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François Vallejo  (Editions Viviane Hamy)  août 2012

François Vallejo, un des auteurs phares - et fidèles - des Editions Viviane Hamy, y publie en 2012 son dixième roman intitulé "Métamorphoses" dont le titre avec le pluriel est déjà par lui seul, un indice de sa densité.

La thématique centrale, qui aborde un sujet sociétal contemporain, pourrait être celle de la conversion religieuse à la religion islamique avec pour intrigue la lutte d'une jeune femme pour extirper son demi-frère, Français de souche né "dans une famille mécréante de naissance et par nature", des griffes de l'intégrisme musulman.

Métamorphoses, mot aux sens multiples, et au pluriel également sans doute parce que, au cours de sa vie, l'homme peut changer, changer de pensée, de vie, de croyance, et, en l'espèce, tandis que le frère gravit le chemin de la radicalisation religieuse pour exterminer les infidèles, la soeur, atteinte d'une sorte de mysticisme profane, part également en croisade mais pour le sauver.

Mais est-ce vraiment "le" seul sujet de ce roman ? Ne serait-ce pas l'arbre qui cache la forêt ?

Et le choix comme illustration de couverture d'une photographie de Andreas Mahl intitulée "Danse dans les arbres", artiste par ailleurs fasciné par le thème du double et du dédoublement, qui évoque la fable "Le Baron Perché" d'Italo Calvino qui a inspiré "L'arbre aux échelles" conçu et exposé in situ dans le Château de Chaumont-sur-Loire par François Méchain, et la métaphore de l'échelle comme accessibilité à la liberté et à la connaissance et invitation à regarder autrement le monde, conforte d'autant plus ces interrogations que François Vallejo ne tisse jamais ses opus avec un seul fil.

En l'espèce, il décline à nouveau la thématique de la famille à travers le paradigme fraternel en explorant, dans un contexte particulier, la relation mimétique et la dualité du lien qui génèrent une affection passionnelle réciproque au sein du couple fraternel sans intervention de la relation parentale, qui conduit à la solitude mais également au soutien indéfectible même s'il passe par une rivalité voire une domination.

Car telle est la relation équivoque entre une soeur et un frère utérins dont la fille, l'aînée non désirée ("le produit d’un accident antérieur ; une mauvaise rencontre de ma mère") est chargée de veiller sur son frère, l'enfant de l'amour d'un couple parental symbiotique ("le seul vrai fils de ses deux parents") qui est toutefois davantage absorbé par sa vie professionnelle que par ses rejetons, une relation d'amour pathogène ("Alban et moi, une sorte de jeu ou de folie à deux") qui rappelle celle des enfants Herzog relatée par Félicité Herzog dans "Un héros" même si les manifestations extérieures en sont différentes.

Se noue alors dès la prime enfance un lien fraternel pervers : la soeur appelle rarement son demi-frère "mon frère" ou "mon demi-frère" mais presque toujours "mon demi" et acquiert sur lui un ascendant aussi naturel que volontaire et déterminé qui explique peut-être pour ce "demi" pour le moins sous influence voire sous domination de l'aînée le besoin d'exister à part entière, de faire ses propres expériences et d'acquérir une identité en dehors de cette relation ("Mon demi a toujours souffert de l’étroitesse de sa vie, il cherche à lui donner une dimension planétaire, à montrer son importance").

Et tous les deux souffrent de propensions névrotiques : lui, "Un enfant inquiet perpétuel taiseux qui répugnait à aligner plus de trois phrases dans la journée" elle, de tempérament solitaire (les amies se marient, les hommes "aucun ne me retient"), et l'épreuve qu'elle va vivre va exacerber les tendances cyclothymiques, délirantes et paranoïaques.

Tout commence quand Alix, artiste plasticienne avortée reconvertie en restauratrice de peintures anciennes, et plus précisément des oeuvres religieuses, apprend que son demi-frère Alban, doctorant en chimie moléculaire s'est converti à la religion musulmane.

Mais pas une conversion religieuse de celle inoffensive pour autrui, révélation personnelle à la Paul Claudel ou mysticisme extatique de la pucelle témoin de la manifestation divine, mais celle à une foi sectaire et intégriste qui prône sa suprématie pour le bien de l’humanité.

Dès lors, atteinte de graphomanie cathartique, elle va tenir un journal relatant tous les épisodes de la lutte engagée, quasiment seule contre tous, pour relater ce qui s'est passé, "sauver" son frère et surtout pour le récupérer ("Ce qui me met en rage, c’est de n’avoir plus aucune prise sur mon demi").

Et ces écrits subjectivisés, s'ils tentent de comprendre le parcours du frère et son argumentaire basé sur la prééminence de la foi musulmane qui "propose un destin collectif, soulage les hommes de tous les tourments de l’injustice et de l’humiliation auxquelles les sociétés de l'hémisphère nord les ont condamnés et ose une conquête universelle et authentique" et la légitimité de son combat ("Les musulmans pacifiques traités en ennemis par les anti-islamistes sont devenus des guerriers de leur foi"), ils se focalisent largement sur celui de la soeur qui est prête à tout ("Tu ne partiras pas. Si je dois me convertir à ta religion pour te retenir, je me convertirai demain").

Une soeur chez qui sévit une confusion névrotique des sentiments ("Je veux être la sœur, la mère, l’amante de tous les innocents", entre ceux de la soeur, de la mère ("... l’intuition, confirmée une fois de plus aujourd'hui, qu’il irait toujours trop loin sans moi"), ("... mes manoeuvres, à l’adolescence, pour soustraire Alban à leur autorité"), de l'amante (Mon frère "l’enfant étroit d’épaules, mon petit frère primitif devenu un athlète bronzé... un petit mec craquant avec un don verbal...") qui est au coeur de son engagement dans un combat qui va finalement s'engager contre tous.

François Vallejo livre un opus à flux tendu, à l'écriture maîtrisée et palpitante, qui aborde à chaud le sujet contemporain récurrent de la montée de l'Islam radical ainsi que la résurgence du communautarisme à un siècle prêchant l'épanouissement personnel et exaltant le parcours individuel à travers l'attrait qu'ils peuvent exercer sur des individus en perte de repères ou en quête d'un absolu donnant un sens à leur vie.

Par ailleurs, par le choix de cette histoire de vies, il conduit le lecteur à s'immerger dans le fonctionnement intime et douloureux d'une fratrie atypique et le récit de deux parcours et combats personnels en symétrique au dénouement aussi incertain et imprévisible que déroutant.

 

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# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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