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Institut du Monde Arabe  (Paris)  septembre 2012

Tragédie de Frédric Boyer, mise en scène de Jean-Baptiste Sastre, avec Hiam Abbass, Jean-Baptiste Sastre et les Compagnons d’Emmaüs.

"Phèdre les oiseaux", c’est d’abord une colère, un reproche, un flux de mots, un flux poétique qui sort brutalement, organiquement, du corps d’une femme dévorée d’amour, pleine d’écorchures et d’emportements.

Hiam Abbass, cheveux noirs robe noire, jambes nues, bien posée dans ses Doc Martens vertes, a l’assurance d’une héroïne grecque qui parlerait arabe.

Plus Irène Papas que Mélina Mercouri, elle fait face à l’être aimé sans retour. Comme elle, il a la voix assurée, parfois courroucée, et refuse le jeu qu’elle lui propose. Jean-Baptiste Sastre, par ailleurs metteur en scène du spectacle, est l’archet qui donne toute son ampleur à la musique de Hiam Abbass.

Frédéric Boyer a composé une supplique d’amoureuse en prise à la raison de celui qui ne peut pas lui rendre cet amour. Phèdre n’est pas l’épouse d’un héros mythique, mais un prénom qui résume toutes les femmes de tous les temps et de toutes les civilisations, prises dans les tourments de l’amour à mort.

Entre Phèdre et Hippolyte, ces êtres qui ne fusionnent que dans la haine, il y a un chœur multiple et universel qui cherche à les réconcilier, à leur proposer une autre voie que celle empruntée par la tragédie grecque.

Ce chœur, c’est celui des Compagnons d’Emmaüs, d’abord pelotonnés les uns contre les autres dans la solidarité de leurs différences, puis, peu à peu, osant intervenir chacun leur tour pour offrir un chatoiement de paroles et d’expériences.

Certes, dans cette bulle de blancheur qu’est l'"IMA mobile", la scène n’est qu’un espace où les acteurs s’expriment à hauteur des spectateurs, en pouvant parfois frôler les premiers rangs. On a l’impression d’être dans un long couloir blanc, élément d’un labyrinthe blanc dont on ne fixerait qu’un détour, permettant de fuir ou de se cacher.

Mais ce qui "dé-théâtralise" cette évocation assure aussi une proximité presque charnelle avec les protagonistes. Les voix ne résonnent pas théâtre et l’on perçoit non médiatisée par une "vraie scène" la force de conviction de Hiam Abbass. Impressionnante en Phèdre, cette petite Piaf palestinienne est la grande âme d’un peuple bien rôdé à la tragédie.

On aimera ce moment qu’elle partage avec les Compagnons d’Emmaüs, heureux d’être de ce festin lyrique concocté par Frédéric Boyer, orchestré par Jean-Baptiste Sastre, et dans lequel on pourra aussi savourer quelques beaux propos de Pierre Michon.

 

Philippe Person         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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