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puce Eloge de la trahison
Jacques Aboucaya  (Editions du Rocher)  janvier 2012

Dans cet opuscule qui se veut un plaidoyer en faveur des traîtres, Jacques Aboucaya comprend la trahison selon au sens large du terme. En plus de la défense de celui qui poignarde un compagnon de route dans le dos, il traite aussi de la trahison aux valeurs, à la coutume, à ce qui est généralement admis par le plus grand nombre.

Malgré son titre, ce livre ne cherche pas à justifier l'indéfendable, mais à trouver des circonstances atténuantes aux "salauds". Il ne va donc pas aborder l'art de retourner sa veste à l'aune d'une valeur morale (édictée par qui ?), mais l'auteur va expliquer une action en se plaçant dans la posture de l'isolé, du paria, du mal-intégré. C'est-à-dire qu'il va donner un alibi à celui qui adopte une opinion hors-norme. Jacques Aboucaya avance souvent l'utilitarisme comme axe d'explication, voire de défense à la trahison. Le traître, c'est ce personnage grâce à qui l'intrigue progresse. Sans trahison, le shéma thèse / antithèse / synthèse ne peut se mettre en place, interdisant le développement de l'histoire.

Il va chercher ses exemples dans l'Histoire, dans les arts, dans la politique et, bien évidemment dans la religion. Le nom de l'apôtre Judas est tellement emblématique de la trahison qu'il est devenu un nom commun. Mais rien de bien neuf sous le soleil. Ainsi, comme on le sait, l'histoire est écrite par les vainqueurs, Céline est un grand écrivain malgré ses pamphlets antisémites, le sport professionnel est le paradis des tricheurs, quant aux professionnels de la politique, ils retournent leur veste à la première occasion, qu'il s'agisse de personnages historiques ou de petits dirigeants actuels auxquels les livres de cours, dans quelques décennies, consacreront au mieux un entrefilet comme pour les Présidents de la Troisième ou de la Quatrième. On se régale néanmoins de quelques anecdotes sur Eric Besson, Edouard Balladur ou Olivier Stirn.

Les exemples donnés par l'auteur sont nombreux et variés, mais on regrette parfois l'absence de développement ou le rappel du contexte de la trahison. Lorsque celui-ci illustre son propos par certaines fables mythologiques, l'action de personnages de romans ou une histoire éloignée, il semble penser, à tort, qu'elles sont connues de tous, qu'elles font partie d'un socle de culture commun à l'ensemble de ses lecteurs. Ceci n'empêche cependant pas d'apprécier le propos, et de retourner se cultiver après avoir terminé son ouvrage.

La forme adoptée qui s'apparente à un dialogue de théâtre donne principalement la parole au défenseur des traîtres et ne permet donc pas l'équité du temps de parole, ce qui en fait bien un Eloge de la trahison. Cependant, on fera remarquer à Jacques Aboucaya que lui-même trahit le titre de l'ouvrage puisqu'en faisant parler un personnage fictif, même si celui-ci peut être abordé comme l'alter ego de l'auteur, il n'assume entièrement pas les propos tenus dans le livre. Ce petit ouvrage amusant, d'une mauvaise foi revendiquée, vous aidera néanmoins difficilement à trouver des excuses dans la vie courante lorsque vous vous comportez vous-même en beau salaud.

 

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Laurent Coudol         
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# 11 avril 2021 : Culture en résistance

Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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