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Théâtre de la Tempête  (Vincennes)  mai 2012

Comédie dramatique écrite et mise en scène par Côme de Bellescize, avec Eric Challier, Maury Deschamps, Eléonore Joncquez, Vincent Joncquez, Teddy Melis et Benjamin Wangermée.

Vaste silence. Un drame se prépare, le public le sent mais les personnages, eux, n’en savent rien. Amédée, jeune homme de 20 ans assomme sa mère à force de faire des courses de formule 1 sur sa console vidéo. Soudain, cette console devient la vie et ce virage à fond, le dernier.

Après le flamboyant "Les Enfants du soleil" de Maxime Gorki, le précédent spectacle de la compagnie, le Théâtre du Fracas revient avec un texte de Côme de Bellescize, déjà auteur de la première pièce : "Les Errants" avec laquelle on l’avait découvert en 2007. Le thème traité ici n’est pas des plus facile : la fin de vie décidée par un tétraplégique (et inspiré d’un fait divers qui avait défrayé la chronique en 2003).

Avec talent, l’auteur nous plonge dans la tête, et surtout dans le cœur d’Amédée dont nous parvenons presque à éprouver en même temps que lui les multiples sentiments qui le traversent.

Entre les visites du médecin qui le suit, celles de celui qui dirige la clinique ou de sa mère qui le pleure, on suit la tempête dans son cerveau en miette dont le seul moyen de contact avec l’extérieur est la pression d’une main sur une machine qui lui sert à écrire des mots. Des mots de douleur et d’amertume. Les visites de son amoureuse ou de son ami pompier et son chef n’y changeront rien : Amédée veut mourir.

La belle trouvaille de cette pièce c’est le personnage de Clov, la conscience du jeune homme en quelque sorte, qui tantôt le pousse vers le haut, tantôt lui fait payer son inertie. Personnage mi angélique, mi satanique aux costumes épatants de Colombe Lauriot-Prévost, il est interprété par le génial Teddy Mélis, farfadet qui utilise toutes ses aptitudes clownesques pour donner à ce personnage une dimension fantasmagorique et burlesque.

Clov donne au spectacle une note irréelle, comme si l’on avait basculé dans un autre temps. Cet autre temps suspendu est très bien mis en valeur par une mise en scène brillante et inventive qui utilise au mieux tous les moyens à sa disposition (écrans vidéos, matériel médical, machines à bulle…) pour un spectacle fort mais qui ne sombre à aucun moment dans le pathos.

Les apparitions du capitaine des pompiers (formidable Eric Challier), personnage poétique et comique dont l’émotion devant une petite bulle sur les lèvres d’Amédée lors de l’accident le poussera à faire le maximum pour lui faire gagner son combat contre la mort apportent de la drôlerie.

Tout comme les scènes avec Eléonore Joncquez, aussi tordante que poignante, qui donnent des bols d’air à ce spectacle anxiogène. Les autres comédiens sont tout aussi excellents : Vincent Joncquez, sobre et juste apporte beaucoup d’humanité dans le rôle du médecin rééducateur, Maury Deschamps campe une mère dévastée avec émotion.

Enfin, Benjamin Wangermée est un Amédée sensationnel. Sans effet superflu et avec une présence permanente, il provoque l’empathie et porte le spectacle.

A travers le drame d’Amédée se brosse un portrait du 21ème siècle où le règne des images (jeux vidéos, émissions à sensation, clips), le culte du corps, de la performance et du sexe donne une détresse supplémentaire au jeune homme qui se voit encore plus inutile et sombre peu à peu.

Superbe réalisation de Côme de Bellescize, "Amédée" suscite une foule d’interrogations et a la beauté d’une bulle, fragile et fugace.

 

Nicolas Arnstam         
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# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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