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Interview avec Riley Briggs  (Pias)  septembre 2004

Le jeune Riley Briggs, tête pensante du groupe écossais Aberfeldy qui dispense cette pop claire que leurs compatriotes Belle et Sebastian ont remis au goût du jour était de passage à Paris pour la promotion de leur premier album Young forever.

Il a répondu avec gentillesse à nos questions...et avec un sacré accent !

Quelles sont vos influences musicales ?

J’écoute un peu de tout. J’aime des choses allant de AC/DC à la musique country en passant par la musique pop, Bob Dylan, The Beatles. Il n’y a pas d’artiste ou de genre que j’aime par-dessus tout. En ce qui concerne l’album d’Aberfeldy, il a été influencé par Michael Hurley, un chanteur américain des années 70. Il y aussi Incredible String Band un groupe folk écossais des années 60 et The Beatles. On écoute tous The Beatles. Il y a aussi Tod Rundgren, Neil Young.

C’est assez étonnant en écoutant l’album j’aurais pensé à des influences plus clairement pop (les Beatles mis à part). L’album me fait d’ailleurs pensé aux " Pappas Frittas".

Vous êtes la seconde personne à me parler de ce groupe mais je ne le connais pas. Nous n’écoutons pas vraiment de musique récente. Nous achetons tous nos disques dans des boutiques d’occasion.

D’après ce que j’entends vous n’êtes pas du genre lecteur acharné du NME ?

Certainement pas. Ce n’est pas ma tasse de thé. Ceci étant nous avons été single of the week avec le titre "Heliopolis by night". Nous avons eu le droit à une bonne critique. Nous avons aussi eu le droit à un bon article. Je l’ai donc acheté deux semaines de suite, mais c’est exceptionnel.

En résumé on peut dire que vous êtes un fan de musique mais surtout un fan de oldies

Oui. La musique actuelle que j’aime sonne ancienne. Mais de toute façon, je n’ai pas les moyens de m’intéresser à la musique actuelle. Je n’ai pas d’ordinateur et je ne peux donc pas télécharger de musique. Je ne peux pas m’offrir de pc mais sinon je suis sûr que je serais beaucoup plus à l’écoute des nouveautés.

Que pensez vous de la scène rock écossaise? Que pensez vous de groupes comme Travis, Belle and sebsatian, Trash can sinatras, Cocteau twins?

Tous ceux là sont des bons groupes. A peu près tous les cinq ou dix ans, une dizaine de groupes écossais apparaissent dans les charts. En fait, il y a toujours eu de très bons groupes un peu partout en Ecosse. C’est juste que de temps en temps la lumière est faite sur un certain nombre d’entre eux. C’est mieux pour un journaliste d’écrire sur un groupe s’il peut le rattacher à un courant, ou à une scène musicale.

Les Trash Can Sinatras ont été dans les charts ?

Dans les charts écossais. (rires) Ceci étant, l’Ecosse est un endroit propice pour les groupes, surtout ceux qui débutent. C’est en particulier le cas à Glasgow où il est assez facile d’organiser des concerts et de trouver du public pour venir y assister. Un nouveau groupe n’est pas obligé de passer par toutes les étapes qui sont imposées à Londres. A Londres, vous devez d’abord passer par exemple faire des showcases pour le gens de la profession,... C’est un processus beaucoup plus long et difficile pour parvenir à faire écouter votre musique, à rencontrer le public.

Mais vous venez d’Edimbourg ?

Oui, Edimbourg est plus petit et c’est plus difficile pour les musiciens. Il y a moins de groupes, moins de scènes, moins de public. C’est Glasgow qui a toujours été la ville la plus active pour la musique. C’est de là que viennent la plupart des groupes. Je pense que c’est en grande partie dû au fait que beaucoup de gens vont à l’université à Glasgow. Ils y vont pour étudier pas pour travailler.

Ce qui est bien à Edimbourg, c’est qu’il y a chaque année un grand festival. C’est un festival des arts de la scène, pas uniquement un festival de musique. Pendant un court instant, Edimbourg se transforme en Londres. C’est l’occasion de rencontrer des agents et pourquoi pas de glisser son CV (rires)

Les écossais, tout comme les irlandais semblent avoir des facilités pour jouer de la musique. Cela semble quelque chose de très naturel. Qu’est ce qui fait que vous soyez si à l’aise ? Peut-être chantez vous dès votre plus jeune âge ?

Tout ce qui fait partie de la culture écossaise intéresse beaucoup les gens. Enfin, c’était le cas, je ne sais pas si ça l’est toujours. Enfin, je ne sais pas trop, j’ai une vision faussée car j’ai été élevé dans une ambiance musicale. J’ai appris à jouer d’un instrument très jeune. Mes parents sont tous les deux musiciens : ma mère joue de la guitare et mon père est batteur. Mais sinon en Ecosse, faire de la musique est largement encouragé à l’école.

Depuis combien de temps jouez vous de la musique ? Est-ce votre premier groupe ?

Oh non, je suis dans un groupe depuis que j’ai l’âge de douze ans. J’ai toujours fait partie d’un groupe depuis. Mais ça ne m’a jamais aidé à trouver un emploi. (rires)

Tous vos groupes faisaient- ils le même genre de musique ?

Non. Au début je faisais du punk. Ensuite, il y a eu un groupe qui faisait du rock garage influencé par la musique des sixties. Il y a aussi eu un groupe qui faisait de la musique avec des synthétiseurs. C’était une sorte de mélange entre Kraftwerk et des choses plus rock.

Vous êtes une sorte de caméléon ?

Oui c’est vrai. Mais je m’ennuie assez rapidement lorsque je ne joue que d’une seule sorte de musique. C’est plus intéressant de jouer devant différents types de public dans différentes situations. C’est bon d’être le plus possible occupé. Lorsque l’on veut faire de la musique, il ne faut pas être gêné d’en faire tout le temps. Il vaut mieux sortir, aller jouer avec d’autres personnes plutôt que de rester chez soi à s’entraîner. Plus vous partagez votre musique avec d’autres, mieux c’est.

Comment composez- vous ? Est-ce le groupe en entier ? Vous d’abord, ensuite vous amenez aux autres membres les morceaux ?

Oui je suis en général à l’origine des morceaux. Lorsque j’ai une idée, je la note par écrit avant qu’elle ne disparaisse. Ensuite j’enregistre en chantant ce que j’ai en tête sur un magnétophone. Le lendemain, je présente tout ça au reste du groupe.

Avec quels instruments composez vous ?

Guitare. Mais pour ce disque, j’ai utilisé d’autres instruments : un orgue, un orgue électrique des années 70. J’utilise des guitares et des claviers récupérés dans des brocantes ou des magasins d’occasions. Je n’ai pas d’ordinateur, je n’utilise que des instruments organiques.

Ce disque a été enregistré live. Etait-ce important ?

Oui. En fait, d’abord nous avons choisi de l’enregistrer live car ça sonnait mieux. Par ailleurs, c’est vraiment très satisfaisant de pouvoir jouer un morceau et d’écouter le résultat juste après. On sait immédiatement à quoi le résultat ressemblera. Lorsque l’on enregistre en utilisant de nombreuses pistes, il faut attendre le mixage pour avoir une idée de ce à quoi le morceau va ressembler. Dans le cas du multipiste, on se dit que si le résultat n’est pas satisfaisant on pourra toujours ajouter des effets, refaire les voix, changer les harmonies. Lorsque l’on enregistre live, on doit savoir exactement ce qu’on va faire avant de démarrer l’enregistrement. Et si le résultat n’est pas concluant, il faut changer ce qui ne va pas et recommencer l’enregistrement.

Nous avons joué les morceaux quelque choses comme vingt fois d’affiler, jusqu'à ce que le producteur juge que nous avions suffisamment de matière. Nous avons continué ainsi, morceau après morceau. Ensuite nous avons réécouté chacune des vingt prises et associé une couleur à chacune des parties des différentes interprétations. Par exemple, nous mettions du bleu foncé si une partie nous plaisait et du rouge si nous la jugions inadaptée. Puis nous avons utilisé un ordinateur pour recoller ensemble toutes les parties bleu foncé. Donc ce qu’on entend sur le disque a bien été enregistré live au travers d’un unique micro mais résulte de plusieurs prises.

Lorsque l’on joue live, le son est plus puissant, non ?

Non. Je pense que le son est surtout plus fort. Mais c’est un exercice assez difficile, surtout lorsque vous utilisez des instruments acoustiques, comme une flûte ou une guitare. Nous avions plein de problèmes de feedback. On est facilement tenter de rebrancher les amplis. Après avoir enregistré cinq morceaux, nous avions tous envie d’abandonner. La contrainte de l’enregistrement live que nous nous étions fixé, nous paraissait vraiment insurmontable. Mais nous avions choisi cette option au départ et nous nous y sommes tenus. Au final nous sommes contents de l’avoir fait ainsi.

Vous utilisez des instruments peu courant chez les groupes de rock : la flûte, la mandoline, un métallophone, … Quel est le but recherché ?

C’est un peu ennuyeux de ne toujours utiliser que des guitares. Il y a une violoniste dans le groupe, et il n’y a pas toujours du violon dans les morceaux. Donc plutôt que de ne rien faire, elle joue de la flûte sur les autres morceaux. (rires) Le métallophone n’est pas si inhabituel que ça. C’est un instrument qui a même été sur-utilisé. Il est pratique pour donner une certaine ambiance, ajouter de la clarté au morceau. C’est un peu comme saupoudrer le morceau avec de la poussière d’étoile. Le métallophone est vraiment un instrument très utile. Il suffit de quelques notes pour qu’il se détache des autres instruments. C’est la même personne qui joue de la mandoline et de la flûte. La mandoline est un instrument assez classique.

Allez vous faire des concerts en France ?

Oui normalement. Je pense que ça devrait se faire d’ici la fin de l’année. Nous n’avons pas d’agent pour le moment mais ça ne devrait pas tarder.

En tant que public, vous souvenez vous de concerts qui vous aient marqué ?

Le meilleur groupe que j’ai vu en concert, c’est Turbonegro un groupe norvégien. C’est le meilleur concert que j’ai jamais vu. Je les ai vus à Glasgow. Ils faisaient un rock proche d’AC/DC. Le premier concert que j’ai vu, c’était The shadows. Mon père est un fan de The Shadows, il m’a emmené les voir, je devais avoir sept ans.

Y a-t-il un sens à donner au titre de l’album “Young forever”? Et y a-t-il un sens à l’illustration sur la pochette du cd ?

Il y a une sorte de relation entre les deux due à une mauvaise blague. Les deux lions de la pochette se rencontrent pour créer des jeunes lions. En continuant à se reproduire ainsi, il y aura des jeunes lions pour toujours ("Young forever"). En fait, l’illustration de la pochette provient d’un livre pour enfants, un livre d’histoires je crois. Je la trouvais assez marrante. Je voulais que le disque porte le nom d’un des morceaux. Nous avions cette image qui prenait un sens avec le titre "Young forever". C’est comme ça que les choses se sont faites.

Quels sont vos projets pour le futur ? Un nouvel album peut-être ?

Oui je ne pense pas que nous referons le même disque. Nous avons déjà quelques morceaux à enregistrer. Je pense que nous enregistrerons ça d’ici la fin de l’année. Le son du prochain album sera différent. Il y aura plus de claviers, des synthétiseurs. Il sera un peu moins doux. Enfin pas radicalement, mais quand même un peu moins doux.

Vous voyez-vous faire autre chose que de la musique ? Avoir un boulot "normal" ?

Non c’est trop tard pour moi. Je ne suis pas vraiment intéressé par l’argent. Enfin, quand même un peu comme tout le monde. Mais je préfère ne pas gagner d’argent et faire quelque chose qui me plait. Je ne me vois travailler dans une banque ou quelque chose comme ça.

Si vous aviez trois mots pour définir votre musique, quel serait votre choix ?

Quite harmless really

(Il réfléchit …)

Not too bad

 

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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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