Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce L'important, c'est d'aimer
Andrzej Zulawski  août 2012

Réalisé par Andrzej Zulawski. France/Italie/Allemagne. Drame. 1h49. (Sorti le 8 août 2012 - 1ère sortie 1974). Avec Romy Schneider, Klaus Kinski, Jacques Dutronc, Fabio Testi, Claude Dauphin et Roger Blin.

On "fête" ces jours-ci le cinquantième anniversaire de la mort de Marilyn Monroe. C'est à une autre suicidée du septième art qu'on va ici rendre hommage, une autre femme fragile emportée presque de la même manière vers le néant.

En acceptant de tourner "L'important, c'est d'aimer" sous la direction du jeune Andrzej Zulawski, Romy Schneider croit qu'elle va enfin pouvoir prouver qu'elle est une comédienne et non la jolie nunuche autrichienne jouant les partenaires idéales pour les vedettes françaises du moment.

Dans ce film, elle n'est pas confrontée à Delon, ni Noiret, ni Trintignant, ni Piccoli, ni Montand. Elle est face à elle-même, face à son destin, son vrai destin et plus celui d'une petite princesse boulotte bien commode pour ripoliniser l'Autriche d'après Hitler.

En choisissant d'adapter "La Nuit américaine" de Christophe Frank, et de s'associer à l'auteur pour cette adaptation, l'ambitieux Zulawski sait qu'il va devoir se coltiner une armada de clichés, marque de fabrique du futur réalisateur-auteur de "L'Année des méduses", et qu'il n'aura d'autre solution que de les pervertir ou de les sublimer.

C'est ce qu'il va s'employer à faire en tressant au scalpel le portrait d'une actrice déchue tentant de revenir à la lumière au moment où le cinéma se complaît à montrer la chair.

Mais montrer la chair quand la chair est triste de se montrer, ce n'est pas faire se déshabiller une femme brisée pour tourner un porno soft, c'est conduire une puritaine au Golgotha, c'est conduire une Romy Schneider démaquillée au bout d'elle-même.

A-t-elle fait le bon choix en suivant le jeune loup Polonais dans son cinéma de l'extrême, entre fantastique et hyper-réalisme ? Aimant les acteurs, et mieux encore les actrices, il n'a de cesse de les pousser vers l'hystérie et le pathos. Le voyage n'est pas sans risque, même s'il vaudra des Césars à Romy pour ce film-là et à Adjani pour "Possession".

Et puis, ici, Romy est à l'image de Martine Carol dans "Lola Montès" : les hommes l'entourent, la désirent mais ne lui sont d'aucune aide. Il y a bien Klaus Kinski, habitué à Werner Herzog, et qui sait donc ce qu'elle endure. Il y a surtout Fabio Testi, en beau mec vide et Jacques Dutronc, dont on appréciera la merveilleuse absence de jeu. Jamais, à l'exception de Robert Mitchum, on n'avait vu quelqu'un d'aussi capable de ne rien jouer avec une telle intensité dans le détachement.

On ne doit pas cacher que "L'important, c'est d'aimer"a peut-être pris un coup de vieux comme bien des films qui se croyaient modernes à leur sortie. N'empêche, il tient mieux le coup que l'autre "Nuit Américaine".

Sans doute, parce Romy Schneider s'y donne trop à fond. Elle est aussi sincère qu'une mauvaise comédienne. Incapable de se protéger, elle croit à ce qu'elle dit et à ce qu'elle fait. Les mots la touchent et elle les prend pour tragédie comptante et saura hélas s'en souvenir quand le malheur absolu la touchera.

Ce film, cette expérience qui devait la sauver du cinéma français, n'aura donc pas été quelque chose de positif dans la carrière de Romy, car pour se préserver davantage, elle s'enfoncera dorénavant à cœur perdu dans des rôles "faits" pour la star qu'elle est devenue et n'y trouvera pas ce réconfort dont elle avait tant besoin.

Parce qu'on y verra Romy Schneider jouer pour la seule fois de sa longue carrière, parce qu'on y découvrira un Zulawski pas encore prisonnier de sa fausse maîtrise, et parce qu'on y entendra une des meilleures musiques pour le cinéma de l'immense Georges Delerue, "L'important c'est d'aimer" est le film de cet été 2012.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 7 mars 2021 : Mars et ca repart... peut être

Pas de nouvelles très réjouissantes du côté de la culture en ce mois de mars, veille de printemps. Rien sur les salles de spectacles, les musées et les cinémas de rares évocations de la réouverture des restaurants à midi "quand on pourra". Bref, pas de quoi se réjouir. Voici en tout cas notre sélection culturelle pour tenir le coup en attendant.
on commence par le replay de la MAG #22

Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=