a conçu un décor de no man's land intemporel pour adolescents en forme d'arrière cour terreuse sur fond d'obscure forêt, les créations lumières qui donnent parfois l'illusion du noir et blanc de Mathias Roche et la costumière Irène Schlatter, il parvient à un juste équilibre entre le fond, non exempt de symbolisme, et la forme.

Certes, Omar Porras a du métier et connaît la musique. Aussi parfois joue-t-il sur du velours quand il insère un extrait de "Riders on the storm" des Doors ou fait graffiter "Le cri" de Munch sur le mur qui sera éclaboussé du sang du suicidé. Mais l'ensemble est de belle facture et l'enchantement, même noir, fonctionne bien.

Il signe une mise en scène au cordeau et dirige parfaitement une troupe de comédiens, la plupart jeunes tant par l'âge que par leur parcours artistique qui, loin de toute posture ou affectation, réussissent totalement à camper aussi bien les enfants avec leurs attributs enfantins, la poupée de chiffon, le cheval à bascule, le cartable d'écolier, mais déjà trop grands pour leur costume d'enfant et les archétypes adultes.

C'est un sans faute pour le travail choral de Paul Jeanson (Melchior), François Praud (Moritz), Jeanne Pasquier (Wendla), Olivia Dalric et Sophie Botte (les mères), entourés de Peggy Dias, Alexandre Ethève, Adrien Gygax et Anna-Lena Strasse.

 

MM         
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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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