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Maison de la Poésie  (Paris)  octobre 2012

Performance poétique de Allan Ginsberg, mise en scène de Bérangère Jannelle, avec Douglas Rand et Jean-Damien Ratel.

Avec "66 Gallery - Howl" la Maison de la Poésie porte bien son nom car en trente secondes chrono, le spectateur sera emporté dans le tourbillon de la tornade poétique créée le 7 octobre 1955 par Allen Ginsberg à la Six Gallery de San Francisco.

Et pour cela, il lui suffira de suivre la jeune fille qui emmène le petit groupe d'amateurs de poésie beatnik par un chemin détourné, orné de symboles "ginsbergiens" de la beat generation, pour atteindre la cave voûtée dite "petite salle". Une salle qui le transporte illico dans un lieu qu'aurait pu investir les poètes d'avant-garde californiens ou leurs homologues new-yorkais en plein Greenwich Village.

Le voilà assis les jambes en tailleur sur un coussin posé sur du vrai gazon alors que sur la pierre blanche des murs est projeté des images du poète lui-même, saisi dans l'incantation d'un de ses poèmes.

Démiurge rigolard, au verbe intarissable, Allen Ginsberg s'attaque à l'Amérique bien pensante, l'Amérique frileuse et anticommuniste à peine sortie de la guerre de Corée pour se préparer à s'embourber dans celle du Vietnam. On devine qu'à l'époque, où l'humour corrosif façon "stand-up" d'aujourd'hui était loin dans les limbes, cette logorrhée poétique aux images violentes et provocatrices tenait de la subversion...

Ce "coucou" d'outre-temps du poète a bien préparé le spectateur à ce qui va suivre : le temps de la performance. Derrière ses lunettes et ses faux-airs de cadre moyen des "fifties", Douglas Rand, qui se présente d'ailleurs comme un "acteur performeur", lance son cri ginsbergien tour à tour, selon son bon plaisir, en VO et en VF, dans un anglais incantatoire et dans un français délicieusement et délibérément approximatif.

S'habillant et se déshabillant, revêtant une robe de chambre de boxeur-poète ou posant sur sa tête un chapeau d'Oncle Sam, il invoque Moloch, l'Amérique et l'Amour, submergeant tout dans un flux goguenard et jouissif d'images saugrenus, accolant ou entrechoquant des mots forts comme des alcools ou des drogues.

À la rescousse de sa démesure, se tient Jean-Damien Ratel, un musicien bien mis qui machine un instrument étrange que n'aurait pas désavoué Gaston Lagaffe. C'est le "Moloch Amédée", qu'il a créé pour cette bonne occasion. Mi percussion mi-corde, relié à son ordinateur, cet instrument illustre parfaitement la poésie de Ginsberg vu et corrigé par Douglas Rand, et la projette même dans le nouveau millénaire.

Tout est possible ici : le cri primal comme l'hymne américain, la dérision comme le sérieux du pape de la contre-culture.

Le spectateur est pris dans un tourbillon de bruits, de mots et de lumières. Grâce à la mise en scène de Bérangère Jannelle, tenant et soutenant la performance singulière de Douglas Rand, la scénographie de Stéphane Pauvret bigrement évocatrice de l'avènement d'Allen Ginsberg, les lumières vives et les pénombres chaleureuses de Marc Labourguigne qui recréent l'atmosphère fiévreuse de ces happenings des premiers temps, il est certain qu'au bout de son voyage à la "66  Gallery", le spectateur comprendra parfaitement ce qui s'est passé quand Allen Ginsberg a surgi en 1955 pour hurler son poème "Howl".

Quand il sortira de ce spectacle total, épuisé et heureux, il pourra lui aussi dire : "J'y étais !". Où ça ? Dans l'antre de la rue Saint-Martin où l'on délivre chaque soir un peu du secret de la poésie.

 

Philippe Person         
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L'arrivée du Beaujolais nouveau sera moins festive qu'à l'habitude cette année. Qu'à cela ne tienne la nouvelle édition de Froggy's Delight et le replay de la nouvelle Mare Aux Grenouilles est là pour vous tenir chaud ! Voici le programme :

Du côté de la musique :

"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

et toujours :
"Pursue a less miserable life" de Saffron Eyes
"Reborn" de Aldo Romano
"Dear mademoiselle" de Astrig Siranossian
"Lignes futures" de Brazzier
"Song machine, season one : Strange timez" de Gorillaz
"Mémoire d'un enfant de 300 000 ans" de Imbert Imbert
"Perspectives & avatars" de Laura Perrudin
"Aux amis qui manquent" la 4eme émission de la saison 2 de Listen In Bed
"Frédéric Chopin" de Roustem Saitkoulov
"Beethoven, un nouveau manifeste" de Simon Zaoui
"Any day now" de The Brooks

Au théâtre at home :
avec les captations vidéo de :
"Douze Hommes en colère" de Reginald Rose
"Phèdre!" par François Gremaud
"La Dame de chez Maxim" de Georges Feydeau
"Comme s'il en pleuvait" de Sébastien Thiéry
"La journée de la jupe" de Jean-Paul Lilenfeld
"Hier est un autre jour" de Sylvain Meyrac et Jean-François Cros
"10 ans de mariage" d'Alil Vardar
"Ils s’aiment" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"Le Professeur Rollin se re-rebiffe" de François Rollin
et un malicieux air d'opéra avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir l'exposition commentée "Soleils Noirs" au Louvre-Lens
en virtuel :
"Miro "Bleu I, Bleu II, Bleu III" au Centre Pompidou
"Gregory Crewdson - An Eclipse of Moths" à la Galerie Templon
voir ou revoir l'exposition "Les costumes font leur show !" au Centre national du costume de scène à Moulins
parcourir les collections de la National Gallery of Denmark à Copenhague
du Palais de Schönbrunn à Vienne
du Museu Imperial de Petropolis au Brésil et en Thaïlande
et du Museum of Contemporary Art à Bangkok
et "Les petites histoires des chansons coquines" du Musée de la Sacem

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Les bien-aimés" de Christophe Honoré
"L'exercice de l'Etat" de Pierre Schoeller
"Jimmy Rivière" de Teddy Lussi-Modeste
"Peur de rien" de Danielle Arbid
"The Bookshop" de Isabel Coixet

Lecture avec :

"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud
et toujours :
"Histoire politique de la roue" de Raphael Meltz
"Inépuisables" de Vivian Gornick
"Kudos" de Rachel Cusk
"Se cacher pour l'hiver" de Sarah St-Vincent
"Histoire navale de la seconde guerre mondiale" de Craig L. Symonds

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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