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puce Festival Le Cabaret Vert #8 (jeudi 23 août 2012)
Eagles of Death Metal - The Big Guns - Cancer Bats - Kap Bambino - Manu Chao  (Square Bayard, Charleville-Mézières)  du 23 au 26 août 2012

"Au Cabaret Vert. Cinq heures du soir, Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines, Aux cailloux des chemins..." Notre cher Arthur Rimbaud se serait-il douté que, plus d'un siècle plus tard, son poème deviendrait le nom d'un Festival de qualité, et que sa trogne d'adolescent rebelle ornerait fièrement son affiche non moins rebelle ? Rien que pour le plaisir de fouler de mes "bottines" les terres d'un poète fascinant, il me fallait aller flâner du côté du Cabaret vert. Et ce fut sans regret.

"Un festival onirique au cœur de la ville" : dans cette formule, rien n'est usurpé. Le site du festival, en effet, se révèle assez exceptionnel. Deux scènes, très bien disposées, occupent un espace sublimé par une déco aussi lumineuse que judicieuse qui rend le stade Bayard, en plein cœur de la ville de Charleville-Mézières, féerique et cosy. On n'oubliera pas non plus de vanter les mérites de stands anti-malbouffe qui proposent de vrais produits du coin et de la bière d'excellente qualité – à côté, le bar VIP "Jack Daniels" paraît même un peu insipide...

Enfin, mille bénévoles arpentent sans relâche le site et ses recoins, incarnant l'éthique résolument écologique du Festival – et je blâme, et je blâmerai encore, tous ces festivaliers que j'ai vus jetant par terre verre, mégots, déchets divers, alors que des centaines de poubelles incitaient au tri... Moralité : nous vîmes cinq groupes le jeudi (c'est peu), dix groupes le vendredi (c'est trop). Voici donc quelques considérations plus intempestives qu'inactuelles sur les "live" d'un festival qui fut pour moi une (bonne) première.

Eagles of Death Metal

Commençons par le commencement, soit l'entrée en scène fracassante de Jesse "Boots Electric" Hughes, dans un dandinement hyper-sexy à faire pâlir n'importe quelle donzelle, le tout sur "Born on the Bayou" des Creedence Clearwater Revival. S'ensuit un set impeccable, où le déluge de rock côtoie un show inattendu grâce à un frontman prêt à tout, hyper-motivé, souriant voire hilare, et visiblement bien décidé à nouer des liens avec son public.

Autre bon point qui ravit les fanatiques : les EoDM jouent tous leurs albums, de Peace, Love, Death Metal avec "I only want you", qui ouvre le bal, jusqu'à Heart on et son légendaire "Wannabe in L.A.", en passant, évidemment, par l'incontournable Death By Sexy. De plus, pas de petit ennui entre les morceaux : Jesse Hughes donne tout, tout le temps, joue érotiquement avec une serviette blanche, boit un (ou deux, ou trois) verres cul sec, rigole avec les groupies collé(e)s aux crashs-barrières... A l'air de se faire plaisir, en somme. Plus en retrait sont les autres membres du groupe : Brian O'Connor, le corps en échalas moulé dans un t-shirt des Arctic Monkeys, encore plus que Dave Catching, qui exhibe tout de même sa Gibson Flying V. Mais... qui est le batteur ? Pas Joey Castillo, en tous les cas, dont on suppose qu'il enregistre en ce moment avec les QOTSA.

Premier live de la soirée, j'avoue que les EoDM mettent la barre très très haut, autant d'un point de vue technique que scénique. La lumière rasante de cette magnifique fin de journée ne gâche rien, donnant un éclat particulier à la moustache rousse de l'homme au t-shirt Jack Daniels – en passant, bravo à l'heureux gagnant qui a réussi à récupérer cette relique en fin de set sans se faire lyncher par ses acolytes de fosse.

Un bémol ? Oui, car il y en a un. Un changement de programmation de dernière minute, indiqué sur le site internet du festival mais immanquablement pas sur les billets, a provoqué quelques tensions du côté des festivaliers qui pensaient le set des EoDM à 20h. Autrement dit, qui, après une course folle à travers le site du Cabaret Vert, n'ont profité, en tout et pour tout, que de dix minutes de concert... Et vu ce qu'ils ont raté, toutes mes pensées les accompagnent.

The Big Guns

Après le coup de massue des EoDM, les Big Guns, qui devaient à l'origine ouvrir le festival, paraissent, malheureusement - et malgré eux, on le sait - bien fades. On découvre, néanmoins, dans ce jeune groupe rémois, une petite formation "ska-jazz" sympathique, estampillée "jamaïcan music", avec des cuivres bien calés, et une belle voix pour mener l'ensemble. Le tout fonctionne, proposant un ska encore vert, moins "endiablé" que prévu, mais qui semble prometteur.

Cancer Bats

Groupe canadien avec à son actif pas moins de quatre albums, les Cancer Bats – dont je n'avais, je l'avoue, jamais entendu parler, bien qu'ils soient visiblement très connus dans leur pays - naviguent dans les eaux troubles d'un métal un peu heavy, qu'agitent les courants chauds d'un punk tout à fait hardcore. Le set est déchaîné, sans conteste, généreux également, car Liam Cormier, le chanteur, fait un effort tout à fait appréciable pour parler français et se lier avec son public, donne tout – mais crache trop... -, tandis qu'on découvre en Jaye R. Schwarzer un bassiste tout à fait charismatique. Mais on ne peut s'empêcher de trouver et les morceaux et le jeu de scène, à un moment donné, un peu trop répétitif. Comparés souvent à Converge ou Hatebreed, les Cancer Bats m'ont aussi fait pensé, dans les sets récents que j'ai pu couvrir cette année, à une doublure, malheureusement imparfaite, de Refused...

Kap Bambino

Faut-il dire, dans un live report, la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ? On hésite un peu quand même, car les Kap Bambino, c'est déjà quatre albums, et des fans à ne plus savoir qu'en faire. Pourtant... Est-il nécessaire de s'échiner à faire une phrase syntaxiquement correcte pour évoquer un live dont la substance s'est réduite avant tout, et selon mes oreilles sans doute ignares, incompétentes et fatiguées, à du bruit ? Soyons donc légèrement acide, le temps d'une simple énumération : son hyper-saturé pour un groupe décrit comme "enragé du décibel", cacophonie – pardon : "punk mixé à l'électro" nous souffle le dossier de presse –, cris de souris épileptique d'une chanteuse qu'on remercie quand même d'être en transe, c'est-à-dire d'y croire un tant soit peu, mélodie absente ou brouillonne, voix noyée dans un delay/reverb insoutenable. C'est assez. Et cela est d'autant plus dommage que les albums de Kap Bambino, notamment Dévotion, présentent beaucoup plus de variétés sonores, de maîtrise et de personnalité que le live qu'on a eu sous les yeux...

Manu Chao

Ah qu'il était doux le temps de la Mano Negra, diront certains... Tête d'affiche de cette soirée, Manu Chao propose malgré tout un set généreux (deux heures !) et tout à fait fédérateur – ou presque. Pour l'anecdote, voilà ce que mes oreilles qui traînent toujours un peu ont entendu dans le public : "Et ton pote Y, il vient pas ce soir ?", réponse de l'intéressé "Tu rigoles ? Il m'a dit qu'il paierait pas x euros pour voir chanter un communiste sur scène !". Et au loin, dans le public compact et motivé-motivé, flotte ostensiblement un drapeau de la CGT...

Quoiqu'il en soit, les amateurs de world musique et d'animateurs de foule seront satisfaits de ce live très attendu, simple mais efficace, bien ficelé bien que répétitif, clairement plus familial qu'engagé. Mais qu'importe, le compte est bon et le pari tenu : la foule est emballée, les gens se déhanchent et chantonnent "Clandestino", et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival Le Cabaret Vert
Le Facebook du Festival Le Cabaret Vert

Crédits photos : Sophie Hébert
Article écrit en collaboration avec Yannick Hervé


Sophie Hébert         
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# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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