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Vincent Macaigne  (février 2012) 

Réalisé par Vincent Macaigne. France. Drame. 40 minutes. (Sortie 29 février 2012). Avec Thibault Lacroix, Laure Calamy et Anthony Paliotti.

Il y a quelques semaines, on avait découvert Vincent Macaigne dans une station balnéaire picarde, en acteur faussement lourd et lymphatique dans "Un monde sans femmes" de Guillaume Brac.

On le retrouve cette semaine réalisateur couvert de prix au Festival de Clermont-Ferrand, le Cannes duc court-métrage, avec un moyen métrage qui va sortir comme un grand film au MK2 Beaubourg, à l’instar du film de Sophie Letourneur, "Le Marin Masqué".

Si "Un Monde sans femmes" et "Le Marin Masqué", œuvres faussement légères, se rattachent à la tradition Rozier-Rohmer du meilleur cinéma hexagonal, "Ce qu’il restera de nous" opère, quant à lui, un singulier retour à l’autre grande voie royale du cinéma personnel à la française : celle de la noirceur et de l’inquiétude, chère aux Eustache, aux Garrel et aux Pialat.

Oui, c’est dans la cour des très grands qu’il s’installe aussitôt, dans la lignée de ceux qui ne font pas de différence entre cinéma et théâtre, voire avec tous les autres arts et notamment la peinture.

En quarante minutes, Macaigne plonge en effet dans un univers dont chaque seconde est un cri. Tout sera si vite posé pour le spectateur embarqué dans cette nef de folie et de rancœur qu’il lui faudra un cœur bien accroché pour ne pas sombrer dans l’océan des sentiments vomis par le trio mise en scène par Vincent Macaigne.

Un homme a brûlé sa Clio comme Néron a brûlé Rome et la redessine au pastel. Il n’a pas le talent que son frère a gâché pour devenir un médiocre cadre et un piètre amant. Les voilà tous les deux livrés àl’après de la mort d’un père injuste. qui laisse tout à l’un, l’écorché, l’alcoolique sentencieux, et rien à l’autre, le soumis, le "lèche-cul". . Coulent alors l’eau qui purifie et le flot des mots qui font mal. Tout le monde est nu dans cette catharsis, dans ce moment de colère inouï qui emporte toute possibilité d’amour.

Cinéma largement improvisé, laissant aux acteurs le soin de fixer leurs propres limites, "Ce qu’il restera de nous" culmine dans une scène d’hystérie dans laquelle la femme du frère "qui fait des stages chez l’Oréal", le visage entièrement couvert du rouge à lèvres de la honte, crie ses griefs à l’être trop aimé.

Rarement on aura vu quelqu’un se livrer aussi fort et aussi loin que Laure Calamy, qui laisse pantois dans sa performance totale, une performance de comédienne en scène sur l’écran. C’est cela tout le secret et toute la question de "Ce qu’il restera de nous" : où commence le cinéma, où finit le théâtre ?

L’encore fraîche naïveté cinématographique de Vincent Macaigne, homme de théâtre déjà rompu, lui permet de ne pas résoudre l’équation, de reculer le moment du choix. On espère pour lui qu’il saura ne pas trancher. Ce serait alors la preuve qu’il aura transformé l’essai gagnant qu’est ce moyen métrage d’une force saisissante

 

Philippe Person         
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